Weblog de Joël Riou

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The Mahabharata, de Peter Brook

2008-12-31 15:44+0100 (Orsay) — Culture — Cinéma — Lectures — Culture indienne

Hier, j'ai revu The Mahabharata de Peter Brook (version courte de trois heures). Je pensais faire un billet pour préciser mon point de vue, ayant eu l'occasion de me replonger dans l'épopée récemment, mais il s'avère que je n'ai rien à modifier à ce que j'avais déjà écrit il y a plus de deux ans.

Très bientôt, une critique de The Palace of Illusions de Chitra Banerjee Divakaruni (acheté à Kolkata) qui a été traduit en français plus rapidement que je ne l'imaginais : Le Palais des illusions (Picquier). Comme ce roman est une adaptation du Mahābhārata, raconté du point de vue de Draupadī, j'ai aussi préparé un petit résumé de l'épopée...

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Zooms sur l'ensemble de Mandelbrot

2008-12-19 01:31+0100 (Orsay) — Mathématiques

Deux superbes vidéos de zooms en des points judicieusement choisis de l'ensemble de Mandelbrot, générées par David A. Madore : la première, et la deuxième. Des vidéos de meilleure qualité technique, mais autant dans le domaine public que les précédentes, sont disponibles sur BitTorrent : ici et .

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100%

2008-12-19 00:03+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Lectures

Il y a quelque temps, je parlais de la quarantaine d'heures de musique qu'il me restait à écouter après que j'eus finis de découvrir mon intégrale de Mozart. Cela fait au moins cinq ans que ça ne m'est pas arrivé, mais aujourd'hui, il n'y a pas dans ma collection de disques une minute de musique que je n'aie pas écoutée.

Parmi les opéras écoutés dernièrement, Fidelio de Beethoven m'a beaucoup impressionné. Rarement, au disque, je n'ai autant été ému par un opéra, alors même qu'aucun personnage ne meurt ! Si le premier acte ne m'a pas particulièrement enthousiasmé, le deuxième est vraiment superbe. J'avais acheté cet enregistrement (Sir Colin Davis, London Symphony Orchestra, 2006) pour me préparer à la représentation que je me disposais à voir cette année ; un grain de sable a dû compromettre la saisie de mon formulaire d'abonnement par les services de l'Opéra de Paris puisque de la production présentée cette année, je n'ai reçu nul billet. Quel dommage !

Là, tout de suite, je viens de visionner un DVD conseillé par Madame Abricot : Carmen avec Anna Caterina Antonacci et Jonas Kaufmann à l'Opéra royal de Londres. De cet opéra, je n'avais écouté que les suites pour orchestre qui en sont extraites. Avec d'excellents chanteurs et une bonne mise en scène, c'est tellement mieux ! Je me réjouis d'avoir pris une place pour la production de l'Opéra Comique en juin 2009, avec ladite Anna Caterina Antonacci. En regardant à nouveau la distribution, je viens de remarquer que le chœur d'enfants sera le chœur Sotto Voce. Tant mieux.

Mon mois de janvier s'annonçant chargé et celui de février indien, j'attendrai sans doute mars avant de me livrer à quelque nouvelle dilapidation (une semi-intégrale Haydn ?).

Côté livres, cette situation ne risque pas se produire de sitôt. À mon rythme actuel de lecture (environ quatre-vints livres cette année), j'ai de la réserve pour plus d'une année, étant entendu qu'en dernier recours, il me restera toujours une Bible (Segond).

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L'Art de la fugue aux Billettes

2008-12-15 00:13+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Lectures — Culture indienne

Église des Billettes — 2008-12-12

Atsushi Sakaï, dessus de viole

Thomas de Pierrefeu, ténor de viole

Isabelle Saint-Yves, basse de viole

Josh Cheatham, basse de viole

Consort de violes Sit Fast

L'Art de la Fugue (BWV 1080).

Vendredi, quand j'en pris le chemin, cela faisait deux ans que je n'avais pas mis les pieds dans l'Église des Billettes. J'étais alors allé écouter Sigiswald Kuijken interpréter les trois premières suites pour violoncelle de Bach sur un étonnant instrument : le violoncello da spalla. Cette fois-ci, c'était pour écouter L'Art de la fugue. Les versions que j'en ai en disque sont pour clavecin, piano ou orgue. Je savais que cela avait aussi été adapté pour orchestre. Ce soir-là, à ma grande surprise, c'était un ensemble de quatre violes, le consort de violes Sit Fast qui interprétait cette œuvre, qui est une des toutes dernières de Bach.

Ce concert faisait partie du programme des productions Philippe Maillard auxquelles je suis abonné depuis plusieurs années. En entrant, je me suis assuré que le prix de leurs programmes n'avait pas changé depuis mai dernier et étaient toujours de 5€. Le placement étant libre, je me suis installé sur les bancs grinçants, aussi près que possible des musiciens : sinon, à moins de passer à l'étage, on ne voit pas grand'chose.

Les musiciens se sont installés, plaçant sur ou entre leurs genoux leur viole. Celles-ci étaient de différentes tailles. Je ne suis pas expert en violes, mais je soupçonne fortement que le programme comportait une erreur dans la distribution : la viole qu'utilisait Isabelle Saint-Yves avait une taille plus voisine de celle du dessus de viole d'Atsushi Sakaï que de celle des violes des deux autres musiciens, Thomas de Pierrefeu et Josh Cheatham. Une de ces deux dernières violes, grandes par la taille, arborait un charmant motif constitué d'arabesques.

L'ensemble a interprété les onze premiers contrepoints ainsi que la Fuga a 3 sogetti. À de nombreuses reprises, les musiciens ont dû réaccorder leurs instruments, ce qui prenait bien cinq minutes à chaque fois ! J'étais quelque peu sceptique à l'écoute du premier contrepoint, joué dans un tempo très lent. Cette interprétation très austère transporte les spectateurs dans l'ascèse (au point qu'ils en oublient de tousser). Mes préventions ont été rapidement dissipées et au bout du sixième, j'étais convaincu et appréciait vraiment ce que j'entendais. Après un court entr'acte intervenu après le septième contrepoint, le concert a continué jusqu'au onzième. Atsushi Sakaï est alors intervenu pour évoquer le dernier morceau qu'ils allaient interpréter. Il a expliqué que diverses théories avaient été proposées au sujet des contrepoints qui suivent les onze premiers qui, eux, ne sont pas l'objet de controverses. Il a annoncé que son ensemble avait retenu l'hypothèse selon laquelle la Fuga a 3 sogetti fait bien partie de L'Art de la Fugue, mais qu'elle s'arrête malheureusement avant que le thème revienne. L'ensemble a interprété cette fugue, et de façon subite, au bout de quelques minutes, la musique s'est interrompue.

Pour le chemin du retour, ayant apporté des livres choisis aléatoirement dans ma bibliothèque et ayant déjà eu le temps au cours de la journée de finir La Centurie, Poèmes amoureux de l'Inde ancienne d'Amaru, je n'ai pas eu d'autre alternative que de commencer la pièce de théâtre de Krishna Baldev Vaid, en version bilingue hindi-français : La faim, c'est le feu (भूख आग है), traduit du hindi par Muriel Calvet et Jyoti Garin, Asiathèque. Je pensais ne rien comprendre, mais j'arrive à saisir le sens d'une phrase sur deux du texte hindi. Il faut bien dire que les personnages rencontrés jusqu'à présent, une jeune fille et ses parents, parlent une langue qui est un Hindglish caricatural. Ils utilisent ainsi de nombreux mots anglais. Certaines répliques sont même entièrement en anglais, mais transcrites dans l'alphabet devanagari, comme celle-ci :

बच्ची. ― ममी, प्लीज़ नो ! आइ लव माइ हिंदी मैदम ।

Cette réplique de la jeune fille se transcrit ainsi : Mamî, plîz no ! Âi lav mâi hindî maidam.. La traduction franglaise qui est donnée est Maman, non, please! I love ma prof de hindi !. Bref, c'est très amusant à lire.

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La Turangalîla à Pleyel

2008-12-11 00:49+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2008-12-10

Jean-Yves Thibaudet, piano

Tristan Murail, ondes Martenot

Roland Daugareil, violon solo

Orchestre de Paris

Christoph Eschenbach, direction

Turangalîla-Symphonie pour piano solo, ondes Martenot et grand orchestre (Olivier Messiaen)

Olivier Messian étant né en 1908, ses œuvres sont davantage jouées cette année que d'ordinaire. Depuis le début de l'année, il y a eu une autre Turangalîla-Symphonie à Pleyel et même une version concert de l'opéra Saint François d'Assise. En m'installant hier à mon siège, j'ai découvert dans le programme que ce concert de l'Orchestre de Paris célébrait le centenaire, jour pour jour, de la naissance du compositeur. La représentation était enregistrée, filmée et diffusée en direct sur Mezzo (rediffusion le lundi 15 décembre à 17h).

Une seule œuvre était au programme de ce concert, sans entr'acte : la Turangalîla-Symphonie pour piano solo, ondes Martenot et grand orchestre. L'effectif de l'orchestre s'avère bien grand : les premières rangées de fauteuils ont été escamotés, mon rang L côté impair est plus proche de la scène que je ne l'avais imaginé. Ce placement me procure un bon angle pour observer le pianiste Jean-Yves Thibaudet et le chef, Christoph Eschenbach, que je voyais pour la première fois (fait qui a surpris Palpatine, rencontré en fin de concert). Eussé-je été de l'autre côté que j'eusse pu voir sous un meilleur angle les ondes Martenot, un bien curieux instrument électronique, qui fête ses quatre-vingts ans cette année.

C'était la première fois que je voyais une œuvre de Messian en concert. Je dois bien avouer que ce qui me fit cocher la case correspondant à ce concert pour mon abonnement Pleyel est que cette œuvre porte un nom sanskrit... Le programme me stupéfie quand il affirme qu'il faut prononcer Tourânegheulî-lâ (sic) ; je suis étonné de la présence du eu. Les premiers mouvements sont choquants pour moi qui ne suis pas du tout habitué à cette musique (seulement écoutée une fois au disque il y a quelques jours). On veut alors bien croire que Turanga puisse signifier le cheval au galop. Ces mouvements introduisent néanmoins des thèmes que l'on pourra apprécier à nouveau quand ils reviendront. Un des vénérables spectateurs situés à ma gauche s'endort et se met à ronfler pendant un de ces mouvements, pourtant, sans toutefois être oppressants, les décibels ne manquaient pas. Je me délecte de l'écoute du Jardin du sommeil d'amour, le sixième mouvement de cette symphonie qui en compte dix ! un des rares mouvements lents de l'œuvre. Pendant le huitième mouvement Développement de l'amour, je me demande si je ne me suis pas perdu dans mes comptes parce que le recours répété aux violentes percussions me donne l'impression qu'on est à la fin de quelque chose, mais non, la pression redescend et l'œuvre se poursuit, jusqu'au dixième mouvement, qui est très beau.

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Pav Bhaji

2008-12-07 21:06+0100 (Orsay) — Cuisine — Photographies

Après un petit ratage, il fallait bien que je me rattrape. Samedi matin, j'avais déjà envisagé une recette végétarienne intitulée Purée de pommes de terre aux épices d'un de mes livres de recettes et réuni les ingrédients correspondants (y compris les piments très piquants, que mon marchand de légumes, reluctant, consentit néanmoins à me vendre). Comme cette recette est réussie, je cite ma source : Anjali Mendès, La cuisine indienne, de mère en fille, Albin Michel.

À vrai dire, j'avais parcouru la liste des ingrédients et le titre indien avec distraction. Dans le livre, ce titre est Pao Bhaji. En marathi, cela s'écrit पाव भाजी. Ce qui me trouble toujours est que la lettre est transcrite dans l'alphabet latin soit par un v soit par un o. La prononciation varie aussi, et je me suis déjà fait avoir plusieurs fois. Aujourd'hui, je n'ai pas reconnu un de mes plats favoris, que je connaissais sous le nom de Pav Bhaji, avant que le contenu de ma poêle ressemblât à ceci :

Pav Bhaji

Pour manger ce plat, il n'est pas nécessaire de s'embarrasser de couverts : cela se mange avec des pains beurrés. La viscosité et la couleur de l'ensemble varient suivant les recettes. Je suis plus satisfait de ce résultat que de ceux que j'avais obtenu précédemment avec une autre recette. Cela tombe bien, je me plaignais alors que le mélange Pav Bhaji Mix comprît une quantité d'anis qui déplût à mon odorat. Ici, les épices sont principalement issues du garam masala, un mélange d'épices qui ne contient pas du tout d'anis.

Bref, une recette qui tombe bien, mais qui ne détrônera sans doute pas mon éternel curry de poulet...

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Un plat sucré-raté

2008-12-06 21:47+0100 (Orsay) — Cuisine — Photographies

Lors de mon dernier séjour à Jalgaon, j'avais goûté d'excellents chappatis sucrés. Aujourd'hui, voulant tenter un tel mélange curieux, j'ai essayé de faire du Keshar Bhat, du riz sucré au safran (curieusement, le nom hindi signifie seulement riz au safran). Le livre de recettes annonce une recette du Maharashtra qui mélange divers goûts très subtils. Voici ce que j'ai obtenu :

Riz sucré

On sent effectivement les parfums raffinés de la cannelle, de la cardamome et des clous de girofle. En revanche, l'apport du sucre n'est pas subtil du tout. J'aurais dû en mettre moins, pensez, il y a ci-dessus une masse de sucre en poudre équivalente à celle des grains de riz. Je me suis abstenu d'arroser le tout de ghî : suffisamment de matière grasse déjà luisait.

En petite quantité, c'est plutôt bon, mais vu la proportion de sucre, cela devient écœurant trop rapidement.

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