Weblog de Joël Riou

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Première de Veer-Zaara au Grand Rex

2006-04-27 15:21+0200 (Grigny) — Culture — Cinéma — Culture indienne — Photographies

Cette semaine se déroule la Bollywood Week au Grand Rex. De nombreux films indiens sont diffusés depuis hier soir jusqu'au premier mai.

Le début du festival était un peu particulier, puisque l'équipe du film वीर-ज़ारा venait présenter ce film qui sortait hier dans quelques salles en France. Plusieurs des plus grandes stars ont donc fait le déplacement : le réalisateur et producteur Yash Chopra, les actrices Rani Mukherji et Preity Zinta, et le comédien Shahrukh Khan. Ce dernier est la plus grande star actuelle de cinéma indien, il a joué dans de nombreux films ayant eu beaucoup de succès (par exemple कुछ कुछ होता है ou देवदास). L'ambiance était donc assez impressionnante, aux abords du Grand Rex, et à l'intérieur, surtout quand le car emmenant ce beau monde est arrivé (avec une heure et demie de retard...).

Suite à la confusion qui régnait, je n'ai pas pu entrer aussi tôt que je l'aurais souhaité dans la salle, j'étais donc assez loin de la scène (il n'y avait pas de numérotation des billets, c'était placement libre). J'ai quand même pu apercevoir ce qui se passait, et en ai fait quelques photographies (qui sont presque toutes floues... je ne laisse que les plus présentables).

La photo la moins loupée représente les ombres des vedettes sur l'écran :

[L'équipe du film Veer-Zaara sur la scène du Grand Rex]

Le film m'a fait meilleure impression sur grand écran que lorsque je l'avais vu en DVD (sur petit écran) il y a un peu moins d'un an. J'ai malheureusement dû partir à l'entr'acte parce qu'à cause du retard dans le programme, mon RER se serait peut-être transformé en citrouille (en fait, à Juvisy, le RER s'est transformé en car) ; par ailleurs, je devais assurer des TD à Jussieu ce matin... La première moitié du film est un déluge de paysages, de couleurs, d'émotions et de chansons, dans une atmosphère plutôt heureuse, jusques à quelques minutes avant la coupure où se produit un renversement de situation, typique des films indiens.

Je pense que ce film ne souffre d'aucune grotesquitude excessive qui me ferait ressentir une quelconque répugnance à conseiller à un public non habitué aux films indiens de visionner ce film.

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Sidebar

2006-04-24 08:44+0200 (Grigny)

Je viens d'ajouter une sidebar aux pages de ce blog, qui est éternellement en construction. Cela me permet au passage de rendre plus visibles quelques informations accessibles sur ce site et mises à jour régulièrement comme mon filmlog et mon booklog.

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The Mahabharata, de Peter Brook

2006-04-23 01:56+0200 (Grigny) — Culture — Cinéma — Lectures — Culture indienne

Encore une entrée sur les épopées indiennes...

Aujourd'hui, j'ai regardé le film The Mahabharata, l'adaptation étant de Jean-Claude Carrière 1 et la mise en scène de Peter Brook. Ce film, réalisé en 1989, est une version cinématographique 2 d'une pièce qui avait été produite les années précédentes (avec les mêmes comédiens, si j'ai bien suivi). L'équipe du film est très internationale : il y a des acteurs japonais, africains, européens... et une comédienne indienne qui interprète remarquablement le rôle de Draupadī.

Les scènes sont très bien réalisées. Le texte est vraiment excellent : on sent que chaque mot a été pesé pour rendre en toute clarté et de façon très sobre le sens souvent subtil des différents tableaux.

Cependant, pour obtenir un montage d'un peu moins de trois heures (la pièce de théâtre faisait neuf heures ; d'après IMDb, la durée initiale du film était de 318 minutes : six épisodes d'environ 55 minutes), il semble qu'il ait fallu faire d'importantes coupes. C'est vraiment dommage, puisqu'il y a deux ou trois moments où la continuité du récit est complètement brisée. Tout d'abord, la division du royaume entre les deux fratries est à peine évoquée qu'on arrive déjà à la première partie de dés : il n'est pas du tout question de l'expansion du royaume de Yudhiṣṭhira, de la construction de la sabhā (salle d'apparat) et de son sacre. Ensuite, on passe directement des années dans la forêt au moment important où Duryodhana et Arjuna viennent trouver Kṛṣṇa à son réveil pour lui demander dans quel camp il sera pendant la guerre : l'année passée incognito chez Virāṭa est passée sous silence. Enfin, il n'est pas dit grand chose au sujet des événements qui suivent la fin de la guerre proprement dite : on aurait pu s'attendre à ce que soit évoqué le massacre du clan des vainqueurs, le sacrifice de cheval ou la montrée au ciel.

Mais heureusement, le DVD de making of montre au passage quelques scènes d'épisodes absents de la version courte. C'est un peu frustant, puisque ces courts extraits semblaient aussi bien réalisés que les autres scènes... Bref, s'il y avait une version longue du film en DVD, je la recommanderais sans réserve, mais en version courte, du fait des coupes, j'ai peur que les ellipses rendent une partie de l'histoire incompréhensible pour ceux qui ne la connaissent pas déjà.

[1] Il est amusant de voir que la page IMDb mentionne Vedavyas (story) uncredited dans les writing credits. En effet, du fait des mises en abyme multiples, le texte même du Mahābhārata indique le nom de son auteur : Vyāsa ; ce poète putatif est aussi un des personnages importants de l'épopée : d'une part, c'est le grand-père biologique des deux fratries rivales, et d'autre part, c'est un ṛṣi brâhmane qui a une certaine influence sur le cours des événements. Il y a le même procédé dans le Rāmāyaṇa.

[2] Dans le DVD de bonus, j'ai bien aimé la remarque de Jean-Claude Carrière disant qu'au théâtre, un personnage peut parler d'une armée d'éléphants, l'imagination des spectateurs travaille au point qu'ils voient les éléphants, tandis qu'au cinéma, il faut absolument montrer les éléphants.

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Rāmāyaṇa, chant 1 : Les enfances

2006-04-19 21:11+0200 (Grigny) — Culture — Lectures — Culture indienne — Résumé du Rāmāyaṇa

Voici le premier résumé de la série. Sa rédaction m'a pris beaucoup plus de temps que prévu. Pour ne pas faire trop long, j'ai passé sous silence certains passages. J'ai fait des modifications dans la feuille de style pour que les signes diacritiques aient plus de chances de s'afficher correctement à l'écran (surtout si vous avez la fonte Arial Unicode MS...).

L'ascète Vālmīki interroge le sage Nārada. Il voudrait connaître un homme doué de nombreuses vertus. Nārada lui raconte alors l'histoire de Rāma. Dans un moment de chagrin, Vālmīki invente le mètre du poème, lui donne le nom de śloka et décide de raconter lui aussi l'histoire de Rāma. Par la force de son dharma, il peut voir les événements tels qu'ils se sont passés (Vālmīki est un ṛṣi).

Le roi Daśaratha gouverne à Ayodhyā. Chacun agit selon son dharma. La cité est riche et puissante, mais le roi kṣatriya est sans descendance. Il demande à son chapelain, le ṛṣi brâhmane Vasiṣṭha, de préparer un sacrifice de cheval. Après que le cheval eut erré pendant un an, le sacrifice est célébré par l'ascète Ṛṣyaśṛṅga en présence de nombreux rois et princes. L'ascète procède à une oblation supplémentaire pour procurer quatre fils au roi.

Pendant ce temps, les dieux sont réunis et évoquent les troubles engendrés par Rāvaṇa. Ce rākṣasa avait autrefois obtenu de Brahmā la faveur de ne pouvoir être tué ni par un dieu, ni par un démon, etc. Brahmā annonce que c'est un homme qui va tuer Rāvaṇa puisque par mépris pour les hommes, celui-ci les avait négligés dans la liste des créatures qui ne pourraient pas le vaincre. Le dieu Viṣṇu accepte de prendre forme humaine pour accomplir cette volonté de Brahmā : il va se diviser en quatre et se choisir Daśaratha comme père. Afin d'assurer de nombreux alliés à Viṣṇu, Brahmā met à contribution plusieurs catégories de créatures célestes en leur demandant de s'incarner sous la forme de singes.

C'est alors que surgit du feu du sacrifice de Daśaratha une sorte de génie qui remet au roi une coupe en or contenant du riz au lait. En le faisant manger à ses épouses, le roi obtiendrait des fils. Daśaratha remet une grande portion à Kausalyā, deux portions à Sumitrā et une portion à Kaikeyī. Ainsi, Rāma sera le fils de Kausalyā, deux jumeaux Lakṣmaṇa et Śatrughna naîtront de Sumitrā, et Bharata sera le fils de Kaikeyī. Chacun de ces fils est une portion de Viṣṇu.

Alors que Rāma a à peine seize ans, le ṛṣi Viśvāmitra se présente à Daśaratha. Il demande qu'on lui confie Rāma pour que celui-ci tue les deux rākṣasa qui perturbent un sacrifice auquel il veut procéder. Le roi finit par accepter de laisser partir Rāma et Lakṣmaṇa.

En cours de route, ils entrent dans une forêt dévastée par Tāṭakā, une rākṣasī ne pouvant supporter la malédiction prononcée par le ṛṣi Agastya. Rāma la tue d'une flèche en plein cœur. Le lendemain, Viśvāmitra remet à Rāma de nombreuses armes divines. Ils arrivent à l'ermitage de Viṣṇu lorsqu'il avait pris la forme du Nain Vāmana : le démon Bali étant devenu le roi de la terre, le Nain vint lui demander l'espace de trois pas en aumône, l'asura accepta, Viṣṇu recouvrit alors les mondes de ses pas et Indra recouvra sa souveraineté. Viśvāmitra commence son sacrifice sous la protection de Rāma et de Lakṣmaṇa. Comme prévu, les rākṣasa Mārica et Subāhu viennent perturber le sacrifice mais ils sont vaincus par les deux frères.

Ils se dirigent maintenant vers Mīthilā, le royaume de Janaka. Durant ce trajet, Viśvāmitra raconte de nombreuses histoires, notamment celle de la traversée des mondes de la Gaṅgā pour rejoindre l'océan. Le roi Sagara avait obtenu de Bhṛgu une nombreuse descendance par ses austérités : sa première épouse eut un fils Asamañja et sa deuxième épouse préféra donner naissance à soixante mille fils. Sagara voulut célébrer un sacrifice de cheval, mais Indra vola le cheval, ce qui devait plonger Sagara dans le malheur. Il demanda à ses fils de retrouver le cheval : ils parcoururent la surface de la terre, puis creusèrent, creusèrent, à tel point que la terre (identifiée à l'épouse de Viṣṇu) se mit à crier. Aux extrémités des mondes souterrains, ils rencontrèrent les énormes éléphants gardiens des points cardinaux. Mais Brahmā avait tout prévu : les soixante mille fils de Sagara devaient être brûlés par l'ardeur de Viṣṇu qui avait pris la forme du sage Kapila. Le petit-fils Aṃśumān de Sagara par Asamañja était un homme bon, son grand-père lui donna la mission de retrouver ses soixante mille oncles et de retrouver le cheval du sacrifice. Il fallait procéder aux rites funéraires de ces soixante milles hommes ; la solution fut trouvée par Bhagīratha, le petit-fils d'Aṃśumān : satisfait de son ascétisme, Brahmā fit tomber les eaux de Gaṅgā sur la chevelure de Śiva. Guidée par Bhagīratha, Gaṅgā finit par s'écouler sur la terre et atteindre l'océan et les mondes souterrains pour submerger les cendres des fils de Sagara.

Ils assistent ensuite au sacrifice de Janaka à Mīthilā. Ils y rencontrent son chapelain, Śatānanda, dont Rāma vient de délivrer la mère Ahalyā d'une malédiction provoquée par Indra. Śatānanda raconte à Rāma l'histoire de Viśvāmitra : son passé de roi kṣatriya, son conflit avec Vasiṣṭha au sujet de sa vache d'abondance, son ardeur et son obstination pour devenir ṛṣi, puis ṛṣi brâhmane. Viśvāmitra explique ensuite à Janaka que Rāma et son frère sont venus pour voir l'arc de Śiva qu'il possède. Janaka a obtenu une fille Sītā en labourant le terrain du sacrifice. Il n'accepte de marier cette extraordinaire fille qu'à un prince capable de tendre l'arc de Śiva. Aucun prince n'a jamais réussi ne serait-ce qu'à le soulever. Il faut cinq mille hommes pour tirer le coffre contenant cet arc. Rāma réussit l'épreuve sans difficulté, allant même jusqu'à briser l'arc. Rāma épouse donc Sītā, et Lakṣmaṇa Ūrmilā, l'autre fille de Janaka. Les deux autres frères Bharata et Śatrughna épousent les deux filles de Kuśadhvaja, le frère de Janaka. Les cérémonies de mariage sont prodigieuses, une pluie de fleurs tombe du ciel.

Les cérémonies terminées, Viśvāmitra peut s'en aller et Daśaratha rentrer avec ses fils et brus à Ayodhyā. En cours de route, Rāma (Daśarathi) montre une nouvelle fois sa bravoure en combattant Rāma Jāmadagnya, l'exterminateur des kṣatriya. Les deux autres frères Bharata et Śatrughna partent ensuite avec Yudhājit, le frère de Kaikeyī et roi des Kekaya.

Le chant se termine par un éloge de Rāma évoquant sa dévotion pour Daśaratha, sa gloire, son mariage harmonieux avec Sītā, comparée à la déesse Śri (épouse de Viṣṇu).

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Sédimentations (suite) : mes tiroirs

2006-04-18 00:53+0200 (Grigny) — Mathématiques

Au début de ce blog, je parlais de la sédimentation visible : piles de livres et de papiers sur mon bureau. Cela ne change pas. Il y a un certain fouillis, mais les papiers importants ne risquent pas de se perdre : mes brouillons mathématiques sont automatiquement archivés puisque je les écris directement dans un cahier, les enveloppes contenant mes bulletins de paye et autres documents envoyés de façon semi-automatique (relevés de compte, etc.) ne se juchent pas dangeureusement sur ces piles, elles atterrissent dans le petit tiroir situé sur le côté gauche de mon bureau. Quand un papier entre dans ce tiroir, il y reste en général plusieurs années (jusqu'à ce que cela soit trop serré et qu'il faille faire un peu de rangement et de tri). Le tiroir de droite contient des papiers à plus brève échéance (moins d'un an, des places de concert par exemple).

Je reviens à ce sujet parce que dans les semaines qui viennent, je vais devoir remplir des dossiers visant à assurer ma subsistance l'année prochaine. Pour cela, il me faudra pouvoir justifier de ma qualité actuelle de moniteur. J'ai un double statut. Je suis allocataire de recherche à l'Université Denis Diderot : je prépare une thèse ; je donne en travaux dirigés l'équivalent d'un tiers du service d'un maître de conférences : je suis moniteur. J'ai signé deux contrats et je reçois deux bulletins de paye. Je lis que je devrai montrer mon contrat de moniteur. Je cherche dans mes papiers classés (un trieur à peu près bien rangé) : je tombe assez rapidement sur mon contrat d'allocataire de recherche, et sur une attestation d'emploi de moniteur. L'attestation d'emploi suffirait peut-être, mais je commence à stresser parce que sur les modes d'emploi de constitution de dossier, je vois contrat de moniteur en toutes lettres. Je stresse encore plus en remarquant une faute de frappe sur mon attestation d'emploi de moniteur : elle indique que mon contrat est de quatre ans, alors que sa durée n'est que de trois ans.

Je commençais à envisager de devoir téléphoner avec une toute petite voix pour appeler le service de l'université compétent pour me délivrer une copie de l'exemplaire employeur de mon contrat ou à tout le moins me faire établir une attestation d'emploi correcte. Mais, en désespoir de cause, je me suis lancé dans l'exploration du tiroir de gauche. Au bout de quelques minutes, j'ai vu apparaître dans ce pêle-mêle un papier à en-tête intitulé Contrat d'engagement en qualité de moniteur. Hourra ! L'erreur avait été de le mettre dans le tiroir de gauche ; dans le tiroir de droite, il aurait été beaucoup plus visible (j'ouvre plus souvent ce tiroir) et il se serait retrouvé assez rapidement au bon endroit, à savoir dans le trieur des papiers classés.

Demain, j'en fais une copie 100% en électrons recyclés.

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Fils Atom/RSS pour les commentaires

2006-04-17 21:01+0200 (Grigny)

Comme aujourd'hui était un jour férié, j'ai pris le temps de fabriquer des fils Atom et RSS pour les commentaires de ce blog. N'hésitez pas à signaler les bugs que vous voyez.

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Rāmāyaṇa

2006-04-16 23:10+0200 (Grigny) — Culture — Lectures — Culture indienne

Je lisais il y a quelque temps l'entrée de blog Edgar Allan Poe mentionnant entre autres choses une coquille dans un volume de La Bibliothèque de la Pléiade. Je viens d'en mettre au jour une autre dans l'unique ouvrage de cette collection que je possède. Voici ce que j'ai lu tout-à-l'heure :

[Coquille page 1437 dans _Le Ramayana_]

J'ai commencé cet ouvrage il y a un peu plus d'une semaine. Au rythme où je le lis, cela risque de m'occuper pendant environ deux mois. C'est très différent de l'édition du Mahābhārata (l'autre épopée indienne) que j'ai lue. Cette fois-ci, il s'agit d'une traduction des sept chants qui constituent le Rāmāyaṇa, avec quelques pages de commentaires, de notes et un index (très utile...) tandis que pour le Mahābhārata, ce n'était pas vraiment une traduction, mais plutôt une reformulation du texte sous forme contractée, alternant avec des commentaires approfondis. Du fait de la longueur, je me serais peut-être découragé si j'avais commencé par lire une traduction intégrale du Mahābhārata... tandis que concernant le Rāmāyaṇa, je ne pouvais pas vraiment me contenter d'un résumé, puisqu'il y en avait déjà un à l'intérieur du Mahābhārata ; pour le moment, j'apprécie beaucoup cette lecture.

Je viens de finir de lire le premier chant. Je commence à m'habituer aux personnages. Il y a une chose qui est assez frappante, c'est le nombre de mentions du dieu Indra (via ses multiples noms : Śakra, dieu aux mille yeux, Vāsava, Purandara, exterminateur de Bala, etc.). Pour dire qu'un roi domine d'autres rois, on dira que c'est un Indra des rois ; il y a même une occurrence de Indra des dieux, pour désigner Indra lui-même, le chef des dieux. De nombreux mythes le concernant sont racontés.

Au fur et à mesure de ma progression dans la lecture, je vais peut-être faire une série d'entrées contenant chacune un court résumé d'un des septs chants. Cela devrait apparaître ici.

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Numb3rs

2006-04-15 17:25+0200 (Brest)

Hier soir, j'ai regardé les trois premiers épisodes de la série Numb3rs. C'est l'histoire d'un mathématicien qui aide son frère, enquêteur au FBI, à résoudre des affaires.

La première affaire de crimes en séries est résolue par l'observation d'un système d'arrosage automatique : en étudiant la répartition des points où le criminel frappe, on pourrait localiser la source. Mais cela devient absolument invraisemblable quand le héros prétend limiter le nombre de suspects aux 50 personnes habitant dans une petite zone. Manque de chance, l'auteur des crimes n'habite pas cette zone. Nouvelle idée de génie, il y a deux sources : le domicile et le lieu de travail. Cela devient presque plus plausible : le nombre de suspects travaillant à tel endroit et habitant à tel autre, il n'y en a pas beaucoup. Le criminel est arrêté, mais le dernier coup de théâtre est grotesque : quelques semaines avant, il habitait dans la première zone qui avait été délimitée.

Le deuxième épisode était plus violent : un braquage de banque qui termine très mal, presqu'un film de guerre. Là, le mathématicien avait prédit le lieu et l'heure exacte du braquage, mais pas vraiment le mode opératoire, sinon, il n'y aura pas eu tant de morts.

Le troisième épisode évoque une libération volontaire de virus de la grippe espagnole. Il s'agit de localiser l'endroit où le virus a été disséminé en étudiant les trajets des victimes.

Il y a d'autres passages un peu grotesques comme celui où une affaire est résolue grâce au jeu du démineur ou celui où le mathématicien s'enferme dans son garage et accroche des tableaux noirs partout pour gagner un million de dollars (enfin, plus précisémenent, pour démontrer que P=NP). Peter MacNicol joue dans cette série, mais dans un rôle secondaire, beaucoup moins énigmadrôle que dans son rôle de Cage dans la série Ally McBeal.

Bref, à part le tableau noir qu'utilisent encore les mathématiciens, tout cela n'est pas très réaliste (même s'il est amusant de voir la vie d'Évariste Galois évoquée en quelques mots) ; ce n'est de toute façon pas ce qu'on demande à une série (je vous ai déjà parlé de la série Alias...). Je me demande bien comment les scénaristes peuvent poursuivre le filon, parce que s'il y a déjà une attaque bactériologique au troisième épisode, cela risque de tourner rapidement en rond...

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Suppression de la modération

2006-04-13 17:42+0200 (Brest)

Pour ne plus pouvoir être considéré comme un petit joueur par un des quinze blogueurs les plus influents de France (dixit Le Monde), je supprime la modération a priori des commentaires de ce blog.

Peut-être que j'ajouterai un de ces jours des fils RSS ou Atom de commentaires, mais en ce moment, je n'ai pas trop le temps.

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Œuvres religieuses

2006-04-08 01:39+0200 (Grigny) — Culture — Musique — Lectures — Culture indienne

Théâtre des Champs-Élysées — 2006-04-04

David Hansen, Solomon (contre-ténor)

Malin Christensson, la fille du pharaon, première prostituée (soprano)

Marie Arnet, Nicaule, la reine de Saba, deuxième prostituée (soprano)

Jeremy Ovenden, Zadok (ténor)

Henry Waddington, un lévite (basse)

Orchestra of the Age of Enlightenment

The English Voices

René Jacobs, direction

Solomon, HWV 67, Händel.

Mercredi dernier, j'ai vu Solomon, un oratorio de Händel, que j'ai beaucoup aimé. Le deuxième acte évoquait le jugement de Salomon ; quand on écoute cet oratorio, on se demande bien pourquoi il était nécessaire de menacer de couper l'enfant en deux pour faire émerger la vérité : le témoignage de la vraie mère était tellement plus émouvant que les remarques acerbes de l'autre prostituée... Les deux sopranos m'ont semblé particulièrement bien inspirées.

Église Saint-Roch — 2006-04-06

Bernhard Hunziker, évangéliste et ténor I

Jan Van der Crabben, Christ et basse I

Sunhae Im, soprano I

Maria Kuijken, soprano II

Petra Noskaiová, alto I

Patrizia Hardt, alto II

Yves Van Handenhove, ténor II

Marcus Niedermeyr, basse II

La Petite Bande

Sigiswald Kuijken, direction

La Passion selon Saint Jean, BWV 245, Johann Sebastian Bach.

Hier soir, j'ai assisté à une représentation de la Passion selon Saint-Jean de Bach par La Petite Bande, dirigée par Sigiswald Kuijken. C'était la première fois que je voyais cette œuvre jouée en formation réduite : le chœur ne comportait que huit chanteurs. Les airs et ariosos étaient interprétés par des membres de ce chœur. En tout, il y avait une vingtaine de personnes sur scène. C'était très différent des versions que j'avais entendues précédemment (où l'effectif était multiplé au moins par trois ou quatre). J'ai bien aimé cette version, d'autant plus que du fait de leur participation au chœur, on peut profiter davantage de la voix des solistes soprano et alto : ces solistes ont chacune un air dans la première partie, et un autre dans la deuxième (ces derniers sont vraiment très beaux : Es ist vollbracht et Zerfließe, mein Herze). Évidemment, les questions du chœur Wohin ? et la réponse Nach Golgatha ! de l'air pour basse et chœur Eilt, ihr angefochtnen Seelen étaient moins impressionnantes que lorsqu'il y a un chœur gigantesque, mais c'était quand même très bien.

Selon le même principe un soliste par voix, j'ai aussi une version de la Passion selon Saint-Matthieu interprétée par les Gabrieli Players dirigés par Paul McCreesh ; cela doit être la version que je préfère.

Je viens de commencer ma lecture de l'autre épopée indienne : le Rāmāyaṇa, contant l'histoire de Rāma dont j'ai déjà lu un résumé dans le Mahābhārata. Je suis bien plus à l'aise maintenant pour entreprendre cette lecture qu'au début de ma lecture de l'autre grande épopée l'été dernier, beaucoup de notions et subtilités étant communes aux deux poèmes : au bout d'une dizaine de pages du texte proprement dit, les personnages principaux se sont déjà vu attribuer de multiples noms (on y voit déjà plus clair quand on fait bien attention à remarquer les noms dérivés des noms de parents ou ancètres).

Bien que parfaitement incroyant, j'ai bien du mal à rester complètement insensible à ces œuvres religieuses.

Je me suis posé il y a quelque temps la question calligraphique suivante : comment écrire à la main un œ majuscule, c'est-à-dire un Œ ?

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Encore un petit effort

2006-04-01 20:50+0200 (Grigny) — Thé — Mathématiques

Depuis quelques jours, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire un entrée de blog : je suis en phase de finition sur ma thèse et cela occupe non seulement mes semaines, mais aussi ces deux derniers week-ends. J'en suis à la n-ième relecture avec n grand et je trouve toujours des petites erreurs d'inattention typographiques. Il y a d'autres trucs un peu pénibles à faire : compiler un index des notations et un index terminologique. Il faut aussi contourner les bugs des programmes que j'utilise : pour fabriquer un fichier PDF à partir d'un fichier PostScript, j'utilise ps2pdf, mais suivant la version de GhostScript qui est installée, cela peut donner des comportements bizarres (une flèche incurvée s'était transformée en un truc horrible) ; il y a aussi que pour une raison qui m'est obscure, la fonte TeX Computer Modern ne passe pas bien avec certains lecteurs de fichiers PDF (et là encore, cela dépend des versions) ; il y a un package TeX qui est censé donner un bon résultat : lmodern, mais la fonte alors n'a plus de gras petites capitales, du coup, certains de mes numéros de chapitres en chiffres romains apparaissaient en minuscules ! Du coup, j'utilise la fonte Latin Modern du package lmodern, sauf pour le gras petites capitales où j'utilise la fonte Computer Modern. C'est abominable, mais ça fonctionne.

Après cette relecture (j'en suis aux deux-tiers) et ces petits réglages, je vais pouvoir passer à la dernière étape : la rédaction de l'introduction...

Il y a quand même quelques côtés réjouissants. Mathématiquement parlant, je pense que c'est au point ; du coup, la relecture me donne un prétexte pour me poser des questions existentielles et sans grand intérêt : est-ce que sur l'anneau nul, toute matrice (non nécessairement carrée) est inversible ? Attention, si vous avez des examens de mathématiques de premier cycle dans quelque temps, la lecture de ce qui suit pourrait nuire à vos notes. Je penche pour le Oui ; cela va se terminer par une note de bas de page dans ma thèse qui ne manquera sans doute pas d'amuser les gens qui liront mon texte...

Au niveau des notations, ma thèse devrait aussi comporter une petite innovation typographique : cela pourrait peut-être contribuer à l'insertion d'un nouveau caractère dans le Standard Unicode...

Il y a aussi que quand je ne suis pas à mon bureau, je peux écouter librement de la musique ; j'aime bien travailler en écoutant des opéras. Mon ami David Madore dit :

Bach c'est parfait pour faire des maths, surtout des maths dans le style grothendieckien.

Ce que je fais est assez grothendieckien, mais quand j'écoute du Bach, je préfère ne pas être trop concentré sur autre chose. Cet après-midi, j'ai écouté mon opéra préféré Agrippina, et puis Rigoletto que j'aime beaucoup aussi. J'ai relativement peu de disques d'opéras (une petite poignée, un peu plus en comptant les oratorios), j'en écouterais bien d'autres, mais j'ai déjà des dizaines et des dizaines de disques qui attendent d'être écoutés...

Un autre côté agréable de ces longues journées de travail à domicile : c'est que je peux déguster tranquillement mon thé préféré (du Anxi Tié Guan Yin 3 en l'occurence) : 5 grammes de thé que je peux faire infuser de nombreuses fois dans une petite théière (je dois au moins en être à la sixième infusion).

Depuis quelques semaines, la crise du CPE fait que je ne peux plus assurer mes travaux dirigés en premier cycle du fait du blocage du campus de Jussieu (du coup, je rédige ma thèse pendant le temps libre que cela dégage...). Je ne suis pas très optimiste pour la suite des événements : on est dans un flou législatif total, les déclarations de notre Président ne semblent pas avoir convaincu les leaders du mouvement anti-CPE ; bref, le blocage risque de se poursuivre quelque temps. À la fin du conflit, cela ne va vraiment pas être évident de reprendre les cours/TD comme si de rien n'était : il y aura des débordements de calendrier ; il y a quelques semaines, une étudiante m'avait demandé « Est-ce qu'on aura des cours ou des examens en juillet ? », je considérais alors cela comme fort improbable, mais au point où on en est...

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