Weblog de Joël Riou

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L'Orchestre des Concerts Gais au Temple des Batignolles

2011-05-29 03:30+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Temple des Batignolles — 2011-05-28

Orchestre des Concerts Gais

Marc Korovitch, direction

Mathieu Rolland, alto

Romance pour alto et orchestre, op. 85 (Max Bruch)

Konzertstück pour 4 cors et orchestre, op. 86 (Schumann)

Christine Dune, soprano

Ich bin der Welt abhanden gekommen (Mahler)

Pavane, op. 50 (Fauré), version orchestrale

Ballade nº4, op. 52 (Chopin), orchestration d'Anthony Girard

Pop-corn (Gershon Kingsley), orchestration de Mathieu Rolland

J'ai assisté samedi soir au temple des Batignolles à un concert de l'Orchestre des Concerts Gais. Full disclosure : que l'orchestre ait parmi ses membres Djac Baweur, Klari et Zvezdo a de quoi tempérer quelque peu mon impartialité. Bien que l'on n'aille évidemment pas voir un orchestre amateur dans le même état d'esprit que l'on va écouter le LSO, mon impression sur ce concert a été très bonne.

Le programme commence par la Romance pour alto et orchestre de Max Bruch, un compositeur que je ne connaissais pas. L'œuvre est très agréable à écouter (et à voir, à moins de deux mètres du soliste...), elle porte bien son nom romance. Les spectateurs des premiers rangs avaient été prévenus du fait que quatre cors prendraient place juste devant eux. En effet, ils sont maintenant là pour le Konzertstück pour quatre cors et orchestre de Schumann. Certes, c'est du Schumann, fortement atteint par un syndrome hydravionesque à la fin du premier mouvement, mais le deuxième mouvement (lent) est quand même très beau.

Après un entr'acte où spectateurs et musiciens peuvent découvrir une buvette bien plus appétissante que celle de tous les les théâtres parisiens réunis (mais je me suis retenu de goûter à un seul des gâteaux présentés), l'orchestre a repris place pour un Lied de Mahler : Ich bin der Welt abhanden gekommen (Me voilà coupé du monde). Il est chanté par la soprano Christine Dune. Pour moi, cela a été le point culminant de ce concert. Parmi les instruments à vents, on entend un fabuleux hautbois (un cor anglais me précise Klari). Les équilibres trouvés dans la riche orchestration sont superbes. L'interprétation de la chanteuse et de l'orchestre m'a semblé extrêmement émouvante.

La Pavane de Fauré qui suit est manifestement aussi agréable à écouter pour les spectateurs qu'à jouer pour les musiciens. Le programme se conclut avec une version orchestrale de la Ballade nº4 de Chopin dont j'avais quelque souvenir d'un enregistrement au piano. J'ai rarement eu l'occasion de faire des comparaisons entre des versions orchestrées ou non d'œuvres, mais en tout cas ici les dynamiques prennent des dimensions énormes. Vu la présence de quelques silences, on pouvait penser que des panneaux indicateurs Don't clap! eussent été nécessaires pour éviter tout impair, mais il n'en a rien été. Si j'ai cru à plusieurs moments que l'œuvre se terminait, le public, comme moi, est resté assez concentré pour n'applaudir que lors de la véritable fin de l'œuvre ! Les bis ont engendré une amusante petite panique dans certains pupitres pour retrouver les bonnes partitions à jouer. Outre le bis de la fin du Chopin, on a eu une version orchestrée de Pop-corn !

Le jeune chef Marc Korovitch, très grand, bat la mesure d'une façon qui, malgré l'absence d'estrade, doit être lisible de partout tant ses mains montent très haut et descendent bas. Il semble qu'il communique aussi par sourires sympathiques. Il paraît évident qu'il prend plaisir à diriger, mais il n'oublie pas pour autant de donner des indications précises, comme lors des entrées du timbalier ou du harpiste.

Ailleurs : Bladsurb.

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Rain à Garnier

2011-05-27 00:30+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2011-05-26

Steve Reich, musique (Music for eighteen musicians pour ensemble avec voix, 1976)

Anne Teresa De Keersmaeker, chorégraphie (2001)

Jan Versweyveld, décors et lumières

Dries Van Noten, costumes

Aouatif Boulaich, Anne-Catherine Kunz, assistante aux costumes

Jakub Truszkowski, responsable des répétitions

Marta Coronado, Cynthia Loemij, Ursula Robb, Clinton Stringer, répétitions

Fumiyo Ikeda, Elizaveta Penkova, Taka Shamoto, Igo Shyshko collaboration aux répétitions

Ensemble Ictus

Synergy Vocals

Georges-Elie Octors, direction musicale

Alex Fostier, ingénieur du son

Florian Magnenet

Amandine Albisson

Sarah Kora Dayanova

Christelle Granier

Laurence Laffon

Marc Moreau

Charlotte Ranson

Caroline Robert

Adrien Couvez

Juliette Hilaire

Rain

Rain est la deuxième pièce d'Anna Teresa de Keersmaeker que je vois après Zeitung au Théâtre de la Ville en 2009. Je ne suis pas excessivement enthousiaste après la deuxième représentation de Rain par le corps de ballet de l'Opéra de Paris. Les dix danseurs sont en effet sujets, coryphées ou quadrille. On voit ainsi de nombreux danseurs qu'on ne voit pas forcément souvent dans des rôles importants. Malheureusement, ce n'est pas aujourd'hui que j'avancerai dans la connaissance du trombinoscope du corps de ballet, n'ayant identifié distinctement que Charlotte Ranson et Florian Magnenet...

C'est une banalité de le dire, mais la musique de Steve Reich est répétitive. Elle met en scène 18 musiciens. (En fait, il y en avait 19 avec le chef qui jouait aussi occasionnellement d'un instrument.) Dans la fosse, on aperçoit quatre pianos et un nombre invraisemblable de xylophones (et quelque vibraphone). Un violon, un violoncelle, des clarinettes, des chanteuses, des maracas. Les pianos ont une utilité mélodique, mais ils servent aussi d'instruments à percussions. On en joue simultanément jusques avec douze mains ! Malgré la sonorisation et un ingénieur du son crédité, on lit dans le programme que la représentation de cette œuvre ne nécessiterait que des instruments acoustiques, ce que j'ai du mal à croire, n'ayant pas compris l'origine de certains effets sonores. La musique est répétitive, mais pourtant on a bien l'impression d'un certain mouvement autour d'un motif rythmique de base, qui au début des sections n'est pas énoncé immédiatement, mais progressivement, chaque répétition développant un peu plus ce qui était laissé en suspens avant. On perçoit à un moment donné un retour au début de l'œuvre...

La chorégraphie mobilise les dix danseurs, qui sont rarement immobiles. Plutôt marcher ou courir que ne rien faire. Ils évoluent sur un décor de forme ovale délimité par réseau de cordes pendues à une armature. Au sol, de nombreuses lignes et points sont marqués en de diverses couleurs. Elles serviraient d'indications de placement pour les danseurs. La danse est très physique (courses, roulades, sauts, mouvements isolés qui semblent inspirés du hip-hop, etc.), elle paraît très compliquée dans son organisation et périlleuse dans les moments d'effleurements ou de contacts entre les danseurs. Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais tout a été comme si les fermetures-éclair avaient lâché dans le dos de deux danseuses.

Depuis ma quatrième loge de côté quasiment de trois-quarts, je vois pratiquement toute la scène. Le problème, c'est que c'est une vue d'en-haut. Comme cela avait été mon cas pour Zeitung de cette chorégraphe, je pense qu'il faudrait voir cette pièce depuis un angle rasant pour mieux apprécier le travail des danseurs. Vu d'en-haut, on a parfois l'impression de voir de très loin des sportifs en train de faire de l'exercice dans un gymnase omnisport (avec des marques au sol diverses et variées pour délimiter des zones particulières à différents sports). Impression fausse vu la difficulté des figures exécutées.

À certains moments de la chorégraphie, les dix danseurs se regroupent tous ensemble, agglutinés en quelque lieu de la scène, puis se dispersent pour repartir de plus belle. On ne comprend pas toujours très bien ce qui se passe. Dans les ensembles (où tout paraît le plus souvent asymétrique), on distingue néanmoins au moins deux pas de trois, un mettant en scène les trois danseurs hommes et un autre avec une femme et deux hommes. Dans celui-là, j'ai apprécié la performance de Charlotte Ranson.

Par moments, les mouvements des corps m'ont un peu fait penser à ceux chorégraphiés par Pina Bausch (mais en plus fluide) et à ceux vus plus récemment chez Mats Ek (mais en plus organisé).

Ailleurs : Blog du petit rat, Danses avec la plume, Blog à petits pas.

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Amel Brahim-Djelloul à la Cité de la musique

2011-05-26 13:24+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Cité de la musique — 2011-05-25

Amel Brahim-Djelloul, chant

Rachid Brahim-Djelloul, violon, chant, direction

Nourreddine Aliane, oud, chant

Dahmane Khalfa, derbouka, percussions

Sofia Djemai, mandoline

Achour Oukacha, guitare

Amel Brahim-Djelloul chante la Méditerrannée, Souvenirs d'Al-Andalus

J'en avais déjà eu un aperçu lors d'un concert avec le Pasdeloup au Châtelet ; cette fois-ci, le programme de ce concert de la soprano Amel Brahim-Djelloul est tout entier consacré à des musiques traditionnelles méditerranéennes. Elle est accompagnée par plusieurs musiciens. Par rapport aux chansons qui avaient été chantées au cours du concert au Châtelet, la plus grande différence qui se fait entendre dans les premières chansons est l'importance de la mandoline de Sofia Djemai. Le concert est divisé en quatre suites qui contiennent chacune des chansons de styles différents, des chansons d'Andalousie dans la première, de Turquie dans la deuxième, de Kabylie pour la troisième (où intervient la guitare). Dans la dernière, des mélodies recueillies ou composées par Francisco Salvador-Daniel au XIXe. On n'y entend plus les consonnes inconnues du français présentes dans les autres parties du concert, puisque la plupart de ces mélodies sont en français. Le compositeur a même laissé échapper quelques instants presque lyriques.

La performance vocale est remarquable d'un bout à l'autre du concert, qui est sonorisé, mais je crois bien que c'est la première fois que la sonorisation ne me gêne absolument pas, même si pendant les toutes premières minutes, je trouvais bizarre d'entendre les percussions situées à la droite de la scène venir également de la gauche et de la droite.

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L'Ensemble Orchestral de Paris au TCE

2011-05-25 00:36+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Théâtre des Champs-Élysées — 2011-05-24

Ensemble Orchestral de Paris

François Leleux, hautbois

Joseph Swensen, direction et violon

Lise Berthaud, alto

Marc Coppey, violoncelle

Concerto luminoso op. 80 nº4 L'été, Nicolas Bacri (création)

Sandrine Piau, soprano

Three Love Songs op. 96 pour soprano et orchestre d'après des fragments poétiques de Rûmî, Nicolas Bacri

Isabelle Druet, mezzo-soprano

Le jeune chœur de Paris

Le songe d'une nuit d'été, Mendelssohn

Contraste d'ambiances au TCE au lendemain d'un superbe Ariodante. Ce soir, le concert commence par une création d'un concerto pour quatre solistes (hautbois, violon, alto, violoncelle) et orchestre de cordes de Nicolas Bacri. Il faudrait sans doute entendre le cycle complet pour comprendre pourquoi ce concerto s'appelle L'Été, puisque s'il est qualifié de luminoso, comme l'explique le compositeur dans le programme à la maquette biscornue ce concerto est en fait très sombre... Joseph Swensen dirige non pas depuis le violon, mais avec violon. Son archet est sa baguette. La main gauche tenant le violon fait la même chose. Je n'ai pas l'impression que c'était la meilleure manière d'entendre le hautboïste François Leleux. Quatre solistes pour un concerto de onze minutes, cela ne permet pas vraiment à chacun de se mettre en valeur. L'œuvre n'est cependant pas désagréable à écouter. Il y a même de quoi s'amuser avec quelques petits passages franchement dissonants. La conclusion est gagesque comme une certaine plaisanterie de Haydn.

Patricia Petibon, que je n'ai encore jamais entendue en concert, est souffrante. Elle est remplacée par Sandrine Piau ! En robe rouge, elle interprète Three Love Songs du même compositeur. Orchestralement parlant, cela me plaît bien plus que le concerto. Lors du premier numéro, l'atmosphère orchestrale fait me penser davantage à un bord de mer qu'à l'Orient, mais cela change un peu avec les deux autres. Dans le premier numéro aussi, il faut vraiment tendre l'oreille pour entendre la voix de Sandrine Piau, tant l'orchestre lui laisse peu de place. C'est peut-être fait exprès, vu que de toute façon le texte anglais, d'après Rûmî, a probablement un sens insaisissable... Par la suite, elle arrivera à véritablement faire entendre son interprétation des deux autres chansons (vu les conditions d'un remplacement au pied levé, c'est un certain exploit !), mais quel sadisme de la part du compositeur pour la voix !

L'exécution du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn est assez honorable, mais me plaît moindrement que celle de l'Orchestre Colonne à Pleyel en novembre dernier (même si ce n'est pas faire injure au soliste enfant d'alors que je lui ai préféré Sandrine Piau !). Ce qui m'a le plus énervé pendant ce concert, c'est l'attitude quasi-narcissique du chef d'orchestre. Il bat la mesure des deux mains et libère les épaules quand il faut donner du sentiment. Pour le reste, au moins vu de trois-quart dos, on n'a pas l'impression qu'il transmette grand'chose aux musiciens. Heureusement, ceux-ci paraissent se bien diriger eux-mêmes, comme la violon solo super soliste Deborah Nemtanu, qui semble attentive à tout ce qui se passe dans l'orchestre ! J'ai l'impression que si le résultat a été correct, c'est davantage aux musiciens qu'au chef que le crédit en revient. Toutefois, la Marche nuptiale a été le numéro que j'ai trouvé le moins réussi. Chaque musicien faisait peut-être individuellement ce qu'il devait, mais globalement, cela paraissait assez déséquilibré.

L'autre chanteuse soliste pour ce Songe est Isabelle Druet qui est fort bizarremment accoutrée. Je présume que c'est un problème de concertation sur la couleur des robes qui a conduit à ce curieux habillage, mais par-dessus sa robe, elle portait une sorte de kimono trop court pour ne pas déceler cinquante centimètres du bas de la robe, qui était de la même couleur que celle de Sandrine Piau...

Les moments vocaux sont assez brefs, mais Isabelle Druet fait entendre le beau timbre de sa voix. Attention peu surprenante de sa part, elle incarne son rôle d'une fée, dans son attitude comme dans la façon de chanter et d'articuler son texte, seule ou accompagnée par le jeune chœur de Paris installé au dernier rang de la scène.

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Ariodante au TCE

2011-05-24 02:00+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Théâtre des Champs-Élysées — 2011-05-23

Joyce DiDonato, Ariodante

Marie-Nicole Lemieux, Polinesso

Karina Gauvin, Ginevra

Sabina Puértolas, Dalinda

Nicholas Phan, Lurcanio

Matthew Brook, Le Roi

Paolo Borgonovo, Odoardo

Il Complesso Barocco

Alan Curtis, direction

Ariodante (Händel)

Superbe version de concert dans un TCE plein à craquer pour cet Ariodante. L'effectif orchestral est plutôt réduit. Au centre, un clavecin. À gauche, les violons (5+2). À droite, les deux violoncelles, le théorbe, la contrebasse et les deux altos. Au fond, les deux hautbois, les deux cors (naturels, donc buggés...) et le basson (formidable). Alan Curtis, le chef d'Il Complesso Barocco, a l'air de diriger des musiciens qui savent ce qu'ils ont à faire. Dans le fond, les altos se synchronisent par sourires interposés. Dans le style très reconnaissable de Händel, on entend néanmoins quelques effets qui m'étaient jusqu'alors inconnus.

Ariodante doit épouser Ginevra, la fille du roi, mais Polinesso, qui l'aime aussi, complote avec le complicité innocente de sa suivante Dalinda qui passe les habits de Ginevra. Tout le monde croit que Ginevra trompe Ariodante. On annonce qu'il s'est suicidé. Ginevra clame son innocence et veut se suicider aussi. En fait, personne n'est mort, sauf le méchant qui est tué et tout finit par s'arranger.

Absolument tous les chanteurs me font une bonne impression. Parmi eux, on trouve notamment Karina Gauvin (Ginevra) que j'entends pour la première fois. Si les chanteurs ont tous été copieusement applaudis, les suffrages du public se concentrent sur les interprètes des deux rôles travestis. Pour bien montrer qu'elle a un rôle de méchant, Marie-Nicole Lemieux (Polinesso) violente quelque peu les pupitres et sa partition. Elle m'a davantage convaincu ce soir que les deux autres fois que l'ai entendue.

La Reine de la soirée est incontestablement Joyce DiDonato (Ariodante). Comme sur la pochette de son dernier CD Diva Divo, elle a joué le jeu du travestissement en portant un costume masculin. D'un bout à l'autre de l'opéra, elle a réalisé prouesses vocales sur prouesses vocales. Mais comment fait-elle pour respirer ? Certains choix audacieux de dynamiques sont tenus sans accroc jusqu'au bout des phrases. Les stupéfiantes vocalises si typiquement händeliennes sont lancées avec autant de conviction que si elles véhiculaient un sens. J'avais déjà une opinion très-favorable de cette chanteuse (septième fois que je l'entends en concert) et me demandais où elle pourrait encore nous entraîner. Je crois qu'on n'a pas fini d'en entendre parler !

Je ne pense pas avoir précédemment vu le public réagir de façon aussi chaleureuse lors d'un opéra (que ce soit en version scénique ou en version de concert). Les applaudissements et bravos lancés après les airs de Joyce DiDonato correspondent bien à l'idée que je me fais du mot triomphe.

(Le minutage 2×1h20 était quelque peu optimiste, puisque le concert programmé à 20h s'est terminé vers 23h45...)

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Programme Wagner pour le Colonne à Pleyel

2011-05-17 03:28+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-05-16

Orchestre Colonne

Laurent Petitgirard, direction

Cécile Perrin, soprano

Jean-Philippe Lafont, baryton

Ouverture de Tannhäuser (Wagner)

Wesendonck Lieder Im Treibhaus, Schmerzen, Träume (Wagner)

La Ballade du Hollandais Volant (Wagner)

Melancolia, Alain Kremski (création)

Prélude et Mort d'Isolde de Tristan et Isolde (Wagner)

Les Adieux de Wotan (extrait de Die Walküre), Wagner

J'avais aimé le Colonne dans la Première symphonie de Brahms. Ce soir, j'ai pu l'apprécier dans un programme Wagner. Cela a commencé par l'Ouverture de Tannhäuser (très beaux cors, gag involontaire avec la baguette du chef qui après un choc a fini au premier rang du parterre), puis les trois derniers Wesendonck Lieder chantés par Cécile Perrin. C'est le dernier qui m'a le plus plu, les deux premiers me semblant moins aptes à mettre en valeur le timbre de la chanteuse. Un très beau solo d'alto dans le premier Lied est cependant à signaler. Jean-Philippe Lafont est ensuite venu chanter la Complainte du Hollandais Volant, un opéra que je n'ai pas encore étudié, mais on reconnait cependant ici ou là des motifs de l'Ouverture.

Après l'entr'acte, replacement à l'arrière-scène de côté, un placement de rêve pour voir ce qui se passe dans l'orchestre. On crée une pièce d'Alain Kremski (frère du chef Laurent Petitgirard), une magnifique œuvre avec une partie de choix pour les timbales, la grosse caisse et autres percussions. Pas da tamtams frénétiques, mais des pulsations entêtantes sans être agressives, un paysage orchestral qui change au fur et à mesure que les musiciens tournent les pages : dissonances des cordes, pizz. rapides pour tous, moments plus apaisants, belles sonorités des vents (qui me font davantage penser à Debussy qu'à Wagner auquel la pièce rend hommage). L'atmosphère générale est bien résumé par le titre de la pièce : Melancolia. Je crois que des quelques créations (douze d'après mon compte) auxquelles j'ai assistées, c'est celle qui m'a le plus enthousiasmé. (Et c'est un fait que plus généralement le choix de programmation de l'orchestre Colonne en matière de musique contemporaine convient parfaitement à mon goût.)

L'apogée du concert intervient ensuite avec le Prélude et la Mort d'Yseult. Via des fans de la soprano qui était initialement programmée, j'avais cru comprendre que l'on n'aurait qu'une version instrumentale (comme avec le Lamoureux en février au TCE). A priori, je trouve qu'il manque quelque chose à la version orchestrale (que l'on peut reconstituer à l'écoute avec un peu d'imagination), mais ce soir, pas de problème puisque ce sera bien la version avec voix. J'ai été fasciné par cette interprétation et par le privilège de pouvoir observer la rotation qui s'opère entre les musiciens des différents pupitres pour jouer les motifs du prélude et leurs développements. La Mort d'Isolde est un morceau extrêmement émouvant. Je pensais avoir identifié le moment où, habituellement, l'émotion me submerge, à savoir quand Isolde chante ceci :

Soll ich schlürfen,
untertauchen?
Süss in Düften
mich verhauchen?

Ce soir, c'est venu beaucoup plus vite. Je n'étais alors plus trop en état de regarder l'orchestre attentivement.

Le temps pour Klari et moi de nous replacer sur la pointe des pieds au cinquième rang du parterre sur le côté, le concert s'est conclu sur le final de La Walkyrie : le chant d'Adieu de Wotan à Brünnhilde. Les motifs qui dominent sont ceux liés au Sommeil de Brünnhilde. On entend aussi furtivement le Walhalla, ou encore un Siegfried presque triomphant (qui viendra délivrer Brünnhilde de son sommeil) et les inquiétants motifs du Sort et du Traité. Bien sûr, le feu Loge est longuement développé pour signifier les flammes qui entourent le séjour de Brünnhilde. Avant cela, Wotan aura notamment chanté Zum letzenmal..., le déchirant chant d'adieu, une phrase qui sera reprise plus loin par l'orchestre. Dans son rôle de Wotan, tout comme le précédent, Jean-Philippe Lafont se montre assez convaincant, davantage à mon goût que dans les clowneries qu'il devait faire dans La Fiancée vendue à Garnier en décembre.

Je suis donc plus que satisfait de ce concert !

Ailleurs : Klari.

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Dernière du Bolchoï à Garnier

2011-05-15 21:56+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Grâce à des échanges de places entre balletomanes et à une place à 8€ achetée jeudi aux guichets (il en restait encore de convenables), j'ai pu revoir les deux programmes proposés par le Bolchoï à Garnier.

J'ai revu Don Quichotte jeudi dernier dans une distribution différente que mardi. C'est une question de goût, mais à l'interprétation de Natalia Osipova dans le rôle de Kitri, j'ai préféré celle d'Ekaterina Shipulina (qui incarnait la Reine des Dryades mardi et que j'ai aussi préférée dans ce rôle à Anna Nikulina qui l'interprétait jeudi). Certes, elle saute moins haut, tourne moins vite sur elle-même que Natalia Osipova, mais hors de la danse pure, elle incarne bien davantage son personnage et lui faisant exprimer bien plus d'émotions. Dans le rôle de Basilio, Alexandr Volchkov est moins impressionnant qu'Ivan Vasiliev : moins de tours dans les sauts. Cependant, si je n'avais pas vu ce dernier avant, j'aurais trouvé cette prestation plus que satisfaisante ! Cependant, il ne donnait pas une impression de facilité dans les portés et on a eu quelques frayeurs lorsqu'il a dû porter sa partenaire d'une seule main ou quand elle saute vers l'avant pour retomber dans ses bras.

Cet après-midi, c'était la dernière des Flammes de Paris, avec encore Osipova/Vasiliev. Vu la proximité de ma première loge de côté, je me suis passé des jumelles. Cette fois-ci, j'ai été moins gêné par les détails de la pantomime que j'avais trouvés exagérés la première fois. Pour le reste, on a encore eu un Vasiliev volant au deuxième acte. Dans les autres rôles, il y avait cette fois-ci Anna Rebetskaya dans le rôle d'Adeline. Son attitude m'a paru un peu plus patricienne que celle de Nina Kaptsova dans le même rôle. Comme le vendredi 6 mai, son amoureux est joué par Viacheslav Lopatin, dont la danse m'a plus passionné vue de près. Bizarremment, je n'ai pas eu le même effet avec le rôle de Mireille de Poitiers/Armide, dansé cet après-midi par Nina Kaptsova. Cela m'a pourtant bien plu, mais il n'y avait plus l'effet de surprise procuré par une technique que je n'avais jamais vu la première fois. La danse des furies est toujours un moment savoureux de ce ballet dans le ballet.

Si j'ai été largement rassasié avec deux places pour chacun des deux programmes de cette tournée, je regrette un peu de n'avoir pas eu l'occasion de voir Maria Alexandrova.

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Les Noces de Figaro à Bastille

2011-05-14 16:31+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Bastille — 2011-05-13

Christopher Maltman, Il Conte d'Almaviva

Dorothea Röschmann, La Contesse d'Almaviva

Julia Kleiter, Susanna

Erwin Schrott, Figaro

Isabel Leonard, Cherubino

Ann Murray, Marcellina

Maurizio Muraro, Bartolo

Robin Leggate, Don Basilio

Antoine Normand, Don Curzio

Christian Tréguier, Antonio

Zoe Nicolaidou, Barbarina

Olivia Doray, Carol García, Due Donne

Dan Ettinger, direction musicale

Giorgio Strehler, mise en scène et lumières

Humbert Camerlo, réalisation de la mise en scène et des lumières

Marise Flach, collaboration aux mouvements

Ezio Frigerio, décors

Ezio Frigerio, Franca Squarciapino, costumes

Vinicio Cheli, lumières

Jean Guizerix, chorégraphie

Alessandro Di Stefano, chef du chœur

Denis Dubois, clavecin

Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris

Les Noces de Figaro, Mozart

Les jours de grève des transports semblent coïncider avec mes tentatives pour aller voir Les Noces de Figaro à Bastille. En septembre/octobre, j'avais renoncé à aller une représentation sans les décors, faute de savoir si je pourrais rentrer chez moi après le spectacle. Hier, j'y suis allé malgré ce risque, et effectivement je ne suis arrivé à rentrer chez moi qu'à 5h15 (après deux heures d'attentes infructueuses à Denfert où j'ai vu passer trois noctiliens complets ; j'ai pris un noctilien d'une autre ligne qui me déposait à une dizaine de kilomètres de chez moi et il a bien fallu finir le trajet à pieds).

La mise en scène de Giorgio Strehler a été créée en 1973. La deuxième série de représentations commencée hier en constitue la vingtième reprise. C'est la première fois que je la vois. Il est évident qu'elle fonctionne bien. Les costumes sont traditionnels. Les décors d'Ezio Frigerio aussi. Les changements de décors après le premier et le troisième acte ont été interminables (on comprend que ce n'est pas simple à faire, mais à Bastille, on est tellement habitué à voir la scène se transformer complètement en quelques dizaines de secondes...). Une partie non négligeable du public a alors cru pouvoir sortir de la salle et revenir. Les premiers airs ont été systématiquement applaudis, ce qui a un peu cassé le rythme de la représentation, mais on est heureusement devenu un peu plus raisonnable. On a également entendu un spectateur pourrir complètement un des airs de Susanna en émettant des bruits de toux invraisemblablement forts.

Je ne suis pas des plus ardents admirateurs de Mozart. La musique de la première partie, et tout particulièrement le premier acte, m'a montré ceux des effets stylistiques du compositeur que je n'apprécie pas. Je n'ai pas été très enthousiasmé par cette musique, dirigée par Dan Ettinger, d'autant plus que dans les moments où la musique ne s'efface pas devant le chant ou y répond, l'orchestre, sans couvrir complètement les voix, ne laisse plus entendre grand'chose de distinct de celles-ci. Ce n'est à mon avis pas un problème des chanteurs, mais bien de la direction puisque dans les récitatifs, les chanteurs se font très bien entendre, et comme il m'est déjà arrivé, mais assez rarement, j'aurais parfois presqu'eu envie d'applaudir à la fin d'un récitatif... Après l'entr'acte, il m'a semblé que l'orchestre a joué nettement moins fort que lors de la première partie, ce qui a permis de mieux mettre en valeur les chanteurs, et pas seulement dans les récitatifs.

Même si je n'ai pas entendu la distribution A (octobre/novembre), il est évident que cette distribution B est tout sauf une distribution au rabais. On y trouve ainsi notamment Erwin Schrott (Figaro), Julia Kleiter (Susanna), Christopher Maltman (Almaviva), Dorothea Röschmann (La Contesse d'Almaviva), Isabel Leonard (Cherubino). Dans les petits rôles, on trouve quelques jeunes chanteuses de l'Atelier lyrique : Olivia Doray et Carol García dans un duo, et surtout Zoe Nicolaidou (qui m'avait impressionné dans le concert donné samedi dernier au Studio Bastille pour l'opération Tous à l'opéra) dans le rôle de Barbarina (qui a plusieurs récitatifs et un air en ouverture du quatrième acte).

Pour le reste, à propos de la production, on a manifestement voulu accentuer dans l'éclairage le déroulement de cette folle journée. Ainsi, au premier acte, la pièce où évoluent les personnages est dans la pénombre. Dans le deuxième, la chambre de la contesse est éclairée par la gauche, tout comme le décor tout en profondeur du troisième acte. On retrouve la pénombre dans le quatrième acte. Cela fait quand même deux actes où on distingue à peine les chanteurs... On dira que je ne suis jamais content parce que j'ai trouvé très bizarre que l'on ait éclairé brutalement l'avant de la scène le temps où Figaro s'y est posté pour son air. (Parmi les effets lumineux involontairement étranges, on peut noter que les musiciens de l'orchestre et le chef ont éteint les lumières de leur pupitre au début au quatrième acte, ce afin que l'on comprenne bien qu'il faisait nuit. Mais quand le pupitre du chef d'orchestre est rallumé, l'œil du spectateur est comme agressé par le changement soudain d'intensité lumineuse...)

Mis à part ces bizarreries de lumières, j'ai vraiment adoré ce quatrième acte, où les personnages se jouent des tours les uns aux autres grâce au travestissement.

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Don Quichotte par le Bolchoï

2011-05-11 00:52+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2011-05-10

Ballet du Théâtre du Bolchoï

Orchestre Colonne

Pavel Sorokin, direction musicale

Ludwig Minkus, musique

Marius Petipa et Alexandre Gorski, chorégraphie

Nouvelle version d'Alexeï Fadeyechev (1999)

Mikhaïl Tsivin, assistant du chorégraphe

avec des danses chorégraphiées par Kasyan Goleizovsky, Rostislav Zakharov et Anatoly Simachev

Sergeï Barkhin, décors

Costumes d'après Vasily Diyachkov (1903)

Tatiana Artamonova et Yelena Merkurova, réalisation des costumes

Natalia Osipova, Kitri

Ivan Vasiliev, Basilio

Alexeï Loparevich, Don Quichotte, chevalier errant

Alexandr Petukhov, Sancho Pança, son écuyer

Denis Savin, Gamache, un riche noble

Anna Rebertskaya, Olga Kishneva, Juanita et Piccilia, deux amies de Kitri

Andreï Merkuriev, Espada, un toréador

Anna Leonova, La Danseuse de rue

Kristina Karaseva, Mercedes

Egor Simachev, Lorenzo, aubergiste, le père de Kitri

Anastasia Vinokur, Sa femme

Alexeï Fadeechev, Le Duc

Olga Suvorova, La Duchesse

Roman Simachev, Le Patron de la taverne

Ekaterina Shipulina, La Reine des Dryades

Yulia Grebenshchikova, Olga Marchenkova, Angelina Vlashinets, Trois Dryades

Svetlana Pavlova, Yulia Lunkina, Maria Prorvich, Maria Vinogradova, Quatre Dryades

Nina Kaptsova, Cupidon

Ekaterina Barykina, Liudmila Ermakova, Anna Balukova, Danse espagnole

Anna Antropova, Danseuse gitane

Anna Balukova, Anton Savichev, Boléro

Anna Tikhomirova, Première variations du Grand pas

Anna Nikulina, Seconde variation du Grand pas

Don Quichotte, ballet en un prologue et trois actes d'après le livret de Marius Petipa inspiré du roman El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha de Cervantès

C'était ce soir la première de Don Quichotte par le Bolchoï. J'en sors avec globalement les mêmes impressions que pour Flammes de Paris. S'il y a une histoire, ce n'est qu'un prétexte pour faire place à des danses virtuoses. Dans ce ballet-ci, les costumes sont particulièrement riches et variés. La musique est de Minkus... L'homologue du ballet dans le ballet est ici un épisode rêvé qui est une scène en blanc (avec toutefois un peu de couleur) dans lequel Don Quichotte rêve de Dulcinée et de dryades (on y voit aussi un adorable Cupidon). C'est très beau, cela met en valeur davantage de solistes que Flammes de Paris. Il est impossible pour moi de tous les retenir. Je retiendrai cependant qu'on a vu à un moment une danseuse d'une souplesse invraisemblable courber le dos vers l'arrière de façon à ce que sa tête vienne presque toucher le sol...

Sinon, il y avait bien sûr Natalia Osipova et Ivan Vasiliev, dont les prouesses physiques éclatent cette fois-ci au troisième acte. J'ai même une impression de déjà-vu. On reverra ainsi Osipova refaire des tours sur elle-même assez semblables à ceux qu'elle faisait dans deuxième acte de Flammes de Paris. Mais quand elle s'est jetée quand les airs pour retomber dans les bras d'Ivan Vasiliev ou quand ce dernier a porté sa partenaire d'une seule main (voire sans les mains), le public a été parcouru d'un frisson. Il a été encore une fois émerveillé par ce danseur, très très copieusement applaudi lors des saluts à l'issue de ses variations.

Tout cela serait parfait s'il y avait aussi un peu d'émotion qui ne soit pas liée uniquement à la danse pure...

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Didon & Énée à l'Athénée

2011-05-08 20:32+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Athénée Théâtre Louis-Jouvet — 2011-05-08

Isabelle Druet, Didon

Arnaud Guillou, Énée

Camille Poul, Belinda

Edwige Parat, La seconde suivante

Anna Wall, L'enchanteresse

Agathe Boudet, Fiona Mc Gown, Les sorcières

François Rougier, Le marin

Antoine Strub, L'esprit

Sébastien d'Hérin, direction musicale

Bernard Lévy, mise en scène

Bérangère Gros, assistante à la mise en scène

Giulio Lichtner, scénographie

Christian Pinaud, lumières

Romain Vuillet, Jérôme Tuncer, vidéo

Fabienne Robineau, maquillages et coiffures

Atelier du Théâtre musical de Besançon, réalisation des décors

Pascal Doudement, réalisation de l'écorce de l'arbre

Atelier du Théâtre musical de Besançon, Atelier Lilas en scène, réalisation des costumes

Chœur AEdES

Les Nouveaux Caractères

Didon et Énée, Purcell

Deuxième spectacle pour moi à l'Athénée après le concert Humour noir. Cette fois-ci, la salle est pleine pour l'opéra de Purcell Didon et Énée. Vu le minimalisme de la mise en scène et des décors (à l'exception d'un tronc d'arbre qui descend des cintres pour la deuxième scène du deuxième acte), je pense que j'aurais autant préféré assister à une version de concert. Une traduction du texte est projeté au fond du décor, intégré à des animations vidéos.

La musique qui sort de la fosse est absolument superbe. Elle est jouée par un tout petit effectif musical (Les Nouveaux Caractères, sept musiciens). Le chef Sébastien d'Hérin (qui dirige depuis le clavecin) semble très attentif dans sa direction du chœur AEdES qui est sur le côté droit de la fosse. Certains rôles sont d'ailleurs interprétés par des membres du chœur, qui reviennent dans la fosse une fois leur rôle terminé.

Si les chanteurs m'ont semblé bons, vu la brièveté de l'œuvre, c'est surtout la musique qui m'a frappé. Isabelle Druet, qui interprétait le rôle de Didon, fera un récital le 21 mai à 15h dans le même théâtre (et vu la réduction qui était proposée aux spectateurs de cette représentation, il doit rester des places...).

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Le Bolchoï enflamme Paris

2011-05-07 00:30+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2011-05-06

Ballet du Théâtre du Bolchoï

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Pavel Sorokin, direction musicale

Boris Asafiev, musique

Alexeï Ratmansky, chorégraphie d'après Vasili Vainonen

Alexandr Belinsky, Alexeï Ratmansky, livret d'après le livret original de Nikolaï Volkov et Vladimir Dmitriev, inspiré du roman historique Les Rouges du Midi de Felix Gras

Ilya Utkin, Evgeny Monakhov, scénographie

Yelena Markovskaya, costumes

Damir Ismagilov, lumière

Iouri Burlaka, dramaturgie musicale

Natalia Osipova, Jeanne, fille de Gaspard et Lucille

Viacheslav Lopatin, Jérôme, son frère

Ivan Vasiliev, Philippe, un Marseillais

Iouri Klevstov, Le Marquis Costa de Beauregard

Nina Kaptsova, Adeline, sa fille

Ekaterina Kryssanova, Mireille de Poitiers, une actrice

Artem Ovcharenko, Antoine Mistral, un acteur

Yulianna Malkhasyants, Jarcasse, une vieille femme

Alexandr Vodopetov, Gilbert, capitaine des Marseillais

Ruslan Skvortsov, Le roi Louis XVI

Olga Suvorova, La reine Marie-Antoinette

Alexandr Petukhov, Gaspard, un paysan

Natalia Novikova, Lucille, sa femme

Chinara Alizade, Amour

Olga Kishneva, L'Apparition de la fiancée

Flammes de Paris, ballet en deux actes et quatre tableaux

Le sentiment d'avoir vu quelque chose d'extraordinaire, mais pas pour autant exempt de reproches.

Dans ce ballet Les Flammes de Paris de Ratmansky (d'après l'original créé en URSS en 1932), l'histoire est extrêmement facile à suivre. Tout est parfaitement clair, et la musique on ne peut plus pompière (contrastes d'ambiances : chants révolutionnaires pour les révolutionnaires, lullysmes pour les nobles). La gestuelle et le visage des danseurs n'expriment que des émotions primitives, exagérées, on se croirait presque dans un film muet... passé en accéléré parce que les mouvements des corps se font à une vitesse folle.

Outre cette rapidité d'éxécution, je suis impressionné par les nombreuses figures que je n'avais je crois jamais vu faire par les danseurs du Ballet de l'Opéra. La technique est différente et elle me semble mettre surtout en valeur les danseuses. Le plus beau passage de ce premier acte se trouve dans le ballet dans le ballet Armide et Renaud (dont je connaissais à peu près l'histoire grâce à mes souvenirs de l'opéra de Lully). L'histoire est très lisible : de ses flèches, l'Amour enflamme le cœur des ennemis Armide et Renaud. Plus tard, quand Renaud essaiera de fuir par la mer, elle le fera périr grâce à sa magie (danse des furies). Outre la gracieuse interprète du rôle d'Amour, cette partie met en valeur Ekaterina Kryssanova (Armide). Elle impressionne par sa technique de rotation sur un pied tendu en pointe jambe fléchie (du jamais-vu pour moi).

Ceci se passait bien sûr chez les nobles. Le deuxième acte montre le début de la Terreur. On guillotine du noble, dont la malheureuse Adeline qui aimait un des combattants, Jérôme, qui n'arrivera pas à la sauver. Le pas de deux entre ces deux personnages est le seul moment vaguement émouvant du spectacle. Pour le reste, on apprécie aussi les danses de caractères du corps de ballet. C'est très vif. Les danseurs-garçons se mettent plus en valeur dans le deuxième acte qu'au premier.

Ce qu'on retiendra surtout de ce deuxième acte, c'est la démonstration de virtuosité des deux principaux solistes de la soirée : Natalia Osipova (Jeanne) et Ivan Vasiliev (Philippe). La première réalise pirouettes et fouettés à très vive allure. Les sauts réalisés au premier acte étaient déjà assez spectaculaires. C'est virtuose, mais cela ne traduit aucunement quelque sentiment que ce soit dans le cœur du personnage. La grande révélation de la soirée, incroyablement applaudi par le public en délire, c'est Ivan Vasiliev. Quel athlète ! Jamais je n'ai vu un danseur sauter aussi haut. Et en plus il tourne sur lui-même de toutes les manières qui soient, retombe gracieusement sur ses pieds, on ne se demande bien comment ! Les clameurs montent du public presque à chaque saut triomphalement exécuté. Une grande prouesse physique, mais pas vraiment au service d'une histoire...

La scénographie est plutôt réussie. Elle comporte plus d'effets que l'on en trouve d'ordinaire dans les ballets représentés à Garnier. Pourtant, malgré tous ces effets, presque tout le rectangle du plateau de scène reste pratiquement en permanence vide de tout accessoire ou élément de décor. Cela donne l'impression que l'on pourrait danser un peu n'importe quoi dans cet espace... Parmi les jolies choses vues, un effet de lumière représentant un quadrillage 3×3 permettait de signifier que le personnage de Jérôme était mis en prison.

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Orphée et Eurydice à la MC93 Bobigny

2011-05-05 01:19+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

MC93 Bobigny — 2011-05-04

Alisa Kolosova, Orphée

Ilona Krzywicka, Eurydice

Olivia Doray, Amour

Geoffroy Jourdain, direction musicale

Dominique Pitoiset, Stephen Taylor, mise en scène

Dominique Pitoiset, scénographie

Axel Aust, costumes

Christophe Pitoiset, lumières

Cécile Kretschmar, création des maquillages

Franck Guillemain, réalisation et montage vidéo

Orchestre-Atelier Ostinato

Le Jeune Chœur de Paris

Orphée et Eurydice, Gluck (version Berlioz)

Je me suis rendu pour la première fois à la MC93 Bobigny pour assister à la deuxième production scénique de la saison pour l'Atelier lyrique de l'Opéra de Paris après Street Scene. La MC93 est accessible en métro, il n'y a qu'à marcher cinq minutes (fléchage indiscutablement spectaculaire) pour accéder à cette salle située boulevard Lénine. On y trouve une restauration à bas coût, une librairie et en entrant dans la salle de spectacle (environ 600 places), on est saisi par son côté monumental : des gradins à la pente prononcée, un décor brut et noir d'où débordent des tuyaux. La fosse d'orchestre est très profonde. C'est une gorge dont l'accès est protégé par une sorte de parapet dont la partie supérieure n'est qu'un épais câble métallique torsadé. La beauté de la salle n'est pas en mesure d'interférer avec la beauté de ce qui se passera sur scène !

La version de l'Orphée et Eurydice de Gluck jouée ce soir est celle adaptée par Berlioz, en français. L'absence de surtitrage se fait malheureusement sentir, que ce soit pour les trois chanteurs solistes ou pour le chœur. Cependant, chacun aura l'occasion de chanter des passages (notamment ceux qui se rapprochent du récitatif) dans lesquels le texte, quelque peu suranné, se fait entendre. Ayant déjà vu une version allemande, j'aimerais bien un jour voir une production scénique de la version d'origine en italien...

La mise en scène de Dominique Pitoiset et Stephen Taylor m'a paru assez intelligente. Le décor, unique, présente l'intérieur très-moderne d'un appartement. Des fauteuils, des armoires, des tiroirs, un réfrigérateur, un coin bar avec évier (fonctionnel !). La profession d'Orphée est signalée par la présence d'un pupitre et d'une harpe. Dans la première scène, les membres du chœur (habillés en noir et portant chacun une rose rouge) viennent présenter leurs condoléances à Orphée dont l'épouse est morte. Une rotation du décor permet ensuite de montrer son autre face : la salle de bain et la chambre à coucher. On comprend qu'Eurydice s'est suicidée. Des constatations légales sont en train de se faire.

Amour (jeune femme dynamique en perruque blonde, mais personnage plus sombre que dans d'autres versions) vient apporter quelque réconfort à Orphée. La solution pour lui semble être de partir dans un enfer artificiel (mélange alcool-drogues aidant). Le reste de l'histoire est connu...

Contrairement à certaines versions de l'opéra de Gluck, cette version-ci, je l'ai découvert au cours de la représentation, mais vu le parti pris de mise en scène, comment eût-il pu en aller autrement ? cette version-ci, disais-je, se finit très mal. Si j'ai bien compté, Eurydice sera morte trois fois et Orphée réussit à se suicider.

Au-delà du décor et des idées, le travail de mise en scène proprement dit est remarquable : le placement, les mouvements et l'attitude des membres du chœur sont saisissants (le genre de choses que je n'ai pas souvent le loisir de mesurer en vision directe, ce que j'ai pu apprécier ici depuis mon placement au quatrième rang !). Cela vaut aussi pour les trois solistes, mais vu son importance, c'est le plus frappant pour le rôle d'Orphée.

Du côté de la musique, cette version Berlioz semble contenir quelque fantaisie quasi-rossinienne, et en même temps tellement française, à la fin du premier acte. Passage a capella, vocalises redoutables pour Alisa Kolosova qui s'en sort plus que bien. (Après vérification, il s'agit de l'air Amour, viens rendre à mon âme.)

Malgré le petit bémol concernant le texte pas toujours intelligible, je suis plus que très agréablement surpris par la qualité de ce spectacle ! Et malgré un commencement à 20h30 (légèrement retardé), j'ai été tout étonné d'être rentré à Orsay dès 23h30.

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Myriam Ould-Braham en Juliette

2011-05-01 13:19+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Bastille — 2011-04-30

Sergueï Prokofiev, musique

Rudolf Noureev, chorégraphie et mise en scène, réglées par Patricia Ruanne et Frederick Jahn

Ezio Frigerio, décors

Ezio Frigerio et Mauro Pagano, costumes

Vinicio Cheli, lumières

Yuri Uchiumi, choréologue

Christophe Duquenne, Roméo

Myriam Ould-Braham, Juliette

Yann Saïz, Tybalt

Marc Moreau, Mercutio

Yannick Bittencourt, Benvolio

Laura Hecquet, Rosaline

Julien Meyzindi, Pâris

Vincent Cordier, Le Seigneur Capulet

Vanessa Legassy, Dame Capulet

Ghyslaine Reichert, La Nourrice

Arnaud Dreyfus, Frère Laurent

Ballet de l'Opéra

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Vello Pähn, direction musicale

Roméo et Juliette, ballet en trois actes d'après William Shakespeare

Je n'ai vu que trois des cinq distributions de la série de représentations de Roméo et Juliette à Bastille. Pour le couple Juliette/Roméo, j'avais vu Laëtitia Pujol/Mathieu Ganio lors de la première, puis Agnès Letestu/Florian Magnenet le 16, et enfin samedi après-midi, Myriam Ould-Braham/Christophe Duquenne.

Si le Roméo que j'ai préféré a été celui de Mathieu Ganio, du côté des Juliette, celle qui m'a le plus convaincu a été Myriam Ould-Braham que je voyais pour la première fois dans un grand rôle (ses apparitions dans les pas de trois du Lac des cygnes ou de Paquita et sa participation au même ballet dans le rôle de Rosaline m'avaient déjà fait fort impression).

On ne pourra pas dire qu'elle en a trop fait ou pas assez. Elle a tout simplement été Juliette du premier au troisième acte ! (Dansant d'ailleurs malgré un bug de costume au niveau de la fermeture éclair du dos...) J'ai été particulièrement ému par son solo à la fin de la première scène du troisième acte.

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