Weblog de Joël Riou

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Retour en France, photographies

2006-08-30 18:17+0200 (Grigny) — Voyage en Inde II — Photographies

Je viens de rentrer en France. Bien que je me fusse reposé hier après-midi, je suis assez fatigué : l'avion pour Mumbai partait à 3h45, et il fallait arriver 3h à l'avance à l'aéroport. Les contrôles des bagages étaient systématiques, mais les règles n'étaient pas très rationnelles. J'avais plutôt l'impression qu'elles étaient faites pour embêter les gens (il devait être autorisé de prendre un rasoir, mais la mousse à raser était interdite ; le nombre de bagages à main était limité à un ; les liquides étaient interdits) juste pour qu'ils aient l'impression que l'on fasse quelque chose pour leur sécurité.

Dans l'avion Chennai-Mumbai, j'ai discuté avec un malaysien tamoul travaillant au Royaume-Uni et qui avait fait trois semaines de tourisme en Inde du Sud. Son grand projet était d'ouvrir un restaurant de hamburgers, poulet-frites à Pondichéry, parce qu'il y avait vu beaucoup de blancs.

J'ai extrait les photographies de mon appareil. Plutôt que de mettre une légende en-dessous de chacune, ce qui prendrait un temps fou, elles apparaissent dans l'ordre chronologique, ville par ville, avec des liens vers les entrées de blog correspondantes.

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Dernière journée à Chennai

2006-08-29 20:57+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde II

Je passe mes derniers instants à Chennai puisque je vais prendre ce soir un avion pour Mumbai, puis un autre pour Paris.

Ce matin, je suis allé marcher en direction de la cathédrale St. George, qui se trouve juste à côté du consulat des États-Unis d'Amérique. La cathédrale n'a pas grand chose de remarquable, si ce n'est qu'elle est toute blanche et présente de grandes colonnes unies.

J'ai mangé dans un très bon restaurant du Kerala, du poisson dans une sauce rouge prétendûment très épicée, mais pas tant que ça en fait. Globalement, je m'attendais à ce que la cuisine du Sud de l'Inde soit vraiment très piquante, mais c'est tout-à-fait supportable : il faut juste éviter de trop croquer les morceaux de piments qui se retrouvent parfois sur la feuille de bananier.

Pendant mon voyage, j'ai essayé de privilégier la marche sur les trajets en rickshaw, cela m'évite de me faire trop souvent arnaquer, et puis cela permet de s'arrêter quand on veut pour aller voir quelque chose ou prendre des photographies. Même à Chennai, c'est possible... Marcher dans les rues s'avère assez compliqué : il n'y a pas vraiment de trottoir (s'il y en a, c'est en fait le plus souvent une succession discontinue de pierres recouvrant l'écoulement des eaux usées), il faut faire attention à ne pas marcher sur les gens qui dorment par terre, les motos et les vélos semblent se ficher complètement de la présence des piétons. Traverser une route est assez périlleux ; en général, cela se fait en deux étapes, mais une fois au milieu de la route, il faut faire attention aux motos dont les mouvements sont assez imprévisibles. Quand il n'y a pas trop de circulation, ce n'est pas trop difficile, il faut adapter sa vitesse pour passer entre les motos (on peut ignorer les vélos, leur vitesse étant négligeable, on a le temps de passer avant qu'ils n'arrivent). Quand il y a beaucoup de circulation, il faut parfois attendre cinq minutes avant de voir une petite opportunité de passer. Parfois, il y a des feux, mais ils n'engagnet que ceux qui y croient : les motos et rickshaws qui tournent à gauche aux intersections ignorent les feux, ce qui fait que c'est presque quand le feu est vert pour les piétons que la traversée est la plus périlleuse.

J'ai déjà parlé de ces rues spécialisées où l'on trouve des alignements de magasins de plastique, de pneus, etc. Mais ce qui est aussi étonnant dans certains coins, c'est la diversité des choses que l'on y voit : des téléphones, des restaurants, des hôtels, des marchands de glace, des mosquées, des confiseurs, des temples, des boutiques de saris (j'ai l'impression qu'il y a une bonne proportion de magasins de vêtements qui ne vendent que des saris), des églises, des restaurants à roulette, un vélo-rickshaw ou auto-rickshaw dormant sur son outil de travail. Il est très surprenant, quand on marche dans la rue, de se retrouver à quelques dizaines de centimètres de quelqu'un paisiblement assis dans sa boutique, en train de réparer un objet électrique tandis que plus loin, il y a un rickshaw sur deux roues en cours de rafistolage. En France, il faudrait entrer dans l'arrière-boutique d'un magasin pour voir ça ; ici, tout se passe dans la rue ou pas très loin.

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Fort St. George

2006-08-28 17:38+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde II

Hier soir, j'ai testé le restaurant de mon hôtel. Après qu'une autre touriste eût fini de manger, j'étais le seul client. Ce n'était pas terrible, il y avait peu de choix de plats, et il n'y avait ni dosas ni thalis. C'était amusant de voir la personne qui s'occupait du restaurant nettoyer la petite idole de Ganesh qu'il y avait à l'entrée et puis coller avec application des bindis sur le front des divinités qui étaient encadrées sous une ampoule (il y avait au moins Ganesh, Saraswati, Rama, Laksmana, Sita) ; cela lui a pris une bonne heure. Ensuite, je suis allé marcher dans les environs. Je suis repassé devant un grande idole de Ganesh que j'avais vu plus tôt. Quelques personnes étaient réunies là pour écouter un discours. Je ne comprenais évidement rien à ce qu'il disait, mais le mot Bhakti revenait assez souvent.

Ce matin, je me suis baladé du côté de Marina Beach. Il y avait plus de téméraires pour se baigner que la dernière fois. Il y a un ensemble de monuments assez bizarres au Nord de Marina Beach ; il semblerait que lorsqu'ils décident de faire un monument à la mémoire de quelqu'un, les indiens fassent les choses en grand.

J'ai continué à marcher en direction du Nord, jusqu'au Fort St. George. L'entrée était assez fliquée, mais quand j'ai dit que j'étais français, on m'a laisé entrer sans même fouiller mon sac. Cela m'a beaucoup surpris, puisque récemment, on se plaignait ici que les gens soient profilés sur des critères ethniques ou nationaux dans les aéroports : ils font la même chose... J'ai visité le musée du Fort : armes, uniformes militaires, portraits de gouverneurs anglais, de nawabs, de la Reine Victoria, pièces, timbres des établissements français de l'Inde... J'ai été assez surpris de revoir des dessins de Thomas et William Daniell dont j'avais vu des copies dans une exposition à Paris ; il y avait notamment un dessin du palace que j'ai vu à Madurai.

Je me suis dirigé vers Anna Salai (Road), en passant devant plein de bâtiments militaires. En franchissant un pont sur un cours d'eau très sale, j'ai vu de l'autre côté des enfants jouant avec des cerfs-volants. Un petit peu plus loin, il y avait un disque bleu de quelques mètres de diamètre assez amusant : il représentait les douze signes du Zodiaque. Je sors mon appareil-photo, mais un militaire me tombe dessus en demandant avec insistance pourquoi je prends des photos. Pendant quelques secondes, j'ai craint qu'il ne m'emmène au poste ; du coup, j'ai effacé la photographie et me suis excusé ; c'est quand même incroyable qu'il y ait une restricted area en bordure de l'une des plus grandes rues de la ville, et qu'aucun panneau ne l'indique explicitement.

Dans le centre-ville, pas évident de trouver le restaurant que je voulais. Je suis finalement allé dans un restaurant Saravana Bhavan (il y en avait aussi à Kanchipuram) et y ait pris un thali. Si j'ai eu auparavant l'impression que les indiens mangeaient leur thali très vite, c'est simplement parce qu'ils ne finissent pas tous les petits pots...

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Arnaques

2006-08-27 16:19+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde II

Il y a plein de façons de se faire arnaquer quelques roupies en Inde. En voici trois types.

Dans certaines villes (en particulier à Chennai), les chauffeurs de rickshaw gonflent les prix ; si on ne se fait pas préciser le prix au départ, on peut avoir de mauvaises surprises ; ajouter à cela une bonne dose de mauvaise foi. Parfois, on est presque surpris d'avoir des prix honnêtes. Inversement, il y a ceux qui disent qu'ils peuvent nous déposer n'importe où pour 10 roupies ; juste après, ils parlent d'ateliers d'encens, et si on n'est pas d'accord, ils parlent de substances illicites...

Une autre semi-arnaque plutôt sympathique, utilisée notamment par les policiers ou guichetiers. Ils prétendent faire une collection de pièces étrangères. En fait, si on n'en a pas, certains demandent à ce qu'on échange leur pièce contre leur valeur en roupies...

Les plus pénibles, qui peuvent vous gâcher une journée, de vrais arnaqueurs, des parasites, ce sont ces faux guides qui sévissent dans certains temples. Les guides honnêtes, ils proposent leurs services à l'entrée en donnant leur prix, certes en insistant un peu, mais au moins, on peut leur dire non. Les parasites, ils imposent leurs services. Ils ne demandent pas si on veut un visite guidée, ils se mettent à marcher trois ou quatre mètres devant nous dans la direction qui nous intéressent évidemment et commencent leur topo à 2 paisas à distance. J'ai repéré le système depuis un certain temps : avant-hier, devant un temple, un jeune entrant dans cette catégorie se mettait devant moi, en disant Come! Come!. Je sens le mauvais coup, je me mets à marcher plus vite pour le dépasser, et il me dit quelque chose comme Do not run! The temple will not close!, là je dis avec insistance que je ne veux pas de guide et il m'a laissé tranquille. Ce matin, je suis tombé sur le pire de tous, un vrai arnaqueur, qui par dessus le marché ne savait absolument pas parler anglais : il savait juste dire Lingam, Shiva, Parvati. Merci, mais j'avais remarqué l'alignement de Lingams. Je l'ai rattrapé plusieurs fois pour lui dire que je ne voulais pas de ses services. Il disait No money! Watchman!. Je n'étais vraiment pas loin de lui en mettre une... Impossible de me séparer de cet écornifleur. Après cela, il demande deux cents roupies. Je lui en donne seulement cent, ce qui est déjà grotesque pour la prestation dont je voulais absolument me passer. Il n'était pas content, alors il se met à courir pour me montrer une statue de Shiva Nataraja, et fait un numéro de pantomime, et ce voleur a la culot de me demander cent roupies pour la puja.

Ce qui est triste là-dedans, ce n'est pas tant de s'être fait rouler de quelques roupies, c'est la répartition des roupies distribuées : ce sont les plus filous qui en empochent le plus ; les mendiants, parmi lesquels il y a vraiment des gens souffrant de maladies assez inimaginables, semblent déjà bien contents de récupérer une roupie.

Ce matin, je suis retourné au temple Ekambaranathar, et y ai vu le fameux manguier. Je suis également passé au temple Kamakshi Amman Devasathanam, dont une assez grande part était réservée aux hindous. Là, je viens de rentrer en bus à Chennai, dernière étape de mon voyage.

Aujourd'hui commence un festival dédié à Ganesh. Les idoles sont décorées tout particulièrement pour cette occasion...

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Kanchipuram

2006-08-26 19:06+0530 (காஞ்சிபுரம்) — Voyage en Inde II

Hier, vers midi, je me suis dirigé vers le Mofussil Chennai Bus Terminus, une immense gare routière : il y a six plates-formes, chacune présentant un alignement d'une bonne trentaine d'emplacements pour les bus. Je n'ai pas trouvé d'autre panneau récapitulant la liste des destinations que celui sur lequel tout était écrit en tamoul. Mais avant mon départ, j'avais noté la liste des villes où je comptais aller en langue vernaculaire. En cherchant un peu, j'ai trouvé la plate-forme nº5 et suis monté dans le premier bus sur lequel était écrit காஞ்சிபுரம். Bien que l'on fût sur une sorte d'autoroute, le bus allait très lentement et le chauffeur ne conduisait pas comme un fou, c'est plutôt rare. Petite frayeur quand une vache s'est mise au milieu de la route après un dépassement.

L'hôtel où je suis a un très bon rapport qualité-prix, ma chambre est juste un petit peu sombre. Il y a même un room service, et puis deux restaurants, en fait un seul, qui existe en version luxe climatisée et version cantine avec des ventilateurs. Je vais plutôt à ce dernier. À Kanchipuram, il y a beaucoup de temples anciens et assez bien entretenus, mais il n'y a apparemment aucune carte de la ville. Il faut un peu marcher au hasard pour les trouver. J'ai notamment visité le Kailasanathar, le Jvarahresvara et le Sri Ekambaranathar. Ce dernier temple est vraiment très grand. On entre par une tour extrêmement haute. Il y avait des travaux un peu partout à l'intérieur. J'ai vu les chars de processions rangés dans une sorte de caverne d'Ali Baba. J'ai pas mal discuté avec un jeune ingénieur en mécanique à la recherche d'un travail, qui était très étonné qu'un français pût parler anglais. Le hic, c'est que ce temple a plusieurs noms, ce qui fait que je n'ai pas vu le fameux manguier censément millénaire qu'il abrite ; j'y retournerai sans doute demain matin.

Ce matin, j'ai vu plusieurs temples anonymes (enfin, qui n'ont que des noms tamouls). Assez loin du centre, j'ai vu le Vaikuntha P. Perumal Temple (dont le sanctuaire s'appelait Sri Arulmigu Vaigunda Perumal Sannthi). En voulant aller au Varadaraja Swami Temple, je suis passé devant quelques autres temples aux noms inconnus. Près d'un de ceux-là, il y avait un grand bassin en activité, avec plein d'enfants qui s'y lavaient (et qui me faisaient des signes pour que je les prennent en photo). Arrivé au Varadaraja, le sol brûlait mes pieds. Je courais pour trouver un coin à l'ombre, mais les cinquantes mètres pour y arriver étaient une vraie souffrance. Un soi-disant prêtre m'a fait visiter les cents colonnes sculptées  dans un anglais très approximatif: représentations de divers divinités, Vishnu sur Garuda, Rama, Laksmana, Sita, Vamana...

Là, je viens de visiter un temple dédié à Muruga (en tout cas, c'est ce qui écrit écrit en tamoul sur la tour du temple). J'ai aussi visité le temple Arulmigu Katchabeswarar Thirukkoil.

Il y a une information qu'il est impossible de manquer ces temps-ci à la télévision et dans les journaux, c'est une affaire de très haute importance relative au cricket : un arbitre australien a pénalisé l'équipe pakistanaise contre l'Angleterre au motif que des joueurs auraient trafiqué la balle. On accuse l'arbitre de racisme, celui-ci propose de démissionner contre plusieurs centaines de millieurs de dollars, certains envisagent de provoquer une scission dans la fédération internationale de cricket ; bref, un beau scandale. Pendant ce temps-là, il y a eu du pugilat entre parlementaires dans la Lok Sabha, et des fabricants d'idoles ont des commandes pour représenter Zinedine Zidane en asura pour son coup de tête démonique lors de la finale de la coupe du monde (dès que je dis à quelqu'un que je suis français, on me parle de Zidane...).

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Cuisine, faits divers, planètes

2006-08-25 10:56+0530 (சென்னை) — Culture — Musique — Culture indienne — Voyage en Inde II

J'ai pris mes repas d'hier et de ce matin dans un petit restaurant près de mon hôtel. Leurs masala dosai sont vraiment excellents, et surtout hier soir, j'ai mangé un excellent thali. Finalement, ce n'est pas vraiment la technique qui limite ma vitesse pour le manger, c'est plutôt l'appétit. Sur une feuille de bananier au fond d'un plat circulaire, j'avais deux pains, et tout autour une petite dizaine de petits pots contenant diverses préparations : paneer butter masala, lentilles, riz, une sorte de yaourt, un petit gâteau sucré, diverses sauces et soupes... C'était vraiment excellent.

Je regarde un petit peu la télévision ici, et il y a une chose qui est assez frappante, c'est la manière dont certains faits divers deviennent des sujets nationaux dans ce pays de plus d'un milliard d'habitants. Par exemple, il y a quelques jours, il y a eu tout un scandale parce qu'un jeune sikh s'est fait couper les cheveux de force par d'autres gamins. De nombreux sikhs manifestaient de façon assez virulente, et appelaient à un débat national. Il y avait un débat au sujet de la diversité culturelle, et quelqu'un déplorait que les jeunes connaissent plus de choses sur Shahrukh Khan et Madhuri Dixit que sur les grands hommes qui ont fait l'Inde. Douze indiens ont été retenus prisonniers dans un aéroport hollandais parce qu'ils auraient eu un comportement suspect dans un avion. Il y avait hier un débat télévisé sur la question de savoir si les non-whites étaient victimes d'une paranoïa superflue, et un des intervenants se félicitait de ce que la chaîne de télévision ait simplement dit qu'ils étaient indiens, sans préciser qu'ils avaient des noms à consonnance musulmane. Un autre fait divers plus grave : il y aurait eu un cas de Sati, à savoir qu'une veuve se serait jetée sur le bûcher funéraire de son mari (je n'ai lu qu'un seul exemple de cette pratique dans les épopées : Madri, épouse de Pandu, dans le Mahabharata). Les autorités locales semblent considérer cela comme un simple suicide.

Il paraît que depuis hier, il n'y a plus que huit planètes dans le système solaire. C'etait bien la peine d'écrire une suite aux Planètes de Holst...

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Retour à Chennai

2006-08-24 18:22+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde II

Hier soir, j'ai mangé dans un restaurant chic à Bangalore. Dans mon édition du guide du routard, il était dans la catégorie 100 à 250 roupies ; j'ai payé 1432 roupies... C'était très bon : de la banane coupée en morceaux recouverte d'une préparation épicée, et puis un curry de crabe. mais c'était un peu cher pour ce que c'était, le service était loin d'être aussi excellent que dans le restaurant de Kochi que j'avais essayé ; l'endroit était un peu sombre (pas pratique pour décortiquer du crabe), et les tables n'étaient même pas recouvertes de nappes en tissu, bref ce restaurant n'a aucune chance d'avoir une étoile au guide Michelin...

Ce matin, réveil à 4h pour prendre le Sanghamitra Express pour Chennai. Sur les panneaux lumineux de la gare de Bangalore, tout était écrit alternativement en anglais, en hindi et en kannara, sauf le nom de mon train qui n'apparaissait qu'en caractères latins (sur mon billet, la transcription en hindi n'apparaît pas non plus), bizarre.

Cette fois-ci, j'étais en Sleeper Class : on peut soit s'asseoir les uns à côté des autres, soit rabattre la couchette du milieu pour s'allonger. En arrivant à la gare, je me suis fait un peu arnaquer par le chauffeur de rickshaw ; comme je n'avais pas de monnaie et que j'étais un peu fatigué, je n'avais pas vraiment envie de perdre de l'énergie à négocier.

Je suis parti me balader à pieds le long de Marina Beach vers le Sud, jusqu'au phare et la cathédrale Saint Thomas et suis revenu. Ce mois-ci, le climat le moins agréable que j'ai eu est celui de Chennai : il fait horriblement chaud. Les chauffeurs de rickshaw sont non seulement un peu roublards, mais certains sont vraiment pénibles. Quand je veux traverser une rue, il y en a un qui s'arrête juste devant moi pour me proposer ses services, et m'empêcher de passer. Un autre me montre un carnet avec les noms de gens à qui il a fait visiter la ville. Un dernier, le roi des pénibles me demande comment je m'appelle ; on m'a déjà fait tellement de fois le coup pour que j'accorde le bénéfice du doute, je lui dis tout de suite que je n'ai pas besoin de rickshaw. Il insiste, je lui dit que non vraiment... et puis je continue mon chemin, en changeant de rue. Il me suit pendant plusieurs dizaines de mètres. Je n'ai toujours pas besoin de rickshaw. Évidemment, quand je veux traverser une nouvelle fois la rue à forte circulation, il est en plein milieu de mon chemin.

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Bangalore

2006-08-23 18:08+0530 (ಬೆಂಗಳೂರು) — Voyage en Inde II

Hier soir, je cherchais un restaurant en particulier, mais je ne l'ai pas trouvé. En sortant d'un autre restaurant choisi au hasard, j'ai vu l'enseigne de celui que je cherchais. J'espère que ce soir, je trouverai mon chemin.

Ce matin, je suis allé marcher dans un quartier majoritairement musulman particulièrement animé. J'y ai mangé pour la plus modique somme que j'aie eu à payer jusqu'à présent : 14 roupies ! Je me suis ensuite dirigé vers le Tipu Palace. Des enfants voulaient que je les photographie, mais ils n'ont pas vraiment compris la notion d'adresse complète, ils n'auront pas de tirage papier... Avant d'y aller, je suis passé devant le temple Sri Venkateramana qui se trouve juste à côté. J'ai un peu hésité avant d'entrer mais je ne regrette pas d'y avoir pénétré. Sur la gauche, il y avait une sorte de salle présentant de nombreuses sculptures (non peintes) illustrant des passages du Ramayana : par exemple, Rama brisant l'arc de Shiva, tuant Ravana (avec ses dix têtes), ou encore dirigeant le char Pushpaka. Il y avait aussi des scènes représentant Krishna. Quand j'ai voulu sortir, j'étais étonnemment seul et la porte était fermé avec un cadenas. Mais j'ai trouvé quelqu'un pour me faire sortir.

Je suis allé visiter le Tipu Palace, qui est de taille très modeste par rapport aux autres que j'ai pu voir. J'ai ensuite visité le jardin botanique Lal Bagh où il y avait un truc assez bizarre : une horloge à aiguilles située dans un petit jardin, les chiffres (romains) indiquant les heures étant faits de fleurs. La décoration supplémentaire était un peu plus étrange encore puisqu'il y avait des nains de jardin... Le Lotus Pond était un peu triste puisqu'il n'y avait pas la moindre fleur de lotus visible... Au sommet d'une petite colinne, il y avait un petit temple.

Malgré la présence aléatoire et souvent confusogène de noms de rues, j'ai quand même trouvé mon chemin. Ce qui est étonnant ici, c'est que dans cette ville censément réputée pour l'activité informatique, il est très difficile de trouver des cyber-cafés. Je suis obligé d'aller à l'autre bout de la ville, dans un quartier commerçant chic pour en trouver.

Bon, je vais voir si la salle de billard d'à côté est encore ouverte...

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Arrivée à Bangalore

2006-08-22 18:33+0530 (ಬೆಂಗಳೂರು) — Voyage en Inde II

Hier après-midi, j'ai continué à me balader dans Mysore. Étant un peu fatigué, je ne suis pas allé très loin. J'ai cherché la cathédrale, mais j'ai simplement vu une petite église sur laquelle était écrit Cathedral, mais cela ne devait pas être tout-à-fait ce que je voulais voir. Je suis passé devant un cinéma qui passait Kabhi Alvida Na Kehna, et je me suis laissé tenter. Le film n'était pas extraordinaire, moins bien que Kabhi Khushi Kabhie Gham qui était lui-même moins bien que Kuch Kuch Hota Hai. À part les acteurs et les passages musicaux, il n'y avait pas grand chose d'indien dans ce film : des histoires d'amour entre indiens expatriés à New York. Il y avait cependant quelques passages amusants...

Ce matin, j'ai pris un bus pour Bangalore. Là, je n'ai eu aucune difficulté à trouver mon bus, qui était très confortable, autant que les cars confortables en France. Il y avait une télévision. Pendant le trajet, j'ai pu voir Prem Geet, un film hindi classique des 1980. Je n'ai pas fait un très bon choix d'hôtel : c'est très cher pour ce que c'est, et en plus, ils voulaient que je donne 4000 roupies en avance, je serais censé être remboursé en partant ; j'ai bien évidemment refusé, c'est carrément n'importe quoi. J'avais choisi cet hôtel pour sa position centrale dans la ville. N'ayant toujours pas déjeuner, je suis allé marcher un peu pour rejoindre un restaurant sympathique, propre, bon et pas cher dans les environs. Les noms de rues sont rarement indiqués, mais il y a souvent des entreprises qui indiquent leur adresse complète sur leur bâtiment, ce qui permet de s'y retrouver. Les grandes artères de la ville sont dans un très bon état, et particulièrement propres. On peut voir de grands bâtiments portant les sigles de grandes entreprises...

Un peu plus loin, il y avait le Cubbon Park, un grand espace vert au milieu de la ville. En en sortant, j'ai vu le Vidhana Soudha, siège du parlement de l'état du Karnataka, un grand bâtiment dans un style assez imposant.

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Mysore

2006-08-21 15:49+0530 (ಮೈಸೂರು) — Voyage en Inde II

Hier après-midi, je suis allé visiter le Dutch Palace à Matancherry. On pouvait notamment y voir des peintures murales représentant des scènes du Rāmāyaṇa : construction du pont vers Lanka, Laksmana mutilant une raksasi, Sita se jetant dans le feu, etc. Cependant, ces peintures étaient dans un piteux état, heureusement qu'il y avait un tableau explicatif (en trois langues : hindi, anglais, malayalam) avec la succession des diverses scènes pour s'y retrouver. Il y avait aussi des portraits des différents Maharajas de Kochi, mais ils s'appelaient presque tous Rama Varma...

Je suis aussi allé visiter la synagogue. Après, j'ai été franchement déçu puisque je n'ai pas pu visiter le temple jaïn : vers 15h, je suis passé, mais il était indiqué que ce n'était accessible aux non-jaïns qu'entre 17h et 18h (avec en plus un certain nombre de conditions assez strictes et quelque peu surprenantes...). Je suis repassé un peu après 17h. On me dit que je peux visiter le temple et que je peux même prendre des photographies à l'intérieur. Mais je me réjouis un peu trop vite, puisque le cerbère suivant me dit que non, c'est un jour spécial, il y a le festival machin qui se prépare, comme si cela empêchait un visiteur unique d'entrer discrètement dans le temple, et surtout, ils auraient pu écrire quelque part que c'était un jour spécial, cela m'aurait éviter de perdre du temps. Bon, j'ai quand même pu prendre deux ou trois photographies de l'extérieur.

Au crépuscule, j'ai repris le bateau avec mes bagages pour Ernakulam afin de prendre un bus de nuit pour Mysore. À chaque fois que je prend un bus, j'ai l'impression que c'est presque par hasard si je me retrouve dans le bon. Quand je suis arrivé, une bonne heure à l'avance, les bus que j'ai vus ne portaient que des inscriptions en malayalam (à l'exception du sigle de la compagnie de transports routiers du Kerala). Au bout d'un moment, je me dirige vers le planning horaire pour essayer de voir comment on écrit Bangalore en malayalam, puisque c'est un bus pour Bangalore via Mysore que je dois prendre. Je venais de finir la transcription sur mon carnet quand j'ai vu arriver un bus portant cette inscription, mais en fait tous les arrêts étaient écrits en caractères latins sur le bus...

C'est parti pour onze bonnes heures de route. Je n'ai pas compris l'itinéraire exact, mais pendant pas mal de temps, les routes étaient sinueuses et présentaient un dénivelé non trivial. Au lever du jour, les paysages étaient assez beaux : on traversait un parc naturel.

Je suis finalement arrivé à Mysore en milieu de matinée et y ai pris un petit déjeuner indien : masala dosa... Je suis maintenant dans le Karnataka, le système d'écriture est encore différent des précédents. Je suis ensuite allé me faire rembourser mon billet de train Ernakulam-Bangalore que je n'ai pas utilisé puisque j'étais seulement sur waiting-list, c'est pour cela que je me suis arrêté à Mysore pour faire des étapes un peu moins longues en bus. Je ne suis pas certain d'avoir parfaitement saisi le système, mais quand on réserve un billet de train, on peut se retrouver sur liste d'attente, pour le cas où suffisamment de personnes avant soi annuleraient leur voyage. J'avais les numéros 135 et 125, ce qui doit signifier que j'étais la 135e personne sur liste d'attente et que déjà 10 personnes avaient annulé leur voyage. Quand j'avais regardé sur Internet l'etat de mon billet (en entrant le code PNR inscrit sur le billet) il y a quelques jours, le deuxième nombre était passé à 85, ce qui était insuffisant. Bref, je suis passé à la gare, ou plutôt au computerised reservation centre. La première chose qui surprend, c'est que l'on doit remplir le même formulaire pour annuler un billet que pour le réserver : en France, on tendrait simplement le billet au guichetier pour se le faire annuler et rembourser (et dans les cas compliqués où l'on aurait plusieurs billets dont seulement une partie serait à annuler, de nouveaux billets seraient imprimés avec une facturation décomptant les sommes remboursées, l'idée étant que le billet lui-même est couramment utilisé comme preuve de payement si on se fait rembourser un voyage par un organisme ; je ne suis pas certain que ce passage entre parenthèses soit très clair). La deuxième chose qui m'a surpris, et presque choqué, c'est que le remboursement n'est pas intégral : on m'a compté 20 roupies de frais d'annulation : bref, accepter d'être sur une waiting-list tient du pari (à espérance positive pour la compagnie ferroviaire...).

Les rues de Mysore ne se coupent pas toujours à angles droits, mais il est vraiment facile de s'y retrouver avec l'aide d'un plan. Pas la peine de prendre des rickshaws. En marchant, des travertis sont passés à côté de moi, cela surprend.

L'attraction principale de Mysore est son Palace, tout en démesure. Il est tout d'abord absolument gigantesque, et toutes les salles que j'ai vues sont richement travaillées, du sol au plafond. Par exemple, les emplacements pour mettre des lampes ou lustres étaient des boiseries en forme de fleurs de lotus, tandis qu'un peu plus loin, des divinités hindoues étaient représentées assises sur des lotus roses... Ce qui est dommage, c'est qu'il était strictement interdit de prendre des photographies à l'intérieur du palace et de la cour alentour, j'en ai quand même pris quelques unes de l'extérieur à travers les grilles. Le musée qui se trouve un peu plus loin ne présente lui guère d'intérêt : on voit des centaines de portraits ou photographies de gens sans doute très importants, mais il n'y avait absolument aucune légende pour dire de qui il s'agissait précisément, et puis en sortant, on ne pouvait absolument pas éviter les boutiques de souvenirs. L'atmosphère autour du palace n'est pas très accueillante non plus : combien de fois on m'a proposé de faire un détour pour aller visiter tel atelier où se fabrique de l'encens, ou de faire une visite complète de la ville en rickshaw pour le prix ahurissant de 20 roupies. Plusieurs me proposaient de la marijuana (le cas s'était aussi présenté plusieurs fois autour du temple Sri Meenakshi à Madurai), et quand je leur disais de me laisser tranquille, ils insistaient encore. Bref, il y a une bonne brochette de pénibles dans cette ville, assez agréable par ailleurs.

Je sors d'un restaurant où j'ai pris un south indien thali : diverses préparations, plus ou moins visqueuses, servies avec du pain et du riz, sur un plat métallique (appelé thali) recouvert d'une feuille de bananier. Tout cela se mange avec les doigts. Je n'ai pas encore une technique parfaite, mais j'arrive à me débrouiller (mais les indiens mangent vraiment beaucoup plus vite que moi). En gros, il ne faut pas avoir peur de faire des mélanges, il devient plus facile de faire des petites boulettes de riz que je mets au bout de mes doigts et que je pousse ensuite dans ma bouche avec le bout du pouce.

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Kochi

2006-08-20 11:09+0530 (കൊച്ചി) — Danses indiennes — Voyage en Inde II — Thé

Jeudi dernier, je suis allé visiter le musée Napier à Trivandrum, où il y avait notamment de très belles sculptures de diverses époques, le tout au milieu d'un parc. Je n'ai pas fait grand chose l'après-midi.

Avant-hier, j'ai pris le train pour Ernakulam, avec un confort comparable à la deuxième classe en France. Je n'ai pas pris de nourriture à bord, mais cela avait l'air assez bon. Cependant, la seule manière de se débarrasser des restes et des emballages plastiques et métalliques semble être de tout jeter par la fenêtre...

Depuis la gare d'Ernakulam, je me suis rendu sur la presqu'île de Fort Kochi en rickshaw, puisque les différents presqu'îles sont reliées par des ponts et que c'était le moins compliqué puisque j'avais mes bagages. L'hôtel où je suis n'en est pas vraiment un : il n'y a que deux ou trois chambres, mais vraiment très spacieuses et confortables (il y a même une petite cuisine !). J'ai passé mon après-midi à me balader à Fort Kochi et à Matancherry, passant devant de nombreuses églises et mosquées. Il y a notamment l'église Saint Francis, qui est réputée être la plus ancienne église chrétienne d'Inde, construire au XVIe siècle par les portugais (puis passée aux mains des hollandais, puis des anglais avant de revenir aux indiens). Pas très loin, se trouve la basilique Santa Cruz, devant laquelle des jeunes filles en uniformes bleus jouaient au badminton. Après une bonne heure de marche, je suis arrivé dans le quartier juif (il n'y en aurait plus qu'une poignée qui y vivent encore), où se trouve une synagogue, mais je n'ai pas encore pu la visiter (contrairement à ce que les guides indiquent, elle est fermée le vendredi). Dans les rues voisines, de nombreux antiquaires qui tentent de me faire rentrer dans leur boutique... Les distances sont assez longues, il n'est pas évident de faire tous ces trajets à pieds.

Le soir, je suis allé voir un spectacle de Kathakali. On voit les acteurs se maquiller pendant plus d'une heure. Il y avait trois personnages :

  • Jayanthan, fils d'Indra, au visage vert orné d'une sorte de collerette blanche collée entre les oreilles et le menton ;
  • Nakrathundi, au visage noir, cruelle démone dévouée à Naraka ;
  • Lalitha, au visage jaune, charmante jeune fille.

Nakrathundi aperçoit Jayanthan et prend l'apparence de Nakrathundi pour le séduire, mais celui-ci refuse ses avances. Elle reprend sa forme de démone et le menace, mais il lui coupe les oreilles, le nez et les seins avant de rejoindre les cieux.

On ne peut pas dire que j'aie adoré ce spectacle. Cependant, les explication préliminaires avec un des acteurs étaient intéressantes. L'essentiel des mouvements exécutés par les acteurs (uniquement des hommes) sont des mouvements complexes du visage, des bras et des mains. La partie danse est minime. L'histoire avance vraiment très lentement. Bref, pour le moment, la danse indienne traditionnelle que je préfère reste le bharata natyam.

Hier, j'ai passé une journée absolument magnifique. J'ai pris le bateau le matin pour rejoindre l'embarcadère principal d'Ernakulam (le prix de la traversée est dérisoire : 2 roupies et 50 paisas) et ai marché dans la ville puisque j'étais un peu en avance pour la suite du programme. Je suis passé devant un cinéma qui devait projeter Kabhi Alvida Na Kehna, le nouveau film de Karan Johar, avant plein de stars de Bollywood. Je n'ai pas très bien compris ce qui se passait, mais il y avait plein de percussionnistes faisant beaucoup de bruit devant l'entrée. J'ai pris mon petit déjeuner dans une Indian Coffee House, où les serveurs étaient enturbannés.

Vers 10h30, je suis monté dans un minibus qui m'emmenait du côté de Vaikom pour une croisière dans les backwaters, en passant prendre un groupes d'espagnols accompagnés de deux anglais, dont un jésuite (!). Ils venaient de passer trois semaines dans le Karnataka pour construire une école pour intouchables et faisant un peu de tourisme avant de rentrer en Espagne.

On s'est ainsi baladé dans de petites pirogues dans les backwaters, d'où on pouvait voir s'envoler quelques matrins-pêcheurs (mais aussi un sacrément gros rat mort flotter à la surface). On nous a montré une appareilage servant à tisser des ficelles à partir de fibre de coco. On a même bu du jus de coco directement dans le fruit tout juste tombé du cocotier. La technique de découpe du fruit semblait assez dangereuse : il tenait le fruit dans la main gauche et la découpait avec une faucille avec sa main droite. Finalement, c'est plutôt bon, la noix de coco, cela n'a pas du tout le goût que l'on trouve dans les desserts censément parfumés à la noix de coco. On a ensuite rejoint un bateau un peu plus grand (et à moteur) pour prendre le déjeuner (un fort bon thali) avant de poursuivre la croisière dans des eaux un peu plus profondes. വി. ആ. ശശി, le guide était très sympathique. On a visité une petite usine de calcium sur une petite île puis écouté quelques explications sur la médecine de l'Ayurveda en regardant des plans de curcuma, gingembre, curry, basilic, poivre...

À la tombée de la nuit, j'ai repris le bateau pour Fort Kochi et suis allé dîner dans un restaurant très haut de gamme, le Malabar House. J'en ai eu pour 1136 roupies, mais c'était absolument délicieux, le service était impeccable et les plats étaient assez originaux. J'ai rarement aussi bien mangé : j'ai pris des crevettes servies avec des lamelles d'ananas, puis des brochettes de poisson accompagnées d'un feuilleté de pommes de terre, pour finir avec des samosas au chocolat baignant dans un coulis de mangue ! Le thé du Kerala que j'ai pris ensuite était excellent (mais ils trichaient un peu puisqu'il était parfumé avec des feuilles de basilic...).

Le Kerala a une particularité assez surprenante : il y a beaucoup de drapeaux rouges sur lesquels sont imprimés une faucille et un marteau. À Trivandrum, j'ai aussi vu pas mal de tags représentant cet emblème du communisme.

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Trivandrum

2006-08-16 19:31+0530 (തിരുവനതപുരം) — Voyage en Inde II

Je suis arrivé à Trivandrum hier en fin de matinée. Apparemment, il y a encore un jour férié aujourd'hui puisque le bureau de poste était fermé. Pour le moment, j'ai passé l'essentiel de mon temps à me balader à pieds dans la ville. Le plan du guide du routard est un peu bâclé, celui de l'office du tourisme local beaucoup plus utile. Au niveau des carrefours, on peut voir de nombreuses statues et dans le centre-ville, de nombreux immeubles d'architectures diverses. Ce matin, je suis allé près du East Fort pour y voir un temple (assez mal conservé) auprès duquel se trouve le musée du Puthenmalika Palace, le palais du roi de Travancore que celui-ci n'a habité que pendant un an puisqu'il est mort à 34 ans (vers le milieu du XIXe siècle). Le musée était assez intéressant : j'y ai notamment vu des costumes de divers personnages de kathakali (la danse traditionnelle du Kerala), des lustres belges, des vases chinois... Dans une salle, on pouvait observer un trone en cristal, et puis un autre en ivoire (ils ont utilisé les défenses de 26 éléphants pour le fabriquer).

Cet après-midi, je suis allé au nord de la ville. J'y ai vu un stade de football, une très belle mosquée, des églises, une cathédrale. À propos de christianisme, j'ai rencontré plusieurs évangélistes qui voulaient me donner des prospectus (à Mamallapuram, près du Shore Temple, et puis à Madurai) afin, sans doute, de me convertir. Dans certains hôtels, il y a la télévision (avec le plus souvent une bonne centaine de chaînes, en anglais, hindi, tamoul, malayalam, kannara...), et j'ai pu voir des trucs assez ridicules sur une chaîne américaine dont le nom a l'air d'être God 10 : des prêcheurs (plutôt des crieurs) devant un vaste public dont on se demande parfois s'il prend les sornettes qu'il entend au sérieux (ils n'hésitent pas à montrer des gens qui auraient été guéris du cancer grâce à Dieu, ou que si vous perdez un bras, Dieu peut vous en fabriquer un nouveau...). Si les bus sont souvent décorés avec des représentations de divinités hindoues, on en voit aussi quelques uns sur lesquels est écrit Jesus loves you, ou simplement Jesus.

À un moment, j'ai voulu traverser une rue à forte circulation, mais cela me semblait assez impossible, j'ai vu un panneau use the footpath. Comme la route était surélevée, j'ai pensé qu'il y avait moyen de passer par en-dessous, mais arrivé sous la route, le long de la tribune du stade, je me suis retrouvé dans un quartier fait de petits immeubles roses, la seule autre issue était une petite entrée vers un bâtiment qui faisait un peu trop officiel pour que je m'y risque. J'ai finalement réussi à traverser la route, et ai vu de plus près l'entrée principale de ce bâtiment : c'était l'assemblée législative du Kerala, avec une grande statue de Gandhi.

Ce qui m'a aussi frappé à Trivandrum, c'est le nombre de boutiques de livres, il y en a partout. La brochure de l'office du touriste dit Hundred percent literate people, cela doit quand même être un peu exagéré.

Dans les restaurants que j'ai fréquentés jusqu'à maintenant, il y en a beaucoup qui mettent des restrictions sur ce qu'il est possible de commander suivant les heures de la journée. Les parathas ne sont disponibles que pour le dîner ; à Madurai, il n'y a qu'au petit-déjeuner que l'on pouvait prendre des dosais. Ici, je peux en prendre à tous les repas si je veux. Ce matin, j'ai testé le Paper masala dosai, c'est un dosai énorme (peut-être 60 ou 70 centimètres de large !). Et c'est très bon :)

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Kanyakumari

2006-08-15 13:08+0530 (തിരുവനതപുരം) — Voyage en Inde II

Avant-hier soir, j'ai quitté Madurai en minibus. Le style de conduite était assez spécial... Les autres passagers étaient manifestement des indiens du Nord de l'Inde : ils parlaient hindi. J'ai discuté avec deux étudiants en médecine à Chennai originaires de Delhi, Kurgul et Vivek. On a parlé des études, de tourisme, de football et de cricket, de religion : c'était la première fois qu'ils discutaient avec un incroyant.

Je suis arrivé à Kanyakumari le lendemain matin, un peu avant 4h. J'ai eu un peu peur quand j'ai vu que les deux premiers hôtels étaient complets, mais dans le troisième, il restait une chambre de libre. Quand je me suis réveillé, il était déjà bien trop tard pour voir le lever du soleil. Dans cette ville, il y a beaucoup de touristes indiens, et un nombre impressionnant de petites boutiques et marchands ambulants de glace, de coquillages, cartes postales, saris, lunettes de soleil...

Je suis allé visiter le Gandhi Memorial : un drôle de bâtiment rose abritant de nombreuses photographies de Gandhi ainsi que le plateau qui aurait contenu ses cendres avant que celles-ci ne fussent dispersées en mer. Je suis aussi allé voir le Swamy Vivekananda qui se trouve sur un rocher à quelques centaines de mètres de la terre. J'ai dû courir avant de sauter dans le ferry qui s'en allait. Il y a une sorte de temple consacré au saint homme sur ce minuscule îlot. On en voit ainsi une statue dorée. Plus bas se trouve une salle de méditation très sombre avec la syllabe (OM) inscrite sur le mur. Quiétude quelque peu perturbée par la sonnerie grotesque d'un téléphone portable. Sur un autre petit rocher juste à côté, on peut voir une énorme statue (de trente-huit mètres de haut) du poète tamoul Tiruvalluvar (le même que celui du Valluvarkotam à Chennai).

En début d'après-midi, je suis allé en périphérie de la ville pour voir l'église Our Lady of Wisdom ; nombreuses enfants en uniforme d'écoliers dans les environs. Je ne sais plus très bien dans quel ordre j'ai fait les visites suivantes, mais j'ai visité le musée gouvernemental. Pas terrible, il y avait quelques trucs assez inhabituels dans la partie animaux empaillés : une chèvre à deux corps et une tête, une poule à quatre pattes. Il y avait cependant quelques manuscrits sur feuilles de palmiers et des sculptures sur bois. Pas très loin du Gandhi Memorial, il y avait aussi le Mataraj Memorial, dédié à un homme politique tamoul.

J'ai trempé mes pieds dans un des ghats, puis ai visité le temple dédié à la déesse Kanyakumari. Les hommes doivent enlever le haut. Pas grand chose à dire sur le temple, beaucoup moins remarquable que ceux que j'ai vus à Madurai. Près du temple, face à la mer, un mémorial pour les victimes du tsunami.

Vers 18h, je suis monté sur la View tower en montant un long escalier circulaire. Le temps étant nuageux, l'espoir de voir un beau coucher de soleil est très vite retombé. Ensuite, c'est la pluie et le vent qui se sont déchaînés.

Un peu fatigué par cette journée, je suis allé manger dans le restaurant le plus chic de la ville. La cuisine était excellente, mais bien qu'il y eût une bonne dizaine de serveurs, le service laissait franchement à désirer : j'ai entendu plusieurs fois des plateaux tomber avec fracas, quand je demandais un panir tikka, le serveur reprenait en disant tandoori chicken... Quand j'ai voulu demander un thé, j'ai pu observer un gros bug d'asynchronicité : je venais de finir mon gulab jamun, je commande un tea et le serveur comprend bill, je répète que je veux un thé. Un autre serveur arrive, me demande si je souhaite autre chose ; je dis que non (si un monosyllabe pose un problème de compréhension, je ne me sens pas expliquer que j'ai déjà commandé un thé). Dix minutes plus tard, je ne vois pas de thé venir, je m'en inquiète auprès du plus jeune serveur (apparemment le plus compétent de ceux que j'ai vus) qui va faire le nécessaire. Mais deux minutes plus tard, un autre serveur arrive avec l'addition (n'incluant pas le thé). Je me dis que je pourrais aussi leur faire une blague, du genre, faire semblant de partir sans payer. Le jeune serveur comprend le bug et vient s'excuser, et le thé finit par arriver.

Ce matin, je me rends à la station de bus de Kanyakumari. Les bus qui s'y trouvaient n'arboraient que des inscriptions tamoules, et il n'y avait aucun bureau d'information. Au bout d'un moment, j'ai vu arriver un bus sur lequel était écrit Kerala State R.T.C., c'était bien le bus pour Trivandrum, la capitale de l'état du Kerala. Le moment où l'on sort du Tamil Nadu pour entrer dans le Kerala est assez spectaculaire : d'un côté, tout est écrit en tamoul, de l'autre, tout est écrit en malayalam. Au niveau du paysage, c'est très vert ! et il pleut beaucoup.

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de l'indépendance de l'Inde. Il n'y a malhreuseument plus grand chose à voir, les célébrations ayant lieu le matin : à Delhi, le discours du premier ministre Manmohan Singh était prévu pour 7h. Cependant, on voit des drapeaux de l'Inde un peu partout : sur les bus, à la télévision...

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Madurai (encore)

2006-08-13 18:38+0530 (மதுரை) — Voyage en Inde II

Ce matin, j'ai visité le Thirumalai Nayak Palace, ou plutôt ce qu'il en reste : apparemment, il ne resterait qu'un quart de l'édifice et l'ensemble s'est beaucoup dégradé. Au fond, il y avait un trone et un petit musée abritant quelques sculptures. Il y avait aussi semble-t-il un tableau montrant l'évolution de l'écriture jusqu'à l'alphabet tamoul actuel, centenaire par centenaire (c'est ce que j'ai intuité, puisque tout était écrit en tamoul... sauf des chiffres sur la gauche qui allaient jusqu'à 19). J'ai photographié le tableau correspondant aux voyelles pleines. Après, j'ai essayé de rejoindre le musée dédié à Gandhi à pieds, mais j'ai renoncé, puisque d'une part c'était très long et que je n'étais pas sûr d'être sur la bonne route. J'ai pris un rickshaw, mais manque de chance, le dimanche, c'est fermé.

À partir de là, je suis parti errer à pieds, passant devant des hôpitaux, puis des rues avant des maisons assez jolies. Dans un rue plus loin, quatre jeunes enfants m'ont abordé en disant quelque chose comme Hello ! Kodak !. Ils voulaient que je les prenne en photo, ce que je fis. Dans ces cas-là, je leur montre évidemment le résultat et je propose d'envoyer le résultat par la poste après mon retour. J'ai tendu mon carnet à la plus grande des filles qui a écrit 142 puis deux mots en tamoul... J'ai eu un peu de mal à déchiffer cela malgré la copie du tableau des caractères tamouls du standard Unicode...

Ce midi, j'ai mangé dans un restaurant situé au dernier étage d'un hôtel (j'avais prévu d'aller dans un autre restaurant, mais je ne l'ai pas trouvé... pourtant je pense que j'étais sur le bon chemin). Après moi, plusieurs groupes de jeunes gens sont arrivés : il n'y avait pas les garçons d'un côté et les filles de l'autre, incroyable, je n'avais jamais vu ça en Inde ! Depuis la terasse, il y avait une belle vue sur le Sri Meenakshi Temple et sur un autre temple situé à quelques dizaines de mètres de l'hôtel. J'ai fait le tour de ce dernier après avoir mangé, mais je ne suis pas entré dedans : la porte était seulement entr'ouverte.

Pour rejoindre mon hôtel, je suis parti vers le Nord en prenant des petites ruelles où il y avait de nombreux étaux de marchands de fruits. Au bout d'un moment, je me suis dit que j'étais allé trop au Nord puisque j'apercevais la gare. C'est reparti dans l'autre sens. Après plusieurs tentatives, je finis par retrouver mon hôtel. Je n'ai toujours pas bien compris comment y aller et de quel côté sortir suivant où je veux me rendre ; il faudra vraiment que j'achète une boussole.

J'ai ensuite attendu qu'il soit l'heure pour aller à nouveau visiter le Sri Meenakshi Temple, l'objet principal de cette nouvelle visite étant de retourner au musée en prenant un ticket camera pour prendre en photo la grande sculpture de Nataraja qui s'y trouve.

À part ça, je voudrais signaler quelques particularités indiennes. Dans toutes les villes que j'ai visitées dans le Sud de l'Inde jusqu'à présent, la plupart des femmes ont des tresses de fleurs dans les cheveux ; à tous les coins de rue, on voit des femmes en train de préparer de telles tresses. Sinon, les indiens ont une technique particulière pour boire de l'eau sans que leur bouche ne touche la bouteille ou le verre dans lequel ils boivent.

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Madurai

2006-08-12 15:22+0530 (மதுரை) — Voyage en Inde II

Hier après-midi, j'ai visité le Sri Meenakshi Temple, dédié à une forme de Parvati : Meenakshi. Ce temple est absolument gigantesque : il y a quatre entrées en bas de chacune des tours sur lesquelles sont disposées de nombreuses représentations de personnages très colorés. À l'intérieur, il y a notamment deux sanctuaires (un pour Parvati et un autre pour Shiva). Je suis d'ailleurs entré dans le sanctuaire de Meenakshi, mais je me suis rendu compte en sortant que je n'en avais pas le droit (c'était réservé aux hindous). À un endroit, il y avait une représentation de neuf planètes (si j'ai bien vu, il y avait Rahu, auquel on attribue la responsabilité des éclipses). Près de la porte Sud, il y avait le bassin du lotus d'or, qui porte bien son nom. Dans le musée qui se trouvait à l'intérieur du mandapa aux mille colonnes, il y avait de très belles statues, notamment un très beau Nataraja. On peut acheter plein de babioles à l'intérieur du temple, on m'a même proposé un gadget électrique avec un haut-parleur récitant des mantras.

Ce matin, je suis allé à Tiruparankundram, à quelques kilomètres au Sud de Madurai. Au début, je voulais y aller en bus, mais quand je me suis pointé à la station de bus, c'était un bordel pas possible : il y a des bus qui vont dans tous les sens, et absolument aucune indication d'itinéraires (ni en anglais ni en tamoul, je ne sais pas comment ils font). À un moment, j'ai vu un bus nº5, mais il s'est transformé en nº15. Puis, j'ai couru pour attraper un autre nº5, mais un autochtone n'avait pas l'air de penser qu'il allait au bon endroit. L'office du tourisme étant fermé, j'ai pris un rickshaw.

Je ne regrette pas le détour : le temple (dédié à Muruga Subrahmanyan, le deuxième fils de Shiva) est vraiment très beau, adossé à une colline. Contrairement aux autres temples que j'ai vus, dans celui-ci, tout est accessible aux non-hindous, projections de boulettes de ghee sur les idoles comprises. Beaucoup de sadhus dans les environs. Je suis ensuite monté au sommet de la colline, où il y avait une petite mosquée. Sur le chemin, il y avait beaucoup de singes.

Il est moins évident de s'y retrouver dans cette ville. Je ne sais pas si c'est moi qui suis buggé ou si c'est la carte du guide du routard, mais j'ai du mal à retrouver mon chemin jusques à mon hôtel. Les rues ont certes des noms, mais je n'ai pas vu un seul panneau où ils soient écrits. La prochaine fois, il faudra que je pense à emporter une boussole, ça ne serait pas inutile...

Là, je vais me reposer un petit peu.

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Dernier jour à Pondichéry

2006-08-11 15:34+0530 (மதுரை) — Voyage en Inde II

Après mon entrée d'hier, je suis allé me balader au Market : un marché recouvert au milieu de la ville noire où on peut trouver des fruits, des légumes, des épices, et bien d'autres choses, dans un dédale de couloirs. J'ai marché un peu le long de la plage avant de prendre un ordinary thali dans un petit restaurant en face de la plage.

Dans l'après-midi, j'ai finalement presque pu obtenir mes billets de train ; il y a juste un trajet sur lequel je suis sur la waiting list (et pourtant c'est pour le 21 aoît...), la guichetière étant plus conciliante que ceux que j'avais eus avant. Avant cela, j'avais visité l'église du Sacré Cœur et le musée qui contenait une assez belle collection de bronzes (notamment plusieurs Shiva Nataraja). Entre les bouteilles d'eau et les lassis, j'ai dû boire entre trois et quatre litres, c'est assez impressionnant.

En rentrant à ma chambre d'hôtes, j'ai aperçu de jeunes garçons en uniforme d'écoliers s'entraîner à marcher au pas, la fête de l'indépendance approche.

N'ayant pas pu obtenir de billet de train pour Madurai, j'ai dû me résoudre à prendre un bus. N'ayant trouvé que des bus de nuits, je suis donc parti hier soir de Pondichéry pour Madurai. La conversation avec mon voisin, Raj, n'est pas allée très loin : j'ai essayé de lui demander le nom du démon qui était dessiné sur un morceau de carton en vente dans une boutique à l'arrêt de bus, mais je n'ai pas réussi à lui faire comprendre ma question.

Quand le bus est parti, il faisait déjà nuit. On a pu voir au bord de la route de nombreuses guirlandes de lumières illustrant diverses divinités : notamment Ganesh, Durga et Jésus. Huit heures plus tard, je n'avais pas dormi beaucoup, je suis allé rattraper mon retard de sommeil dans un hôtel à Madurai où je vais sans doute rester trois jours. J'ai dû faire subir un sort à ma sacoche puisqu'elle s'est trouvée recouverte de couleur ocre rouille.

Même au restaurant de l'hôtel (assez chic), il est difficile de se faire comprendre, mais j'ai quand même pu manger à ma faim un south indian thali sur l'étage supérieur de l'hôtel d'où j'avais une belle vue sur les quatre portes du Sri Meenakshi Temple, mais le vent soufflait assez fort : bien qu'il fût lesté par une cuiller, mon papad s'est envolé...

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Pondichéry

2006-08-10 12:00+0530 (Pondichéry) — Voyage en Inde II

Avant-hier, j'ai continué à visiter Mamallapuram, et hier matin, j'ai pris un bus pour Pondichéry. La qualité de la route était excellente, mais ce n'était pas très confortable puisque je devais partager une petite banquette avec deux architectes allemandes et nos bagages : j'étais côté fenêtre, avec ma valise coincée contre le bord ; ma jambe droite était toute contorsionnée, mais au bout de dix minutes, mon corps s'était habitué à la position. Les paysages étaient assez beaux, j'ai même vu des petits étangs recouverts de lotus roses. Cependant, je n'en ai pas pris de photos, vu la position acrobatique et les secousses que je subissais.

J'habite dans une maison sympathique avec d'autres touristes francophones de passage et quelques personnes appremment venus pour faire des affaires à Pondichéry, le propriétaire étant un artiste-peintre parlant très bien français. Hier après-midi, je me suis baladé dans la ville. Ce qui est agréable ici, c'est qu'il est impossible de se perdre : les rues se coupent à angles droits et on peut très bien traverser la ville à pieds (en plus, il y a de vrais trottoirs à certains endroits). La ville est séparée en deux par un canal orienté Nord-Sud : la ville blanche à l'Est et la ville noire à l'Ouest. J'ai vu plusieurs grandes églises et un très beau temple dédié à Ganesh. Les murs intérieurs et le plafond étaient recouverts de représentations diverses de Ganesh.

Ce qui est plus embêtant, ce sont les réservations de train : tout est complet pour Madurai et Kanyakumari. Je suis d'ailleurs assez étonné du nombre étonnant d'agences de voyage, mais pas une seule ne semble se préocupper de se charger de réservations de trains. Je vais devoir prendre des bus. Certes les trains vont plus lentement que les bus (et ils ont plus de retard à l'arrivée), mais ils sont bien plus confortables... Je vais devoir planifier un peu plus la suite pour prendre mes billets de trains bien à l'avance, les bugs du site Indian Railways n'aidant pas. Mais avec un peu de persévérance, je devrais y arriver. J'espère que cette fois-ci, les guichettiers de la gare ne vont pas me dire Full, all trains are full, parce j'aurais vraiment du mal à les croire. Argh, le site n'a pas l'air de vouloir me donner les disponiblités du Kerala Express.

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Mahabalipuram

2006-08-08 14:23+0530 (மாமல்லபுரம்) — Voyage en Inde II

Dimanche après-midi, j'ai continué à marcher dans les environs de l'institut à Chennai. Après avoir vu une église un peu bizarre, je suis entré dans une ruelle qui menait au Sri Mahalaksmi Temple. Des femmes vendaient du poisson, mais il était un peu recouvert de mouches. Dans cette ruelle, il y avait aussi beaucoup de jeunes enfants dont le crane, rasé, était recouvert d'une poudre jaune. Finalement, le temple était fermé puisque c'était l'heure de la sieste.

Hier, avant de partir, je discute avec des étudiants de l'institut. En voyant que j'étais de Paris, ils me demandaient si j'avais déjà vu J.-P. Serre...

Il y a eu une petite incompréhension avec le chauffeur de rickshaw, mais il a fini par me conduire à un arrêt de bus où je pourrais en prendre un pour மாமல்லபுரம். C'est un peu la bousculade pour monter dans les bus. Les deux ou trois premiers étaient complets. J'ai finalement pu monter dans un autre qui allait là où je voulais, mais à condition de faire le trajet (de 1h30 environ) debout. Sur la route, le bus allait très vite (comparativement aux autres véhicules). Parfois, il devait slalomer (mais sans freiner) pour passer les barrières placées de chaque côté de la route à quelques dizaines de mètres d'intervalle, censément pour ralentir les bus...

En arrivant dans ce petit village, appelé soit Mahabalipuram soit Mamallapuram, j'ai commencé à visiter les principaux sites avant que cela ne ferme. J'ai vu la Descente de la Ganga, puis Krishna's Butterball et quelques autres sculptures ou caves.

Ce petit village a une certaine ressemblance avec Khajuraho : on est constamment accosté par des vendeurs de cartes postales, de petits sculptures, les rickshaws, les masseurs. Hier soir, j'ai mangé un curry de poisson dans un restaurant au bord de la mer, ce n'était pas terrible (et c'était aussi bourré de touristes français et allemands mangeurs de frites !).

Ce matin, je me suis levé tôt pour aller visiter les Five Rathas : cinq temples dédiés à Durga, Shiva, Brahma... et aussi associés aux frères Pandavas et à leur épouse Draupadi (cf. Mahabharata). Sur le chemin qui mène à ces Five Rathas, on voit de nombreux sculpteurs de pierre : c'est assez impressionnant, il y a d'assez grandes sculptures de divers dieux, et on entend constamment le bruit de leurs outils. J'ai refait un petit tour dans l'ensemble de caves principal à côté de la descente de la Ganga, puis suis allé visiter le Shore Temple, un très beau temple dédié à Shiva situé au bord de la mer, au milieu d'un espace vert.

N'ayant pas pris de petit-déjeuner, je me suis rattrapé sur le déjeuner : une énorme assiette d'onion pakora et un egg biryani...

Là, je suis dans un cyber-café, et c'est un véritable supplice de rentrer cette entrée de blog : putty refuse de se lancer, mindterm n'est pas une alternative possible puisque Java n'est pas installé, je dois me rabattre sur Tera Term, et c'est à se demander si ce logiciel a déjà fonctionné un jour...

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Visite de Chennai

2006-08-06 13:56+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde II

Hier matin, petit déjeuner légèrement épicé, puis ballade dans le centre-ville de Chennai. J'ai parcouru quelques rues dans le quartier de China Bazar. Je me suis fait plusieurs fois accoster par des vendeurs de DVD, d'instruments de musique et autres objets improbables. Dans les rues plus petites, il y avait plusieurs sortes de boutiques, mais apparemment, chaque rue avait sa spécialité : j'ai vu une rue où il n'y avait que des boutiques vendant du plastique ! Le midi, j'ai pris un masala dosai et un vada dans un restaurant assez fréquenté, avec un jus d'ananas, j'en ai eu pour une quarantaine de roupies. Je me suis acheté un drapeau indien.

L'après-midi, suivant les conseils de mon hôtesse, j'ai pris un conducted tour du Tamil Nadu Tourism pour visiter quelques sites de Chennai. Les rickshaws étant plus chers qu'ailleurs (ils n'utilisent pas leur compteur, du coup, il faut négocier les prix avant de partir pour ne pas trop se faire cheated), c'était une bonne solution et puis les autres passagers, à une exception près, étaient tous indiens. On a ainsi aperçu le Fort St George, puis visité le Government Museum, qui était vraiment très bien. Le premier bâtiment que j'ai visité présentait des pièces assez variées : nombreuses sculptures d'époques diverses, squelettes d'animaux (il y avait notamment un éléphant !), serpents dans du formol... L'autre bâtiment que j'ai eu le temps de visiter présentait une très belle collection de bronzes : représentations de Nataraja, Shiva et Parvati, Ganesh... À un endroit, il y avait côte-à-côte Rāma, Sītā, Lakṣmaṇa et Hanumān. Cependant, je n'ai pas vu de Rāvaṇa. On a ensuite visité un momument un peu particulier, en forme de chariot, Valluvarkottam, dédié à un poète tamoul (je dis ça d'après Wikipédia, puisqu'il n'y avait pas d'inscriptions intelligibles pour moi sur place). Après, c'est le Snake Park que nous sommes allés visiter : serpents, crocodiles, tortues... C'est également là que j'ai aperçu les premiers singes vivant en liberté lors de mon voyage. Ensuite, on est allé visiter un temple dédié à Shiva et Parvati absolument magnifique : Kapaleeshwarar Temple. Dans le temple, le sol était brûlant (j'étais bien entendu pieds nus).

La dernière étape était Marina Beach, une plage gigantesque. J'y ai trempé mes pieds dans les eaux du golfe du Bengale en compagnie de Senthil, mon voisin dans le bus (élève-ingénieur). La baignade, très dangereuse, est interdite ; il y a une police montée qui veille.

Le retour à l'institut a été assez compliqué : malgré le plan détaillé que j'avais, le chauffeur de richshaw a dû demander trois fois son chemin à des confrères avant de trouver le chemin, après plusieurs détours.

L'institut étant assez excentré, ce matin, je suis parti à pieds pour me balader dans les environs. Le soleil tapait très fort... Je suis passé devant l'Indian Institute of Technology et ai visité plusieurs temples apparemment à la mémoire de membres du parti du Congrès. À l'intérieur d'un d'entre eux, il y avait toute une galerie de portraits de diverses personnes (regroupés par familles ?), mais je n'y ai pas compris grand chose puisque tout écrit écrit en tamoul (à part le Please take off your shoes here.) ; dans un autre, il y avait des peintures où on pouvait semble-t-il deviner Nehru, Indira Gandhi... Il y avait aussi un édifice plus particulièrement consacré à Gandhi : காங்தி மண்டபம்.

En revenant, j'ai aperçu une église, puis visité un beau temple : Madhya Kailash (Sri Ananda Vinayakar). De nombreuses sculptures où on pouvait reconnaître Brahma facilement (vu qu'il a quatre têtes). Chaque divinité, Ganesh, Vishnu... avait une petite maison. Il n'est pas toujours évident de reconnaître les dieux : c'est souvent une forme particulière du dieu qui est vénérée, chacune de ses manifestations ayant un nom spécifique 1... J'ai pu observer furtivement deux jeunes femmes faire plusieurs fois le tour d'une de ces divinités en la maintenant à leur droite, conformément à la pradakṣiṇā.

On me demande de temps en temps de quel pays je viens. En achetant de l'eau tout-à-l'heure, le vendeur dit Zidane. Je bloque un peu en pensant que c'était peut-être un mot tamoul, mais il précise ensuite : Zinedine Zidane...

[1] Par exemple, hier, je suis passé devant une boutique Maruti quelquechose, avec un dessin de Hanuman sur la vitrine ; en effet, Maruti est un des nom de ce personnage du Ramayana.

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Arrivée à Chennai

2006-08-04 15:34+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde II

J'ai passé ma journée d'hier dans des aéroports et des avions (de la compagnie Air India). J'ai essentiellement dormi et mangé pendant ces vols. J'ai jeté un œil au film qui passait : Hum Ko Deewana Kar Gaye, pas terrible. J'ai eu peur de manquer la correspondance à Mumbai, mais tout s'est bien passé, la compagnie s'étant bien organisée ; quoique, le numéro de porte d'embarquement était ??? et puis dans l'appareil, trois personnes à côté de moi avaient le même numéro de siège 11C. Les consignes de sécurité ont été données en hindi sous-titré en malayalam (au début, je pensais que c'était du tamoul, mais je suis certain d'avoir reconnu le caractère  ; bon, j'étais peut-être fatigué), puis en anglais.

Vers trois heures et demie du matin, l'avion a atterri à Chennai. Quand j'ai changé mon argent liquide 1, j'ai eu la surprise de me retrouver avec une liasse de cent billets de cent roupies (environ 2€ chacun). Tant mieux, parce que l'année dernière, en manque de petites coupures, je m'étais retrouvé à devoir payer un chai (thé) avec un billet de 1000 roupies.

À la sortie de l'aéroport, on m'attendait avec un panneau IMSc DR JOEL RIOU. Je profite en effet pendant quelques jours de l'hospitalité de l'Institute for Mathematical Sciences de Chennai. Cela fait un peu bizarre de se retrouver dans une voiture sur laquelle est marquée Government of India — Department of Atomic Energy, mais l'accueil est très chaleureux, ma chambre dans la guest house de l'institut est vraiment très bien. À la suite d'interactions assez complexes entre diverses personnes, on m'a même attribué un bureau qui, semble-t-il, est d'ordinaire celui d'un admirateur d'Einstein, à gauche de mon écran (plat), il y a une photo de lui avec la citation suivante :

Do not worry about your difficulties in mathematics; I can assure you that mine are still greater.

Ce midi, thali à la cantine. Les plats étaient assez différents de tout ce que j'ai pu manger avant, mais c'était très convenable.

Cette journée est encore assez mathématique (là, je vais raconter ma thèse à la chercheuse qui m'a invité), mais je vais essayer de visiter Chennai demain et après-demain.

[1] Il est interdit d'importer ou d'exporter des roupies indiennes ; il faut changer son argent sur place. On peut remarquer que si tous les pays appliquaient cette politique, il y aurait un problème... mais bon, il suffit qu'il y ait un pays qui ne l'applique pas pour qu'on s'en sorte.

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Rāmāyaṇa, chant 5 : Les merveilles

2006-08-02 20:58+0200 (Grigny) — Culture — Lectures — Culture indienne — Résumé du Rāmāyaṇa

Ayant pris une taille colossale, le singe Hanumān s'élance dans les airs depuis le mont Mahendra pour franchir l'océan. Les dieux admirent cet exploit et l'Océan lui-même propose son aide au fils du Vent en faisant se dresser des eaux le mont Maināka. Autrefois, les montagnes avaient des ailes, mais de peur qu'elles ne tombassent, Indra les leur coupa. Celles du mont Maināka furent cependant sauvées par Vāyu qui, de son souffle, l'avait précipité dans l'océan. Mais, ayant promis de ne pas s'arrêter en chemin, Hanumān refuse cette aide et poursuit son vol. Les dieux décident de le mettre à l'épreuve en le confrontant à la mère des serpents, Surasā, qui a pris la forme d'une rākṣasī. Celle-ci essaie de le manger, mais Hanumān prend une taille minuscule pour entrer dans sa bouche et en ressortir aussitôt. Il tue aussi la rākṣasī Siṃhikā qui s'est emparé de son ombre. Le singe atterrit finalement à Laṅkā qu'il observe depuis le mont Trikūṭa.

Hanumān prend la taille d'un chat et attend la nuit pour partir à la recherche de Sītā en toute discrétion. En commençant sa visite, la ville de Laṅkā incarnée en rākṣasī l'attaque, mais elle est vaincue. Hanumān découvre la ville : palais richement décorés, espions, guerriers, chants mélodieux des femmes. Entrant dans le palais de Rāvaṇa, Hanumān contemple le char céleste Puṣpaka que Rāvaṇa a dérobé à son demi-frère Kubera. Il y aperçoit Rāvaṇa endormi, entouré de ses femmes livrées à l'ivresse et à la débauche.

N'ayant pas retrouvé Sītā, Hanumān a peur que l'échec de sa mission ne rende Rāma triste au point d'en mourir. Depuis le palais, le singe atteint le bois d'aśoka de ses bonds. Ce bois céleste au sol précieux et traversé par une rivière est idyllique. Il aperçoit, entourée de rākṣasī monstrueuses une femme belle mais vêtue d'un unique tissu jaune sali. Il reconnaît Sītā. Plus tard, il voit Rāvaṇa venir tenter de la séduire, mais elle le repousse en affirmant que Rāma le tuera. Les rākṣasī essayent aussi de faire changer d'avis Sītā et menacent même de la manger. Sītā tombe dans le désespoir, mais une rākṣasī, Trijaṭa, révèle le songe qu'elle a fait : Rāma resplendissant sur le char Puṣpaka en compagnie de Lakṣmaṇa et de Sītā.

Pour approcher Sītā, Hanumān évoque Rāma, sa rencontre avec Sugrīva et les expéditions visant à la retrouver. Ayant entendu cet éloge, Sītā prend cependant peur en voyant ce singe et pense avoir perdu la raison. Elle imagine même que c'est Rāvaṇa qui a pris cette apprence pour mieux la tromper. Mais Hanumān parvient à la consoler. Après lui avoir raconté son histoire, il lui remet la bague que Rāma lui avait confiée en signe de reconnaissance.

Hanumān propose à Sītā de la ramener sur son dos, mais elle refuse, parce que ce ne serait pas convenable et que c'est à Rāma de la ramener après qu'il aura massacré les rākṣasa. Elle demande à Hanumān de faire se hâter Rāma puisque Rāvaṇa la tuera dans deux mois. Elle lui confie aussi plusieurs signes de reconnaissance pour que Rāma la sache en vie. Elle lui raconte ainsi l'histoire d'un corbeau qui l'avait piquée alors qu'elle était avec Rāma après son bain, Rāma le frappa d'un trait dédié à Brahmā qui ne peut pas manquer son but ; ayant pris pitié du corbeau qui avait parcouru le ciel pour échapper à cette arme, Rāma lui laissa la vie sauve en crevant son œil droit. Sītā lui remet aussi une magnifique perle.

Voulant mesurer la force des rākṣasa, Hanumān saccage le bois d'aśoka, puis massacre les kiṅkara que Rāvaṇa, prévenu par les rākṣasī, a envoyés. Il détruit le sanctuaire des rākṣasa et se saisit d'une colonne pour en massacrer les gardiens. Il tue ensuite les fils de Prahasta, ministre et oncle de Rāvaṇa. Après avoir vaincu Akṣa, un des fils de Rāvaṇa, c'est Indrajit qui vient combattre le singe. Cet autre fils de Rāvaṇa avait autrefois vaincu Indra ! Ayant pris une taille prodigieuse, Hanumān résiste aux flèches lancées par Indrajit, mais ce dernier décoche un trait dédié à Brahma. Voulant respecter la volonté du dieu, Hanumān ne résiste pas, se sachant protégé par Brahma, Indra et Vāyu.

Quand les rākṣasa se saisissent de lui, le trait de Brahma perd son effet et Hanumān se laisse faire. Devant Rāvaṇa, il se présente comme un messager de Rāma, critique sa conduite contraire au dharma et lui décrit la force de Rāma. Rāvaṇa veut tuer l'insolent mais son frère Vibhīṣana l'en dissuade. On ne tue pas un messager.

Rāvaṇa lui laisse la vie sauve mais décide de brûler sa queue et de le faire traîner dans toute la ville. Sītā ayant appris cette situation demande au Feu de la fraîcheur pour Hanumān. Le Vent souffle pour exaucer la prière de Sītā. Le singe s'étonne de ne pas souffrir et, après réflexion, il diminue sa taille pour se défaire de ses liens. Il se saisit d'une massue de fer et tue les gardiens d'une des portes de la ville. Il se lance ensuite sur les toits pour incendier Laṅkā et tous ses trésors (en épargnant la maison de Vibhīṣana), apaisant ainsi le feu de sa queue.

Hanumān pense avoir commis une erreur et craint pour la vie de Sītā, mais il entend des voix célestes se réjouir que celle-ci ait réchappé de l'incendie. Le singe vient saluer la princesse et, tel Garuḍa, repart dans les airs en prenant élan sur le mont Ariṣṭa.

Ayant rejoint le mont Mahendra, il raconte ses exploits aux autres singes. Après ce récit, Aṅgada veut tuer Rāvaṇa tout de suite, mais Jāmbavān dit qu'ils doivent d'abord informer Rāma. S'en étant allés joyeux et excités, les singes remarquent le Madhuvana, le magnifique verger de Sugrīva. Ils s'empiffrent alors tous de fruits et de miel jusqu'à l'ivresse. Dépassé par les événements, le protecteur des lieux, Dadhimukha rejoint le roi Sugrīva pour l'informer de ce saccage. Loin de s'en attrister, le roi des singes se réjouit de ce signe du succès de la mission des valeureux singes qui rentrent à Kiṣkindhā.

Hanumān remet à Rāma le bijou de Sītā et raconte son périple.

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J-2

2006-08-01 16:58+0200 (Grigny) — Culture — Danse — Lectures — Voyage en Inde II

Je suis pour ainsi dire prêt pour partir en Inde du Sud après-demain. J'ai déjà préparé une liste exhaustive de choses à apporter, histoire de ne rien oublier. J'espère que tout va rentrer dans mon sac à dos. Je savoure mes derniers thés chinois avant un bon moment et vais me lancer dans une nouvelle séance de repassage/pliage. Mes conditions de vie se sont déjà rusticisées depuis hier puisque je n'ai plus d'eau chaude à cause de travaux dans mon immeuble.

Il faut aussi que je choisisse quelques livres à emporter, en plus du Rāmāyaṇa que je compte finir sur place. À propos de listes d'achats, mon panier Amazon vient de se vider après trois mois d'inactivité, dommage... Aujourd'hui, j'ai également eu le plaisir de me replonger dans la brochure du Théâtre de la Ville et écouter pendant de longues minutes leur musique d'attente au téléphone pour remplacer un des spectacles de mon abonnement qui était déjà complet ; les textes de présentation de ces spectacles sont excessivement spécieux (cf. le pastiche suivant), mais cependant, tous les spectacles que j'y ai vus étaient excellents.

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