Weblog de Joël Riou

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Bharatanatyam à Mylapore

2009-01-30 12:26+0530 (சென்னை) — Culture — Danse — Danses indiennes — Culture indienne — Voyage en Inde VI

R. K. Swamy Auditorium, Mylapore, Chennai — 2009-01-29

Kumari Seetha Lakshmi (disciple de Guru Natya Kalasarathy Malathi Thothadri), bharatanatyam

Un grand festival de danse a eu lieu il y a quelques semaines à la Music Academy de Chennai. Je n'ai pas pu en profiter, mais, tous les jours, dans The Hindu, on peut trouver des annonces de spectacles, souvent gratuits, qui ont lieu à Chennai. Hier soir, je suis donc allé au Sri Parthasarathy Swami Sabha Dance Festival qui se tient pendant un mois au R. K. Swamy Auditorium à Mylapore (près du Temple Kapaleeshwarar).

J'ai eu un peu de mal à trouver le lieu du spectacle, la rue n'étant pas référencée dans Google Maps. Je suis arrivé à l'entr'acte séparant deux spectacles, tous les deux de bharatanatyam. Dans ce festival, tous les spectacles sauf un de kuchipudi qui avait lieu la veille appartiennent à ce style. Je me suis retrouvé au premier rang, plein centre.

La danseuse Kumari Seetha Lakshmi (disciple de Guru Natya Kalasarathy Malathi Thothadri) n'a certes pas l'élégance des toutes meilleures danseuses de bharatanatyam, comme celles que l'on peut voir à Paris, aux Abbesses, mais néanmoins le spectacle était de très bonne tenue. Accompagnée de cinq musiciens (mridangam, flûte, violon, cymbales, chant) et d'un tanpura électronique, la danseuse a présenté un programme en cinq parties. Les deux premières, dont la pièce principale Varnam, étaient consacrées à Krishna. Le langage dansé m'a semblé globalement plus concret que ce que je vois d'habitude. Krishna était représenté en joueur de flûte. Plusieurs épisodes de sa jeunesse étaient évoqués : sa naissance, ses bêtises (le pot de yaourt renversé), son combat contre un serpent. Je ne sais plus si c'était dans le Varnam ou dans la pièce introductive, mais le personnage de Draupadi intervenait aussi, évoquant un épisode de sa jeunesse dont je ne connais pas l'origine, mais qui trouve un écho dans le Mahabharata quand Draupadi, maltraitée par les Kaurava, invoque Krishna qui se porte à son secours.

La troisième pièce était dédiée à Shiva. La danse cosmique de Shiva Nataraja était bien sûr au rendez-vous. La danseuse a pris plusieurs fois la posture caractéristique de cette forme de Shiva (dont une petite sculpture, comme il est de coutume, était visible sur le côté de la scène). Lorsque le pied gauche vient se hisser plus haut que le genou droit, l'équilibre de la danseuse est mis à l'épreuve.

La quatrième pièce était dédiée à Krishna. Elle évoquait la Bhagavad-Gita. Au début, Arjuna tente désespérément de bander son arc, mais il ne peut s'y résoudre. Son cocher Krishna, dont la fonction est mimée par les mouvements de la danseuse, lui livre une partie de son savoir. Krishna apparaît tantôt comme joueur de flûte, tantôt comme une sage divinité, presqu'aussi sereine qu'un Bouddha. Ensuite, on trouve apparemment une histoire à l'intérieur de l'histoire, censée illustrer la véritable dévotion. Le spectacle s'est terminé par une pièce rapide, un Tillana.

Je suis ensuite allé mangé dans un restaurant du Kerala où j'avais déjà mangé en 2006, près de la Music Academy. J'ai fait l'erreur de commander un Nandu Curry, un curry de crabe, puisqu'aucun instrument du type casse-noix n'était fourni pour briser la carapace. Le manager a écouté mes doléances et accueilli avec curiosité l'idée que l'on puisse utiliser un tel ustensile ; jamais quiconque ne s'était ému à ce sujet auprès de lui. Avec la fourchette, quelques minuscules morceaux de chair étaient accessibles, bref, j'ai surtout mangé la sauce rouge curry avec des pains. Elle s'avère très pimentée ; on doit pouvoir souffrir plus facilement ce piquant comme il accompagne une nourriture solide.

Comme il se faisait tard, plus aucun train local ne circulait, mais j'ai trouvé le moyen de monter dans un rickshaw collectif qui pour un prix modique m'a déposé à une distance raisonnable de ma guest house.

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Slumdog Crorepati

2009-01-27 12:32+0530 (சென்னை) — Culture — Opéra — Voyage en Inde VI

Hier, je suis retourné aux cinémas Satyam pour faire usage du ticket que j'avais acheté la veille pour une séance de Slumdog Crorepati. Je ne suis pas arrivé suffisament en avance pour déjeuner au restaurant avant d'entrer, j'ai donc mangé debout dans une dhaba en face. J'ai demandé des samosas, mais à peine l'homme les avait-il saisis qu'ils se sont retrouvés en miettes, mélangés à une sauce et saupoudrés de quelques autres ingrédients. C'était plutôt bon. En fait, il y avait un restaurant à l'intérieur du cinéma, peut-être pour une prochaine fois.

Contrairement à la plupart des cinémas indiens qui diffusent un unique film trois ou quatre fois par jour, ce cinéma est un grand édifice avec six salles, des guichets de réservation informatisés très modernes (la fréquence de défilement des écrans annonçant les disponibilités de chaque film est quasi-stroboscopique...).

Je monte dans la salle Santham, qui est complètement remplie et m'installe à ma place (un peu chère payée pour un cinéma en Inde : cent roupies alors que d'habitude, je paye plutôt autour de quarante ou cinquante roupies). Divers écrans publicitaires et bandes-annonces toujours précédées d'un écran montrant le visa de la censure. Le film d'aujourd'hui serait dans la catégorie (A), bref, interdit aux moins de dix-huit ans.

Le film est en double flash-back. Jamal Malik est interrogé par la police après avoir répondu brillamment aux questions du jeu Who wants to be a millionaire? ; on le soupçonne d'avoir triché. On est soit au poste de police, soit dans le jeu télévisé, soit dans des scènes de l'enfance du personnage qui, tout en montrant l'horreur de sa vie dans son slum, expliquent pourquoi il sait qui est l'acteur de tel ou tel film ou bien ignore ce que Rama tient dans sa main droite dans l'iconographie hindoue.

C'est un très beau film, montrant un envers invisible de situations bien observables en Inde. Si ce n'est quelques images du Taj Mahal ou du slum, peu de plans larges dans ce film, ce qui nous immerge dans le cœur de l'action (mais heureusement pas de l'olfaction !).

Comme l'a noté Palpatine, on trouve dans ce film un clin d'œil musical à Orphée et Eurydice de Gluck (en français ! par l'orchestre Lamoureux). Cela fait bien sûr écho à l'histoire de Jamal et Latika depuis leur enfance. Si ma mémoire est bonne, le film se termine comme dans cet opéra (ce n'est pas vraiment un spoiler, ça, si ?).

Le public indien ne boude pas ce film, bien au contraire. Contrairement à ce que j'ai observé plusieurs fois, le public est resté parfaitement silencieux pendant le film et certains ont même applaudi à la fin. Ce week-end, l'équipe du film participait à un débat pas inintéressant sur NDTV (la seule chaîne d'information convenable en Inde). En dehors des questiosn importantes, on se demandait si Shahrukh Khan avait été approché pour le rôle joué par Anil Kapoor. Les réponses ont plutôt été discordantes : Anil Kapoor remerciait SRK pour lui avoir laissé l'opportunité de faire ce rôle vu les honneurs que ce film reçoit tandis qu'une personne de la production disait en substance que faire jouer à SRK ou à Amitabh Bachchan plus ou moins leur propre rôle, vu qu'ils ont présenté KBC (Kaun Banega Crorepati), aurait nui à leur image, étant entendu que le présentateur du film est hautain et méprisant alors qu'eux deux avaient bénéficié d'un regain de popularité grâce à cette émission.

Les dialogues du film ont gardé une petite contribution d'Amitabh Bachchan : quand le héros jour son joker 50/50 (à moins que ce ne soit à un autre moment du film), le présentateur commence sa phrase par Computerji, bref, il s'adresse cérémonieusement à l'ordinateur pour qu'il enlève deux mauvaises réponses. En revanche, pas de clin d'œil à SRK et son Freeze karõ.

Je suppose que la version que j'ai vue est la version originale. L'essentiel était en anglais, mais quelques passages étaient en hindi (avec des sous-titres en anglais, quoique non systématiques).

Quelques autres avis sur le film : Palpatine, Yohan, Agnès, Naina.

J'avais encore un peu faim après avoir vu le film. Je suis donc allé dans un des restaurants de la chaîne de fast-food haut de gamme Saravana Bhavan spécialisée dans la cuisine du Sud. C'était en fait plutôt la version très haut de gamme appelée Swathi.

J'ai été dépaysé par les premières pages du menu, mais j'ai été rassuré en voyant la toute dernière page, puisqu'elle seule mentionnait les spécialités du Sud. J'ai choisi un South Indian Parota : deux parotas de taille moyenne accompagnés d'un curry dans lequel nageaient quelques petits morceaux de paneer, juste de la bonne taille pour que l'on ait pas l'impression de manger du caoutchouc. C'était vraiment excellent.

Je me suis ensuite dirigé vers la mer. Face à la baie du Bengale, près de Besant Road, se trouve la rose Ice House (du nom de la fonction qu'elle occupait autrefois dans l'importation de glace en Inde). Swami Vivekananda y a passé quelques jours en février 1897 ; c'est maintenant un musée qui lui est dédié. Une statue du moine accueille le visiteur avant qu'il n'entre dans la maison et ne s'acquitte du modeste pécule de deux roupies.

L'accueil est très sympathique ; on m'a même octroyé le privilège d'une petite visite guidée, dont les explications les plus triviales m'ont été épargnées après que j'eus dit que j'avais déjà visité Kanyakumari et Belur Math (Kolkata). À l'étage, on trouve une galerie de peintures assez réussies sur l'Inde, son histoire, ses religions. La seule véritable entorse au bon goût est celle qui consiste à avoir représenté l'avatar du poisson (Matsya) par un authentique aquarium (avec des vrais poissons dedans). Un peu plus haut, les murs s'ornent de photographies. La plupart d'entre elles sont des portraits du moine.

J'avais lu dans le journal qu'un concours de portraits de Swami Vivekananda avait été organisé, mais je n'avais pas trop fait attention au lieu. Bien sûr, c'était au musée qui lui est consacré. Les moins de vingt ans pouvaient participer et ils l'ont fait en nombre puisqu'il y avait pas moins de vint mille participants !

Les premiers prix sont les portraits les mieux réalisés techniquement, mais pas forcément les plus originaux dans la conception. On trouve néanmoins une sorte de Trimurti Swami Vivekananda, Shri Ramakrishna, Sharada Devi (les trois figures importantes dans le mouvement initié par Ramakrishna). Les vainqueurs sont exposés en haut de la maison, dans l'antichambre de la salle de méditation. Les autres le sont sur les murs circulant tout autour. En dehours de nombreux dessins ordinaires, on trouve un portrait réalisé avec le pied, un autre avec la bouche, un autre dessiné avec vingt millilitres de sang. Voilà pour les excentriques. Plus intéressant, on trouve aussi quelques dessins assez hofstadteriens. Un portrait a été réalisé en écrivant de nombreuses fois le nom du moine en tamoul, ce sont les lignes d'écritures (courbes) qui, dans leur globalité, font apparaître la figure du moine. Un autre, malheureusement achevé trop tard pour le concours, a été obtenu en écrivant environ deux cents pages d'une biographie tamoule en tout petits caractères ; deux loupes sont fournies.

J'ai fini la journée par une petite balade sur Marina Beach. Le vent tendait la ficelle de nombreux cerfs-volants.

Aujourd'hui, le Chennai Mathematical Institute est ouvert ; je vais pouvoir commencer à faire des mathématiques.

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Rites

2009-01-27 11:39+0530 (சென்னை) — Musique — Culture indienne — Voyage en Inde VI

Dimanche, après avoir rédigé ceci, j'ai poursuivi mon chemin : reconnaissant ici un restaurant du Kerala où j'avais mangé et ayant là un sentiment de déjà-vu en passant à côté d'un bâtiment de la mission Ramakrishna. Je me suis approché de la station Tirumailar, ai longé un canal nauséïque pour me retrouver dans Kutchery Road.

Un coup d'œil à droite et le gopuram du temple Kapaleeshwarar a paru au bout d'une ruelle. À cet endroit se tenait vraisemblablement un concours de kolam. Les participants étaient des femmes et quelques enfants, chacun disposant d'un petit carré où réaliser un dessin géométrique éphémère avec de la poudre blanche, comme on en voit très souvent dans le Sud de l'Inde à l'entrée des maisons. La première étape consiste à marquer les points d'un quadrillage du carré, ce qui permet de placer les figures au bon endroit par la suite.

Le temple dédié à Shiva, que j'avais déjà visité en 2006, est typique du style du Sud ; il aurait même des origines antiques. Comme c'est souvent le cas pour ces temples, un grand bassin se trouve à proximité.

La partie centrale est réservée aux hindous. Sur le côté, on peut voir quelques mini-temples. Le fait que la divinité soit Shiva est signalée par le fait qu'une représentation du buffle Nandi le surveille. Dans ce temple, j'ai eu l'occasion de voir quelques personnes chuchoter à l'oreille de Nandi, sans doute dans l'espoir de voir quelque vœu se réaliser.

En sortant de la gare, je décide de visiter à nouveau le temple Sri Ananda Vinayakar. L'invasion de la circulation routière n'a pas franchi l'enceinte de ce temple où les traditions semblent se perpétuer. On réalise moult circumambulations autour des petits édifices où logent diverses divinités.

J'envisageais de sortir quand j'ai vu un porteur du cordon sacré serrer des liens autour d'une sorte de chaise à porteurs. La divinité, recouverte de guirlandes de fleurs, Ganesh vraisemblablement, siégait. Pendant ce temps, une musique rituelle se faisait entendre. C'était tout à fait semblable à la musique qui avait été présentée à la Cité de la musique lors des vingt-quatre heures du râga : nadhaswaram (une sorte de hautbois) et tavil (tambour). Cette fois-ci, c'était in situ, en dépit des perturbations sonores venant du carrefour.

Quand la divinité eut fini de s'installer, les porteurs ont pris place, un brâhmane a porté un parasol (symbole de royauté) au-dessus de la divinité et un cortège s'est formé à sa suite lors d'une petite circumambulation du temple agrémentée de la musique rituelle. Une fois le parcours terminé, de nombreux dévôts ont tourné autour de la divinité en la laissant à leur droite et en touchant parfois les extrémités de bois près des mains des porteurs en signe de dévotion. On a ensuite disposé des tapis sur le sol, la divinité a été posée sur une table faisant face aux personnes présentes, très majoritairement des femmes. Un microphone a été installé au premier rang et ce chœur de femmes a chanté en tamoul, sans accompagneemnt instrumental. Au bout de trois quarts d'heure de mélopée dans cette langue qui m'est complètement étrangère, je suis parti, non sans avoir avalé la bouchée de pois chiches que l'on m'a offert en prasad à la sortie.

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Arrivée à Chennai

2009-01-25 15:23+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde VI

Je suis parti hier matin pour l'aéroport Charles de Gaulle. Je me suis inséré dans la bonne file pour l'enregistrement au moment propice pour ne pas avoir à faire la queue, cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. La nourriture à bord du vol Air France est d'un niveau assez faible par rapport à la concurrence internationale. Un repas de midi à peu près normal, un souper froid on ne peut plus frugal. C'est en partie compensé par la sélection de divertissements possibles : films, disques, etc. J'ai ainsi pu écouter (avec un son un peu pourri quand même) Juan Diego Florez et d'autres.

Un queue interminable bien que courte au bureau de change Thomas Cook. J'arrive à ma guest house vers deux heures du matin.

Des travaux importants ont été réalisés dans le Sud de la ville depuis la dernière fois que j'y suis passé. Une ligne de chemin de fer locale a été rallongée, ce qui me permet de rejoindre le centre en prenant un train à Kasturibaïnagar. Une grand'route suit le même chemin et en face, il semble qu'on ait fait un peu de vide autour du temple Sri Ananda Vinayakar. Il se trouve maintenant plus ou moins au milieu d'un carrefour.

Je pensais que le train contournerait le centre-ville par l'Ouest, mais il est plutôt allé tout droit, du côté de la mer, ce qui m'arrangeait en fait. Je me suis retrouvé du côté de Bharati Salai, où j'ai retrouvé un petit restaurant dont je n'avais souvenir ni du nom ni de l'adresse. Premier masala dosa. J'ai poursuivi ma marche vers l'Est, en faisant des petits détours pour passer devant quelques temples (fermés à ce moment de la journée). Pour la première fois, je suis presque parvenu à identifier toutes les divinités représentées en couleurs dans la partie haute d'un temple. C'était plutôt facile puisqu'il s'agissait d'un temple vishnouiste et que les divinités étaient essentiellement soit des incarnations de Vishnu (Narasimha, Vamana, Rama, Krishna) soit des divinités qui lui sont associés comme Garuda.

J'ai ensuite aperçu Wesley Church. Quand j'ai vu qu'il y avait plein de monde dans l'église, je n'ai pas osé y entrer, mais un homme est sorti et m'a dit que le Père m'appelait. Malgré mon peu d'empressement à entrer et l'affirmation de mon incroyance, on a insisté et je me suis retrouvé devant le prêtre qui m'a demandé ce que je faisais à Chennai et a esquissé le geste d'une bénédiction. Hum.

J'ai ensuite essayé de trouver un cinéma pour voir Slumdog Crorepati, mais tout étant complet. Un petit passage devant la cathédrale Saint George et je me retrouve par hasard dans un cybercafé que j'avais déjà fréquenté en 2006.

PS : The Hindu titre aujourd'hui sur l'opération chirurgicale de onze heures subie par le Premier ministre Manmohan Singh. Il serait stable après ces cinq pontages coronariens. Du coup, il ne participera aux célébrations dyu Republic Day de demain.

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Départ imminent

2009-01-24 04:51+0100 (Orsay) — Culture — Lectures — Voyage en Inde VI

Je suis prêt à partir pour ce sixième séjour en Inde. Les prochaines entrées de ce blog seront sur le fuseau horaire de l'Inde (UTC+5½). J'emporte moins de livres que pour mon dernier séjour mathématique :

  • Jean-Philippe Blondel, À contretemps ;
  • Michel Boivin, Histoire de l'Inde ;
  • Georges Dumézil, Mythe et épopée ;
  • Indrajit Hazra, Le Jardin des délices terrestres ;
  • Piette Loti, L'Inde (sans les Anglais) ;
  • Bharati Mukherjee, Jasmine ;
  • Boris Pasternak, Le docteur Jivago ;
  • Vikram Seth, Quatuor ;
  • Shashi Tharoor, L'émeute.

La dernière fois, j'en avais pris au moins deux fois trop et mes bagages firent plus de vingt kilogrammes à l'enregistrement...

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Hommage à sainte Cécile

2009-01-21 02:55+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2009-01-20

Lucy Crowe, soprano

Nathalie Stutzmann, contralto

David Bates, contre-ténor

Anders J. Dahlin, ténor

Richard Croft, ténor

Luca Tittoto, baryton-basse

Neil Baker, basse

Les Musiciens du Louvre-Grenoble

Chœur des Musiciens du Louvre-Grenoble

Marc Minkowski, direction

Nicholas Jenkins, chef de chœur et chef assistant

Hail! Bright Cecilia, Purcell

Ode for Saint Cecilia's Day, Händel

Missa Cellensis in honorem Beatissimae Virginis Mariae (Cäcilienmesse), Haydn

Ce soir, j'ai assisté à concert aussi bon que long à Pleyel. Les Musiciens du Louvre-Grenoble dirigés par Marc Minkowski ont commencé par Hail! Bright Cecilia de Purcell. J'étais dans un état léthargique pendant la première œuvre de ce programme, je n'ai guère eu le temps que d'apercevoir le chapeau de Palpatine. Il aime beaucoup cette œuvre de Purcell. Pour ma part, je suis surtout venu pour entendre l'Ode for Saint Cecilia's Day de Händel qui intervient après le premier entr'acte qui fut l'occasion pour moi de prendre un café... Comme au début de la soirée, le chef Marc Minkowski intervient pour introduire brièvement les œuvres, toutes dédiées à la patronne des musiciens et des mélomanes (encore que ce soit moins clair pour la troisième œuvre au programme). Connaissant déjà cette œuvre, je savoure tout particulièrement son écoute pendant le concert. Je redécouvre cependant quelques morceaux que j'avais oubliés, comme le solo pour violoncelle (accompagné du théorbe) dans l'air pour soprano What passion cannot Music raise and quell!. La soprano Lucy Crowe est magnifique dans But oh! What art can teach. Toute cette œuvre est tellement händelienne ; j'aime beaucoup.

Après le deuxième entr'acte, on continue dans la chronologie avec cette fois-ci Haydn et la Missa Cellensis in honorem Beatissimae Virginis Mariae (Cäcilienmesse). Cette œuvre, dont une version courte en deux parties seulement (Kyrie et Gloria) est interprétée, me confirme dans mon appréciation de ce compositeur dont on célèbre cette année le deux-centième anniversaire de la mort. Je ne sais pas comment j'ai fait pour autant le méconnaître par le passé. Le public a droit à un excellent bis : le Et incarnatus est et le Et resurrexit qui n'existent que dans la version longue. Superbe.

En sortant, vers minuit moins quart, j'achète à la boutique la toute nouvelle version de la Messe en si mineur par cet ensemble. Elle a la particularité d'avoir un effectif vocal réduit : les parties du chœur sont chantées par des solistes, comme c'était généralement le cas du temps de Bach, selon certains spécialistes.

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Nouveau séjour en Inde

2009-01-21 02:13+0100 (Orsay) — Voyage en Inde VI — Mathématiques

Dans trois jours, je repars en Inde, cette fois-ci ce sera pour un séjour d'un mois au Chennai Mathematical Institute. Aujourd'hui, afin de finir de régler les derniers détails concernant mon hébergement, j'ai réentendu le Brwww Brwww caractéristique des tonalités de téléphones indiens, et fini d'acheter des billets de train pour les week-ends pendant lesquels je compte visiter quelques villes du Tamil Nadu. Le site de réservation IRCTC dont j'ai déjà parlé a encore un peu changé, en s'améliorant un peu. Il n'est maintenant plus nécessaire de taper le numéro de sa pièce d'identité. De toute façon, les contrôleurs ne les vérifient pas : je n'ai pour le moment assisté qu'à des mises en scène de pseudo-sécurité, et seulement dans des wagons climatisés, lors desquelles le contrôleur demandait une ID-card, peu important ce que le voyageur faisait voir, du moment que cela ressemblât de loin à une pièce d'identité. Des progrès semblent avoir été faits pour faciliter la consultation des horaires en tenant compte du fait que certaines grandes villes aient plusieurs gares. Pourtant, le site buggue encore assez souvent et il ferme pendant certaines heures nocturnes ; compte tenu du décalage de 4h30 entre l'heure indienne et l'heure d'hiver en France, il est impossible de l'utiliser pendant une bonne partie de la soirée.

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Lady Macbeth de Mzensk, de Chostakovitch

2009-01-18 02:48+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Bastille — 2009-01-17

Vladimir Vaneev, Boris Timofeevitch, un vieux bagnard

Ludovit Ludha, Zinovy Borisovitch Ismailov

Eva-Maria Westbroek, Katerina Lvovna Ismailova

Michael König, Serguei

Carole Wilson, Aksinya, une bagnarde

Alexander Kravets, Le Balourd miteux

Lani Poulson, Sonietka

Valetin Jar, Un maître d'école

Alexander Vassiliev, Un pope, un gardien

Nikita Storojev, Le chef de la policer, un officier

Shin Jae Kim, Un régisseur

Marc Chapron, Un portier

Hyoung-Min Oh, Se-Jin Hwang, Slawomir Szychowiak, Contremaîtres

Chae-Wook Lim, Un meunier

Fernando Velasquez, Un cocher

Andrea Nelli, Un policier

Pascal Mesle, Un invité ivre

Hartmut Haenchen, direction musicale

Martin Kušej, mise en scène

Martin Zehetgruber, décors

Heide Kastler, costumes

Reinhard Traub, lumières

Louba Orfenova, études musicales

Winfried Maczewski, chef des chœurs

Orchestre et Chœurs de l'Opéra national de Paris

Lady Macbeth de Mzensk, Dimitri Chostakovitch

Ce soir, c'était la première de Lady Macbeth de Mzensk, de Chostakovitch, à l'Opéra Bastille. L'opéra n'est pas une adaptation de la pièce de Shakespeare, mais d'une nouvelle de Nikolai Leskov. Pas de sorcières, pas de soldats déguisés en arbres. Si Macbeth apparaît dans le titre, c'est que l'héroïne 1, Katerina Lvovna Ismailova, a des penchants meurtriers.

Au premier acte, pour tromper son ennui, elle se laisse séduire par Serguei, un ouvrier qui travaille pour son mari, alors que ce dernier est parti réparer un moulin. Le beau-père lubrique profiterait bien de sa bru, mais il surprend Serguei et le bat. Katerina l'empoisonne. Ensuite, au retour de son mari, de peur d'être abandonnée par son amant, elle tue son mari avec la complicité de Serguei. Ils cachent le corps dans le cellier et s'en vont se marier.

Prévenue par un ouvrier ayant découvert le corps, la police fait une apparition spectaculaire pendant le mariage. Ils sont tous les deux arrêtés et envoyés au bagne. Serguei se détourne de Katerina et séduit une autre détenue, Sonietka. Trompée, Katerina étrange sa rivale et meurt elle aussi dans la confusion, apparemment lynchée par les autres détenus (dans le livret, elles sont toutes les deux noyées).

L'opéra dure presque trois heures. Ignorant la durée de l'opéra en entrant, le temps passant, j'ai cru qu'il n'y aurait pas d'entr'acte. Il est finalement intervenu au bout d'environ deux heures. L'opéra est découpé en neuf tableaux répartis en quatre actes. L'entr'acte survint à un drôle d'endroit. Après la reprise, un tableau, puis le spectacle s'est interrompu pendant de longues minutes nécessaires à l'installation du superbe décor carcéral. Ce long changement de décor eût vraisemblablement gagné à coïncider avec un entr'acte, quitte à ce qu'il y en eût un de plus.

Pendant les deux premiers actes, le décor est constitué d'un sol terreux (salissant) encadré par de hautes palissades, avec au milieu, une grande pièce dépouillée aux murs transparents ; c'est le domaine de Katerina, brillamment interprétée par Eva-Maria Westbroek. Les scènes crues de son intimité avec Serguei sont terriblement violentes, ceci étant encore accentué par la musique et les lumières.

On ne peut pas vraiment dire que j'aie été séduit par la musique de Chostakovitch. L'action violente, crue, laisse très peu d'espace pour que les personnages, et en particulier Katerina, puissent exprimer leurs sentiments, leurs motifs et leurs éventuelles hésitations alors qu'ils s'apprêtent à commettre des méfaits. Bref, des personnages on ne peut plus antipathiques.

[1] Le français est vraiment une langue de fous : comment expliquer que le h de héros soit aspiré et que celui de héroïne ne le soit pas ?

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Wiesenland

2009-01-11 21:50+0100 (Orsay) — Culture — Danse — Photographies

Théâtre de la Ville — Place du Châtelet — 2009-01-11

Pina Bausch, mise en scène et chorégraphie

Peter Pabst, décor

Marion Cito, costumes

Matthias Burkert, Andreas Eisenschneider, collaboration musicale

Marion Cito, Irene Martinez-Rios, Jan Minarik, Robert Sturm, collaboration

Vera Bila, Romano Drom, Ghymes und Fanfare Ciocarlia, Peace Orchestra, Elektrotwist, Bugge Wesseltoft, Sidsel Endresen, Hermenia, Caetano Veloso, José Afonso, René Lacaille, Lili Boniche, Rex Stewart, musique

Regina Advento, Rainer Behr, Andrey Berezin, Damiano Ottavio Bigi, Barbara Kaufmann, Nayoung Kim, Daphnis Kokkinos, Eddie Martinez, Melanie Maurin, Dominique Mercy, Pascal Merighi, Helena Pikon, Jorge Puerta Armenta, Julie Shanahan, Julie Anne Stanzak, Michael Strecker, Fernando Suels Mendoza, Kenji Takagi ou Ales Cucek, Aida Vainieri, danse

Wiesenland, Pina Bausch

Cette année, pas de grève de RER pour m'empêcher de me rendre à Paris pour voir un spectacle du Tanztheater Wuppertal (Pina Bausch), une reprise de Wiesenland.

Grâce à mon abonnement acheté très tôt l'an dernier, je collectionne les premiers ou deuxièmes rangs. Cette fois-ci, je suis au premier rang qui, compte tenu des différentes configurations possibles pour l'avant-scène, est aujourd'hui le rang C. Le public du Théâtre de la Ville fait envie au futur ex-directeur de l'Opéra de Paris (Le Monde daté du 2009-01-09), il n'empêche qu'il est moins doué que l'autre pour ce qui est de se placer : avec un numéro de rang et un numéro de place (numéros impairs côté jardin, numéros pairs côté cour), il ne ne devrait pas y avoir autant de problèmes.

Quand les lumières s'allument, on voit apparaître dans le fond le décor vert bosselé recouvert de mousse dressé verticalement et d'où suinte de l'eau. Vers la fin de la première partie, des machinistes le mettront à l'horizontale. Nous verrons de l'eau, crachée, en seaux, en bouteille, un fauteuil, des serviettes, des cigarettes, une brouette, un inquiétant empilement de sept chaises tête-bêche, des flûtes, une table, de la nourriture (Leader Price), une pomme, trois poules, un ballon et une enveloppe, qui a été déposée dans mes mains par Julie Shanahan :

Wiesenland

Pour ne craindre pas d'être accusé de partialité pour avoir été ainsi corrompu, je dirai juste que j'ai autant aimé, sinon plus, que Vollmond.

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希尔薇娅

2009-01-11 01:48+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2009-01-10

Léo Delibes, musique

Lycette Darsonval, chorégraphie

Philippe Binot, décors et costumes

Han Jiang, lumières

Zhang Yi, direction musicale

Zhu Yan, Sylvia

Aminta, Sheng Shidong

Eros, Hao Bin

Orion, Zing Liang

Diane, Jin Jia

Ballet national de Chine (中国国家芭蕾舞团)

Orchestre Colonne

Sylvia ou la nymphe de Diane (希尔薇娅), ballet en trois actes de Jules Barbier et du Baron de Reinach

Ce soir, je suis allé à la dernière de 希尔薇娅 par 中国国家芭蕾舞团, en français Sylvia ou la nymphe de Diane par le Ballet national de Chine. Les quatrièmes loges de l'Opéra Garnier sont toujours aussi inconfortables, mais j'étais dans un angle idéal pour voir en entier la scène et l'orchestre Colonne dirigé par le plutôt jeune Zhang Yi.

Le sujet de ce ballet, chorégraphié par Lycette Darsonval en 1979 d'après le ballet de Louis Mérante (1876) sur une musique de Léo Delibes, est mythologique : faunes, satyres, naïades, etc. Au premier acte, Aminta est épris de la nymphe Sylvia qu'il espionne. La nymphe Sylvia, associée à Diane, est coiffée d'un croissant de Lune. Sylvia lance une flèche en direction de la statue du dieu Amour, mais Aminta s'interpose et est frappé par ce trait. Amour se venge en visant Sylvia qui se met à aimer Aminta, mais le chasseur Orion enlève Sylvia. Des paysans découvrent Aminta inanimé, mais heureusement, un vieux sorcier en haillons se pointe et le ranime en utilisant une fleur médicinale. Le sorcier est le dieu Amour en personne ; il enlève son déguisement et va tout faire pour qu'Aminta retrouve Sylvia.

Au deuxième acte, Sylvia est dans une grotte, prisonnière d'Orion. Des esclaves dansent. On mange, on danse, on boit. Sous l'effet de la boisson, tout le monde s'endort sauf Sylvia, qui implore Amour de la sauver. Une porte coulissante s'ouvre faisant paraître un bateau ; c'est Amour qui vient chercher Sylvia.

Au dernier acte, les créatures célestes et les paysans sont joyeux, mais Aminta est triste. Pourtant le bateau accoste et un Amour enturbanné relâche de nombreuses jeunes femmes portant toutes le même costume. Pendant cinq ou dix minutes, j'essaie de régler mes jumelles, sans y parvenir : les personnages féminins sont flous. Curieusement, je vois bien les autres. Au bout d'un moment, je comprends qu'elles portent un voile transparent et que c'est une épreuve à laquelle est soumis Aminta : il doit reconnaître Sylvia. Bien entendu, il y parvient. Mes jumelles se remettent à fonctionner, mais Orion revient sur scène et il n'est pas content. Un combat s'engage entre lui et Aminta. Sylvia se réfugie auprès de Diane qui finalement l'abat. Un beau final au premier plan alors qu'au fond de la scène, Amour et Diane montent sur leurs piédestaux respectifs tandis que Sylvia et Aminta sont enfin réunis.

Ailleurs : l'avis de Palpatine.

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Le Mahâbhârata

2009-01-10 11:43+0100 (Orsay) — Culture — Cinéma — Lectures — Culture indienne

Si vous avez vingt bonnes minutes devant vous pour le lire, j'ai écrit pour le Biblioblog un résumé du Mahâbhârata avec quelques commentaires et une petite bibliographie commentée des versions que j'ai lues, en attendant ma critique du Palais des illusions de Chitra Banerjee Divakaruni qui apparaîtra au même endroit cet après-midi.

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Temps

2009-01-01 01:42+0100 (Orsay) — Mathématiques

Il y a quelques dizaines de minutes de cela, la commande Unix date de mon ordinateur renvoyait : Thu Jan 1 00:59:60 CET 2009. La première heure de la nouvelle année a duré 3601 secondes, et plus précisément la dernière minute de cette première heure a duré 61 secondes ! En effet, pour tenir compte du ralentissement du mouvement de rotation terrestre, on ajoute de temps en temps une seconde intercalaire pour éviter que dans très longtemps, le jour se lève à minuit, de même que le calendrier grégorien fut institué pour pallier la dérive entre les mois et les saisons, ces dernières étant gouvernées par le mouvement de révolution de la Terre autour du Soleil ; du fait de l'approximation du calendrier julien qui faisait qu'une année sur quatre était bissextile, un gouffre d'une dizaine de jour s'était creusé !

Depuis 1972, le Temps Universel Coordonné (UTC) ne varie pas continûment par rapport au temps physique, mesuré sur l'échelle du Temps atomique international (TAI). Cependant, l'écart entre les deux échelles de temps est toujours un nombre entier de secondes. À vingt-quatre reprises, on a inséré une seconde intercalaire, à la fin d'un mois de juin ou d'un mois de décembre. La fin du mois est à comprendre au sens du fuseau horaire UTC+0, donc en heure locale, cela se produit vers 1h en France métropolitaine ou vers 2h si on est en été.

Comme le mouvement de rotation de la Terre est difficile à prévoir à l'avance, l'insertion des secondes intercalaires n'est décidée que lorsque des mesures physiques précises montrent qu'il est opportun de le faire. Pour cette seconde intercalaire, la décision du Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence (dont le bureau central est à Paris) n'a été rendue publique qu'au mois de décembre.

(Dans un ordre d'idées voisin, je viens de découvrir que le Bureau international des poids et mesures, situé à Sèvres, était une enclave dans le territoire français.)

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