Weblog de Joël Riou

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Rāmāyaṇa, chant 3 : La forêt

2006-05-20 20:56+0200 (Grigny) — Culture — Lectures — Culture indienne — Résumé du Rāmāyaṇa

Rāma, Lakṣmaṇa et Sītā entrent dans la forêt Daṇḍaka. Le terrifiant rākṣasa Virādha s'approche d'eux, s'empare de Sītā et adresse des reproches aux deux frères : des ascètes ne devraient pas porter d'armes et être accompagnés d'une femme. Un combat s'engage, mais Virādha ne peut être tué. Il s'agit en fait du gandharva Tumburu transformé en rākṣasa à la suite d'une malédiction prononcée par Kubera. Rāma a l'idée de demander à Lakṣmaṇa d'enterrer le rākṣasa. Tumburu reconnaît alors celui qui va le délivrer de sa malédiction. Avant de mourir, il lui indique comment rejoindre l'ascète Śarabhaṅga.

Peu avant que Rāma ne rencontre Śarabhaṅga, il aperçoit le char célestre d'Indra qui converse avec l'ascète. Le roi des dieux s'en étant allé, Rāma interroge Śarabhaṅga qui lui dit qu'après avoir rencontré le vertueux Rāma, le temps est venu pour lui de monter au ciel. Avant d'entrer dans le feu, il lui indique le chemin le long de la Gaṅgā qui le mènera à Sutīkṣṇa. De nombreux ascètes terrifiés par les rākṣasa viennent demander protection à Rāma qui la leur accorde. Quand Rāma rencontre Sutīkṣṇa pour lui demander conseil, ce dernier vient également de recevoir une visite d'Indra. Sutīkṣṇa ordonne à Rāma d'aller d'ermitage en ermitage et de revenir le voir. Après le départ, Sītā s'inquiète : elle a peur que Rāma se montre violent. Il a en effet promis de protéger des rākṣasa les ṛṣi vivant dans la forêt Daṇḍaka. Mais Rāma la rassure : il ne fait là que son devoir de kṣatriya et il tiendra sa parole. Les héros aperçoivent ensuite un lac magnifique, le Pañcāpsaras du fond duquel est émise une musique mélodieuse accompagnant les divertissements du sage Māṇḍakarṇi et de cinq apsaras. Ils vivent paisiblement pendant dix ans en évoluant d'ermitage en ermitage avant de revenir trouver Sutīkṣṇa. Rāma lui demande la permission d'aller voir le ṛṣi Agastya. L'ascète approuve et lui indique le chemin vers l'ermitage du frère d'Agastya.

En arrivant à cet ermitage, Rāma raconte un exploit d'Agastya. L'asura Ilvala invitait des brâhmanes à prendre un repas et leur faisait manger son frère Vātāpi qui avait pris la forme d'un bélier ; après le repas, Ilvala demandait à Vātāpi de sortir du corps des brâhmanes, ce qui déchirait leur corps et provoquait leur mort. Les dieux demandèrent à Agastya de mettre fin à ce brâhmanicide. Alors qu'Agastya venait de manger, Ilvala demanda à son frère de sortir, mais Agastya répondit en riant qu'il l'avait digéré pour de bon. Après avoir rencontré son frère, Rāma, Lakṣmaṇa et Sītā parviennent à l'ermitage d'Agastya. Le ṛṣi remet à Rāma des armes divines : un arc, deux carquois inépuisables, une épée et le trait de Brahmā. Il lui indique aussi un lieu agréable pour établir son ermitage : Pañcavaṭi, où coule la Godāvarī.

Sur la route de Pañcavaṭi, Rāma rencontre le vautour Jaṭāyus, un ami du roi Daśaratha. Il promet de protéger Sītā en cas d'absence de Rāma et de Lakṣmaṇa. Les héros s'établissent à Pañcavaṭi. Quand l'hiver commence, Lakṣmaṇa en fait l'éloge à Rāma qui apprécie cette saison. Un jour, la rākṣasī Śūrpaṇakhā aperçoit Rāma et en tombe amoureuse. Cette hideuse sœur de Rāvaṇa révèle ses sentiments à Rāma. Mais les deux frères se jouent d'elle, celle-ci se rue sur Sītā, sa rivale. S'indignant du peu d'humour de la rākṣasī, Rāma ordonne à son frère de la mutiler. Lakṣmaṇa lui tranche les oreilles et le nez. La rākṣasī vient trouver son frère Khara qui envoie aussitôt quatorze rākṣasa pour la venger. Ceux-ci sont tués par Rāma. Elle se représente devant Khara pour l'exhorter à tuer lui-même Rāma. C'est toute une armée de quatorze mille rākṣasa du Janasthana menée par Khara qui va combattre Rāma. Remarquant des signes funestes, Rāma ordonne à Lakṣmaṇa de se réfugier avec Sītā dans une caverne. À lui tout seul, Rāma extermine les quatorze mille rākṣasa et tue Khara à l'issue d'un combat singulier. Des pluies de fleurs tombent sur Rāma qui est acclamé par les dieux et les ṛṣi tandis que Lakṣmaṇa et Sītā reviennent de leur cachette.

Un rākṣasa nommé Akampana est parvenu à s'enfuir et se rend à Laṅkā pour avertir Rāvaṇa. Ce rākṣasa aux dix cous veut tuer Rāma, mais Akampana lui suggère de s'en prendre plutôt à Sītā, Rāma étant aussi puissant que Viṣṇu. Rāvaṇa part sur son char tiré par des ânes demander à Mārica de l'aider à enlever Sītā. Celui-ci a déjà été vaincu par Rāma, il dissuade Rāvaṇa d'agir ainsi. De retour à Laṅkā, Rāvaṇa écoute une diatribe de Śūrpaṇakhā. Rāvaṇa n'utiliserait pas d'espions, ce qui en ferait un roi mal informé ; il se comporterait mal ; Rāma et Lakṣmaṇa seraient très puissants, mais en épousant Sītā, Rāvaṇa pourrait profiter d'une très belle femme. Rāvaṇa ne résiste pas à ces arguments et retrouve Mārica. Celui-ci fait l'éloge de Rāma et met en garde Rāvaṇa : Rāma pourrait anéantir tous les rākṣasa. Mais Rāvaṇa est là pour donner des ordres. Mārica ne peut qu'accepter de mettre en œuvre la ruse visant à enlever Sītā.

Les rākṣasa pouvant changer d'apparence, Mārica prend la forme d'une antilope gracieusement recouverte de pierres précieuses et se rapproche de l'ermitage de Rāma. En apercevant cette antilope magique, Sītā est émerveillée et demande à Rāma de la lui rapporter. Bien que Lakṣmaṇa évoque une possible ruse de rākṣasa, Rāma s'éloigne de l'ermitage pour la capturer après avoir demandé à son frère de protéger Sītā pendant son absence. La poursuite de l'antilope s'éternisant, Rāma décide de décocher une flèche pour la tuer. Avant d'expirer, Mārica reprend sa forme de rākṣasa et imite la voix de Rāma pour crier Sītā ! Lakṣmaṇa ! Au secours !. Entendant ce cri, Sītā ordonne à Lakṣmaṇa de partir sauver Rāma. Celui-ci soupçonne encore une ruse de rākṣasa et préfère respecter l'ordre de son puissant frère. Mais Sītā l'accuse de comploter avec Bharata contre Rāma. Lakṣmaṇa s'incline devant Sītā et part à la recherche de Rāma.

Rāvaṇa prend l'apparence d'un mendiant pour entrer dans l'ermitage où Sītā, seule, l'accueille avec tout le respect dû à un brâhmane. Il tente de la séduire et lui demande comment une femme aussi belle s'est retrouvée dans un lieu aussi sordide. Sītā lui raconte son histoire et interroge Rāvaṇa à son tour. Celui-ci décline son identité de roi des rākṣasa et demande sans détour à Sītā de l'accompagner à Laṅkā et de l'épouser. Elle lui annonce qu'en lui manquant ainsi de respect, il court à sa perte. Tandis que Rāvaṇa l'emmène de force sur son char, les cris de Sītā réveillent le vautour Jaṭāyus qui vient à son secours. Il parvient à démolir le char de Rāvaṇa mais ce dernier le met à mort et emporte Sītā dans les airs. Apercevant des singes au sommet d'une montagne, elle laisse tomber un vêtement recouvert de parures précieuses en espérant qu'ils informeront Rāma de son enlèvement. Après avoir traversé la Pampā, Rāvaṇa arrive à Laṅkā et installe Sītā dans son gynécée. Répondant à de nouvelles protestations de Sītā, il lui dit que si elle n'accepte pas de l'épouser dans les douze mois, il la mangera. Sītā est conduite à un bois d'aśoka et souffre de son chagrin.

Pendant ce temps, Lakṣmaṇa retrouve Rāma qui lui reproche d'avoir laissé Sītā seule. De retour à l'ermitage, cherchant Sītā avec obstination, pensant qu'elle joue à cache-cache ou interrogeant en vain les créatures de la nature, Rāma tombe dans le désespoir. Les deux frères trouvent finalement les fleurs que Sītā nouait à ses cheveux et les débris du char d'un rākṣasa. Furieux, Rāma s'apprête à embraser l'univers si les dieux ne lui rendent pas Sītā, mais Lakṣmaṇa le ramène à la raison : il faut trouver l'ennemi et le tuer. En découvrant Jaṭāyus, Rāma croit voir l'assassin de Sītā, mais avant de mourir, le vautour lui raconte l'enlèvement de Sītā par Rāvaṇa. Les deux frères procèdent à ses rites funéraires et prennent la direction du sud.

Une autre rākṣasī, Ayomukhī, enlace Lakṣmaṇa, mais celui-ci lui coupe le nez, les oreilles et les seins. Les deux frères rencontrent ensuite Kabandha, un rākṣasa gigantesque, n'ayant ni tête ni jambes. Ayant une bouche sur le tronc, il engloutissait les créatures qu'il attrapait avec ses longs bras. Un premier temps capturés, ils lui coupent les deux bras de leur épée. Kabandha est en fait un beau prince qui a pris cette forme hideuse à la suite d'une double malédiction d'Indra et d'un brâhmane. Seul Rāma pouvait l'en délivrer. Ayant repris sa forme splendide, il incite Rāma à se lier d'amitié avec le singe Sugrīva, fils du Soleil, qui réside sur le mont Ṛśyamūka.

Le chemin des deux héros chemin croise l'ermitage qu'occupait Mataṅga ; sa disciple Śabarī les reçoit généreusement avant de s'immoler dans les feu, des ṛṣi lui ayant annoncé que l'accueil prodigué à Rāma l'autoriserait à rejoindre les mondes suprêmes. C'est un paysage idyllique qu'ils trouvent aux abords de la Pampā où foisonnent les lotus. Rāma et Lakṣmaṇa sont résolus à franchir cette rivière d'où se dresse le mont Ṛśyamūka.

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Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non !

2006-05-25 11:17+0200 (Grigny) — Culture — Lectures

Depuis quelques semaines, je lis le Rāmāyaṇa tout doucement ; j'essaie néanmoins d'intercaler la lecture d'autres livres de taille moins conséquente, entre deux chants de l'épopée (qui en compte sept) ou quand j'oublie bêtement mon livre quelque part (il y a deux semaines, je l'ai oublié à l'École Polytechnique en quittant un séminaire 1, mais j'ai pu le récupérer depuis).

Avant-hier, je lisais La ferme des animaux de George Orwell. Il s'agit d'une satire critiquant manifestement le totalitarisme communiste 2. Après qu'un cochon nommé Sage l'Ancien a fait un rêve lui ayant insufflé l'air d'un chant révolutionnaire Bêtes d'Angleterre, les animaux d'une ferme se révoltent et parviennent à expulser le fermier Jones...

Je fus assez surpris de lire la phrase suivante :

Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres.

Avant de lire ce livre, j'aurais spontanément attribué ce mème à Coluche...

[1] Je n'y étais pas retourné depuis les concours que j'avais passés en 1999. Quand on y va depuis la station de RER Lozère, il y a un fameux escalier. La longueur et la hauteur des marches est tellement irrégulière que cela ne peut être qu'une plaisanterie d'architecte, à moins que les professeurs de sport y aient vu une occasion de proposer des épreuves sportives diversement rythmées aux élèves (il y a paraît-il un sport consistant à grimper cet escalier le plus rapidement possible, avec chronométrage et promulgation du record). J'ai vaguement essayé de compter le nombre de marches, mais je n'ai pas trouvé le même résultat en montant et en descendant. Il y en aurait un peu moins de trois cents.

[2] On entend parfois dire cela de 1984, mais cela ne me semble pas si évident. S'il y a des mécanismes communs entre ces deux livres, mais la fable est beaucoup plus explicite.

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La SNCF ne sait pas communiquer

2006-05-16 23:50+0200 (Grigny)

Le système d'annonces sonores à la Gare de Lyon, c'est vraiment n'importe quoi, surtout quand il passe en mode non automatique.

Il y a quelques semaines, je devais prendre un RER D pour rentrer à Grigny. Cela devait être celui de 0h15. Je m'installe dans un train qui était censé être le bon (voie nº1 ou nº3). À cause de problèmes d'organisation faisant suite à l'agression d'un cheminot Gare du Nord, il y avait des retards et il fallait utiliser une autre voie. On nous annonce donc qu'il faut nous rendre voie nº4 (ce qui nécessite de monter des escaliers et d'en redescendre) ; un train partirait à telle heure, il ne serait pas nécessaire de courir pour l'attraper puisqu'on aurait tout notre temps. J'arrive voie nº4 et m'installe tranquillement dans le train dont le speaker annonce qu'il partira dans quelques minutes. Peu de temps avant l'heure de départ envisagée, nouvelle annonce du speaker disant que le prochain train partira de la voie nº2 (de l'autre côté du quai), mais cette fois on évite de dire pas besoin de courir, vu que moins d'une trente secondes plus tard, le train étant parti...

Aujourd'hui, vers 18h, je m'apprête à prendre un train BIPE (terminus Malesherbes). Il y en avait un d'indiqué à la voie nº1, tandis qu'un train ZYCK était censé arriver voie nº3. Suite à un problème technique, on nous annonce que contrairement à l'affichage, le train ZYCK arrivera voie nº1, et que ce sera même le prochain départ de train. Quelques minutes plus tard, un train arrive voie nº1 ; me fiant aux annonces sonores, je ne me hasarde pas à monter dedans, mais ces incompétents de la SNCF n'ont pas jugé utile de dire que contrairement à l'annonce contraire à l'affichage qui venait d'être faite, ce train n'était pas un train ZYCK, mais bien un train BIPE. Juste après ce départ de train, on nous annonce l'arrivée en gare du train ZYCK voie nº1. Plus tard, un train BIPE est annoncé voie nº3 alors que le panneau d'affichage n'indique rien. Cette fois-ci, j'y vais. Ouf, c'était le bon.

C'est quand même incroyable que la régulation des trains ne soit pas suffisamment au point pour que la SNCF ne sache pas prévoir l'ordre dans lesquels les trains vont s'insérer dans le traffic et sur quelles voies plus de dix minutes à l'avance, ce qui permettrait de donner aux usagers une information unique et fiable. Dans les deux cas ci-dessus, on a donné trop tôt des informations qui se sont avérées érronées : dans le premier cas, il eût fallu dire qu'un train partirait vers telle heure, que la voie n'était pas encore déterminée mais que nous le saurions un peu plus tard ; dans le deuxième cas, ne pas afficher l'arrivée du train ZYCK voie nº1 avant que cela ne fût confirmé, au minimum, ne pas préjuger de l'ordre dans lequel les trains arriveraient de la station Châtelet-les-Halles.

Alors que certains camarades d'infortune s'énervent très facilement, je reste en général assez impassible aux dysfonctionnements du service de la SNCF. Le plus souvent, le train s'immobilise en pleine voie de façon plus ou moins prolongée, cela téléphone dans tous les sens, çà et là, on vocifère ; pour ma part, je suis parfois presque ravi de pouvoir me plonger dans mon livre un peu plus longtemps que prévu... Si on n'est pas excessivement pressé, ces retards, beaucoup moindres que dans d'autres pays, ne sont pas trop gênants ; la SNCF n'y est souvent pour rien puisqu'il semble qu'il s'agisse parfois d'actes de sabotage touchant la signalisation. Mais les situations évoquées plus haut (et génératrices de stress) sont essentiellement provoquées par l'incapacité de la SNCF à informer ses usagers.

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Étagère

2006-05-14 17:36+0200 (Grigny) — Photographies

Encore un petit peu de rangement ; cette étagère en avait bien besoin :

[Étagères (avant)] [Étagères (après)]

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Code de couleurs

2006-05-09 18:02+0200 (Paris)

Jusqu'à présent, les liens apparaissent sur cette page s'affichaient en bleu. À partir de maintenant 1, il y a un code à trois couleurs :

Quand je pense qu'en créant cette page, j'avais envisagé de faire des pages ne donnant absolument aucune instruction de style aux navigateurs...

[1] Il sera peut-être nécessaire de demander à votre navigateur de recharger la feuille de style. Pour les utilisateurs de Firefox, il suffit de faire un Shift-Clic sur un lien pour recharger une page et ses dépendances.

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Devdas

2006-05-07 23:01+0200 (Grigny) — Culture — Cinéma — Lectures — Culture indienne

Je viens de lire le roman Devdas de Sarat Chandra Chatterjee, traduit du bengali par Amarnath Dutta et paru récemment dans la collection La Voix de l'Inde, Les Belles Lettres. Les personnages principaux sont Devdas, son amie d'enfance Parvati 1 et la courtisane Chandramukhi. Ce livre a été adapté de nombreuses fois au cinéma, mais je n'en connais que l'adaptation de 2002 due à Sanjay Leela Bhansali, intitulée elle aussi Devdas. Bien que la couverture du roman soit une image tirée du film, il est manifeste que le film n'est pas une adaptation très fidèle au roman.

Il y a quelques différences sans grande importance. Dans le film, Devdas est allé faire ses études en Londres ; dans le livre, c'est à Kolkata. Dans le livre, Parvati appartient à une famille de commerçants ; dans le film, sa mère est une danseuse (ce qui donne l'occasion d'une séquence musicale...).

Mais il y a des différences plus essentielles. Le caractère de certains personnages est profondément altéré : dans le film, le mari de Parvati est extrêmement antipathique, celui du livre est plutôt sympathique. Le rôle de Chandramukhi est beaucoup plus important dans le livre. Le film contient la fameuse danse de la lampe ; il s'agit de la lampe conservée allumée pendant plusieurs années par Parvati comme symbole de son amour pour Devdas ; dans le livre, Parvati a bien une lampe à l'huile, mais elle ne symbolise rien de particulier. La plus belle séquence de danse réunit Parvati et Chandramukhi 2 ; dans le livre, elles ne se rencontrent jamais.

Comme il y aurait lieu d'être déçu par le film en tant qu'adaptation, je conseillerais de commencer par visionner le film et de lire ensuite le livre plutôt que l'inverse. Ce film est vraiment excellent, superbement esthétique, un des rares films bollywoodiens que je conseillerais à quiconque sans la moindre hésitation 3.

[1] Son nom est curieusement orthographié en Parvoti. Si le prénom bengali correspond bien au nom de la déesse, il est étrange de ne l'avoir pas écrit Parvati. M'enfin, je suppose que le traducteur a ses raisons.

[2] Cette séquence de danse est absolument époustouflante. C'est de très loin la plus belle que j'ai vue pour le moment, à la fois pour la musique, la chorégraphie et pour la façon dont elle est filmée.

[3] Les parisiens peuvent voir ce film sur grand écran : il passe le dimanche après-midi au cinéma le Brady l'Albatros, boulevard de Strasbourg.

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Rāmāyaṇa, chant 2 : Ayodhyā

2006-05-06 22:55+0200 (Grigny) — Culture — Lectures — Culture indienne — Résumé du Rāmāyaṇa

Voici le deuxième épisode. Si vous préférez une version imprimée, j'ai ook-ooké rapidement un petit programme pour convertir mes entrées de blog (en XML) en source TeX (en convertissant les signes diacritiques de la transcription IAST du sanskrit au passage). Il y a donc une version PDF de ce résumé ; je la mettrai à jour à chaque nouvel épisode.

La conduite de Rāma étant en tous points exemplaire, le roi Daśaratha décide d'en faire son prince héritier. Tandis que se prépare cette cérémonie dans l'allégresse générale, Mantharā, l'esclave bossue de Kaikeyī, incite sa maîtresse à s'opposer à cette consécration : elle aurait beaucoup à perdre avec le couronnement de Rāma, mais elle pourrait utiliser une promesse ancienne de Daśaratha pour tourner la situation à son avantage. En effet, après que Kaikeyī lui eut sauvé la vie autrefois, le roi avait accordé deux faveurs à sa favorite. Malgré les réticences premières de Kaikeyī qui affirme ne pas faire de différence entre Rāma et son propre fils Bharata, Mantharā la persuade de demander au roi d'une part que Rāma soit exilé dans la forêt et d'autre part que Bharata soit consacré prince héritier à la place de Rāma.

Après que Kaikeyī eut rappelé à Daśaratha sa promesse et que celui-ci eut promis d'exaucer les deux faveurs qu'elle lui demanderait, Kaikeyī annonce ses prétentions, ce qui plonge Daśaratha dans le désarroi. Le roi loue Rāma et arguë qu'il ne peut infliger une telle punition à ce fils et à son épouse Sītā, mais comme Kaikeyī le lui fait remarquer, en ne respectant pas ses désirs, il trahirait sa parole. Malgré ses supplications, Kaikeyī refuse de renoncer à ses demandes. Le roi est effondré.

La foule, inconsciente de ce qui vient de se passer, acclame Rāma lorsque celui-ci se rend au palais royal. Rāma, s'étonnant de ce que son père ne réponde pas à son salut, lui demande s'il a commis une faute. Mais Daśaratha ne répond rien, c'est Kaikeyī qui annonce ce qui a été décidé. Rāma accepte aussitôt d'accomplir la décision que son père a été contraint de prendre : il s'exilera dans la forêt des Daṇḍaka pendant quatorze ans.

Malgré les protestations de sa mère Kausalyā et de son frère Lakṣmaṇa, Rāma ne change pas d'avis : bien que sa nature de kṣatriya lui permettrait de triompher par la force, il veut avant tout respecter la décision de son père. Par dévotion pour son époux, Sītā demande à Rāma de l'autoriser à l'accompagner dans son exil. Après lui avoir rappelé les dangers et les privations qu'implique la vie dans la forêt et constaté son abnégation, il accepte. Lakṣmaṇa accompagnera aussi le couple pour le protéger. Après avoir fait don de ses richesses, Rāma met son vêtement ascétique formé d'écorce ; Kaikeyī voudrait que Sītā revête également ce vêtement, mais le chapelain Vasiṣṭha intervient en disant que cela ne faisait pas partie des faveurs accordées à Kaikeyī. Par conséquent, Sītā restera habillée de ses plus beaux vêtements.

Rāma, Lakṣmaṇa et Sītā s'en vont sur le char du cocher Sumantra. De nombreux habitants d'Ayodhyā les suivent, mais Rāma fait en sorte qu'ils perdent leur trace le lendemain. La ville d'Ayodhyā est en pleine désolation lorsque Rāma quitte son royaume. Tandis que Sumantra rentre à Ayodhyā, les trois héros traversent la Gaṅgā avec l'aide de Guha, le roi des Niṣāda. Ils arrivent chez l'ascète Bharadvāja, au confluent de la Gaṅgā et de la Yamunā. Le lendemain, Bharadvāja conseille à Rāma de s'établir au mont Citrakūṭa. Ils traversent la Yamunā sur un radeau pendant que Sītā adresse des prières à la déesse associée à la rivière, puis à un banian situé sur l'autre rive. Après avoir rencontré Vālmīki, ils effectuent les rites de fondation tandis qu'ils s'installent dans le Citrakūṭa.

Quand Sumantra rentre à Ayodhyā, il trouve une ville désolée ; il vient donner des nouvelles de Rāma au roi. Daśaratha se reproche d'avoir cédé aux demandes de Kaikeyī. Bien que rassurée par Sumantra sur la capacité de Rāma, de Lakṣmaṇa et de Sītā à vivre dans la forêt, Kausalyā reproche à Daśaratha de leur avoir infligé ce sort. Celui-ci pense savoir pour quelle faute passée il est puni. Pendant une nuit, dans sa jeunesse, il ne se fia qu'à son oreille pour décocher une flèche dans ce qu'il pensait être un éléphant qui s'abreuvait à la rivière ; il s'agissait d'un anachorète venu remplir une cruche d'eau. Avant de mourir, il lui expliqua qu'il était venu prendre cette eau pour ses parents aveugles ; Daśaratha vint les trouver pour leur expliquer ce qui venait de se passer. Avant de mourir avec son épouse, l'ascète lança une malédiction à Dasáratha : il mourrait de chagrin à cause du sort de son fils. C'est en parlant ainsi à Kausalyā et Sumitrā que Daśaratha expire. Aucun de ses fils n'étant présent, son corps est conservé dans de l'huile.

Tandis que Bharata fait un rêve de mauvais augure, des messagers arrivent à la capitale des Kekaya pour lui transmettre un message de Vasiṣṭha lui annonçant qu'il a une tâche importante à accomplir. En arrivant à Ayodhyā, Bharata a l'impression de voir une forêt ; il vient trouver Kaikeyī au palais royal. Elle lui annonce la mort de son père et l'exil de Rāma, Lakṣmaṇa et Sītā. Bharata est ulcéré du comportement de sa mère et jure qu'il fera revenir Rāma. Kausalyā vient lui adresser des reproches, mais il affirme qu'il ne connaissait pas l'intention de sa mère et maudit tout homme qui aurait consenti au départ de Rāma.

Les rites funéraires accomplis, Bharata décide de refuser la royauté : il veut faire revenir Rāma et accomplir lui-même les quatorze années d'exil. Alors que son frère Śatrughna menace de tuer la bossue Mantharā, Bharata intervient en disant que Rāma n'accepterait pas cette violence. Bharata envoie de nombreux ouvriers, géomètres, etc. sur le chemin qui doit le mener à Rāma pour qu'ils y construisent une route magnifique. Bharata s'en va avec sa grande armée. Ses ministres, ses chapelains et les épouses de Daśaratha sont également du voyage. Quand ils arrivent au royaume des Niṣāda, le roi Guha qui les accueille s'inquiète de la présence de cette armée : l'odieux Bharata ne voudrait-il pas du mal à Rāma ? Bharata le rassure sur ses intentions, Guha l'accueille chaleureusement et aide Bharata et son armée à traverser la Gaṅgā.

Bharata et Vasiṣṭha viennent seuls à la rencontre de Bharadvāja. L'ascète veut lui aussi savoir si Bharata ne cherche pas à se débarasser de Rāma. Bharata le rassure et lui demande où se trouver Rāma. Bharadvāja demande à Bharata de faire venir son armée, puis invoque les dieux (parmi lesquels Viśvakarman, l'architecte des dieux) pour faire apparaître des merveilles : de magnifiques demeures, des écuries, un palais, des troupes d'apsaras, de la musique enchanteresse, des rivières de riz au lait, etc. Les soldats commencent à se dire qu'ils resteraient bien dans ce décor paradisiaque, mais ces jouissances s'achèvent avec la fin de la nuit.

Le lendemain, Bharata remercie le ṛṣi pour son accueil et se fait indiquer le chemin vers le mont Citrakūṭa. La grande armée se met en marche en effrayant les animaux sauvages par son vacarme. Bharata se dirige vers un endroit d'où se dégage de la fumée. Pendant ce temps-là, Rāma décrit à Sītā l'harmonie qui régnait dans le lieu où ils se trouvent, ce qui l'aide à s'accommoder de la perte de la royauté. Mais le vacarme perturbe cette harmonie ; juché sur un arbre, Lakṣmaṇa aperçoit une armée et en informe Rāma qu'il s'agit de Bharata, venu pour les tuer. Rāma n'est pas de cet avis : il pourrait conquérir la terre sans difficulté, mais là n'est pas son devoir, c'est Bharata qui doit régner et ce dernier n'a pas de mauvaise intention. Rāma propose ironiquement de demander à Bharata que ce soit Lakṣmaṇa qui soit fait roi.

Bharata vient toucher les pieds de Rāma. Celui-ci l'interroge sur sa famille et lui demande de multiple manière s'il exerce correctement ses devoirs de roi. Bharata supplie Rāma d'accepter de devenir roi, mais Rāma refuse de trahir la volonté de son vertueux père et de Kaikeyī. Il ne voit pas non plus de faute dans la conduite de son frère. Après que Bharata eut annoncé que Daśaratha était mort, Sītā, Lakṣmaṇa et Rāma se rendent auprès de la Gaṇgā pour offrir de l'eau funéraire au roi défunt. Une foule rejoint Rāma, aux premiers rangs de laquelle, les épouses de Daśaratha et le chapelain Vasiṣṭha. Bharata redemande à Rāma d'accepter le trône, parce qu'il ferait un meilleur roi que lui, mais Rāma invoque le destin et le respect de la volonté de son père, puis une promesse de royauté que Daśaratha aurait faite autrefois à Kaikeyī. Pour infléchir la position de Rāma, l'éminent brâhmane Jābāli tient un discours de négateur des Vedas en plaçant le plaisir avant le devoir et l'intérêt, Vasiṣṭha dresse la généalogie de Rāma pour appuyer l'argument selon lequel c'est lui, l'aîné, qui doit succéder à Daśaratha, Bharata commence une grève de la faim. Mais Rāma réfute ces arguments.

Une solution acceptable par tous est trouvée. Bharata fait enfiler des socques à Rāma qui les lui rend. Bharata règnera, mais son action sera guidée par ces socques qu'il place sur sa tête. Rentré à Ayodhyā, Bharata y retrouve une ville sans lumières. Il décide de partir pour Nandigrāma pour y vivre en ascète et régner sous la dépendance des socques de Rāma.

Alors que des rākṣasa perturbent la quiétude de leur ermitage, Rāma, Lakṣmaṇa et Sītā partent en direction de la forêt Daṇḍaka.

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Dossiers

2006-05-02 17:33+0200 (Paris) — Culture — Cinéma — Lectures — Culture indienne — Mathématiques

Je viens de passer une journée entière à remplir des dossiers de candidature pour des postes d'attaché temporaire d'enseignement et de recherche. C'est vraiment éprouvant. Il y a des différences subtiles entre les différentes universités où je candidate concernant les pièces demandées. Pour une des universités, j'ai été un peu surpris que l'on me demande un certificat de position militaire (je fais partie de ceux, nés en 1979, qui n'ont eu à faire ni service national ni journée de préparation à la défense).

À part ça, l'épisode nº2 du Rāmāyaṇa devrait arriver au cours de cette semaine. À propos de cette épopée, je suis allé samedi dernier au Grand Rex pour (re)voir quelques films dans le cadre de la Bollywood Week, j'ai donc revu कभी खुशी कभी ग़म (lors de sa sortie en salles en France, le titre avait été grotesquement traduit en La famille indienne). Avec cette nouvelle projection, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ce n'était sans soute pas un hasard s'il y avait beaucoup d'allusions aux héros de cette épopée dans le film : les statues de Rāma sont souvent montrées, on célèbre Divali (c'est-à-dire le retour de Rāma à Ayodhyā). En effet, il y a quelque ressemblance entre le film et l'épopée : dans le film, le fils aîné est contraint à un exil (d'un peu moins de quatorze ans) par la faute de son père tout puissant, etc. Mais bien évidemment l'homologie entre les personnages des deux histoires s'arrête assez rapidement. Rien à voir, mais je me demande bien à quoi ressemblera l'adaptation du Mahābhārata qui est annoncée pour 2007 avec des stars bollywoodiennes dans les rôles principaux (notamment Rani Mukherji dans le rôle de Draupadi).

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