Weblog de Joël Riou

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Le Chant de la nuit (LSO/Gergiev) à Pleyel

2011-03-27 01:50+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-03-26

London Symphony Orchestra

Valery Gergiev, direction

Symphonie nº7 Chant de la nuit (Gustav Mahler)

Ce n'est pas exactement la première fois que j'entends du Mahler en concert, puisque les Kindertotenlieder (et des œuvres d'autres compositeurs) avaient été chantés par Thomas Hampson au TCE il y a deux mois. Cependant, c'est la première fois que j'entends une symphonie de Mahler en concert (dans ma CD-othèque, je n'ai que la dixième symphonie, écoutée une unique fois il y a plus de deux ans). Entendre est un mot bien faible pour décrire l'expérience toute physique dont le corps fait l'objet pendant toute la durée du concert.

Comment ai-je pu me tenir éloigné de cette musique pendant si longtemps ! Jamais un concert ne m'avait fait me sentir autant minuscule devant la grandeur de la musique, qui m'a saisi dès le premier mouvement. Vu les explications amusantes de Klari dont j'ai hérité de ma place à l'arrière-scène, il est évident que l'on ne saisit pas tout ce qui se passe, loin s'en faut ! Il se passe tellement de choses en même temps ! Cela dit, certains thèmes et rythmes, même s'ils passent d'un pupitre à un autre, sont parfois installés de façon assez insistante pour qu'on arrive à suivre, un peu.

C'est aussi ma première fois avec le London Symphony Orchestra. Je me réjouis par avance de la série de concerts de cet orchestre à laquelle je me suis abonné pour l'an prochain. En revanche, j'avais déjà aperçu Valery Gergiev diriger un Lohengrin à Bastille il y a quatre ans. Cette fois-ci, je suis on ne peut mieux placé pour le voir remettre sa mèche de cheveux en place sur le crâne (il l'a par exemple fait à trente secondes de la fin comme pour se faire beau pour les saluts, mais entretemps, la mèche avait déjà repris sa liberté). Passons sur ce détail capillaire. Le style de direction n'est manifestement pas du genre à utiliser avec un orchestre sous-excellent ! Pendant le premier mouvement, et un peu moins par la suite, il avait les yeux constamment rivés sur la partition, regardant cependant un peu de temps en temps les vents et les cuivres, battant la mesure de la main droite et donnant des indications aux premiers violons de la gauche. Tout le reste semble passer par messages subliminaux signifiés par des muscles faciaux d'un micropouillième carré ! Parfois, les indications sont faciles à comprendre pour le béotien que je suis, mais le plus souvent, il fait une drôle de moue en direction de quelques musiciens ; il doit falloir être initié pour comprendre ce que cela signifie... Je ne sais pas si c'était juste pour passer le temps, pour analyser ou simplement pour être sûr de prendre le train en marche, mais il y avait dans mon champ de vision, tout devant moi, un joueur de mandoline (absolument silencieux pendant les trois premiers mouvements) qui suivait sur une édition de poche de la partition d'orchestre ! Comme je dis plus haut, par moments, on est pas trop perdus, mais à d'autres, cela court dans tous les sens. Les cordes ont a un moment, deux ou trois fois de suite, produit un bruit sec avec leurs archets. Malgré la répétition, je n'ai pas réussi à ne serait-ce que voir ce qui se passait. À l'oreille, on aurait dit qu'ils n'avaient vraiment pas peur de casser en deux leurs archets.

Si le premier mouvement est tendu et assez imposant du point de vue du volume sonore, les mouvements centraux contiennent des passages plus apaisés, presqu'amusants (jusqu'à l'utilisation de cloches de vaches). Je ne sais pas comment cela se compare à d'autres interprétations, en tout cas, ce soir, la symphonie a été jouée en 1h15.

(Le concert sera diffusé sur France Musique le lundi 11 avril à 9h07.)

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Commentaires

1. 2011-03-27 10:29+0200 (Madama Abricot)

Mince, on s'est encore raté ! continue ton expérience Mahler, tu ne seras jamais déçu ; celle d'hier soir est la plus "fouchtraque" avec beaucoup d'éléments qui semblent souvent désordonnés ! à voir également une exposition Mahler au Musée d'Orsay ! on y voit entre autre un film avec sa femme Alma et sa fille et c'est très émouvant !


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