Weblog de Joël Riou

Cette page ne contient que les entrées du mois d'août 2007. Les entrées les plus récentes se trouvent . Vous pouvez aussi naviguer vers juillet 2007 ou septembre 2007.

Arrivée à Mumbai

2007-08-30 11:09+0530 (मुंबई) — Voyage en Inde IV

Lors de mon dernier jour à Pune, je suis allé au mémorial national de Gandhi, situé dans le palais Aga Khan où il a été emprisonné en 1942. Son secrétaire Mahadev Desai et son épouse Kasturba sont mort pendant leur détention. On peut lire les circonstances émouvantes dans lesquelles ont été réalisées les rites funéraires du secrétaire de Gandhi. Près de l'édifice, les cendres de Mahadev Desai et de Kasturba sont enterrés dans deux petits mausolées (et un peu plus loin, il y a aussi quelques cendres de Gandhi, qui ont été dispersées en tellement d'endroits...).

J'ai déjeuné dans un restaurant de fruits de mer. Ce sera le seul repas non végétarien de mon séjour. J'y ai pris un excellent biryani de fruits de mer.

Dans l'après-midi, je suis allé voir Shaniwar Wada, une forteresse peshwa du XVIIIe. Devant la porte d'entrée, de nombreux enfants jouaient au cricket. Je ne suis pas entré dans ce monument, faute de temps, et vu le prix demandé aux étrangers.

J'ai ensuite visité le très beau musée Raja Dinkar Kelkar, situé dans une petite rue au Sud de Shaniwar Wada. Des collections diverses sont présentées sur quatre étages. On peut y observer par exemple un Ganesh Nataraja (c'est-à-dire Ganesh dans la même posture que Shiva Nataraja), un Ganesh fait d'ustensiles de cuisine et un magnifique chariot de bois et d'ivoire représentant Krishna conduisant Arjuna, Hanuman apparaissant en tant qu'emblème du char.

Hier matin, j'ai pris le train pour Mumbai et je me suis dirigé vers le temple-hôtel Hare Krishna à Juhu. L'organisation du temple a changé depuis ma dernière visite : le sens de parcours a été inversé. Le restaurant Govinda a été déplacé et agrandi et son thali est toujours excellent (je m'en suis vraiment goinfré).

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Pune

2007-08-27 18:53+0530 (पुणे) — Voyage en Inde IV

Aujourd'hui, mes conditions de connexion sont très difficiles : clavier en très mauvais état (touche Shift défectueuse, ce qui est très pénible), firewall du port que j'utilise d'habitude (ssh), et surtout pas de curseur visible.

Hier, à Aurangabad, je suis allé visiter le musée consacré à Shivaji (qui a donné son nom à beaucoup de monuments dans le Maharashtra, en particulier à Mumbai). Avant cela, j'ai également visité Panchakki, une roue à eau de plusieurs siècles, qui servait de moulin.

Près de mon hôtel, on peut visiter deux temples, l'un dédié à Ganesh et un autre dédié à Rama. J'avais déjà eu l'occasion de voir des fidèles effectuer plusieurs tours autour d'une divinité (en la laissant à sa droite), mais jamais avec autant de frénésie que dans ce temple de Ganesh, ou dans le temple de Shiva que j'ai mentionné avant.

Dans la nuit, je suis allé à la gare d'Aurangabad pour prendre mon train pour Pune. Au dernier moment, il y a eu un changement de voie inopiné. Cela m'est déjà arrivé plusieurs fois, mais en général c'était pour la voie située de l'autre côté du quai. Ici, il fallait prendre une passerelle pour rejoindre la bonne voie, ce qui remet en cause ma technique habituelle pour prendre un train en Inde : trouver le panneau qui affiche la liste des trains avec les numéros de voie, se rendre sur cette voie, attendre que le bon train arrive, repérer les codes de wagons pour savoir s'il faut courir vers l'avant ou vers l'arrière pour monter dans le bon.

Dès ma sortie de la gare, j'ai pu mesurer à quel point la ville de Pune est bruyante, les rues encombrées et les êtres mobiles (tout particulièrement motos et êtres humains) se déplacent n'importe comment.

J'ai tout d'abord tenté de visiter le musée des cultures tribales du Maharashtra. Pas facile à trouver : pas d'indications, on croit entrer dans des ruines, mais des dessins sur les murs laissent penser à des œuvres tribales. Finalement, le musée est fermé pour rénovation...

L'après-midi, j'ai visité la grotte Pataleshvara, qui contient un temple toujours en activité (à l'intérieur, la visibilité est réduite par les vapeurs d'encens...). Près de là, j'ai aussi visité le temple Jangali Maharaj. J'ai ensuite essayé de trouver le chemin vers le Bhandarkar Oriental Research Institute, afin de voir s'ils ont des publications qui pourraient m'intéresser et à des prix raisonnables. Les rickshaw-wallahs ne sont d'aucune utilité, comme s'ils n'avaient jamais entendu le mot Bhandarkar de leur vie. J'ai donc entrepris de faire toute la route à pieds. Cela fut long (surtout à cause d'un détour et d'un problème d'échelle : selon le plan du guide Lonely Planet, j'aurais fait six ou sept kilomètres, selon le plan Discover India (contenant plus d'informations), j'en aurais fait le double. Finalement, c'était fermé aujourd'hui, il faudrait repasser demain à 11h.

En cherchant un cyber-café dans les environs de mon hôtel, je suis tombé sur un temple de Shiva, le Nilakanteshvar Mandir. À l'intérieur, un chanteur et quelques musiciens chantent des chants religieux et les gens tapent dans leurs mains en rythme (plus ou moins).

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Aurangabad, Ellora

2007-08-25 18:33+0530 (औरंगाबाद) — Voyage en Inde IV

Après avoir posté ceci, sur la route de mon hôtel, j'ai vu sur le côté de la route un stand de Mango lassi et de Malai Lassi. C'était très bon...

Hier matin, j'ai pris le bus pour rejoindre Aurangabad, ville qui porte le nom d'Aurangzeb, le souverain moghol ayant laissé l'empreinte la moins reluisante de toutes... Je me suis installé dans un hôtel proche de la station de bus, ce qui s'avère assez pratique.

Dans l'après-midi, je suis allé visiter l'étonnant monument Bibi-ka-Maqbara, le mausolée de l'épouse d'Aurangzeb, construit par son fils, et ressemblant étonnamment au Taj Mahal, mais moins grand et moins bien préservé. Quand on entre dans l'édifice, on voit une ouverture octogonale donnant sur le sous-sol où se trouverait la tombe elle-même, recouverte d'un drap vert (lui-même parsemé de pièces de monnaie).

En rentrant, je suis passé par hasard près d'un temple hindou tout blanc, dédié à Shiva. Sauf erreur de transcription, il s'agit du Shri Khadhakeshvar Mandir. Au milieu, divers noms faisant penser à Shiva sont écrits. Sur la gauche, il m'a semblé voir Rama, Laksmana et Sita derrière un grillage (il n'y avait pas de lumière). Le haut des murs était orné de sculptures colorées. J'ai principalement reconnu Vishnu couché au-dessus de l'Océan cosmique, et puis Shiva Nataraja.

Dans la soirée (très pluvieuse), je suis allé au cinéma Goldie qui passait le film हे बेबी dont c'était le jour de la sortie. Pas terrible. Une apparition de Shahrukh Khan dans une des chansons.

Aujourd'hui, j'ai passé ma journée sur le site d'Ellora, à une trentaine de kilomètres d'Aurangabad. En prenant son temps, on peut largement lui consacrer une journée entière. Dans le bus, j'ai fait la connaissance de trois étudiants en informatique, Sainath, Shatrughna et Rajendra, qui ont séché les cours pour faire un peu de tourisme et aller dans quelques temples puisque ce serait aujourd'hui un jour particulièrement propice. Nous avons fait une partie de la visite ensemble. Nous avons commencé par l'impressionnant temple de Kailasa, très grand édifice creusé dans la roche. De nombreuses sculptures plutôt bien conservées sont visibles tout autour, Hanuman portant Rama, Narasimh, etc. Comme la plupart des autres grottes hindoues du site, le temple Kailasa renferme un lingam, symbole de Shiva. Nous avons ensuite mangé dans une dhaba, et ils ont insisté pour m'inviter. Enfin, nous nous sommes dirigés vers le temple Grishneshvar, qui date du douzième siècle. De nombreuses personnes se présentent pour nous mettre un tikka en forme de  ; nous cédons. La queue pour entrer dans le temple était monstrueuse, ce qui nous a fait renoncer à sa visite. Nos routes se sont alors séparées, puisque je voulais visiter plus complètement les grottes d'Ellora (dont seule l'entrée dans le temple Kailasa est payante), alors qu'ils avaient prévu de visiter d'autres sites et temples.

Les grottes d'Ellora ont la singularité de comprendre à la fois des œuvres bouddhiques, hindoues et jaïnes. Dans chacun de ces trois groupes, on trouve des grottes magnifiques. Les grottes bouddhiques comportent évidemment d'imposantes sculptures de Bouddha, et sont souvent organisées sur plusieurs étages. Certaines grottes hindoues sont particulièrement belles : les grottes 15 (Das Avatara), 21 (Ramesvara) et 29 (Dumar Lena). Pour accéder à cette dernière qui est particulièrement grande, on peut prendre la route, mais on peut aussi prendre un petit chemin escarpé passant derrière une chute d'eau. Enfin, à quelques centaines de mètres plus au Nord, on peut accéder à la grotte jaïne 31 qui communique avec les grottes 32 et 33.

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Accueil à Jalgaon

2007-08-23 16:23+0530 (जळगांव) — Voyage en Inde IV

Le dernier jour de mon séjour à Vadodara, il a plu toute la journée. L'après-midi, j'ai fait un tour de l'autre côté de la rivière Vishwarmurti. Je suis allé voir le Kirti Mandir (il y avait en fait deux temples très proches l'un de l'autre). Je me suis ensuite engouffré dans un petit labyrinthe de rues plus ou moins inondées (découvrant au passage quelques temples jaïns) en espérant trouver le lac Sursagar. J'ai su que j'étais arrivé à mon but quand j'ai vu le dos d'une colossale statue de Shiva (située au milieu du lac). J'en ai donc fait le tour. Je me suis ensuite promené dans les rues voisines, apercevant notamment un temple sikh.

Le lendemain matin (c'est-à-dire hier), je suis allé à la gare de Vadodara pour prendre mon train pour Jalgaon. Chose curieuse, le train avait du retard au départ, mais vingt minutes d'avance à l'arrivée. Dans un premier temps, le train est allé vers le Sud, et à Surat, il s'est dirigé vers l'Est. Le trajet a duré environ huit heures. Un marchand de tissus gujarati m'a servi d'interprète avec nos voisins. Parmi eux Aniket et sa mère Shubhada rentraient chez eux à Jalgaon et m'ont invité à dîner chez eux. Quand nous avons traversé la Narmada, ils ont tous les deux lancé une pièce d'une roupie dans le fleuve.

En arrivant je me suis installé dans un charmant hôtel aux murs et au sol blancs. On m'a montré plusieurs chambres dont une très belle suite à 900 roupies mais j'ai opté pour une chambre moins exceptionnelle. L'hôtelier m'a gentiment aidé à faire comprendre l'adresse de mes hôtes au chauffeur de rickshaw. Bien qu'arrivé assez près du but, ce dernier n'a pas trouvé le chemin jusqu'au bout. Je me suis finalement fait aider par un pharmacien qui a téléphoné à Aniket pour qu'il vienne me chercher en moto.

J'ai donc rencontré la famille au complet : Shrikant et Shubhadra, et leurs deux fils Rohit et Aniket. Le père est employé dans une compagnie d'électricité. Le plat que l'on m'a servi est une spécialité du Maharashtra (probablement du Pohe, vu que c'est le même plat que celui que j'avais mangé avec des étudiants marathis à Allahabad). On m'a aussi montré quelques photographies dont celles prises lors de la cérémonie où les deux fils se sont vu remettre leur cordon sacré de brâhmanes (et tondre les cheveux...). Je n'ai pas tout à fait compris à quelle branche de l'hindouisme cette famille appartenait, mais dans le séjour, on peut voir un portrait de Swami Vivekanand.

Après avoir dit au revoir à cette famille Aniket m'a remmené à l'hôtel à moto, en me faisant visiter un très beau temple dédié à Shiva au passage.

Aujourd'hui, j'ai fait l'aller-retour jusqu'aux grottes d'Ajanta. Ils s'agit de grottes bouddhiques, creusées entre le deuxième siècle a.c. et le septième siècle dans une vallée en forme de fer à cheval au milieu de collines verdoyantes. La plupart des sculptures sont très bien conservées (beaucoup mieux qu'à l'île Elephanta), et quelques uns comportent des fresques inégalement préservées illustrant non seulement la vie de Gautama, mais aussi des sujets profanes.

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Champaner

2007-08-21 11:23+0530 (વડોદરા) — Voyage en Inde IV

Ç'aurait pu être mieux.

Hier, j'ai passé toute la journée sur le site de Champaner, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, à quelques dizaines de kilomètres de Vadodara. Après avoir eu quelque difficulté à trouver mon bus (ici, tout est écrit en gujarati, et quand j'essaie de me renseigner, on me répond en hindi, à moins que ce ne soit du gujarati ; apprendre les chiffres gujaratis aurait été un petit investissement utile...). Après deux heures de route, je suis arrivé sur place.

Pour un tel site classé (le seul du Gujarat), je m'attendais à un minimum d'organisation. Il n'en est rien et je trouve cela lamentable. L'office du tourisme du Gujarat était fermé et au guichet, aucune carte simple n'était disponible. N'ayant pas vraiment d'alternative, j'ai fait la grossière erreur d'acheter le guidebook officiel du site : très cher, grand format, plein de couleurs, mais parfaitement inutile. Bref, j'aurais voulu l'équivalent d'un miniplan du métro, et je me retrouve avec quelque chose comme ceci, à ceci près que les noms des stations auraient été rendus illisibles. Dans la partie centrale du site de Champaner, faute de la moindre indication et du moindre panneau, je n'ai pratiquement pu voir que la mosquée Sahar Ki Masjid. Je passe sur l'incompétence du guichetier qui était incapable de me rendre convenablement la monnaie.

Je suis sorti de l'enceinte centrale et suis parti un peu au hasard vers l'Ouest dans l'idée de grimper sur la colline de Pavagadh. Juste à gauche après le Shakkar Khan Dargah, j'ai trouvé un petit sentier. Finalement, après avoir traversé plusieurs fois un ruisseau pour monter, je me suis retrouvé en bas d'une chute d'eau où de nombreuses personnes profitaient de cette douche rafraichissante. Je suis redescendu et ai cherché un autre chemin pour aller plus haut. Après avoir aperçu un temple jaïn (récent) à côté duquel se dresse une gigantesque statue blanche, j'ai trouvé un escalier de pierre, puis une route en lacets et enfin un très long chemin en pierre. Il y avait des marchands de chaque côté, mais presqu'aucun n'avait de bouteilles d'eau ; j'ai donc essayé le système des poches d'eau de 250mL en plastique. Sur le chemin, quelques temples jaïns anciens et aux sommet (à un peu plus de 800m d'altitude), un temple dédié à la déesse Kali. De nombreux pélerins disaient Jai Mata-ji et portaient un bandeau où cela était écrit. Vers le bas de l'escalier qui mène du dernier plateau au sommet, trois ou quatre mendiantes m'ont coupé la route et m'ont mis un tikka de force sur le front.

Deux heures de montée, une heure et demie de descente. Pour cette descente, j'ai trouvé un chemin de pierre (que je n'avais pas osé prendre à l'aller, ne sachant pas trop où il débouchait), ce qui m'a épargné de nombreux lacets de la route. Dans le bus pour Vadodara, de nombreuses personnes se trouvent debout, faute de place assise.

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Premier jour à Vadodara

2007-08-21 10:48+0530 (વડોદરા) — Voyage en Inde IV

J'ai pris mon dernier dîner à Ahmedabad dans un très bon restaurant. Il servait un excellent thali gujarati. Ce qui j'ai toujours trouvé étrange avec le thali gujarati, c'est qu'on ne sert le riz qu'à la fin.

Je suis arrivé à Vadodara avant-hier vers midi. Le trajet en bus depuis Ahmedabad a été très rapide : le bus a emprunté l'Expressway nº1. En arrivant, je suis allé à une des adresses peu chères du guide Lonely Planet que je n'avais pas pu joindre par téléphone. En effet, depuis Ahmedabad, je n'avais pu trouver que des hôtels à 1600 roupies la nuit. J'ai pu ainsi diviser par dix le coût de ma chambre d'hôtel. Après avoir mangé dans un sympathique restaurant, je suis allé visiter Sayaji Bagh, un parc dans lequel se trouve semble-t-il le plus grand musée du Gujarat. Il y a notamment une collection de sculptures hindoues et bouddhiques, un squelette de baleine bleue, une section égyptienne (incluant une momie), une impressionnante galerie de (copies de) sculptures gréco-romaines et une galerie d'art européen. Une des œuvres exposées dans cette dernière est Le Jugement de Pâris de Jean Vézien représentant Vénus avec une pomme. Curieusement, dans les lignes de textes à côté de la sculpture, on peut voir une ébauche de correspondance entre les divinités grecques et hindoues : Hera (Indrani), Aphrodite (Lakshmi), Athena (Sarasvati).

Le soir, j'ai dîné dans un restaurant réputé, mais j'ai trouvé l'addition un peu salée. Il y avait plusieurs familles musulmanes qui avaient commandé du poulet tandoori et qui le mangeaient avec les doigts (pour certains assez maladroitement puisque j'ai vu des os tomber par terre...).

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Ahmedabad

2007-08-18 17:31+0530 (અમદાવાદ) — Voyage en Inde IV

Avant-hier soir, je me suis dirigé vers la gare d'Udaipur. Il s'est avéré que cette gare est toute petite, il n'est même pas évident de trouver moyen de boire un thé. Le train Udaipur-Ahmedabad entre en gare, et surprise, le nom du train n'est écrit qu'en hindi. Quand le personnel de gare colle la reservation chart, je peux voir que le train ne sera pas bondé : la moitié du wagon S3 est vide et l'autre moitié à peine remplie. Autre curiosité, sur cette liste de réservations, il y a plusieurs colonnes par passagers : nom en anglais et nom en hindi. Je ne sais pas comment le logiciel de la compagnie a pu en arriver là, mais dans la colonne hindi, mon nom était रौ जेल. Vers 5h du matin, je sors de la gare d'Ahmedabad et prends un rickshaw pour mon hôtel où je vais prolonger un peu mon sommeil...

Je suis allé visiter l'Ashram où Gandhi a vécu entre 1918 et 1930, près du fleuve Sabarmati. J'ai essayé d'y aller à pieds depuis le centre, mais dans le dernier kilomètre, je n'ai pas trouvé le chemin (c'était en dehors de la carte du guide Lonely Planet 1), j'ai donc pris un rickshaw pour finir le parcours. Un musée assez intéressant à visiter, et près du fleuve on peut voir la chambre de Gandhi. Pour le retour, j'ai retrouvé le chemin : on peut se repérer assez facilement avec les grosses artères et les ponts sur la Sabarmati. Ce qui est frappant à Ahmedabad, c'est le nombre impressionnant de banques ! Il y en a partout le long des grandes routes (qui sont très bruyantes).

Dans la soirée, je suis allé au Relief Cinema, qui se trouve tout près de mon hôtel. Le film चक दे ईंडिया était plutôt mauvais. Un joueur de hockey sur gazon de l'équipe de l'Inde (interprété par le seul vrai acteur du film, Shahrukh Khan) rate un penalty lors d'un match important contre le Pakistan. Il est musulman et on le voit serrer la main d'un pakistanais : on le soupçonne d'avoir trahi son pays. C'est la fin de sa carrière. Sept ans plus tard, on fait appel à lui pour entraîner l'équipe féminine en prévision de la coupe du monde (qu'elles vont gagner à la fin bien entendu). Curieusement, pas de scènes dansées ou chantées dans le film. Il y a une grande scène de bagarre dans un McDonald's, où les filles de l'équipe mettent une bonne raclée aux garçons qui les importunaient. Pas d'histoire d'amour non plus (il y a juste la question du mariage éventuel de certaines joueuses qui est brièvement évoqué). On voit juste le comportement des joueuses évoluer vers un peu plus de cohésion (rivalités entre buteuses, qui au début répugnent à se faire des passes décisives, ce qu'elles devront bien faire pour gagner un des matches). Quelques scènes un peu comiques, comme celle où lors d'une réception précédant la finale une joueuse australienne bouscule une indienne chétive et fait mine de s'excuser, et l'indienne répond Happy Diwali.

Depuis le début de mon séjour, j'ai relativement peu mangé dans des restaurants un peu chic. Je suis allé dans un tel restaurant en sortant du cinéma. La carte comportait de nombreuses spécialités non végétariennes (la clientèle avait l'air majoritairement musulmane), mais j'ai pris un Paneer Tikka Masala (relativement épicé). Il est à noter que le Gujerat est probablement le seul état de l'Inde où les cartes de restaurants sont habituellement écrites à la fois en anglais et dans l'alphabet local.

Aujourd'hui, j'ai passé ma journée à marcher dans Ahmedabad et à visiter des temples. Je suis tout d'abord allé au Swami Narayana Temple, dédié au couple de dieux Nara-Narayana (dont le couple Arjuna-Krishna du Mahabharata est une incarnation). Le temple est très beau et très coloré. Quand je suis arrivé, les portes d'argent et d'or se refermant sur les idoles étaient fermées. Un des dévôts m'a expliqué qu'il fallait attendre dix minutes avant que ça n'ouvre et a insisté pour que je mange du Prasad, en l'occurrence un petit gâteau sucré et de la noix de coco. Il y a une ségrégation hommes-femmes à l'intérieur du temple. Quand les portes se sont ouvertes, les cloches se sont mises à sonner et les hommes se sont précipités pour voir les idoles. Les deux principales étaient Narayana et Nara, et sur la gauche, on pouvait également voir Radha et Krishna. À l'entrée, il y avait Ganesh et Hanuman.

Un peu plus au Nord, j'ai visité le temple jaïn Hathisingh. Son architecture et ses sculptures n'ont vraiment rien à envier à celles des plus beaux temples hindous. Les règles de conduites dans les temples jaïns sont plus strictes que dans ces derniers : curieusement, on m'a demandé de laisser à l'entrée la bouteille d'eau qui dépassait de mon sac...

J'ai ensuite traversé le Gandhi Bridge pour aller manger dans un restaurant d'Inde du Sud : idlis, onion masala dosa, gulab jamun, mango lassi. Tout était très bon. Dans la carte, il y avait une dosa de 4 pieds de long (500 roupies). Par la suite, j'ai cherché le City Museum situé au Sud-0uest de la ville, mais je ne l'ai pas trouvé, alors je suis rentré.

[1] Concernant l'offre de guides touristiques sur l'Inde, j'ai un peu expérimenté le Guide du routard et le Lonely Planet. Il me semble qu'il n'y a globalement pas photo entre les deux. Le second est beaucoup plus rigoureux et complet que le premier. Dans le Guide du Routard, il y a relativement peu de cartes (par exemple, il n'y en a pas d'Ahmedabad), ce qui m'avait un peu gêné lors de mon séjour dans le Sud de l'Inde l'année dernière (tout particulièrement à Kanchipuram), et en dehors des gros coins touristiques, il n'y a plus grand chose. Cependant, les commentaires sur certains sites et sur les hôtels/restaurants sont moins arides que dans le Lonely Planet.

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Udaipur

2007-08-16 15:24+0530 (उदयपुर) — Voyage en Inde IV

L'atmosphère d'Udaipur est extrêmement agréable. Le premier soir, je suis allé marcher près du lac en passant à côté du Bagore-Ki-Haveli, un très beau bâtiment, avant de me diriger vers un restaurant. Ce dernier est un peu cher, mais son papad fourré est excellent. Parmi les touristes (très nombreux), la proportion de français est impressionnante. Après avoir fini de manger, je suis allé au temple Om Jai Jagadish Hare, dédié à Vishnu. Il figure parmi les plus beaux temples que j'aie vus en Inde du Nord. On monte par un escalier assez raide, et on découvre ce temple magnifiquement sculpté (les motifs m'ont cependant semblé plus répétitifs que ceux des temples de Khajuraho). À l'entrée, une sculpture de Garuda, la monture de Vishnu. Tout autour, des petits sanctuaires pour Ganesh, Durga, Mahadeva (Shiva), et une autre divinité dont j'ai oublié le nom. À l'intérieur du temple, étonnamment ouvert à cette heure tardive, beaucoup de monde assis et chantant.

En rentrant à l'hôtel, une jeune fille d'apparence sympathique m'invite à visiter sa maison. Ensuite, le coup classique : on me montre une sorte de livre d'or où de précédents visiteurs (ou plutôt clients) vantent les mérites et le caractère aussi accueillant que désintéressé de cette famille. Ici, ce n'était sans doute pas le cas, mais parfois certains commentaires élogieux sont des faux grossiers. Évidemment, quelques secondes plus tard, il est question de me vendre des petits dessins. J'ai tout de suite dit que je n'étais pas intéressé et me suis éclipsé.

Le lendemain matin, je suis allé visiter le musée du City Palace du Maharana d'Udaipur. Ce palais est gigantesque. Difficile à décrire vu la diversité et la multitude dees pièces exposées. J'ai cependant noté qu'un des souverains aurait régné pendant soixante-cinq ans (moins que Louis XIV, mais c'était bien des siècles plus tôt) !

L'après-midi, après avoir mangé un masala dosai, je suis parti à pieds en direction du Nord. Je me suis retrouvé à visiter quelques temples. Près d'un quartier d'habitations aisées, il y avait un temple, apparemment jaïn, mais il n'y avait pas moyen de le visiter. Le soir, j'ai mangé dans la maison d'hôte où je suis. La cuisine y est très bonne.

Ce matin, je suis allé au Sud du palais pour profiter de la vue sur les îles où d'autres palais se dressent. Je me suis ensuite embarqué pour uune petite croisière en bateau sur le lac, ce qui permet d'admirer le City Palace et de faire le tour du Lake Palace.

Je viens de visiter le Bagore-Ki-Haveli, une grande maison aristocratique de 138 pièces, très bien restaurée. On peut y voir par exemple des costumes traditionnels (dont une collection de turbans), des photographies de danses et d'autres sites en Inde. À la fin de la visite, on passe par une gallerie d'art assez hétéroclite. Tout à la fin, dans une pièce, on peut voir des reproductions en miniature (pas extraordinairement bien réussies) de quelques monuments (Tour Eiffel, Statue de la Liberté, Tour de Pise, Taj Mahal).

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Pushkar-Udaipur

2007-08-14 18:24+0530 (उदयपुर) — Voyage en Inde IV

Hier après-midi, pas grand chose à signaler, si ce n'est la visite d'un temple de style du Sud et la prise en photo d'un temple dédié à Hanuman.

Ce matin, départ vers 6h30 de mon hôtel pour l'arrêt des bus effectuant la liaison Pushkar-Ajmer. À cette heure-ci, de nombreux écoliers et écolières s'en vont à l'école ou au collège. Une d'entre eux révisait manifestement sa molécule d'eau. Je ne suis pas descendu du bus assez tôt (ou aurais-je dû attendre ?), si bien que je me suis retrouvé à la gare plutôt qu'au Bus Stand. Quelques minutes plus tard, je m'y retrouve et cherche des bus pour Chittorgarh où j'avais envisagé de passer l'après-midi. Comme il fallait attendre au moins quatre heures avant d'en trouver un, j'ai décidé d'aller directement à Udaipur, dernière étape de mon séjour d'une petite semaine au Rajasthan. Le voyage sur des routes correctes mais très sinueuses (surtout à la fin) a duré sept heures. Environ soixante kilomètres avant Udaipur, on peut voir sur des kilomètres et des kilomètres des entreprises de marbre et de granite exposant leur marchandise en plein air (un peu avant, j'ai vu des camions transportant de gros blocs de marbre).

Je me suis installé dans une toute petite guest house (à trois euros la nuit !) au bord du lac d'Udaipur. En attendant mon tour dans le cyber-café, petit cours de français à Mahendra. Il est curieux de voir combien de boutiques ont des affichettes rédigées en français. À Pushkar, l'hébreu était bizaremment omniprésent, tandis qu'à Agra, il y avait aussi du japonais. Concernant l'alphabet local, depuis le début de mon voyage, cela a toujours été l'alphabet devanagari et la langue le hindi, mais à plusieurs centaines de kilomètres d'Ahmadabad, on commence à voir surgir des panneaux en gujarati.

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Pushkar

2007-08-13 11:06+0530 (पुष्कर) — Voyage en Inde IV

Hier midi, je me suis installé dans mon hôtel à Pushkar. L'endroit est assez paisible. Je suis dans l'annexe, mais le bâtiment principal est tout blanc, autour d'une cour et des plantes grimpantes s'enroulent un peu dans tous les sens le long des murs et escaliers.

Une néo-zélandaise m'avait dit à Jaipur que les étrangers ne pouvaient pas visiter les temples principaux de Pushkar. Bien qu'une poignée de temples soient inaccessibles, ceci s'est avéré inexact. La petite ville est organisée autour d'un lac entouré de ghats. J'en ai fait le tour et ai visité quelques petits temples le long du chemin. Du côté Ouest, on peut visiter ce qui serait l'unique temple dédié à Brahma en Inde. À l'intérieur, sur la gauche et sur la droite, on peut voit des idoles représentant respectivement Indra et Kubera (ce qui est assez rare aussi). La foule s'amasse près du prêtre situé dans l'enceinte où se trouve l'idole de Brahma. Je suis ensuite entré dans le Jat Temple qui se trouve non loin de là. À l'intérieur, les nombreuses dames qui se trouvaient là m'ont gentiment fait signe de me rapprocher. Je m'y suis assis tranquillement pour écouter des chants dédiés à Rama et Krishna.

Ce matin, je suis parti de bonne heure en direction du Sud-Ouest pour grimper en haut de la colline au sommet de laquelle se trouve un temple dédié à Savitri Mata. Le chemin de pierres est assez long. Beaucoup d'indiens en redescendaient en chantant et me disaient Namaste. Arrivé en haut, j'ai visité le temple. Je ne sais pas vraiment quelle déesse est Savitri. De part et d'autre, on pouvait voir une idole de Sarda Mata (qui m'est aussi inconnue) et de Sarasvati Mata.

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Arrivée au Rajasthan

2007-08-12 14:39+0530 (पुष्कर) — Voyage en Inde IV

Pour mon dernier jour à Agra, j'ai visité Sikandra, où se trouve le tombeau du grand empereur moghol Akbar. À l'intérieur d'une haute pièce carrée se trouve un simple tombeau. L'écho y est renversant : Allah Akbar ! a résonné pendant de nombreuses secondes.

Dans la soirée, j'ai pris un train pour Jaipur. Cette fois-ci, j'étais en 3AC : c'est comme la Sleeper Class si ce n'est que le compartiment est climatisé, qu'on nous fournit coussin et drap et que les passagers sont plus fortunés. Cependant, c'est la première fois que je vois une souris à bord d'un train indien. En face de moi, il y avait Marcos, un espagnol, et, à côté, une famille jaïne vivant à Chennai mais dont la femme est de Mumbai et le mari du Rajasthan. Marcos et moi allions au même hôtel, nous avons donc partagé le rickshaw.

L'hôtel où j'ai résidé à Jaipur est vraiment sympathique. Bien que j'eusse réservé, il ne restait presque plus de chambres. Ainsi, j'ai dormi dans une très belle chambre de l'appartement du manager.

Le lendemain, j'ai visité un peu la vieille ville de Jaipur. Après avoir passé une ou deux heures autour du City Palace (où de nombreux vêtements, armes, équipements de polo, documents sont exposés, et non loin duquel se trouve un spectaculaire observatoire), j'ai pris un minibus pour la forteresse d'Amber (j'ignore pourquoi on met un b dans l'écriture en caractères latins vu qu'il ne se prononce pas et qu'en hindi, on ne l'écrit pas). L'ascension jusqu'en haut de la citadelle rosâtre est assez fatigante (surtout quand le soleil tape très fort). Ce fort est un véritable labyrinthe...

J'ai repris un minibus pour rentrer à Jaipur. Un indien m'a expliqué comment me tenir pour ne pas que les coups de freins brutaux du chauffeur ne se révèlent trop renversants. Je me suis baladé dans les ruelles de la vieille ville et y ai acheté une dizaine d'images de quelques divinités. Jusqu'alors, je n'avais jamais remarqué que sur le chignon de Shiva, on pouvait voir un jet d'eau et éventuellement une divinité féminine. Comme me l'a confirmé le vendeur, il s'agit de la déesse Ganga.

En rentrant à l'hôtel, j'ai changé de chambre. On m'a installé au sixième étage. Depuis le toit, je pouvais avoir une vue panoramique sur Jaipur.

Ce matin, je suis parti pour Pushkar via Ajmer. La route jusqu'à quelques kilomètres d'Ajmer est d'excellente qualité. Malgré la vétusté du bus, le voyage a été très confortable. Pour les derniers kilomètres entre Ajmer et Pushkar, j'étais dans un bus de taille moyenne, surchargé, et dont il fut difficile de descendre, tant il y avait de la cohue pour y monter.

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Sur l'autre rive de la Yamuna

2007-08-09 16:59+0530 (आगरा) — Voyage en Inde IV

Hier soir , je suis allé dîner dans un restaurant en haut d'un bâtiment, de façon à avoir une belle vue sur le Taj Mahal. La nuit tombée, on ne voyait plus ce qu'on mangeait puisqu'il n'y avait presque pas de lumière. De nombreux cerfs-volants rivalisaient avec les oiseaux.

Aujourd'hui, je passe l'essentiel de mon temps à me reposer. Je suis quand même allé faire un tour en rickshaw pour visiter trois sites situés de l'autre côté de la Yamuna. Après avoir franchi un pont rudimentaire, j'ai visité Itimad-Ud-Daulah, un mausolée, parfois appelé Baby Taj. Tout en marbre comme le Taj Mahal, son extérieur est très bien conservé et présente de belles couleurs et formes géométriques. Plus au Nord, j'ai vu Chini-Ka-Rauza, un autre tombeau, beaucoup moins bien conservé, mais une belle couleur bleue a subsisté en certains endroits de la façade. Entre ce monument et le bord de la Yamuna, il y avait un troupeau de buffles. Enfin, j'ai visité Mehtab Bagh, un grand jardin situé très exactement au Nord du Taj Mahal. On y a un des meilleurs points de vue possibles sur ce dernier.

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Agra

2007-08-08 17:09+0530 (आगरा) — Voyage en Inde IV

Hier après-midi, je suis allé visiter le Fort d'Agra, que j'ai trouvé plus beau que celui de Delhi. Une curiosité : au milieu de nulle part, on voit la tombe de John Colvin, lieutenant-gouverneur anglais mort en 1857. On voit aussi une énorme baignoire (transportable), avec des petits escaliers pour y rentrer ou en sortir. Beaucoup d'écureuils à zébrures dans les espaces verts. Je rentre à l'hôtel en traversant les jardins de Shah Jahan (toujours autant d'écureuils). Autour du Taj Mahal, il y a une concentration vraiment importante de touristes ; cela fait bizarre de se retrouver dans un flot de français, italien, allemand.

Ce matin, je suis allé visiter le Taj Mahal, aussi tôt que possible (6h) pour qu'il n'y ait pas trop de monde. Le prix de l'entrée est exorbitant : environ 15€. Je ne vais pas participer au concours d'éloge du Taj Mahal, mais c'est impressionnant. Comme le faisait remarquer Traou, on ne voit pas le Taj Mahal à moins d'être dans l'enceinte (ou bien avec un peu de chance si on est juste de l'autre côté où qu'il y a un bon angle, comme depuis certains points du Fort). Bref, ce n'est qu'en franchissant le grand porche d'entrée qu'on le voit apparaître au fond. Si on est dans le bon alignement, on le voit en fait en double puisqu'il se réfléchit dans l'eau des bassins entre l'édifice et le porche. L'idée d'installer ces bassins était un petit coup de génie puisqu'en dépit de leur faible largeur (à peine quelques mètres), ces bassins produisent cet effet saisissant. L'édifice est très symétrique (groupe diédral d'ordre 8), avec ses quatre minarets, son grand dôme, ses voûtes, ses façades portant des inscriptions en caractères arabes et des figures géométriques incrustées dans le marbre blanc. Sur la gauche, une grande mosquée. Sur la droite, sa symétrique : la guest-house. Derrière, s'écoule la Yamuna.

Après avoir visité le Taj Mahal, comme il est encore relativement tôt, plutôt que d'attendre demain, je décide d'aller visiter Fatehpur Sikri, qui se trouve à une quarantaine de kilomètres (route cahoteuse). L'édifice le plus remarquable (et impressionnant, vu d'en bas) m'a semblé être la grande mosquée Jama Masjid (entrée gratuite, mais les guides (qui de leur propre aveu n'en sont pas, ce seraient des étudiants de la mosquée et leur famille vend des souvenirs) veillent à ne laisser que peu de répit aux visiteurs. Au fond, un mausolée blanc dans lequel il faut se couvrir la tête pour entrer. Comme c'est probablement la journée la plus musulmane de ma visite, j'ai mis une kurta blanche, qui a produit un certain effet...

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Vrindavan

2007-08-07 15:18+0530 (आगरा) — Voyage en Inde IV

J'ai poursuivi ma visite de Vrindavan dans l'après-midi. Tobias, que j'avais rencontré à l'hôtel la veille devait aussi s'y trouver. Photographe free-lance, il est venu à Vrindavan pour faire des séries de photographies. On a discuté assez longtemps ; j'ai même dû lui faire un petit résumé du Mahabharata après qu'il m'a demandé : Mais pourquoi est-ce que Krishna essaie de convaincre Arjuna de tuer ses cousins ?. À cette heure de la journée, la plupart des temples étaient fermés. Plutôt que de rentrer directement à Mathura en n'ayant presque rien vu de Vrindavan, j'ai décidé de rentrer à pieds, ce qui me permit de visiter tous les temples que se trouvent sur le chemin. On trouve d'abord le Krishna Temple, dont l'intérieur est très brillant (dans le même style que le temple jain de verre d'Indore) avec sur les murs diverses représentations de Krishna. Autour du temple, il y a une galerie en forme de grotte exposant des idoles richement parées et effectuant quelques mouvements.

À un kilomètre de là se dresse l'extravagant Pagal Baba Temple. Tout blanc, sur huit étages, chacun consacré à une ou plusieurs divinités. Au rez-de-chaussée, plusieurs galeries de marionnettes électriques illustrant notamment des épisodes du Ramayana. On voit ainsi Rama décocher une flèche qui décapite le décacéphale Ravana.

Trois kilomètres plus loin, il y a le Shri Bhagavad-Gita Mandir, qui est entouré d'un jardin comprenant un grand pilier rouge sur lequel serait écrit le texte de la Gita. Celle-ci a même droit à un ratha (char) plus grand que nature (vu la taille des deux chevaux qui lui sont attelés), une petite sculpture en forme de livre se trouvant à la place du passager. À l'intérieur, quelques idoles dont une particulièrement grande de Krishna, et, détail qui tue, le disque, un de ses attributs, tourne véritablement sur lui-même à vive alure.

Après avoir pris un chay dans la gargote d'en face, j'ai repris ma route, en faisant attention à ce que mon chemin longe d'aussi près que possible la Yamuna. Quand j'ai vu apparaître la mosquée observée la veille, j'ai su que j'étais sur la bonne route.

Je suis repassé devant un temple qui était fermé la veille. Sauf erreur de recopie, ce temple s'appelle Shri Dvarikadhish Mandir. Cette fois-cui, j'ai pu y entrer alors qu'il était en pleine activité : la plupart des gens étaient assis et chantaient alors qu'un homme aux styles vestimentaire et pileux alternatifs tournait sur lui-même.

Ce matin, j'ai pris le bus à Mathura pour Agra. La route était assez belle. En arrivant, des chauffeurs de rickshaw ont essayé de me faire descendre avant le terminus, prétendant qu'on était arrivé au centre d'Agra. J'ai pu rejoindre mon hôtel pour un pris pas trop délirant. Celui-ci se trouve tout près de la porte Est du Taj Mahal que je pense visiter demain matin.

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Mathura/Vrindavan

2007-08-06 14:13+0530 (वृन्दावन) — Voyage en Inde IV

Voici la deux-centième entrée de ce blog. Après avoir posté ceci, je me suis dirigé vers Connaught Circus, où j'avais noté qu'il y avait deux restaurants Saravana Bhavan. Cette chaîne de restaurants est spécialiste de la cuisine du Sud de l'Inde. J'y ai pris un thali et un très bon mango milk-shake. Les rickshaw-wallah ont l'air d'être aussi gonflés à Delhi qu'à Chennai : aucun n'utilise le compteur, il faut négocier le prix avant de monter, le premier m'a proposé un prix de 200 roupies !

Dimanche matin, je suis allé à la gare de New Delhi afin de prendre le Kerala Express pour Mathura. Je me suis installé dans un hôtel un peu vétuste au bord de la Yamuna. Le rickshaw-wallah ne voulant vraiment pas y aller, je n'ai jamais dû autant insister pour qu'on me dépose où je le souhaite : l'hôtel ne verse pas de commissions...

Contrairement à ce qu'affirme le guide Lonely Planet, le musée archéologique était fermé. Après que le rickshaw-wallah a tenté (en vain) de me délester de plus de roupies que prévu (transformation fifteen->fifty), je me suis mis en marche, espérant que je trouverais des temples sur mon passage. La ville de Mathura est réputée pour être le lieu de naisance présumé de Krishna, beaucoup de temples lui sont dédiés dans cette ville et à Vrindavan à quelques kilomètres.

Je me suis retrouvé dans le grand complexe autour du Kesava Deo Temple (Kesava, le Chevelu si je me souviens bien, est un des nombreux noms de Krishna). Pour y entrer, on se fait fouiller deux ou trois fois et il faut laisser ses affaires dans une consigne au fonctionnement anarchique et grotesque : il y a des consignes pour les téléphones/appareils photos et une autre pour les sacs, et dans cette dernière, ils refusent les sacs contenant des appareils photo... Très vite, je me trouve pieds nus sur le sol brûlant (moins que ), mais des sortes de nattes ont été disposées le long du chemin. La visite est gratuite : elle comprend notamment le passage dans la pièce où serait né Krishna (à quelques mètres d'une mosquée mitoyenne).

Ensuite, je suis allé dans le temple proprement dit. Il est relativement grand. Aucune inscription en anglais, tout est en caractères devanagari : il y a peu d'endroits où il est vraiment utile de savoir lire cet alphabet, ici c'était le cas. Au milieu, de grandes idoles de Krishna et Radha. Au plafond, diverses peintures mettant en scène Krishna. De nombreuses divinités sont représentées tout autour : des représentations des différents avatars de Vishnou (et c'est vraiment le mot avatar qui est utilisé), de Durga, Baladev, Subhadra, etc, Laksman, Rama et Sita (ici nommée Janaki du nom de son père Janaka), Hanuman, Surya, etc.

J'ai ensuite essayé de retrouver le chemin de mon hôtel, mais vers la fin, tout est devenu confus. Je me suis promené dans le bazar où se trouve mon hôtel. Quelques singes jouaient les funanbules sur les fils au-dessus des ruelles. J'ai aperçu ce qui ressemblait au pilier d'une mosquée, m'en suis rapproché, il y avait un marché aux légumes, en ai fait le tour, puis suis rentré après avoir goûté quelques laddous et barfis (j'ai vu mieux...).

Le lendemain matin, c'est-à-dire aujourd'hui, j'ai entrepris d'aller dans la petite ville au Nord de Mathura : Vrindavan. Ce ne fut pas une chose facile. J'avais demandé au rickshaw-wallah de m'emmener à un endroit où je pourrais trouver des rickshaws collectifs, mais il m'a emmené à une station de taxis. Ces derniers ont annoncé des prix délirants (do hazaar, deux mille !). J'ai réussi à me faire conduire à l'endroit où je voulais et ai pu prendre un rickshaw collectif (18 personnes) et ai pu me rendre à Vrindavan pour dix roupies.

Après avoir un peu erré dans cette ville, j'ai réussi à trouver le centre ISKCON (Hare Krishna), qui est situé autour du Krishna Balaram Temple. En entrant, sur la gauche, une idole plus grande que nature du fondateur de la secte, Swami Prabhupada, et tout droit, se trouve le temple, où se trouvaient d'autres idoles, des prêtres qui projetaient des gouttes d'eau sur tout le monde, et quelques personnes mettant une ambiance musicale assez monotone.

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Arrivée à Delhi

2007-08-04 18:17+0530 (दिल्ली) — Voyage en Inde IV

Je suis parti pour l'aéroport Charles de Gaulle aussi tard que possible en RER depuis Orsay. Je n'ai évidemment pas rechargé mon passe Navigo pour le mois d'août et le prix du ticket m'a un peu fait halluciner : plus de 11 EUR ! J'ai donc fait une quasi-nuit blanche dans l'aéroport (j'aurais pu prendre des bus de nuit, mais c'était plus compliqué et peut-être plus fatigant). D'autres personnes avaient eu la même idée. J'ai commencé à lire Kalila et Dimna, et contrairement à ce que la préfacière affirme, le sommeil étant parfois le plus fort, il est bien possible de ne pas le lire d'une traite.

Comme d'habitude à Roissy, la moitié des écrans utiles sont en panne, donc deux heures avant mon vol pour Helsinki, profitant d'un aller-retour au sous-sol, j'ai pu trouver le numéro du bureau d'enregistrement pour ce vol et ai commencé à y faire la queue. Un peu avant moi, je crois reconnaître quelqu'un. J'essaie de regarder le nom sur la valise. C'est le bon. Tiens, dans ce groupe, ils ont l'air de venir de la région de Brest. Ah, et il a la même voix que lors que c'était mon professeur de mathématiques de troisième. Amusante coïncidence. Il s'en allait pour la trente-cinquième fois en Inde, en Himachal Pradesh, avec quelques autres pour faire du ping-pong en altitude.

J'ai récupéré un peu de sommeil dans le vol vers Helsinki, et aussi dans celui pour Delhi. En ce qui concerne les prix, Finnair a l'air assez intéressant, mais pour la nourriture, surtout au niveau de la quantité, je trouve que ce n'est pas au même niveau qu'Air France, Air India ou Indian Airlines... Je n'ai pas trop fait attention aux films qui étaient diffusé. Mon voisin avait prévu de faire du trekking dans le Ladakh pendant trois semaines.

Atterrisage à Delhi avec une petite demi-heure de retard. Je récupère mon sac, change mes euros, et file vers le guichet des taxis prepaid en indiquant Chandni Chowk comme destination. En arrivant, à droite de la route, j'ai vu l'interminable mur d'enceinte du Fort Rouge, puis nous sommes entrés dans Chandni Chowk que nous avons parcouru d'un bout à l'autre. Arrivé au bout, on prend à droite, et je repère l'enseigne du Vaishnaw Hotel, c'est bien la première fois que je trouve un hôtel aussi facilement ! En plus, il n'est pas cher du tout, propre et bien placé par rapport à certains monuments de Purani Delhi (cependant, la fenêtre ne donne sur rien, mais cela fait des nuisances sonores en moins, aussi...).

Après une assez courte nuit, je mets ma crême solaire et m'embarque pour quelques heures de marche. Je commence par retourner de l'autre côté de Chandni Chowk, passant devant de nombreuses boutiques de vêtements et de confiserie, puis un grand centre sikh. Arrivé à bout, juste en face du Fort Rouge, je visite le temple jaïn. On me montre une salle de méditation très basse de plafond. Je me retrouve ensuite devant un hôpital pour oiseaux donc le mur présente une peinture des fatalités auxquelles la civilisation expose les oiseaux (se faire écraser par des véhicules, se faire couper par le fil d'un cerf-volant, etc.). Je monte au premier étage où quelques fidèles prient, alors que l'ambiance musicale émanant des environs du Fort Rouge est d'un genre plus patriotique : Vande Mataram. Je visite ensuite le Fort Rouge. La couleur de l'enceinte est régulièrement entretenue (probablement encore plus à l'occasion des célébrations officielles des jours à venir : soixante ans d'indépendance). J'étais sur le point de prendre en photo un peintre utilisant sa peinture rouge quand un militaire m'a dit quelque chose comme Not that side ! This side ! en me montrant une grande porte indiscutablement plus spectaculaire mais bien moins pittoresque que mon précédent sujet.

Je me dirige ensuite par la grande mosquée Jama Masjid, dans laquelle je n'entre pas, mais que je regarde de l'extérieur, sans me soucier des gigantesques fourmis qui se trouvent non loin de mes pieds. Je mange dans un restaurant étonnamment vide et choisis des plats végétariens, malgré une offre inhabituellement abondante de plats non végétariens. Je continue ma route vers Delhi Gate puis le Gandhi Memorial Museum. C'est le plus grand mémorial que j'aie vu pour le moment au sujet de Gandhi, et le plus émouvant aussi. On y voit notamment une grande galerie de photographies lui étant consacrées, époque par époque. Plus curieux, de nombreuses reliques et objets personnels sont exposées, quelques livres l'ayant accompagné (la Bhagavad-Gita, le Ramayana de Tulsidas, etc.). La liste des personnes ayant accompagnié Gandhi lors du Dandi (Salt) Satyagraha est exposée. Un peu plus loin, on trouve quelques éléments d'un procès fait à Gandhi : sa déclaration, le texte du jugement le condamnant à six ans (rédigé dans un style qui ressemble plus à du bavardage qu'à un texte juridique) et la réponse un peu désabusée de Gandhi. Un des couloirs est consacré aux outils servant à filer le coton, qui symbolise un des combats de Gandhi. Des petites cordes réalisées par différents membres du Parti du Congrès sont exposées. Un autre couloir expose quelques peintures de style assez divers : un Gandhi percé de trois trous d'où jaillissent d'abondantes coulées de sang, un autre peint avec du sang (selon la légende). Arrivant à faire un signe à la vendeuse qui se trouvait au milieu d'un dispute verbale assez violente entre plusieurs personnes pour un motif que je n'ai pas identifié, je me décide à acheter l'autobiographie de Gandhi.

Je continue à marcher un petit peu le long d'une route pour voir s'il y a moyen de traverser, mais cela s'avère impossible. Je regarde quelques ruines sur ma droite avant de rentrer, en rickshaw. Je suis assez étonné par la qualité de l'air de Delhi. Je m'attendais à ce qu'il soit assez difficile de respirer et à ce que je sois assailli par la poussière, mais cela s'avère tout à fait supportable. Même à l'intérieur du rickshaw, il y avait moyen de respirer... Je traverse encore Chandni Chowk, qui est très animé, en espérant y trouver un cyber-café, mais c'est l'échec. Je me dirige alors vers un autre quartier de Delhi, Paharganj, où il devrait être plus facile d'en trouver. Les routes sur lesquelles je dois marcher sont complètement embouées... Après avoir testé la partie cyber-café d'un hôtel où la connexion ne tenait pas plus de quelques secondes, je me trouve un autre cyber-café plus fiable. Je dois attendre quelques minutes pour qu'un ordinateur se libère. J'assiste alors à un ouvrage insolite réalisé avec une réussite désinvolte : démontage d'un toner, nettoyage, rechargement en encre, remontage, impression-test.

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J-2

2007-08-01 19:01+0200 (Orsay) — Culture — Lectures — Culture indienne — Voyage en Inde IV

Je prends l'avion après-demain pour Helsinki, puis Delhi. Je n'ai plus qu'à faire mes bagages et ranger l'appartement avant de partir puisque mon propriétaire va y faire des travaux quand je ne serai pas là.

J'ai eu un peu de mal à faire ma réservation d'hôtel à Delhi, mais après trois hôtels complets et trois autres qui ne répondaient pas, j'en ai trouvé un tout près de Chandni Chowk.

Comme littérature, je pensais emmener La Danse des paons de Sharon Maas, mais j'ai fait l'erreur de le commencer il y a quelques jours, et c'est tellement addictif que je l'ai fini hier matin. De cet auteure, j'ai déjà lu Noces indiennes, que j'ai préféré. J'ai envisagé d'acheter son troisième roman avant de partir, mais il n'a pas encore été traduit en français. Du coup, je vais prendre Kalila et Dimna, Fables indiennes de Bidpaï et Le Rouge et le Noir.

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