Weblog de Joël Riou

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Carmen à Nancy

2011-02-28 01:13+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra national de Lorraine, Nancy — 2011-02-27

Isabelle Druet, Carmen

Chad Shelton, Don José

Changham Lim, Escamillo

Claudia Galli, Micaëla

Pascale Beaudin, Frasquita

Sylvia de La Muela, Mercédès

Jean-Vincent Blot, Zuniga

Philippe-Nicolas Martin, Moralès

Olivier Grand, La Dancaïre

Julien Dran, Le Remendado

Sandra Stauch, Denis Pigot, figurants

Claude Schnitzler, direction musicale

Carlos Wagner, mise en scène

Rifail Ajdarpasic, décors

Patrick Dutertre, costumes

Ana Garcia, chorégraphie

Fabrice Kebour, lumières

Orchestre symphonique et lyrique de Nancy

Chœur de l'Opéra national de Lorraine

Chœur de l'Opéra-Théâtre de Metz Métropole

Jeune ensemble vocal du Conservatoire régional du Grand Nancy

Carmen, Georges Bizet

L'Opéra national de Lorraine

Ce week-end, pour la première fois, j'ai pris un TGV pour aller assister à une représentation d'opéra. J'aurais sans doute mieux fait de faire l'aller-retour dans la journée, mais j'avais l'ambition de visiter un peu la ville. Le mauvais temps du samedi a limité mon ardeur exploratrice et je me suis contenté de visiter le musée des Beaux-Arts et quelques librairies, où j'ai presque réussi à me retenir d'acheter quoi que ce soit vu que je n'ai ajouté à mon bagage que sept gnossiennes (dont je découvre avec surprise que c'est de la musique essentiellement non mesurée !).

Ceci n'est pas une cathédrale

Dimanche après-midi, après avoir fait bombance (samedi soir, je m'étais déjà régalé dans dans un restaurant pakistanais où j'ai pu faire l'expérience que si on a l'audace de demander un biryani assez épicé, on peut manger un plat qui ramone la gorge et les voies respiratoires ; aucun problème de toux à prévoir pour la représentation !), après avoir mangé, disais-je donc, je me suis rendu à l'Opéra de Lorraine, situé Place Stanislas, et dont l'architecture extérieure, comme pour bon nombre de bâtiments aperçus, est désespérément carrée. (Dans la ville, dans l'ensemble, on voit des rues se croisant à angles droits entourées d'immeubles de faible hauteur. Un nombre invraisemblable d'édifices religieux est à signaler.)

En arrivant, première bonne surprise : le programme ne coûte que 2€. Si quelques institutions parisiennes pouvaient adopter de tels tarifs (quitte à renoncer au papier glacé malodorant), je ne pense pas que quiconque s'en plandrait.

Si dès septembre dernier, j'avais décidé de venir, c'était pour assister à une des représentations de la série (à Metz et à Nancy) au cours de laquelle Isabelle Druet ferait sa prise du rôle de Carmen. (Je ne l'avais alors vue que dans Armide. Depuis, je l'ai vue dans Cadmus et Hermione et en récital.) Quelques commentaires lus ces derniers jours à propos de la mise en scène, de l'orchestre et des chanteurs (hors rôles de Carmen et Don José) avaient de quoi m'alarmer, mais mon impression a été toute contraire puisque j'ai été véritablement ravi par cette représentation.

Foyer de l'Opéra national de Lorraine

Le fond de la salle et le rideau sont rouges, comme pour nous préparer aux grandes émotions qui vont suivre. Les sièges sont confortables (à peu près le modèle de ceux du parterre du TCE, si ce n'est qu'ils sont rabattables). À première vue, il semblerait qu'à moins peut-être d'être tout en haut, on a toutes les chances d'avoir une bonne visibilité.

La loge de Monsieur le Préfet

Ce qui me frappe le plus dans cette production, c'est le noir qui se décline dans tous ses aspects. L'atmosphère est très obscure. Pour une fois, je ne me plaindrai pas d'un manque de luminosité puisque j'y voyais très bien (premier balcon de côté, avec vue sur la moitié gauche de l'orchestre, sur la harpe installée dans la loge de la préfète, si j'ose ainsi appeler la loge qui se trouve en face de la loge réservée à Monsieur le préfet (cf. photo ci-contre).

Si des décalages se font parfois sentir, il m'a malgré tout semblé que l'orchestre symphonique et lyrique de Nancy a fait une prestation plus qu'honorable. J'ai entendu quelques détails dans la musique que je n'avais encore jamais soupçonné. Le jeu des choristes, comédiens, chanteurs et danseurs m'a aussi paru très bien réglé (on ne saurait reprocher aux plus jeunes enfants leurs hésitations dans le placement). À Paris, on ne voit pas toujours des productions dont les détails de mise en scène soient aussi fignolés... (Exemples qui viennent à l'esprit : Luisa Miller et La Fiancée vendue par Gilbert Deflo, Francesca Da Rimini par Giancarlo Del Monaco, La donna del lago par Lluís Pasqual.)

Visuellement, c'est donc le noir qui domine (même si à l'exception de Carmen, les cigarières sont en blanc, et les militaires sont en bleu). La structure du décor, unique, semble à tout moment appropriée. Au premier acte, les cigarières et les militaires sont séparés par une barrière métallique coulissante. Plus tard, au quatrième acte, un pan de décor viendra tourner et réaliser une autre séparation entre la corrida d'Escamillo (dont on n'entend que la clameur) et la scène de la mise à mort de Carmen, absolument inoubliable, comme le dit le directeur de l'Opéra de Metz Métropole dans l'intéressant reportage vidéo ci-lié (qui permet aussi d'admirer les lumières, mieux que je ne le pouvais depuis ma place situé sur le côté opposé). La cruauté est également au centre de cette production. Au troisième acte, les contrebandiers ne trafiquent pas de la marchandise ordinaire, puisque ce sont des passeurs. On voit ainsi avec effroi des familles prendre place dans de grandes caisses en bois. La cruauté prend aussi la forme d'un authentique feu lors de l'immolation du lieutenant à la fin du deuxième acte (mes souvenirs se brouillent, je ne suis pas tout à fait sur de l'identité de la victime). On voit aussi les contrebandiers traiter de façon peu amène trois malheureux douaniers.

Pour apprécier cette mise en scène, il faut cependant être capable d'accepter l'utilisation de quelques arrêts sur images fixant certains personnages tandis que d'autres font évoluer l'action par ailleurs et ne pas craindre l'intrusion de quelques éléments anachroniques sur scène. L'amour de Don José au deuxième acte est ainsi représenté par des ballons en forme de cœur. Lors de l'entrée d'Escamillo, on voit des flashs d'appareils-photos modernes. Les caisses des contrebandiers sont poussées par des transpalettes (la version intelligente de ce qui s'est vu dans le Giulio Cesare passé à Garnier récemment). Dans le duo puis trio des cartes, quand Frasquita et Mercédès disent à leur cartes Parlez, mes belles de l'avenir... Dites-nous qui nous trahira, elles portent le jeu de cartes à leurs oreilles comme elles feraient d'un téléphone portable.

Bref, c'est peu dire que j'ai adoré cette mise en scène, du début à la fin, où Don José, transformé en boucher puis en taureau, gagne son duel contre une Carmen qui a passé le costume d'un torero. Pour ma part, je pardonnerai volontiers à Carlos Wagner d'avoir remplacé la fleur jetée par Carmen à Don José par un cigare ! (Cela dit, un cigare, c'est 100% végétal, non ?)

Lors de ces deux heures et demie de musique qui ne sont pas interrompues par des passages parlés, puisqu'on a choisi la version avec récitatifs chantés, j'ai apprécié la prestation de tous les chanteurs. Pour celle d'Isabelle Druet, c'est une évidence. L'ayant vue dans des rôles ou situations plus joyeux, j'attendais avidemment de la voir incarner ce rôle qui change dramatiquement dès la fin du deuxième acte. Certes, dans cette production, on a construit une Carmen beaucoup moins sexy que celles incarnées par Anna Caterina Antonacci à Londres ou à l'Opéra Comique. S'il est aussi vrai que la gestique et les poses que la mise en scène lui font prendre paraissent parfois un peu forcées (quoique moins que ce à quoi se laisse souvent aller Natalie Dessay), cela reste on ne peut plus convaincant. En Don José, Chad Shelton l'est également. À la fin de son air La fleur que tu m'avais jetée, il réalise un aigu cristallin sur Et j'étais une chose à toi, un si bémol aigu [...] en falsetto explique le chef Claude Schnitzler dans la vidéo sus-liée. Ce qui m'a aussi marqué, à la toute fin de cet air sur la syllabe t'ai de Carmen, je t'aime (qu'on entend à 11:30 dans le reportage), c'est la ressemblance avec l'harmonie du Cygne de Lohengrin. (Quand je vous dis que la wagnérite, c'est une véritable maladie, il faut me croire.) L'Escamillo de Changham Lim n'est pas du tout catastrophique comme je le craignais. Sa diction est tout ce qu'il y a de plus intelligible et si sa voix était un peu couverte lors de son premier air, c'était tout simplement parce que l'orchestre impétueux a joué un peu trop fort. J'ai aussi été scotché par l'interprétation de Claudia Galli dans le rôle de Micaëla. Il est vrai que sa voix a mis un petit moment à s'échauffer et que les mouvements que lui imposait la mise en scène faisaient parfois faiblir sa voix. Pourtant, au troisième acte, lors de l'air Je dis que rien ne m'épouvante, elle a été sen-sa-tion-nelle. L'émotion du personnage s'est traduite dans son interprétation sans nuire en rien à la justesse et à l'intelligibilité du chant. Elle détrônerait presque dans mon panthéon personnel Anna Moffo dont je chéris l'interprétation de cet air. (Le récitatif qui se trouve au début de cet air a malheureusement été complètement gâché par un odieux chœur de tousseurs.)

Saluts après Carmen

C'est flou, mais c'est la moins pire des photographies prises lors des saluts.

Place Stanislas

Sur la Place Stanislas, c'est tout comme s'il ne s'était rien passé au cours de l'après-midi !

(Les quelques autres photographies sont .)

PS: Dans ce compte-rendu déjà trop long, j'ai oublié de préciser que les airs de Carmen avaient été interprétés dans des tempi plutôt lents.

PS2: De belles photographies du spectacle sur le site du décorateur.

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Wagner, la musique qui rend fou !

2011-02-22 21:46+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Culture indienne

Cela fait un peu plus d'un mois que je me prépare aux représentations des opéras Siegfried et Götterdämmerung auxquelles je vais assister en mars et en juin. J'ai lu Le Voyage Artistique à Bayreuth. Pour avoir en tête le décodeur, je réécoute chacun des opéras de la tétralogie et note l'endroit où les motifs principaux apparaissent (que ce soit dans l'enregistrement dont je dispose ou dans la partition d'orchestre), et puis en tire un petit aide-mémoire (source Lilypond) pas encore tout à fait fini.

Ensuite, imaginez que pour me changer les idées, je sorte de sa pochette le CD de la musique du génial film Sita sings the Blues. Il s'y trouve une musique qui n'a absolument rien à voir avec Wagner, normalement, n'est-ce pas ? On y entend en alternance des chansons d'Annette Hanshaw (c'est d'abord pour ça que j'ai commandé le CD) et des titres plus modernes. J'écoute le CD et patatras, dans le morceau qui apparaît à l'entr'acte du film (Intermission, Nik Phelps & the Sprocket Ensemble), la musique a priori la plus innocente qui soit, il me semble entendre très distinctement les cinq premières notes de ça :

Motif de la soumission de Brünnhilde

Dans le contexte du film (avec un bruit de fond supplémentaire), cela apparaît vers 4:03 dans cet extrait quand Sita passe devant l'écran. Dans la bande originale écoutable sur Deezer, cela paraît au bout de vingt secondes.

Halluciné-je ? Veut-on nous faire comprendre qu'à ce moment-là du film, Sita est soumise à son époux Rama ?

Bon, je retourne visionner le deuxième acte de Siegfried...

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Fidelio au TCE

2011-02-22 00:48+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Théâtre des Champs-Élysées — 2011-02-21

Melanie Diener, Leonore

Buckhard Fritz, Florestan

Matthias Goerne, Pizzaro

Kurt Rydl, Rocco

Sophie Karthäuser, Marzelline

Werner Güra, Jaquino

Bálint Szabó, Fernando

Chœur de Radio France

Orchestre national de France

Kurt Masur, direction

Fidelio (Beethoven)

Que le concert de ce soir au TCE m'a mis mal à l'aise ! J'avais sélectionné ce Fidelio (Beethoven) en version concert parce qu'ayant malencontreusement oublié de réserver une place lors du dernier passage à l'Opéra Garnier, je voulais l'entendre en concert malgré tout. La piètre interprétation de ce soir ne va pas contribuer à revenir sur ma décision de réduire très fortement mes achats pour la saison prochaine au TCE.

De peur de voir mes propos dévier vers un manque de respect à quelqu'un en relation avec un affaiblissement dû à la vieillesse et vraisemblablement aussi à la maladie, je me garderai de faire un compte-rendu un peu détaillé de ce concert...

Cet opéra de Beethoven me semble plus que tout autre opéra un terrible torture test pour les chanteurs, surtout si on les place derrière l'orchestre comme c'était le cas ce soir. À côté, Wagner, c'est de la rigolade.

Dotée d'un très beau timbre, Sophie Karthäuser (que d'après mes archives, j'avais déjà entendue en 2004 dans des cantates de Bach) chante avec fraîcheur le rôle de Marzelline. Mais c'est surtout Melanie Diener (Leonore/Fidelio) que j'avais appréciée dans le rôle d'Ursula dans Mathis der Maler qui par son impressionnante présence sauve ce concert.

Ailleurs : Opera Cake, ConcertoNet, Le petit concertorialiste.

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Ustad Ulhas Kashalkar, Ustad Rashid Khan et Pandit Ajoy Chakrabarty à Pleyel

2011-02-20 02:46+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Culture indienne

Salle Pleyel — 2011-02-19

Ustad Ulhas Kashalkar, chant

Suresh Talwalkar, tabla

Ajay Joglekar, harmonium

Kengo Saito, tanpura

Raga Puriya

Raga Bahar

Raga Desh

Ustad Rashid Khan, chant

Prasad Khaparde, chant

Yogesh Samsi, tabla

Ajay Joglekar, harmonium

Kengo Saito, tanpura

Raga Yaman

Pandit Ajoy Chakrabarty, chant

Brajeswar Mukherjee, chant et tanpura

Yogesh Samsi, tabla

Ajay Joglekar, harmonium

Raga Rajeshwari

Je crois que si j'avais été autant ébloui par le récital de musique khyal de Gaayatri Kaundinya, outre le développement de son raga, c'était grâce au jeu de questions-réponses entre elle et le percussionniste qui l'accompagnait ce soir-là. Les improvisations réalisées par les chanteurs du concert marathon (environ 1000 milli Maîtres-Chanteurs de Nuremberg) de ce soir Salle Pleyel étant d'autres types, les satisfactions viendront d'ailleurs et le concert aura tenu au moins deux tiers de ses promesses. Ayant achevé ma lecture d'un extraordinaire premier roman (celui d'Ananda Devi, Rue la Poudrière datant de 1988), j'ai pu renouer avec la technique consistant à rédiger le billet sur le chemin du retour...

J'avais curieusement réservé une place pour ce concert au moment des abonnements il y a environ un an, donc avant même d'être convaincu de l'intérêt et du plaisir que pouvait me procurer cette musique. Ma place est au rang E ! qui est surélevé et où s'installent ordinairement les invités de luxe de la salle (ministres, directeur de Radio France, compositeurs et consorts, etc.). Cependant, je ne suis pas dans la partie centrale (probablement non ouverte à la réservation) puisqu'au lieu d'avoir beaucoup de place pour les jambes, j'ai en fait moins d'espace qu'avec un siège λ. La sonorisation est trop forte ! Les faux-tanpuras utilisés par le premier chanteur résonnent de leur sonorité métallique pendant de longues minutes, le temps que les instruments soient accordés et que quelques coups de marteaux aient heurté les tablas.

Au cours du développement du raga du soir Puriya, Ustad Ulhas Kashalkhar aura fait une impressionnante démonstration de ses talents d'improvisation, avec des ornementations d'un très beau raffinement (accompagnées d'une gestique très parlante et qui ne serait peut-être pas inadaptée à l'utilisation d'un thérémine). J'ai toutefois trouvé que les percussions étaient entrées dans le jeu de façon quelque peu abrupte. Même si le percussionniste semblait prendre un plaisir évident à jouer avec ce chanteur, il n'y a guère eu de dialogue entre les deux musiciens. Ce fut unidirectionnel, tout reposant sur les épaules du maître. Le texte chanté était apparemment en hindi (et par le voculaire utilisé devait être un chant d'amour). Pour conclure son récital, il a interprété deux autres ragas : Bahar et Desh. J'ai surtout aimé ce dernier où après une très belle introduction furent servies de très nombreuses variations vocalisées sur un vers unique (ou presque ?), la même mélodie étant reproduite quasi-continûment par l'harmonium.

Après le premier entr'acte est arrivé Ustad Rashid Khan. Si sa prestation n'a pas été déplaisante pour les oreilles, elle a semblé moins intéressante. Le timbre un peu caverneux de sa voix est très flatteur. Pendant la très belle introduction de son Raga Yaman, que Klari m'interdit d'appeler Alap, il a ponctué chacune de ses phrases musicales d'un raclement de gorge. Il était opportunément accompagné d'un jeune chanteur dont la voix a un timbre plus ingrat. Les tablas sont entrés en jeu de façon moins brutale que lors du premier récital, mais cette deuxième partie m'a semblé peu variée, tournant en rond, quasi-soporifique. L'attitude du chanteur a été très différente de celle d'Ustad Ulhas Kashalkar pour lequel la musique semblait ressentie de façon beaucoup plus intériorisée. Ustad Rashid Khan a souvent semblé prendre un air autosatisfait, comme lorsqu'il parvenait à maintenir une note de façon très prolongée. Pour ce qui est du texte, je n'ai vraiment aucune idée de ce qui était censé être chanté (hors séquences solfiées). Sa deuxième pièce, plus courte était un chant d'amour puisque quelque vers commençait par मोरे पिया (More Piya, comme dans une des chansons du film Devdas). (Digression linguistique : si Klari et moi pouvions nous accorder pour nous dire que मेरे पिया (Mere Piya, Mon bien-aimé) serait plus correct en hindi, mon dictionnaire m'apprend que la forme More serait une variante locale de certaines régions qui se trouvent actuellement dans l'Uttar Pradesh, dont est originaire le chanteur.)

Après cet intermède quelque peu décevant, reculade de quelques rangs (moins de dB et plus de m2) pour mieux profiter du dernier récital de la soirée.

Je ne peux guère trouver de mots pour décrire l'absolu plaisir que fut pour moi d'audition du Raga Rajeshwari interprété par Pandit Ajoy Chakrabarty. Il y a une grande douceur dans tous les aspects de son attitude, aussi bien dans sa voix, dans sa façon d'avancer dans le raga, dans son respect pour le public (commençant littéralement par présenter ses respects aux spectateurs) et pour les musiciens qui l'accompagnaient, notamment un jeune chanteur qui secondait formidablement bien le maître. Ainsi, à un moment donné, par inadvertance, les deux chanteurs ont commencé rigoureusement en même temps une phrase musicale. Ajoy Chakrabarty a très élégamment laissé la priorité au jeune chanteur après avoir laissé échapper une première note. Dans ses techniques d'improvisation, on reconnaît un peu la façon de sa fille Kaushiki Chakrabarty, entendue lors des Vingt-quatre heures du râga à la Cité de la Musique. Le récital qui avait commencé par une prière adressée au Tout-Puissant s'est terminée dans un état d'esprit semblable (avec des vers sanskrits m'a-t-il semblé) à la fin de la dernière composition.

Ailleurs : Klari.

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La mort de Cléopâtre à Pleyel

2011-02-13 01:21+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-02-12

Anna Caterina Antonacci, soprano

Orchestre national de France

Chœur de Radio France

Matthias Brauer, chef de chœur

Sir John Eliot Gardiner, direction

Le Roi Lear, Ouverture opus 4, H.53 (Berlioz)

Cléopâtre, scène lyrique (Berlioz)

Marche funèbre pour la dernière scène d'Hamlet, extrait de Tristia (Berlioz)

Pétrouchka (Stravinski)

Natalie Dessay serait passée devant sans ses deux annulations dans la série des Giulio Cesare, mais c'est bien Anna Caterina Antonacci qui reste l'artiste lyrique que j'aie le plus souvent entendue en concert. Si je n'ai pas toujours estimé que le timbre de sa voix était d'un type qui flatte le plus l'oreille et s'il s'est trouvé un récent malheureux concert pour me faire douter, je pense qu'avec le concert de ce soir, elle m'a définitivement conquis !

La première partie du programme est consacrée à Berlioz, un compositeur que je connais très mal. L'ouverture Le Roi Lear, aux atmosphères variées, ne me déplaît pas. Vient ensuite la scène lyrique Cléopâtre, qui est la raison principale qui m'a fait inclure ce concert dans mon abonnement. J'avais en effet déjà entendu Anna Caterina Antonacci chanter cette œuvre au TCE en 2008. Alors qu'elle avait pu paraître quelque peu tendue lors de ce concert, sa façon de l'interpréter ce soir m'a paru superbe. Quelle conviction, quel engagement ! Son interprétation a été celle de la grande tragédienne que l'on connaît. Au prix d'un peu de concentration, il était tout-à-fait possible d'entendre le texte (sauf peut-être pendant l'unique vers pendant lequel sa voix fut couverte par l'orchestre). J'ai fait cet effort au début, puis me suis laissé entraîner par l'émotion qui jaillissait de ce moment musical. Alors qu'elle paraît d'ordinaire très en retenue lors des saluts, cette fois elle a semblé déceler un peu de sa joie. Après cela, je n'ai pour ainsi dire pas pu me concentrer pour écouter la dernière œuvre berliozienne programmée.

Après l'entr'acte, l'orchestre et le chef sont revenus pour interpréter la musique du ballet Pétrouchka de Stravinski. Je dois avouer n'avoir pas été particulièrement emballé par cette interprétation. Peut-être est-ce la faute d'un micro-climat acoustique au niveau du rang ZZ (que j'ai préféré au rang Z) ? C'est anecdotique, mais j'ai bizaremment eu l'impression d'entendre un peu discret bruit de percussions à un endroit très inapproprié dans les toutes premières mesures ; cela n'a rien à voir, mais l'orchestre a aussi eu à lutter avec une sonnerie de téléphone...

Essentiellement, cette interprétation m'a donné un sentiment d'inouï. Ce fut en effet très différent de mes références (Vello Pähn et l'Orchestre de l'Opéra de Paris en décembre 2009, Iván Fischer et le Budapest Festival Orchestra il y a un an, Isaac Karabtchevsky et l'Orchestre National des Pays de la Loire pour l'enregistrement dont je dispose). Si certains passages m'ont semblé très intéressants et si le pianiste a été excellent, j'ai été déçu par d'autres passages. Celui que j'attendais plus que tout autre était le début du quatrième et dernier tableau. Normalement, cela doit être effervescent et me donner l'impression que l'orchestre est traversé par une onde, mais je n'ai pas du tout ressenti cela ce soir. Plus loin, la Danse des cochers a été très jolie, quoiqu'un peu lente à mon goût. J'ai aussi été quelque peu troublé par la fin, peut-être pas tout-à-fait canonique (dans mes souvenirs et d'après la partition que je n'ai pas consultée sur IMSLP puisque je n'habite pas aux États-Unis d'Amérique, cela se terminait par un gros fff plutôt que par un doux p).

Ce concert sera diffusé sur France Musique le lundi 28 février 2011 à 9h07 ! (Et sera disponible sur le site de la radio pendant un mois, peut-être seulement après la première diffusion ?)

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Die Schöpfung à Pleyel

2011-02-12 01:24+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-02-11

Le Concert Spirituel

Chœur de la Radio flamande

Sandrine Piau, soprano

Topi Lehtipuu, ténor

Andrew Foster-Williams, baryton-basse

Hervé Niquet, direction

Die Schöpfung, Haydn.

Je crois que je l'ai déjà dit ici, mais Haydn est un de mes compositeurs préférés. Un de mes meilleurs souvenirs de concerts provient des Saisons dirigées par Gardiner.

Ce soir, c'était la Création, interprétée par le Concert Spirituel et le Chœur de la Radio flamande. Le chœur est disposé d'une façon un peu originale, en deux groupes situés à gauche et à droite du chef, vers l'avant de la scène. Le premier rang de choristes étant assis, le deuxième debout. Hervé Niquet arrive en ayant l'air très décontracté. Il bouge beaucoup, tourne les bras à vive allure. Il faudrait presque un quadruple garde-fou sur l'estrade où il a pris place pour prévenir à coup sûr un accident. Cela dit, ce qui compte, c'est ce qu'on entend. On est très loin de la version éthérée enregistrée par Karajan ! Ici, tout sera plus vivifiant, et incarné. Le tempo est plutôt rapide aussi. J'ai quelque mal à entendre certains détails dans la Représentation du chaos, et surtout, l'arrivée de la Lumière a été interprétée sans la moindre envie de créer un effet spectaculaire (contrairement à la dernière fois). C'est d'ailleurs que viendra le plaisir de cette nouvelle écoute.

Ce qui m'a le plus frappé ce soir est que j'ai presqu'eu l'impression d'assister à une représentation d'opéra en version de concert, dans un style mozartien. Les chanteurs, et tout particulièrement le baryton-basse Andrew Foster-Williams ont très bien joués leurs rôles respectifs. Il a eu la tendance amusante à rouler les r de façon surexagérée dans certains vers contenant quelqu'allitération. Il a chanté avec Sandrine Piau de très beaux duos quand ils sont réunis dans la troisième partie en tant qu'Adam et Ève.

Du point de vue musical, il y aussi de quoi se délecter avec la figuration des diverses créatures dans le langage orchestral. Pour ma part, j'ai notamment apprécié le rossignol, le lion, le tigre, ou encore les mignonnes petites notes de clarinette lors de l'air de Gabriel Nun beut die Flur das frische Grün, qui comporte également de fort belles vocalises.

C'est une œuvre très réjouissante (malgré le caractère assez naïf du livret) à l'écoute de laquelle on ressort moins fatigué qu'en arrivant...

Ailleurs : Palpatine, Zvezdo, Klari.

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Francesca Da Rimini à Bastille

2011-02-10 01:45+0100 (Orsay) — Culture — Opéra

Opéra Bastille — 2011-02-09

Svetla Vassileva, Francesca

Louise Callinan, Samaritana

Wojtek Smilek, Ostasio

George Gagnidze, Giovanni Lo Sciancato

Roberto Alagna, Paolo il Bello

William Joyner, Malatestino dall'ochio

Grazia Lee, Biancofiore

Manuela Bisceglie, Garsenda

Carol Garcia, Adonella

Andrea Hill, Altichiara

Cornelia Oncioiu, La Schiava

Alexandre Kravets, Ser Toldo Berardengo

Yuri Kissin, Il Giullare

Alexandre Duhamel, Il Torrigiano

Nicolas Marie, Il Balestriere

Ook Chung, La Voce del prigioniero

Cyrille Lacrouts, violoncelle solo

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Daniel Oren, direction musicale

Giancarlo Del Monaco, mise en scène

Carlo Centolavigna, décors

Maria Filippi, costumes

Hans-Rudolf Kunz, lumières

Patrick Marie Aubert, chef du chœur

Francesca Da Rimini, Zandonai

Est-il possible de s'ennuyer davantage à l'opéra qu'avec la Francesca Da Rimini qui passe actuellement à l'Opéra Bastille ?

Rien qu'à lire le synopsis de l'opéra, il y a de quoi être affligé. Il ne se passe rigoureusement rien pendant le premier acte. Le décor est fleuri-mignon. La mise en scène inexistante. Les chanteurs (et tout particulièrement Roberto Alagna) ne jouent pas du tout la comédie. La musique est assez originale. C'est parfois un peu dégoulinant de sentiments, mais on trouve quelques beaux passages symphoniques, comme lors de la fin de ce premier acte.

Je ne sais pas qui a eu l'idée imbécile de faire deux entr'actes pour aboutir à ce découpage absurde : 35 minutes, 25 minutes, 90 minutes. Un entr'acte à la fin d'un acte où il ne s'est rien passé, ce n'est pas terrible. On ne peut même pas commenter la voix du grand Roberto, puisqu'il n'a pas encore ouvert la bouche (mais un spectateur heureusement resté unique a applaudi son entrée en scène).

Le deuxième acte manque de lisibilité. On est au milieu d'une bataille, mais on ne comprend pas vraiment ce qui se passe, si ce n'est que Francesca et sa suivante se prennent pour Isolde et Brangäne, puisque Franscesca remet à Paolo il Bello une coupe (de vin de Grèce). (Je suppose que si le frère de Paolo débarque littéralement d'un bateau, c'est pour appuyer la référence à Tristan. Ah, ah, trop drôle !) Dans le troisième acte, on découvre que Paolo n'est peut-être pas un Tristan mais plutôt un Lancelot : les deux sont inspirés par la lecture d'un livre relatant les amours de ce dernier. Ils finissent par se faire embrocher par les frères de Paolo. C'est que Franscesca était mariée avec l'un d'entre eux et qu'ils sont plutôt violents.

Il reste un peu de bonne musique, plusieurs duos entre Roberto Alagna (Paolo) et Svetla Vassileva (Francesca). Je suis plus enthousiasmé par cette dernière (et, dans les rôles plus secondaires, par Grazia Lee). Sans avoir démérité (par son chant), même s'il était parfois un peu couvert par l'orchestre (qui m'a bien plu, chapeau à Daniel Oren), Alagna ne m'a pas fait une impression absolument éblouissante. Il faudrait le voir dans un opéra plus connu...

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L'Orchestre Lamoureux au TCE

2011-02-06 22:08+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Théâtre des Champs-Élysées — 2011-02-06

Les jeunes musiciens des Petites Mains

Eric Du Faÿ, direction

Prélude de Carmen (Bizet)

Mes pleurs (Vincent Artaud)

Farandole de L'Arlésienne (Bizet)

Orchestre Lamoureux

Marco Parisotto, direction

Ouverture du Vaisseau fantôme (Wagner)

Symphonie, Olivier Kaspar (création)

Prélude de l'acte III de Lohengrin (Wagner)

Ouverture de Rienzi (Wagner)

Prélude et Mort d'Isolde de Tristan et Isolde (Wagner)

Ouverture des Maîtres Chanteurs de Nuremberg (Wagner)

Après le Colonne vendredi, c'est un autre des plus vénérables orchestres parisiens que je suis allé écouter : l'orchestre Lamoureux, qui fête son cent-trentième anniversaire.

Comme j'ai pu le découvrir en lisant Le Voyage Artistique à Bayreuth d'Albert Lavignac qui contient une liste des Français étant allés au festival de Bayreuth à la fin du XIXe, Charles Lamoureux a fait plusieurs fois le voyage (tout comme Édouard Colonne). Il n'est donc pas illogique que cet orchestre joue la musique de Wagner lors d'un programme-anniversaire.

En préambule au concert, trois pièces ont été jouées par un orchestre d'enfants (7 à 13 ans), Les Petites Mains dirigées par Eric Du Faÿ. Cela a commencé par un fort honorable Prélude de Carmen (Bizet), puis la création de Mes pleurs de Vincent Artaud et cela a fini sur une Farandole de L'Arlésienne (Bizet) un peu moins maîtrisée.

L'orchestre Lamoureux et le chef Marco Parisotto sont arrivés ensuite. Ma première impression fut de penser qu'il devait être fou pour oser diriger une création sans partition. En fait, dès les toutes premières notes, il fut évident qu'il y avait eu une permutation dans le programme et que l'on commençait par l'Ouverture du Vaisseau fantôme. Intervint ensuite la création de Symphonie d'Olivier Kaspar, très décevante puisqu'on se dit en l'écoutant et en voyant le chef tourner les pages qu'elle aurait très bien pu être composée il y a un siècle, au moins.

Après l'entr'acte, nous n'entendrons plus que du Wagner, en commençant par le Prélude du troisième acte de Lohengrin qui se finit superbement sur le motif du Mystère du nom. L'ouverture de Rienzi qui suit, si elle n'utilisait pas ainsi les cuivres, dans un blindtest, je pense que j'eusse eu bien du mal à l'attribuer à Wagner, mais c'est un charmant morceau.

Le point culminant du concert à été Le Prélude et la Mort d'Isolde de Tristan et Isolde. J'ai rarement été autant transporté par une œuvre orchestrale. D'un point de vue visuel, il est aussi extrêmement fascinant de regarder l'orchestre jouer le prélude. La Mort d'Isolde perd à mes yeux et mes oreilles une partie de son intérêt en l'absence d'une chanteuse pour incarner Isolde. Je ne pouvais m'empêcher d'imaginer la voix de quelque grande chanteuse superposée à ce que j'entendais, et ce sans pour autant gâcher le plaisir d'écouter l'orchestre.

Le concert s'est conclu une œuvre à laquelle je n'ai pris goût que très récemment : l'ouverture des Maîtres Chanteurs de Nuremberg.

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L'Orchestre Colonne à Pleyel

2011-02-05 02:00+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-02-04

Orchestre Colonne

Jean-Philippe Collard, piano

Laurent Petitgirard, direction

Gautama Symphonie (Premier mouvement : Naissance et vie de famille), Jean-Philippe Bec

Concerto nº3 pour piano et orchestre, Rachmaninov

Cinquième prélude (op. 32), Rachmaninov

Symphonie nº1, Brahms

Quel charmant concert que celui qu'a donné ce soir l'Orchestre Colonne ! J'avais sélectionné ce concert sur la seule foi du titre de la première pièce au programme : Gautama Symphonie (Premier mouvement : Naissance et vie de famille). Je ne suis pas déçu par cette œuvre à la musique cuivrée envoûtante (un peu japonisante) alors que j'ai pris place dans un siège de côté à l'arrière-scène. Ce placement est très intéressant parce qu'on a une vue d'ensemble sur l'orchestre (et contrairement aux places plus centrales, les pupitres n'occultent pas les instruments). Les cuivres sont suffisamment éloignés pour qu'on les entendent bien sans qu'ils fassent mal aux oreilles. J'ai eu un peu peur en me rendant compte que j'étais juste derrière la grosse caisse, mais l'instrumentiste ne fera que la caresser doucement avec une brosse ! Quand le compositeur Jean-Philippe Bec est venu saluer, il a joint les mains à l'indienne pour remercier le chef Laurent Petitgirard.

On fait ensuite venir un piano pour le concerto pour piano nº3 de Rachmaninov. C'est la première fois que j'entends une œuvre de ce compositeur en concert. J'en ai surtout apprécié le premier mouvement, qui commence sur un charmant thème. Le deuxième mouvement me plaît un peu moins. Il s'y trouve des passages que j'apprécie et d'autres qui m'énervent un peu. C'est sans que je m'en rende compte que nous arrivons au troisième mouvement qui est un déluge de virtuosité de la part du pianiste Jean-Philippe Collard, qui nous gratifiera ensuite d'un bis (que je n'ai pas identifié, cela ressemblait un peu à du Satie ; d'après une source très bien informée, c'était le douzième prélude de l'opus 32 de Rachmaninov ; à vrai dire, il semblerait que ce soit le cinquième prélude du même opus). Pendant ce concerto, mon placement me permettait de voir très bien les mains du pianiste, mais acoustiquement, tout est prévu pour que le son soit dirigé vers la salle plutôt que vers l'arrière-scène, donc la balance n'était pas toujours idéale. Pas de problème en revanche pour apprécier le très beau son de cor !

Après l'entr'acte, je reviens et constate que le seul percussionniste est maintenant au centre, j'aurai donc de très bonnes conditions d'écoute pendant la première symphonie de Brahms. A priori, je déteste ce compositeur. Pourtant, c'est bien pendant l'écoute de cette œuvre que je me suis le plus éclaté. Je trouve aussi que l'orchestre s'y est vraiment surpassé. Est-ce uniquement la faute à l'étude que j'entrepends ces jours-ci de la Tétralogie de Wagner si je ne peux pas dissocier un des motifs rythmiques Plammm-plam-Plammm-plam que l'on entend dans le premier mouvement de cette symphonie (et qui réapparaît dans le quatrième) à la deuxième partie du motif de l'Adoration de l'or que chantent les filles du Rhin dans la première scène de Das Rheingold. Je me régale pendant les trois premiers mouvements de la symphonie, qui font entendre de très belles nuances. J'ai moins aimé le quatrième et dernier mouvement qui fait un peu trop penser à Beethoven. Les nuances se font moins fines aussi. Pendant certains passages où les cors jouent, on n'entend plus les violons qui produisaient des sonorités un peu wagnériennes que j'aurais préféré entendre mieux. Les autres instruments à vents étaient délicieux à écouter.

Ailleurs : Klari.

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Cleopatra à Garnier

2011-02-02 02:12+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Garnier — 2011-02-01

Lawrence Zazzo, Giulio Cesare

Christophe Dumaux, Tolomeo

Varduhi Abrahamyan, Cornelia

Isabel Leonard, Sesto

Natalie Dessay, Cleopatra

Nathan Berg, Achilla

Dominique Visse, Nireno

Aimery Lefèvre, Curio

Emmanuelle Haïm, direction musicale

Laurent Pelly, mise en scène et costumes

Chantal Thomas, décors

Agathe Mélinand, dramaturgie et collaboration à la mise en scène

Joël Adam, lumières

Alessandro Di Stefano, chef des chœurs

Chœur de l'Opéra national de Paris

Orchestre du Concert d'Astrée

Giulio Cesare, Händel

Je reviens de la sixième représentation de la nouvelle production de Giulio Cesare in Egitto, la troisième consécutive pour moi (j'y suis retourné samedi après y être déjà allé jeudi) et la troisième et deux tiers interprétée par Natalie Dessay.

Je suis à une place quasi-symétrique de celle de samedi : première loge 11, place 5, une place d'où l'on voit très bien si l'on consent à se tenir debout. La représentation est filmée (est-ce pour une captation DVD ? des essais pour la retransmission du 7 février ?).

Pas plus cette fois-ci que les précédentes je n'ai eu le sentiment que que la mise en scène fonctionnait (j'ai repéré un truc rigolo non remarqué les deux fois précédentes : parmi les musiciennes de scène habillées en robe à paniers se cache Atsushi Sakaï, un excellent gambiste rendu méconnaissable par le déguisement !). Natalie Dessay et Jane Archibald ont des façons bien différentes d'incarner le rôle de Cleopatra. Jane Archibald jouait le rôle de façon plutôt sérieuse tout du long. Chez Natalie Dessay, qui en rajoute un peu beaucoup, le rôle d'abord léger devient plus sérieux à mesure qu'on avance dans l'opéra. Les plus fins observateurs des premières représentations avaient remarqué que Natalie Dessay portait une poitrine postiche, qui est par moments découverte (il s'agit en fait d'un costume ayant la couleur de la peau) ; Jane Archibald n'a apparemment pas utilisé de tels artifices.

Du côté des voix, j'ai toujours autant apprécié Isabel Leonard (Sesto), Varduhi Abrahamyan (Cornelia) et Lawrence Zazzo (Giulio Cesare). Restait l'inconnue Natalie Dessay. Pendant le premier acte, une petite gêne dans sa voix se laissait souvent percevoir en début de vers. Cependant, même un peu modifiée et malgré la tension de tout le monde, je trouve toujours que c'est un plaisir unique que de l'entendre chanter. Si comme je dis plus haut, elle en rajoute un peu du côté de son jeu, quand elle chante, c'est pour de bonnes raisons qu'elle capte toute l'attention ! Au deuxième acte, elle s'est apparemment un peu plus lâchée : son Venere Bella fut très beau. Bizarrement, Emmanuelle Haïm a semblé faire signe au public d'arrêter d'applaudir à la fin de cet air (pourtant, c'était safe, Giulio Cesare était derrière la porte, attendant de faire son entrée). Plus loin, son Se pietà a été absolument superbe. (Mais il faudrait enfermer le spectateur qui a crié Bravo ! beaucoup trop tôt lors du baisser de rideau.) Au troisième acte, son Da tempeste a été un peu hésitant au début, mais cela s'est très bien fini avec un très beau duo avec Lawrence Zazzo.

Le public m'a semblé carrément frigorifié. À la fin de plusieurs airs du premier acte qui eussent pourtant mérité un tel hommage, il n'y eu aucune interruption pour des applaudissements. À la fin de la représentation, le nombre de baissers/levers de rideau a été moindre que d'ordinaire et les lumières ont été rallumées très vite. Cela dit, quand Emmanuelle Haïm a rejoint les chanteurs pour saluer, Natalie Dessay et elle n'ont plus arrêté de discuter, se désintéressant totalement des saluts.

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