Weblog de Joël Riou

Cette page ne contient que les entrées du mois de mars 2010. Les entrées les plus récentes se trouvent . Vous pouvez aussi naviguer vers février 2010 ou avril 2010.

Le Messie à Pleyel

2010-03-27 02:14+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2010-03-26

Rosemary Joshua, soprano

Sara Mingardo, contralto

Andrew Tortise, ténor

Roderick Williams, baryton

Le Concert Spirituel, chœur et orchestre

Hervé Niquet, direction

Le Messie, HWV 56, Händel.

Cinquième Messiah. Plutôt un agréable concert, mais pas aussi bien que la dernière fois.

Hervé Niquet dirige le chœur et orchestre du Concert spirituel. Dans certains passages choraux, il fait des pianissimi comme je n'avais jamais vu quiconque oser en faire. Les tempi sont plutôt rapides. C'est aussi le seul chef d'orchestre qui utilise le pas chassé : quand il donne une indication aux musiciens à sa gauche, il fait un pas vers la droite et se tourne vers la gauche pour leur faire face. Toujours est-il que le son qui sort de l'orchestre est très clair.

Quand elle n'a pas à jouer, une des altistes fredonne à l'unisson du chœur ou des chanteurs !

Au niveau des voix, si le ténor Andrew Tortise est correct, mais peu enthousiasmant, la contr'alto Sara Mingardo, très terne ce soir, est la grande déception vocale du concert. Les deux autres solistes ont des noms que je vais essayer de retenir. La soprano Rosemary Joshua, si son interprétation comportait quelques couacs, s'engageait totalement. Quel plaisir de l'écouter à partir de There were shepherds abiding in the field... et plus tard dans I know that my Redeemer liveth. Celui qui enthousiasme le public autant que lui-même est le baryton Roderick Williams, éblouissant dans ses airs comme Why do the nations so furiously rage.

Malheureusement, le concert a été complètement sabordé par les trompettes fautives qui se sont fait entendre dans le bien nommé air de basse The trumpet shall sound. Le chanteur Roderick Williams n'a d'ailleurs pas pu retenir sa grimace alors qu'il chantait superbement cet air.

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Siddharta à Bastille

2010-03-21 03:07+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne

Opéra Bastille — 2010-03-20

Bruno Mantovani, musique

Angelin Preljocaj, chorégraphie

Claude Lévêque, scénographie

Eric Reinhardt, dramaturgie

Olivier Beriot, costumes

Dominique Bruguière, lumières

Jérémie Bélingard, Siddharta

Clairemarie Osta, L'Éveil

Marc Moreau, Ananda, cousin et compagnon de route de Siddharta

Wilfried Romoli, Le Roi, père de Siddharta

Alice Renavand, Sujata, une jeune villageoise

Muriel Zusperreguy, Yasodhara, épouse de Siddharta

Ballet de l'Opéra

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Susanna Mälkki, direction musicale

Siddharta

J'ai assisté samedi à la deuxième représentation du ballet Siddharta chorégraphié par Angelin Preljocaj, sur une musique de Bruno Mantovani d'après un livret d'Éric Reinhart, inspiré de la vie du fondateur du bouddhisme.

Je pensais passer en vitesse revoir le plan du temple Jagannath à la BnF, mais un incident du métro 6 m'a fait changer mes plans : quand j'étais à Glacière, on a annoncé qu'un individu courait sur les voies et que le courant était coupé par précaution. J'ai marché jusqu'à Place d'Italie pour rejoindre directement Bastille et ai alors lu une annonce d'un incident voyageur qui interrompait la circulation des métros entre Place d'Italie et Nation.

J'ai pris le programme pour lire le livret : le ballet étant sans entr'acte, il vallait mieux avoir une idée de l'ensemble. On y trouve une première esquisse de livret, celle qui fut donnée au compositeur, mais dont la succession de tableaux (seize !) ne correspond pas exactement au spectacle présenté...

Cela faisait très longtemps que je ne m'étais pas retrouvé au parterre. La dernière fois, cela devait être pour Tristan und Isolde. En arrivant porte une, du jamais vu : une queue se forme pour entrer dans la salle. Après plus de cinq minutes d'attente, j'arrive finalement à m'installer au rang 30, très légèrement de côté.

N'ayant aucune idée de ce à quoi la musique allait ressembler, cela serait forcément surprenant. Les lumières s'éteignent totalement, puis se dirigent sur la fosse et la chef d'orchestre Susanna Mälkki avant que la musique se fasse entendre. Le début fait un peu bizarre, mais finalement, la musique de Bruno Mantovani s'écoute très bien.

Je n'avais vu qu'un seul spectacle d'Angelin Preljocaj avant celui-ci : Le Funambule qu'il interprétait lui-même en septembre dernier au Théâtre de la Ville. Des éléments de style apparaissent immédiatement comme une marque de fabrique, comme ces mouvements coordonnés des bras passant au-dessus de la tête. Dans Le Funambule, on le voyait s'élever dangereusement sur une sorte de passerelle suspendue. Dans ce ballet, Siddharta et son disciple Ananda grimpent sur des plates-formes faisant partie d'un mastodonte apparu d'en haut, à peine moins large que la scène de l'Opéra Bastille et se balançant latéralement. Quelle démesure !

Dans un autre tableau, on verra une maison tourner sur elle-même au-dessus des danseurs. Peut-être est-ce pour bien nous faire voir que ce n'est pas juste un décor en toile, mais un truc en dur. Ce spectacle aura aussi fourni la troisième grosse boule de 2010, après celle, majestueuse, de Norma et celle, de taille plus modeste, de Rheingold.

Dans la succession de tableaux, on verra les forces de l'obscurité représentées par des motards, l'Éveil par une éthérée danseuse en blanc (Clairemarie Osta) et des ermites maniant le baton. Après un parcours semé d'épreuves, Siddharta (Jérémie Bélingard) finira par s'unir à l'Éveil. Quoique produisant quelques belles images (comme celle de l'Éveil se dérobant par en haut aux manœuvres d'approche de Siddharta), la chorégraphie m'a souvent paru peu lisible.

Le gros point noir de ce spectacle, de mon point de vue, est l'éclairage. Pendant l'essentiel de la soirée, l'action est en noir sur fond noir, notamment le début avec les motards. Je me suis dit à un moment que la scène s'illuminerait un peu plus vers la fin quand Siddharta deviendra l'Éveillé ; pas vraiment, vu que seul Siddharta a été mieux éclairé !

Comme j'avais déjà eu une impression semblable pour Tristan und Isolde, peut-être que cette sensation de manque d'éclairage est liée à mon placement au fond de l'orchestre. En tout cas, avec ou sans jumelles, je ne voyais pas très clair (et non, ce n'est pas ma vue qui baisse : elle a été contrôlée très récemment). Pour les ballets, je crois que je continuerai à préférer l'Opéra Garnier où on a une sensation toute différente de proximité avec les danseurs.

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L'Amant jaloux à l'Opéra Comique

2010-03-18 00:30+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Comique — 2010-03-17

Magali Léger, Léonore

Daphné Touchais, Isabelle

Maryline Fallot, Jacinte

Brad Cooper, Don Alonze

Frédéric Antoun, Florival

Vincent Billier, Don Lopez

Le Cercle de l'Harmonie

Jérémie Rhorer, direction musicale

Pierre-Emmanuel Rousseau, mise en scène et costumes

Thibaut Welchin, décors

Claudine Crauland, costumes

Gilles Gentner, lumières

Atsushi Sakaï, assistant musical

Charlotte Rousseau, assistante mise en scène

Christophe Manien, chef de chant

L'amant jaloux ou les fausses apparences, André Ernest Modeste Grétry

Après avoir vu Zoroastre, Le Roi malgré lui, Carmen et The Fairy Queen, j'ai encore vu ce soir un formidable spectacle à l'Opéra Comique. J'avais sélectionné L'Amant jaloux ou les fausses apparences d'André Grétry sur la seule foi du nom d'une interprète (Magali Léger, précédemment entendue dans le rôle de Minka dans Le Roi malgré lui).

Créé à Versailles en 1778, L'Amant jaloux se passe à Cadix. À vingt ans Léonore (Magali Léger) est veuve et pour des raisons financières son père Don Lopez (Vincent Billier) ne voudrait pas la voir se remarier. Elle voit en cachette Don Alonze (Brad Cooper) qui est très jaloux. La sœur de celui-ci, Isabelle (Daphné Touchais), est la meilleure amie de Léonore. Elle est sauvé des assauts de brigants par Florival (Frédéric Antoun), un Français qui va faire la guerre au Portugal. Ils se donnent rendez-vous, mais suite à un malentendu avec Jacinte (Maryline Fallot), la femme de chambre, il croit qu'elle est la fille de Don Lopez et qu'elle s'appelle Léonore. La suite est par conséquent un tout petit peu quiproquée. Don Alonze doute de la constance de Léonore. Celle-ci décide de renoncer l'amour et de lui jouer une leçon, mais bien sûr, à la fin, ils se réconcilieront ; Don Alonze d'abord désargenté héritera et pourra épouser la fille de l'avare Don Lopez sans dot.

Pour la première fois, je me suis retrouvé au troisième rang des baignoires de face. Vu la taille plutôt réduite de la salle, c'est presque comme si on était à l'orchestre, n'étaient les étroits piliers et l'étage du dessus qui empêche de voir la partie supérieure de la scène, mais pas les sur-titres, puisqu'ils sont aussi diffusés sur des écrans latéraux. La diction des chanteurs fait que le texte est intelligible, très distinctement dans les passages parlés (sans musique), mais aussi les passages chantés. Toutefois, l'accent australien de Brad Cooper (Don Alonze) déshomogénéise quelque peu la distribution vocale, mais sa prononciation du texte reste très-honorable (il s'est cependant un peu oublié sur le premier on de D'une ardeur si constante / Voilà donc le retour.).

Interprétée par Le Cercle de l'Harmonie dirigé par Jérémie Rhorer, la musique de Grétry fait penser à celle de Haydn, donc j'aime. Le texte, s'il contient quelques rimes un peu faciles sans doute destinées à détendre l'atmosphère, comme moi qui rime avec foi, se laisse entendre sans aucun déplaisir.

Dans les prestations vocales, deux airs se distinguent. On entend ainsi à la fin du deuxième acte la belle sérénade de Florival Tandis que tout sommeille / Dans l'ombre de la nuit. Le plus enthousiasmant est néanmoins celui du début du deuxième acte, chanté par Léonore : Je romps la chaîne qui m'engage. À côté, l'air de la Reine de la Nuit de La Flûte enchantée semblerait presqu'une partie de plaisir. Ce qui rehausse encore la difficulté de cet air magnifiquement interprété par Magali Léger réside dans la mise en scène. En effet, en chantant cet air, la chanteuse s'installe dans une baignoire. Au début, je me suis dit qu'elle ne devait pas contenir d'eau... mais si, quand elle s'en est aspergée les épaules, le doute n'était plus permis. J'espère au moins qu'elle était chaude.

La mise en scène de Pierre-Emmanuel Rousseau ne va pas contre l'atmosphère espiègle créée par la musique et le texte. Cela commence dès l'ouverture. On y voit d'abord d'éblouissants projecteurs sur la scène vide. Tout doucement, les décors descendent des cintres. Puis, après que le public a pu apprécier les dessous du théâtre, le rideau tombe (ce qui ne manque pas d'amuser le public) avant de remonter pour la première scène. Les décors tout comme les costumes renvoient au XVIIIe, à l'exception d'un voile de style indien qui masque Isabelle aux regards de son frère Don Alonze.

Pour une fois, je n'ai pas stressé pour rejoindre la station Opéra et ma correspondance de RER, vu que le spectacle ne dure que 1h20.

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Das Rheingold à Bastille

2010-03-14 03:50+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Bastille — 2010-03-13

Falk Struckmann, Wotan

Samuel Youn, Donner

Marcel Reijans, Froh

Kim Begley, Loge

Peter Sidhom, Alberich

Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Mime

Iain Paterson, Fasolt

Günther Groissböck, Fafner

Sophie Koch, Fricka

Ann Petersen, Freia

Qiu Lin Zhang, Erda

Caroline Stein, Woglinde

Daniela Sindram, Wellgunde

Nicole Piccolomini, Flosshilde

Philippe Jordan, direction musicale

Günter Krämer, mise en scène

Jürgen Bäckmann, décors

Falk Bauer, costumes

Diego Leetz, lumières

Otto Pichler, mouvements chorégraphiques

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Das Rheingold, Wagner

Je reviens de la troisième représentation de l'opéra Das Rheingold de Wagner dans la nouvelle production proposée par l'Opéra de Paris. Après Lohengrin et Tristan und Isolde, Das Rheingold est le troisième opéra de Wagner dont j'assite à une représentation. J'ai acheté récemment les DVD de la production du centenaire du Ring des Nibelungen de Boulez/Chéreau au festival Bayreuth afin de me préparer à la tétralogie dont la première moitié est présentée cette saison.

L'histoire ne ressemble guère à une histoire habituelle d'opéra ! Dans ce prologue du festival scénique du Ring, on assiste à 2h20 de musique continue. Après un étonnant prélude représentant les mouvantes eaux du Rhin, les filles de ce fleuve se moquent du Nibelung Alberich qui voudrait les séduire. Elles laissent entendre que le trésor qu'elles gardent ne peut être gagné que par un homme qui aurait renoncé à l'amour et qu'avec cet or, un anneau aux pouvoirs universels pourrait être forgé, ce que s'empresse de faire Alberich. Dans la deuxième scène, Wotan, son épouse Fricka et d'autres dieux pensent au palais que viennent de leur construire les géants. Ceux-ci doivent recevoir Freia, la sœur de Fricka, en rétribution. Fricka s'y oppose. Il faut trouver un substitut qui satisfasse les géants. Loge arrive alors pour dire qu'en parcourant le monde, il n'a rien trouvé de satisfaisant, mais qu'on pourrait voler le voleur Alberich. Wotan et Loge descendent dans le monde des Nibelungen dominé par Alberich pour ce faire. Pendant ce temps, Alberich a fait fabriquer par Mime un heaume lui permettant de changer d'apparence selon sa volonté. Loge obtient de lui qu'il en fasse la démonstration. Il apparaît d'abord en dragon, puis en crapaud. Sous cette dernière forme, Wotan et Loge n'ont guère de mal à le capturer. Dans la dernière scène, le captif est forcé d'abandonner son or, son heaume et son anneau. Les géants arrivent ensuite pour se faire payer. Ils rendent Freia à condition que l'or en cache complètement la vue. Pour boucher les interstices, Wotan est obligé de céder non seulement l'or, mais aussi le heaume et l'anneau, ce qu'il n'aurait pas fait sans les insistances de Fricka et l'intervention d'Erda qui annonce le crépuscule des dieux. Les dieux se dirigent enfin vers le palais, le Walhalla, tandis que Loge refuse de les suivre.

Si pour le moment Lohengrin reste l'opéra de Wagner que j'aie le plus apprécié, la musique du Rheingold ne m'a pas déplu et hormis certains leitmotivs, j'ai particulièrement aimé les passages avec les trois filles du Rhin. Si j'ai trouvé que parfois, Peter Sidhom (Alberich) avait quelque mal à se faire entendre jusqu'au tout dernier rang du deuxième balcon où j'étais assis, j'ai plutôt apprécié les différentes prestations vocales, en particulier celle de Kim Begley (Loge).

Il n'en va pas de même des autres aspects de la production à propos desquels mon impression est plus mitigée. Si le travail de mise en scène à proprement parler me semble plutôt très bon, et les décors inégaux, les costumes paraissent à première vue complètement ratés.

Le ratage des costumes commence par ceux des filles du Rhin, roses avec en surimpression des marques pour les tétons, le nombril et le pubis. Les faire paraître sur des balançoires n'est pas une idée très convaincante. On est loin des souvenirs de Bayreuth de Camille Saint-Saëns lus dans le programme (15€, je plaisante avec le vendeur pour me plaindre qu'à ce prix-là, on pourrait espérer trouver une belle photographie en couverture) : Elles se poursuivent en nageant, car nous sommes au fond du Rhin ; et rien ne peut faire comprendre comment elles sont suspendues au milieu de l'eau : c'est le triomphe de l'illusion scénique.. Plus tard, on voit les dieux paraître avec un couche de costumes imitant la nudité de la partie supérieure du corps, ce qui les fait paraître plus musclés. Les géants et leurs serviteurs sont habillés en tenue de commando (peut-être que cette bizzarerie trouvera sa cohérence dans les trois opéras qui suivront) ; leur entrée en scène est indiscutablement spectaculaire. La plus grotesque tenue est celle de Loge qui est habillé et maquillé en clown. Certes, il a un rôle un peu à part et n'hésite pas à dénigrer Wotan et les autres, mais en faire un clown semble un peu exagéré.

La mise en scène de la troisième scène est assez intéressante par la façon de représenter le monde ouvrier des Nibelungen, qui travaillent la boule d'or qu'Alberich avait volée dans la première scène. Les influences sont alors à chercher dans Metropolis de Fritz Lang dont le programme rappelle des images (évidemment, en noir et blanc, ce qui montre l'absurdité de la hausse du prix du programme pour ce spectacle). Malheureusement, cette scène est un peu gâchée par les transformations d'Alberich. Il doit en effet se transformer en dragon et en crapaud, ce qui est un défi au metteur en scène. Günter Krämer a choisi de représenter le dragon et le crapaud par des dizaines de figurants en costumes lumineux. Le timing n'est pas terrible : les figurants-crapauds continuent à défiler vers la sortie pendant encore longtemps après qu'Alberich, visible sur scène, a été capturé.

Le programme donne une deuxième source probable d'inspiration iconographique : Les dieux du stade de Leni Riefenstahl... Peut-être est-ce l'explication pour le costume des dieux. Si Wagner a fasciné Hitler et si Wagner était ouvertement antisémite, n'est-il pas permis de représenter cet Anneau du Nibelung sans faire des références aussi intempestives à la période nazie ? Dans cet ordre d'idées, on verra apparaître à deux reprises Germania écrit dans une fonte imitant les formes des caractères gothiques (mais sans être de l'alphabet gothique pour autant, sinon les spectateurs français ne déchiffreraient pas).

Parmi les bons points, j'ai apprécié le traitement scénique des fruits que Freia a l'habitude de cueillir et qui permettent aux dieux de préserver leur corps des atteintes du temps. On la voit ainsi rassembler les fruits. Plus tard, quand les dieux ressentent le manque, on les voit se battre pour prendre possession des quelques spécimens, un signe annonciateur de leur crépuscule.

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Exposition “Miniatures et peintures indiennes” à la BnF

2010-03-14 02:11+0100 (Orsay) — Culture — Expositions — Lectures — Culture indienne

Ma carte de la BnF ayant expiré vendredi, je l'ai renouvelée samedi afin de n'avoir pas à payer en sus le prix de l'exposition Miniatures et peintures indiennes. Pour tous ceux qui aiment l'Inde, cette exposition est à ne manquer sous aucun prétexte.

Si le nombre et la diversité des miniatures n'est pas comparable aux collections que l'on trouve au musée national de Delhi, voire au musée archéologique d'Allahabad (les deux collections les plus fournies que je connaisse), la collection de miniatures indiennes de la BnF est remarquable.

Plusieurs styles de miniatures sont présentés. Le style le plus classique est le style moghol. Les miniatures de ce style sont apparemment principalement issues du don du colonel Gentil à ce qui était alors la Bibliothèque Royale. On trouve ainsi entre autres des portraits de souverains et des scènes de cour. Parmi ces dernières, on voit un roi en train de fumer la huqqa tandis que dehors, les princesses du zenana célèbrent la colorée fête de la holi. On verra aussi le gros idiot accompli Mullah Do Piyaza chevaucher un cheval famélique (il y a un rapprochement à faire avec Nasreddin Hodja à propos duquel on trouve de nombreux contes absurdes dans Le cercle des menteurs de Jean-Claude Carrière, Pocket). On verra aussi L'esclave Nazir présentant à l'empereur Aurangzeb la tête de Dara Shikoh. Cette miniature (comme d'autres ayant un thème historique) ont une origine particulière : Saisie des commissaires du gouvernement provisoire de Napoléon Bonaparte à Venise sous la direction de Gaspard Monge, 1797.

Je découvre un autre style dans cette exposition : Company School. Il n'est pas étonnant qu'il ne s'en trouve guère en Inde vu qu'il s'agit d'écoles qui travaillaient pour les diverses compagnies des Indes. Quelques unes proviennent ainsi de Chandernagor, ancien comptoir français. Certaines miniatures, notamment des images de monuments spectaculaires, comme le Taj Mahal, utilisent la perspective !

Toujours parmi les dons du colonel Gentil, une miniature représente la princesse Padmavati (cela doit être une des seules de l'exposition qui ait un rapport avec le Rajasthan). Dans l'iconographie hindoue, je note aussi Sharabha, une forme de Shiva ayant deux têtes de perruches punissant Narasimha pour avoir tué Hiraniakashipu (la raison-même de cette quatrième descente de Vishnu). En effet, ce démon était un dévôt de Shiva.

D'autres styles suivent. On voit ainsi quelques scènes hindoues à Kurnool (Andhra Pradesh). Il y est manifeste que vers 1800, les femmes n'y portaient pas de bustier : leur pudeur n'était protégée que par un pan du sari ramené à l'épaule. Plus loin, une Bayadère à Tanjore.

Une partie importante de l'exposition consiste en des recueils de peintures du Sud de l'Inde. On y voit de très nombreuses et diverses représentations mythologiques et épiques. Comme ces recueils se présentent comme des livres, ils sont ouverts à une certaine page, on voit ainsi Kumara/Kartikeya (à six têtes), le seigneur de la danse Nataraja (en couleurs !), le barattage de la mer de lait, etc ; on peut feuilleter les autres pages en manipulant les postes informatiques situés à proximité. On peut alors apprécier toute la richesse de ces recueils.

Le chef-d'œuvre de l'exposition est le plan du temple Jagannath à Puri (qui est défendu aux infidèles), de l'école de Raghurajpur (1830). Il fait plusieurs mètres de long. C'est un véritable concentré d'iconographie vishnouïste. Outre le plan en lui-même, on y voit entre autres des scènes du Ramayana, Vishnu monté sur Garuda, Lakshmi, Narasimha, Vishnu couché et de nombreuses scènes de la vie de Krishna. Superbe. Cela vaudrait presque le coup d'y retourner rien que pour en apprécier d'autres détails.

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Calendrier des ouvertures de réservations de l'Opéra

2010-03-11 19:30+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse

L'information n'étant apparemment pas trouvable sur le site de l'Opéra de Paris, je reproduis ici le calendrier des ouvertures de réservation sur Internet et aux guichets qui apparaît page 127 de la brochure.

SpectacleInternetGuichets
Concerts, récitals21 juin2 juillet
Le Vaisseau fantôme21 juin2 juillet
L'Italienne à Alger21 juin5 juillet
Eugène Onéguine21 juin2 juillet
Roland Petit21 juin12 juillet
Le Triptyque30 août10 septembre
Paquita30 août13 septembre
Les Noces de Figaro30 août24 septembre
Ballet de Hambourg30 août27 septembre
Mathis le peintre30 août1er octobre
Le Lac des cygnes11 octobre22 octobre
La Fiancée vendue11 octobre18 octobre
Balanchine/Brown/Bausch11 octobre25 octobre
Ariane à Naxos11 octobre19 novembre
Madame Butterfly8 novembre26 novembre
Giulio Cesare8 novembre22 novembre
Francesca Da Rimini8 novembre10 décembre
Caligula8 novembre6 décembre
Siegfried8 novembre14 janvier
Le Crépuscule des Dieux8 novembre14 janvier
Luisa Miller13 décembre21 janvier
Kátia Kabanová13 décembre24 janvier
Coppélia13 décembre31 janvier
Akhmatova13 décembre21 janvier
Spectacle de l'école de danse13 décembre7 février
Roméo et Juliette3 janvier18 mars
Tosca3 janvier25 mars
Mats Ek3 janvier28 mars
Ballet du Théâtre Bolchoï (Flammes de Paris, Don Quichotte)3 janvier4 avril
Rain3 janvier28 mars
Otello7 mars13 mai
Così Fan Tutte7 mars16 mai
L'Anatomie de la sensation7 mars20 mai
Les enfants du paradis7 mars23 mai

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Nouvelles saisons

2010-03-10 20:20+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse

Je suis allé hier à la présentation de la nouvelle saison de la Salle Pleyel. On montre son carton d'invitation à l'entrée et on peut récupérer les brochures. À part ça, la séance présente peu d'intérêt : les responsables de la salle, de l'Orchestre de Paris et de l'Orchestre philharmonique de Radio-France discutent de leur programmation, des nouveaux-chefs, etc. Heureusement que les éclairages sont suffisants pour faire passer le temps en feuilletant les brochures. Une heure plus tard, un moment musical, le trio pour clarinette, violoncelle et piano de Fauré par Paul Meyer, François Salque (qui est devenu père quelques heures avant) et Eric Le Sage. Je me suis plutôt ennuyé, la faute à fatigue et à Fauré. Croisé Palpatine et Mimy qui se sont laissés entraîner dans un restaurant indien. Je n'ai pas assez de recul pour commenter la programmation en général. Je note juste que le ballet royal du Cambodge viendra donner deux représentations de La légende de l'Apsara Méra.

La programmation de l'Opéra de Paris vient de tomber aussi. Ma première impression, c'est qu'en dehors des deux productions de Luisa Miller et de Tosca que j'ai déjà vues, j'irai bien voir absolument tous les spectacles d'opéra et de danse... Au niveau prix, je vois une petite inflation dans les tarifs des ballet (mes chères places à 21€ passent à 23€), une grosse inflation pour les places à 10€ qui passent à 15€ (on en entendra parler dans les files d'attente), mais les places à 20€ et 35€/40€ ne bougent heureusement pas. Apparemment, il n'y a que les places les plus chères qui baissent : création d'une catégorie Optima à Bastille plus chère que l'ancienne première catégorie, mais baisse assez significative des tarifs des catégories 1—5.

En ce qui me concerne, avant de bloquer des dates, j'attends la programmation du TCE qui sera annoncée samedi, mais le 15 ou le 17 avril 2011 est déjà réservé puisqu'on verra Louis Langrée diriger l'Orchestre de Paris pour un Pélleas et Mélisande en version de concert avec une distribution de rêve (Dessay, Keenlyside, Lemieux, Naouri, Vernhes).

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Je hais le site Internet de l'Opéra de Paris

2010-03-08 18:44+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse

C'était mieux avant.

À la fin de la saison 2008/2009, après que j'avais envoyé mon formulaire d'abonnement, l'enthousiasme déclenché par La fille mal gardée me fit me dire que finalement, j'irai voir tous les spectacles de ballet de l'Opéra de Paris cette année. Il restait quelques spectacles à réserver. Comme je vise les places à 21€, la seule option raisonnable pour ce faire était d'attendre les ouvertures de réservations sur Internet.

Les fois précédentes, à savoir le 9 novembre et le 11 janvier, j'avais déjà constaté que le site de l'Opéra malfonctionnait. Aujourd'hui encore, cela m'a exaspéré. Ce n'est écrit nulle part, mais apparemment, l'ouverture des réservation commence à 9h. Dès cette heure-là, le site est inutilisable. Un système rudimentaire de queue a été mis en place. On nous demande de répondre à une question Captcha et on nous indique un temps d'attente qui s'écoule et oscille.

À la première tentative, deux minutes d'attente, mais la connexion est interrompue constamment. Un peu plus tard, le temps d'attente annoncé d'une vingtaine de minute se trouvera multiplié par deux à l'arrivée. Je me retrouve alors avec un accès précaire au site de l'Opéra, dont l'essentiel de la mise en forme a disparu, ce qui rend certaines opérations impossibles. De fait, quand je tape mon numéro de spectateur, puis demande l'accès à la billetterie et sélectionne ballet (ce qui est un marathon en soi, vu que la connexion peut être interrompue à tout moment, ce qui impose de cliquer sur le bouton Retry jusqu'à ce que ça tombe en marche : si on ne fait rien pendant cinq minutes, le site considère qu'on a abandonné...), je peux voir apparaître La petite danseuse de Degas. Là, l'erreur serait de cliquer sur le titre, cela ne ferait en effet qu'afficher la description du spectacle, et il faudrait tout recommencer pour réserver un billet. Non, je ne suis pas un bleu et je clique sur le bouton Réserver. Et là, au lieu de me proposer de choisir entre les différentes dates, on me demande à nouveau de rentrer mon numéro de spectateur. Au bout de la sixième fois que le site m'a demandé mon numéro de spectateur, je me dis que cela ne pouvait pas être moi qui fusse buggé. Le site a planté encore un peu plus et je me suis retrouvé dans la queue. Après le déjeuner, j'ai réessayé et cela a fini par fonctionner.

C'est la troisième fois de suite que la vente sur Internet se passe vraiment mal. Avant le changement de système, ce n'était pas aussi pire. Il faudrait vraiment que quelque chose soit fait. Si ce n'est qu'un problème de charge des serveurs, il suffirait d'espacer un peu plus dans le temps les mise en vente, à savoir ne pas mettre en vente huit séries de spectacles en même temps comme ce fut le cas le 11 janvier.

L'interface est malpratique au possible. Dans l'ancien système, quand on avait sélectionné un spectacle, pour chaque date, on voyait l'intervalle de prix des places encore disponibles. Actuellement, cela affiche de 21.00€ à 87.00€, même s'il ne reste plus que des places de première catégorie. Vu le temps que prend le chargement d'une misérable page Web sur le site, cela fait perdre un temps fou. Une fois la date et la catégorie sélectionnée, on voit normalement une liste des différentes zones dans lesquelles il reste des places, comme Quatrièmes loges de côté, Amphithéâtre, etc. Souvent, rien ne s'affiche et on est obligé de valider pour voir le placement, ce qui bloque temporairement la place et fait encore perdre du temps. Corriger ces défauts de conception de l'interface réduirait sans doute un peu la charge du site...

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La dame aux camélias à Garnier

2010-03-06 20:39+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2010-03-04

Frédéric Chopin, musique

John Neumeier, chorégraphie et mise en scène (1978)

Jürgen Rose, décors et costumes

Rolf Warter, lumières

Victor Hughes, répétitions

Michaël Schmidtsdorff, direction musicale

Emmanuel Strosser, piano

Frédéric Vaysse-Knitter, piano

Delphine Moussin, Marguerite Gautier

Karl Paquette, Armand Duval

Andreï Klemm, Monsieur Duval

Mélanie Hurel, Prudence Duverney

Laurent Novis, Le Duc

Karine Villagrassa, Nanine, la servante de Marguerite

Simon Valastro, Le Comte de N

Frédéric Vaysse-Knitter, Un pianiste

Ludmilla Pagliero, Manon Lescaut

Mathias Heymann, Des Grieux

Mathilde Froustey, Olympia

Nicolas Paul, Gaston Rieux

Ballet de l'Opéra

Orchestre de l'Opéra national de Paris

La dame aux camélias, ballet en un prologue et trois actes d'après le roman d'Alexandre Dumas fils

Jeudi dernier, je suis allé à la dernière de La dame aux camélias, ballet de John Neumeier, d'après le roman d'Alexandre Dumas fils. Je recommande à quiconque de lire ce roman, où l'on voit les sentiments des personnages s'exprimer comme rarement on peut le lire.

Suite à un mauvais calcul d'horaires de RER et les retards que ceux-ci accumulent, je suis arrivé à la dernière minute dans ma troisième loge de côté, sans avoir eu le temps d'acheter le programme ni de lire la distribution, l'ouvreuse ayant répondu à ma voix essouflée qu'elle n'en avait plus. Pendant le prologue et le premier acte, je me suis donc amusé à essayer de reconnaître les danseurs.

Si j'ai certainement passé un bon moment (prolongé : trois heures avec deux entr'actes), ce ballet est loin d'être mon préféré. Bien sûr, j'ai apprécié les références explicites aux personnages de Manon Lescaut (comme dans le roman), Des Grieux étant interprété par mon étoile masculine préférée (Mathias Heymann) et par la toute nouvelle première danseuse Ludmila Pagliero. J'ai aussi aimé la mise en scène très cinématographique. Un rideau sépare souvent l'avant-scène de l'arrière, ce qui permet de distinguer plusieurs scènes concommitantes et on voit parfois un personnage sortir d'une pièce pour reparaître dans une autre, dans un flot cohérent d'action continue. J'ai aussi aimé les portés invraisemblables auxquels se livrent la nouvelle étoile Karl Paquette (Armand) et Delphine Moussin (Marguerite). Les costumes sont d'une esthétique quelque peu datée, mais il est plaisant d'admirer les couleurs vives des danseuses, ce qui permet de distinguer Mélanie Hurel (Prudence) et Mathilde Froustey (Olympia) dans certaines danses de groupe.

Bien que je n'apprécie pas beaucoup la musique de Chopin, je n'en ai pas ressenti de déplaisir particulier, si ce n'est une impression de déjà-vu du fait des nombreuses reprises du Largo de la Sonate en si mineur (opus 58), une sorte de leitmotiv du ballet. Non, ce qui m'a un peu déplu, c'est la façon de raconter l'histoire. Si les tableaux en eux-mêmes sont beaux (comme les réjouissances campagnardes du deuxième acte) et si la construction est très intelligente, bien que connaissant l'histoire, j'avais parfois un peu de mal à suivre, surtout pendant les deux premiers actes. De surcroît, le synopsis que contient le programme n'aide pas vraiment à comprendre les rôles respectifs d'Olympia et de Prudence, par exemple.

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Maljournalisme au Monde

2010-03-06 18:44+0100 (Orsay) — Culture — Culture indienne

Je vais reprendre un des thèmes favoris de mon confrère informaticien David Monniaux. Certains journalistes reprochent souvent à l'information conçue en dehors des rédactions (blogs, encyclopédie Wikipedia, etc.) de n'être pas vérifiée, hiérarchisée, etc. Or, constate-t-il, dans les sujets dans lesquels il possède une expertise, l'information donnée dans les journaux est souvent inexacte. Le plus souvent, des connaissances scientifiques de base (niveau lycée) seraient un rempart suffisant contre la propagation d'erreurs grossières.

Il s'étonne aussi régulièrement du fait que les gens sembleraient accorder moins d'importance à la culture scientifique de base par rapport à la culture littéraire. Ainsi, connaître ou savoir reconstruire un ordre de grandeur de la masse de la Terre serait quelque chose qui n'intéresserait que quelques geeks, tandis que ne pas savoir de quoi il s'agit quand un musicologue évoque le Ring sans plus de précision serait un véritable faux-pas.

Une conclusion partielle est : constatant les insuffisances de la presse dans un domaine que l'on connait bien, comment lui faire confiance dans les autres ?

La lecture du Monde d'aujourd'hui et de sa version en ligne décèle des erreurs grossières dans le domaine culturel. Dans l'édition papier datée des 7 & 8 mars 2010, page 21, l'article La tyrannie de l'épilation attribue à Balzac un extrait du roman Nana de Zola : Lorsque Nana levait les bras, on apercevait, aux feux de la rampe, les poils d'or de ses aisselles.

Dans l'édition en ligne, je parcours rapidement un article à propos du théâtre traditionnel du Kerala. J'y lis avec effroi :

Dans l'hindouisme, il y a une sorte de trilogie : Rama, le dieu conciliateur ; Shiva, le dieu qui réveille le monde, lui procure la vie tout en le détruisant ; et Vichnou, le conservateur, qui passe sa vie à dormir sur un lotus, mais a des avatars qui viennent sur la Terre pour contrôler non seulement les hommes mais aussi les démons. Et parmi les avatars les plus connus de Vichnou, il y a Rama et Krishna.

La trinité hindoue, c'est Brahma-Vishnu-Shiva. Un commentateur exaspéré a indiqué que l'article comportait une confusion entre Brahma et Rama. Un correcteur, croyant bien faire aura remplacé les occurrences de Rama par Brahma, ce qui fait qu'à l'heure où j'écris cette note, la dernière phrase cite Brahma et Krishna parmi les avatars les plus connus de Vishnu...

Une des difficultés pour comprendre l'hindouisme est qu'une même question appelle des réponses diverses et souvent contradictoires. Par exemple, il n'apparaît pas que la tradition accorde un nombre bien défini d'épouses à Krishna. J'ai le plus souvent lu et entendu un nombre de quelques milliers. L'interview glose sur le nombre de 9,99,999. Peu importe, ce qui compte est qu'il en ait un nombre extravagant et qu'il soit capable de les satisfaire en même temps. On trouvera sans doute des traditions locales qui donnent ces chiffres et des détails qui n'apparaîtraient pas dans le Harivaṃśa et le Bhâgavata Purâna, qui sont les textes les plus importants à propos de Krishna après la Bhagavad-Gîtâ.

En revanche, il y a manifestement une erreur grossière quand il est dit dans l'interview que Vichnou, le conservateur, passe sa vie à dormir sur un lotus. Comme pas mal de divinités, on le verra parfois assis sur un lotus (ou sur une monture canonique, ici ce serait l'aigle Garuda), mais en position allongée, il est assurément sur le serpent Śeṣa et de son nombril émerge un lotus sur lequel Brahma est assis.

Je ne puis croire qu'une personne en mesure de donner des détails sur la relation entre Krishna et sa mère adoptive (Yashoda) puisse confondre Rama et Brahma. Bref, il me paraît impensable que les erreurs ne soient pas le fait d'une transcription fautive de la part du journaliste. Pourtant, l'impression première en lisant l'article est que la personne dont les qualités sont rappelées au début est incompétente.

La conclusion que je tire de cela est que, sans aller jusqu'à une relecture critique par quelqu'expert indépendant comme c'est l'usage dans l'édition scientifique, il faudrait faire relire les interviews par les personnes interrogées, surtout s'agissant de sujets qui ne sont guère polémiques et qui peuvent être préparés en dehors de toute urgence.

Nana et Krishna sont des sujets peu importants par rapport à d'autres dans la hiérarchie de l'information, mais comment croire aux détails des sujets sérieux si les sujets futiles sont aussi bâclés ?

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Sélection de photographies

2010-03-04 11:56+0100 (Orsay) — Voyage en Inde VIII — Photographies

Je suis revenu en France hier. Les photographies faites lors de ce séjour en Inde sont ici, classées par date, et , une sélection des moins ratées, dont voici un échantillon :

Photo 153

Photo 297

Photo 309

Photo 482

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Restaurants à Mumbai

2010-03-02 19:59+0530 (मुंबई) — Voyage en Inde VIII

Hier, je voulais manger au restaurant de Sachin Tendulkar, un important joueur de l'équipe indienne de cricket (il a fait parler de lui récemment en faisant deux cents courses contre l'Afrique du Sud ; certains disent qu'il faudrait lui donner le Bharat Ratna, la plus haute distinction civile indienne). Malheureusement, le restaurant a l'air d'être fermé pour plusieurs mois. Je me suis rabattu sur un restaurant de la Colaba Causeway : Food Inn. Ce restaurant est à déconseiller absolument : il y avait un os dans mon biryani de crevettes.

Dans la même rue, plus au Nord, il y a le Delhi Darbar, dont j'avais dit du mal précédemment. Il faut cependant reconnaître que leurs biryanis sont très bons, et qu'avec un peu de chance, on peut tomber sur des serveurs faisant convenablement leur travail.

Toujours dans cette rue, pas très loin de la Wesley Church, mais de l'autre côté, se trouve un restaurant du Sud de l'Inde : Kamat. Leur sambhar n'étant pas à la hauteur, il vaut mieux s'en servir comme point de repère pour localiser d'autres restaurants, comme le restaurant Ming qui se trouve just'à côté : un excellent restaurant chinois, un peu cher cependant.

Dans le quartier de Marine Lines, entre Church Gate et Marine Drive, on trouve quelques restaurants assez chic, comme Samrat, un restaurant gujarati réputé. Ce restaurant se situe à l'angle d'un carrefour, depuis l'autre côté, on peut accéder au restaurant Relish, qui est une sorte de restaurant universel puisqu'il y est proposé des spécialités de nombreux pays : Inde, Chine, Thailande, Italie, Suisse, etc.

Si je n'ai pas pu trouver de pâtisserie française, j'ai acheté quelques desserts crémeux à Colaba. Un petit peu au Sud de Colaba Market, on trouve ainsi सेलिजोर, द केक शॉप

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Holi Hai !

2010-03-01 14:35+0530 (मुंबई) — Voyage en Inde VIII

Aujourd'hui, c'est la fête des couleurs (Holî). Comme me l'a expliqué Supriya, cela a en fait commencé hier avec des célébrations bruyantes de la fin de l'hiver pendant lesquelles on répand ses mauvaises pensées sur ses ennemis et on brûle des cannes à sucre.

J'avais acheté préventivement des vêtements très bon marché pour me glisser dans la fête qui est organisée dans la zone résidentielle de l'institut par les étudiants et les familles. D'abord, tout le monde s'asperge de couleurs, vert, rouge, violet, bleu... On boit une boisson lactée qui contient manifestement quelque produit excitant. Curieusement, hier, les journaux donnaient plein d'adresses pour se procurer cette substance ordinairement prohibée, le bhang, et expliquaient les diverses modes concernant son utilisation en cuisine.

Je me suis tenu légèrement à l'écart pour la suite, puisqu'il s'agit de s'asperger d'eau avec un tuyau d'arrosage, ce qui crée fatalement une zone boueuse dans laquelle on se jette et on jette autrui.

Les couleurs sont assez tenaces, mais en frottant, elles finissent par partir.

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