Weblog de Joël Riou

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Racines carrées

2008-10-28 23:39+0100 (Orsay) — Mathématiques

Comment rendre fou un algébriste ? ou à tout le moins lui faire perdre du temps ? En lui demandant de comprendre des relations surprenantes comme celle-ci (qui vient de Daniel Shanks, Incredible Identities, Fibonacci Quart. 12 (1974), 271, 280) :

[Formule utilisant des racines carrées]

Cela paraît curieux parce qu'il y a des racines de 5 d'un côté et des racines de 29 de l'autre. S'il n'est pas invraisemblable qu'il soit possible d'obtenir cette égalité en n'utilisant que des mathématiques de niveau lycée, le faire sans indication serait un supplice. Avec des mathématiques de niveau maîtrise^WM1 (théorie de Galois), on peut raisonner de façon plus méthodique. On rencontre alors naturellement le groupe de symétrie du carré, qui est le groupe diédral à huit éléments. D'après la correspondance de Galois, la combinatoire des sous-groupes de ce groupe diédral donne des informations sur les sous-extensions du corps de degré 8 qui intervient ici. La description systématique de toutes les sous-extensions fournit les formules intermédiaires dont on a besoin pour obtenir le résultat, alors que sans la théorie de Galois, on ne les verrait que comme des astuces calculatoires sorties de nulle part...

PS : Au départ, c'est un message de David mentionnant cette égalité sans commentaire qui m'a fait réfléchir pendant une bonne demi-journée dessus.

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Le verlan serait-il plus vieux qu'on ne le croit ?

2008-10-25 20:00+0200 (Orsay) — Culture — Lectures — Culture indienne

Continuant mes lectures indianisantes, je suis tombé tout à l'heure sur un étonnant passage du Shiva-purâna. Au cours de mes lectures, j'ai pu remarquer que les traducteurs du sanskrit mentionnaient assez souvent en note que le texte initial comportait moult jeux de mots intraduisibles, expliquaient que tel ou tel vers pouvait être entendu de multiples manières, que les commentateurs classiques eux-mêmes en perdaient leur sanskrit. Certains poussent même le vice jusqu'à dire que pour bien apprécier la littérature sanskrite, il faut devenir soi-même sanskritiste...

Je n'ai pas cette ambition ; je lisais donc une traduction sélective de la Vidyeshvara-samhitâ, la première samhitâ de ce Purâna majeur qu'est le Shiva-purâna. Pour ce texte, Shiva est le dieu suprême. Il réalise cinq fonctions parmi lesquelles la création (Brahmâ), la préservation (Vishnu), la destruction (Rudra) ; il est responsable aussi d'éclairer les esprits ou au contraire de les laisser dans la confusion. On trouve peu de mythes et légendes dans cette première partie. Il est surtout question de rituels : doit-on adorer le lingam ou une représentation anthropomorphe, que signifient les marques sectaires shivaïtes, que signifient les cinq syllabes du mantra (Om) Namah Shivaya, comment se vider les intestins convenablement, comment consacrer par les bonnes formules son collier de larmes de Rudra suivant le nombre de faces de chacune, etc. On y trouve cependant une légende mettant en scène Brahmâ, Vishnu et Shiva. Shiva est présent sous la forme d'une colonne doublement infinie. Brahmâ et Vishnu jurent d'en voir le bout, Vishnu par en bas et Brahmâ par en haut. Ils reviennent tous les deux sans avoir réussi. En redescendant, Brahmâ avait essayé de convaincre une fleur qui descendait avec lui de mentir et de témoigner qu'il avait réussi à voir le sommet. Shiva en est très mécontent et lui jette un sort. D'après la table des matières, la deuxième partie, la Rudra-Samhitâ, semble beaucoup plus riche en mythes.

Pour revenir au sujet de cette entrée, au vers 77 du chapitre XVIII, je lis :

Le mot Shiva désigne Celui qui a l'emprise sur tout et sur qui personne n'a d'empire, par le jeu de mots de l'inversion : Shiva est Vashî, celui qui possède le contrôle absolu, de même que le lion simha, est par le jeu de mots de l'inversion, himsa, c'est-à-dire la créature qui attaque les autres animaux et qu'aucun autre animal ne peut attaquer.

Il est bien connu que les noms des jours de la semaine sont liés aux planètes que les Romains leur associaient. Je viens de voir que ce Shiva-Purâna faisait les mêmes associations ! en associant de plus une divinité à chaque jour, du dimanche au samedi : Shiva, Mâyâ, Skanda, Vishnu, Brahmâ, Indra, Yama.

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Les Enfants du paradis à Garnier

2008-10-25 01:52+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2008-10-24

José Martinez, chorégraphie, adaptation

Marc-Olivier Dupin, musique

François Roussillon, adaptation

Ezio Toffolutti, décors

Agnès Letestu, costumes

André Diot, lumières

Arantxa Sagardoy, assistante du chorégraphe

Licia Lucchese, assistante du décorateur

Pablo Heras-Casado, direction musicale

Eve Grinsztajn, Garance

Bruno Bouché, Baptiste

Karl Paquette, Frédérick Lemaître

Vincent Chaillet, Lacenaire

Alice Renavand, Nathalie

Ghyslaine Reichert, Madame Hermine

Aurélien Houette, Le Comte

Alexandre Gasse, Avril, complice de Lacenaire

Richard Wilk, Jéricho, le marchant d'habits

Alexandre Labrot, Arlequin

Alexis Saramite, Le concierge

Ludmila Pagliero, Rigolette

Christelle Granier, Pamela

Nolwenn Daniel, Desdémone

Sarah Kora Dayanova, La Ballerine

Ballet de l'Opéra

Ensemble Orchestral de Paris

Les Enfants du paradis, ballet en deux actes d'après le scénario de Jacques Prévert

Ce soir, c'était la première fois que j'allais à l'Opéra Garnier pour assister à un ballet. J'y étais déjà allé pour un opéra-ballet, mais sans texte chanté, ce n'est pas du tout la même chose. J'ai vraiment adoré ce spectacle, Les Enfants du paradis, création de José Martinez, d'après le scénario de Jacques Prévert du film du même nom de Marcel Carné, qu'à ma grande honte, j'avoue n'avoir pas vu.

Cela avait failli ne pas commencer du tout. Bien que j'eusse prévu une marge d'une demi-heure, mon RER a été tellement retardé que j'ai craint d'arriver en retard. Il a été transformé en omnibus, s'est trouvé bondé et pour couronner le tout, déguisés en lapins, un petit groupe d'imbéciles étudiants faisaient les zouaves. Changement à Châtelet, direction Pyramides. Je n'avais pas le souvenir que l'avenue de l'Opéra fût si longue. J'arrive tout juste à l'entrée de ma quatrième loge de côté (tout en haut) avant que le spectacle commence. En ayant payé 20€, je ne m'attendais pas à avoir une place aussi satisfaisante. Certes, cela donne un peu le vertige, on est un peu serrés, ce n'est pas très confortable, il faudrait prévoir une genouillère pour ne pas se faire mal en se cognant contre le bord. Pour prévenir l'engourdissement des jambes, il n'y a probablement rien à faire. Malgré ce relatif inconfort, bien calé dans mon siège, je voyais la scène et l'orchestre presqu'en entier. Pour voir le coin qui manquait, il me suffisait de me pencher un peu. M'étant installé au tout dernier moment, je n'ai pas sorti mes jumelles d'opéra pour ne pas faire de bruit. Je me suis bien rattrapé au deuxième acte et ai été agréablement surpris des excellentes conditions de vision que cette place offrait. En comparaison, à Bastille, en six- ou septième catégorie, je ne vois pas aussi bien les visages des artistes.

La musique de Marc Olivier Dupin était belle à écouter. Les décors étaient magnifiques, tout en mise en abyme. Les décors étaient des décors, à l'endroit ou à l'envers. La mise en scène du premier acte était époustouflante, il était impossible de se focaliser sur un point de la scène tant il se passait de choses en même temps : funambules, un bal populaire, du théâtre à l'intérieur du théâtre, etc. Ce n'était finalement pas plus mal de voir ce premier acte sans les jumelles. Bien sûr, l'intrigue se noue autour de Garance et de ceux qui la convoitent : Baptiste, Frédérick, le Comte. Le programme comportait un véritable entr'acte, c'est-à-dire non seulement une pause entre les deux actes, mais aussi un mini-spectacle à part entière. Des tracts ont d'ailleurs été jetés du poulailler pour annoncer une représentation d'Othello au Théâtre du grand escalier. Ainsi donc, sur l'escalier de l'Opéra, Desdémone n'en finissait pas d'agoniser. Sur la scène du théâtre, une répétition du ballet Robert Macaire se tenait.

Le début du deuxième acte se passe toujours dans l'univers du spectacle, avec donc, la création du ballet Robert Macaire de Frédérick Lemaître, qui en est la vedette. À la fin de cette scène merveilleuse, on ne sait plus très bien si on applaudit Frédérick Lemaître et la Ballerine qui viennent saluer ou bien s'il s'agit de Karl Paquette et Sarah Kora Dayanova qui interprètent leurs rôles. Nous sommes à une autre époque qu'au premier acte. Garance a épousé le Comte pour la protection qu'il lui procure et Baptiste a épousé Nathalie qui lui a donné un enfant. En assistant à un spectacle depuis un des fauteuils de l'Opéra (décidément), elle retrouve Baptiste, déguisé en Pierrot, faisant un numéro de pantomime, dont le thème se rapproche curieusement du niveau méta de moins. Il n'a pas d'argent pour acheter un costume au 'chand d'habits, il le poignarde. Quand il débarque au bal du Comte, il porte le costume que son personnage a volé. Garance retombe sous son charme. Le Comte est assassiné par un homme qu'il a humilié. Garance et Baptiste pourraient s'aimer, mais ils sont surpris par un chiffonnier qui est accompagné de Nathalie. Se sentant de trop, Garance part pour ne jamais revenir.

Voilà, c'est superbe, et ça se joue jusqu'au 8 novembre.

Ailleurs : l'avis de Palpatine.

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Pitié !

2008-10-24 01:48+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Théâtre de la Ville — Place du Châtelet — 2008-10-23

Alain Platel, concept et mise en scène

Fabrizio Cassol, musique originale d'après La Passion selon saint Matthieu de J. S. Bach

Hildegard De Vuyst, dramaturgie

Kaat Dewindt, dramaturgie musicale

Peter De Blieck, scénographie

Claudine Grinwis Plaat Stultjes, costumes

Carlo Bourguignon, lumières

Kurt Lefevre, assistant lumières

Caroline Wagner, Michel Andina, son

Moha Zami, régie plateau

Elia Tass, Émile Josse, Hyo Seung Ye, Juliana Neves, Lisi Estarás, Louis-Clément Da Costa, Mathieu Desseigne Ravel, Quan Bui Ngoc, Romeu Runa, Rosalba Torres Guerrero, danse

Laura Claycomb, soprano

Maribeth Diggle, alto/mezzo

Serge Kakudji, contre-ténorj

Magic Malik, chant/flûte

Fabrizio Cassol, saxophone

Michel Hatzigeorgiou, fender bass, bouzouki

Stéphane Galland, tambours, percussions

Airelle Besson, trompette

Krassimir Sterev, accordéon

Michael Moser, violoncelle

Tcha Limberger, violon

Aka Moon

Pitié !

Une des qualités du Théâtre de la Ville est de proposer des prix très modérés, de sorte que l'on en a toujours pour son argent, que le spectacle plaise ou non. Pour 12€, j'aurai donc eu le privilège d'assister depuis le premier rang à un spectacle qui fait davantage rire que pleurer, mais vu le thème censément abordé, ce n'est pas un compliment.

C'est la troisième fois que j'assiste à un spectacle mettant en scène des œuvres de Bach. Ce spectacle était de loin le moins inspiré des trois. La musique de Fabrizio Cassol reprend, déforme et massacre la musique de la Passion selon saint Mathieu de J. S. Bach. Elle est interprétée par un groupe de huit musiciens situés en hauteur en arrière-scène, au cœur du décor Ikea. Le chant est assuré par la soprano Laura Claycomb (que j'avais déjà vue dans le rôle de Gilda), la mezzo-soprano Maribeth Diggle et l'étonnant contre-ténor Serge Kakudji. Des airs, des choraux et mêmes quelques récitatifs se succèdent. Certains sont adaptés de façon non grotesque, mais d'autres sont complètement dénaturés, comme Können Tränen meiner Wangen ou Mache dich, mein Herze, rein. Le plus vilain massacre est celui du chœur final Wir setzen uns mit Tränen nieder. Il est correctement interprété par l'ensemble jazz Aka Moon, mais au moment où s'attend à entendre le chant débutant de belles voix, on entend les dix danseurs gémir de grotesques onomatopées.

Les trois chanteurs ont des costumes noirs, sauf Serge Kakudji qui a un sweat à l'effigie d'un Jésus pourvu de marques sectaires vishnouïstes. Des pansements sur ses mains et pieds semblent figurer les stigmates de la crucifixion. La répartition des voix n'est pas très cohérente puisqu'on a entendu la mezzo-soprano chanter des phrases en principe chantées par Jésus.

Les dix danseurs forment un groupe étonnant. Certains passages sont assez impressionnants, comme le premier solo de type hip-hop. Les corps sont pincés, contorsionnés, s'utilisent les uns les autres de façon bien curieuse, jouissent, se font mal. Ce n'est pas désagréable, mais tout cela n'a pas fichtrement rapport avec l'histoire qu'ils sont réputés illustrer. En outre, je ne vois pas trop l'intérêt de céder à la trivialité qui consiste à faire voir le séant des danseurs.

Un vers de la Bible à été mis en scène de façon indiscutablement spectaculaire :

Matthieu 27:51 : Alors le voile du sanctuaire se déchira en deux, d'en haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent.

En effet, Laura Claycomb a empoigné une grande hache et en a frappé une table. Au moment précis de l'impact, plusieurs rangées de lumières se sont mises à bouger dangereusement au plafond.

Voilà, c'était Pitié ! d'Alain Platel. Ne pas y aller si on aime trop la musique de Bach pour la voir souffrir ; de toute façon, c'est déjà complet...

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Armide au TCE

2008-10-14 21:12+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Théâtre des Champs-Élysées — 2008-10-12

Claire Debono, La Gloire, Phénice, Lucinde (dessus)

Isabelle Druet, La Sagesse, Sidonie, Mélisse (bas-dessus)

Stéphanie d'Oustrac, Armide (bas-dessus)

Nathan Berg, Hidraot (basse)

Marc Mauillon, Aronte, Ubalde (basse)

Marc Callahan, Artémidore (haute-contre)

Paul Agnew, Renaud (haute-contre)

Laurent Naouri, La Haine (basse)

Andrew Tortise, Le Chevalier danois (haute-contre)

Anders J. Dahlin, Un amant fortuné (haute-contre)

Francesca Boncompagni, La Nymphe (dessus)

Violaine Lucas, La bergère héroïque (dessus)

Virginie Thomas, La bergère (dessus)

William Christie, direction musicale

Robert Carsen, mise en scène

Gideon Davey, décors et costumes

Jean-Claude Gallotta, chorégraphie

Robert Carsen et Peter Van Praet, lumières

Les Arts Florissants

Danseurs du Centre Chorégraphique National de Grenoble / Groupe Émile Dubois

Armide, Jean-Baptiste Lully.

Dimanche dernier, j'étais au Théâtre des Champs-Élysées pour une représentation d'Armide, opéra en un prologue et cinq actes de Lully.

Le prologue, panégyrique de Louis XIV et annonce du thème de l'opéra, est interprété par William Christie et les Arts florissants pendant que les choristes déguisés en touristes envahissent la salle par diverses portes. La scène ressemble à l'entrée d'une exposition. On annonce Prochaine visite à 17h. La Gloire et la Sagesse (Claire Debono et Isabelle Druet) entrent sur scène en guides touristiques munies de baguettes et de télécommande pour vidéoprojecteur pour faire défiler des images du Roi-Soleil sur la grande toile située au milieu de la scène. On voit un film d'un groupe de touristes à Versailles, écoutant dans un premier temps sagement leur guide, puis se mettant à danser en entrant dans la galerie des Glaces. Ce prologue joyeusement animé par écran interposé par les danseurs du Centre chorégraphique national de Grenoble (groupe Émile Dubois) et par nos deux guides et les choristes installés dans la salle me fait me demander si j'ai bien lu le programme : cela ne ressemble guère à du Robert Carsen.

Quand le premier acte commence, je retrouve une mise en scène et des décors d'un style plus familier. Un joli fondu enchaîné entre la fin du film projeté et la première scène où Armide, Stéphanie d'Oustrac, se réveille dans un lit à baldaquin. On vante les victoires de la magicienne sur les croisés, mais un guerrier, Renaud (Paul Agnew), lui résiste, il vient d'ailleurs de libérer les prisonniers. Elle promet de se venger.

Au deuxième acte, Armide et son oncle Hidraot convoquent des charmes pour enchanter Renaud. Des nymphes vêtues en rouge et portant des fleurs entourent Renaud qui s'assoupit au milieu de la scène, couverte de fleurs. Par le pouvoir des machinistes, il se trouve surélevé de quelques dizaines de centimètres. Armide arrive avec un poignard pour le tuer, commence l'air Enfin, il est en ma puissance. Quand elle le voit, elle en tombe amoureuse et renonce à le tuer.

Entr'acte. Armide ne pense pas être aimée de Renaud. Elle croit ne pouvoir le divertir de ce sentiment que par magie. Elle convoque la Haine (Laurent Naouri) pour se défaire de son amour pour lui. La Haine et sa suite, vêtus de rouge, interviennent. Au dernier moment, Armide renonce aux pouvoirs de la Haine et prend refuge dans l'Amour. Les membres de la suite de la Haine embrassent goulûment l'héroïne.

Le quatrième acte est très curieux. Ubalde et le Chevalier danois sont chacun à son tour perturbés dans leur recherche de Renaud par l'apparition d'une nymphe enjôleuse. Pendant que l'un est charmé, l'autre utilise une arme magique pour défaire la nymphe de son pouvoir charmeur.

Au dernier acte, Armide et Renaud sont devenus amants. Armide craint que Renaud ne lui préfère la Gloire et le laisse sous le charme des plaisirs. Les deux compères du quatrièmes actes retrouvent Renaud et le libèrent du pouvoir d'Armide. Renaud s'habille (en rouge) et répond à l'appel de la guerre. Armide revient (en gris) et le maudit.

Si j'ai toujours un peu de mal avec les opéras baroques en français, j'ai passé un bon moment. J'ai revu avec plaisir Paul Agnew et Laurent Naouri. Après vérifications dans mes archives, si j'avais déjà entendu Stéphanie d'Oustrac dans plusieurs rôles secondaires d'Alceste (en version oratorio), je ne l'avais jamais vue dans un rôle principal. J'ai particulièrement apprécié son jeu et son chant dans l'air final du deuxième acte.

La dernière est samedi prochain. Elle sera diffusée en direct sur France Musique.

En rentrant, mon RER B est bloqué à Laplace en raison d'un accident grave de voyageur (en clair : un suicide). Je continue à pieds. Trois stations plus loin, à Bourg-la-Reine, je trouve un RER pour Massy-Palaiseau, puis un autre pour Orsay.

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2008-10-11 19:14+0200 (Orsay)

Mais quels sont les drôles qui ont eu l'idée de taguer le coin intérieur de la tour Sud de la Bibliothèque François Mitterrand pour y écrire Babar, Harry Potter & Cie ?

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Diptyque, session 4

2008-10-11 10:49+0200 (Orsay) — Jeux — Photographies

Collections

Ceci est ma participation à la session 4 du diptyque d'Akynou. Voici le texte de Fennelin qu'il fallait illustrer :

- Des timbres, j'ai repris le virus du grand-père. Enfin, pour l'instant la moitié des timbres se trouvent encore chez mes parents.
- Les livres. Certains auteurs en fait (Douglas Adams, Neil Gaiman, Anne McCaffrey, Feist...). Surtout de la Fantasy donc. Je couvre quelques morceaux de murs avec.
- Les jeux. Une armoire complète à ce jour. Va falloir un autre meuble bientôt.
- Les vieux jeux de rôle. Quelques étagères de matériel près à jouer pendant de longues heures. Plein de papier pour attirer la poussière...
- Les films, séries, figurines... de PatLabor. Mon côté manga.
- Les souvenirs de voyages de mes potes... J'ai même, comble du mauvais goût, une tasse avec Sadam Hussein en photo.
- Des cartes de jeux à collectionner (Legend of the five rings, Horus heresy...)
- Les problèmes de santé. Ce qui donne une quantité non négligeable de radios, compte-rendus et autres documents à conserver...
- Les films de Miyazaki. En DVD bien sûr maintenant que j'en ai les moyens.

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Intégrale Brilliant de Mozart

2008-10-09 23:05+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Je viens enfin de finir d'écouter mon intégrale Brilliant de Wolfgang Amadeus Mozart. Il m'aura fallu 1074 jours pour cela, c'est-à-dire un peu moins de trois ans. Voici le graphique de ma lente progression (le nombre de jours depuis l'acquisition en abscisse et en ordonnée le pourcentage écouté à cette date) :

[Progression de mon écoute de l'intégrale Brilliant de Mozart]

Je l'ai écoutée essentiellement dans l'ordre chronologique de composition, à savoir dans l'ordre du catalogue Köchel. Ce qui m'a beaucoup ralenti, voire bloqué, surtout au début, étaient les opéras, franchement pas très intéressants. J'ai un peu accéléré le rythme d'écoute il y a un an, et il y a quelques semaines, pressé d'arriver au bout, je me suis presque infligé une sorte d'anti-traitement Ludovico. À partir des Noces de Figaro, les opéras de Mozart deviennent tout à fait supportables à mon goût ; j'ai hâte de voir une représentation de La Flûte enchantée.

Comme je le disais il y a trois ans, je n'ai pas acheté cette intégrale par goût. J'avais juste envie de connaître un peu mieux ce compositeur. J'estimais alors qu'il était moins ruineux d'acheter l'intégrale qui venait de sortir que d'acheter isolément tels ou tels symphonies, concertos ou opéras. À la fin de cette écoute, je suis toujours très loin de considérer Mozart comme un de mes compositeurs préférés.

J'ai encore en réserve une bonne quarantaine d'heures de CD non écoutés, parmi lesquels quelques opéras et oratorios :

  • Médée de Charpentier ;
  • Solomon de Händel ;
  • Sémélé de Marais ;
  • Dido & Aeneas de Purcell ;
  • L'Orfeo de Monteverdi ;
  • Die Schöpfung de Haydn ;
  • Fidelio de Beethoven ;
  • Orphée aux enfers d'Offenbach ;
  • Madama Butterfly de Puccini ;
  • Macbeth de Verdi ;
  • Tristan und Isolde de Wagner.

Il paraît que je suis discolique.

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Hémisphères ouest-est

2008-10-09 16:02+0200 (Orsay) — Culture

J'apprends aujourd'hui qu'un écrivain français, J.-M. G. Le Clézio, est lauréat du Prix Nobel de littérature. Diverses sources mentionnent que ses œuvres comprennent des traductions de mythologie indienne. Encore faudrait-il préciser très clairement qu'il s'agit-là des Indes occidentales ou des Amérindes ! d'autant plus que les références aux Indes orientales ne sont pas exemptes dans son œuvre, d'après les commentaires que je lis sur son roman La Quarantaine.

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Réorganisation

2008-10-05 15:50+0200 (Orsay)

Cela fait au moins deux ans que je me dis qu'il faudrait que je réorganise un peu les catégories de billets dans ce blog. Ce qui n'était pas du tout satisfaisant, c'était cette catégorie fourre-tout culture, puisqu'on y trouve aussi bien des remarques sur la musique, l'opéra, la danse, la littérature. Orthogonalement à cette classification, il est la plupart du temps question soit de culture européenne, soit de culture indienne. Comme malgré tout, quand je parle d'opéra, il n'est que rarement question d'Inde et qu'à l'inverse, quand je parle de danse, c'est plutôt de danse indienne qu'il s'agit, j'ai décidé de créer des rubriques musique, opéra, danse, expositions, cinéma, lectures et de mettre ce qui concerne l'Inde dans une catégorie culture indienne, tout en conservant la catégorie culture par souci de préservation de ce qui existe déjà (et parce qu'assurément certains billets ne rentrent dans aucune autre rubrique).

Je viens donc de passer une petite heure à parcourir ces billets pour les classer rapidement dans les bonnes catégories (oui, ici, l'appartenance à une catégorie n'est pas exclusive de l'appartenance à d'autres 1).

[1] Au risque de décevoir les plus geeks de mes lecteurs, j'avoue que ceci n'est pas implémenté à base de liens durs dans le système de fichiers.

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Deux concerts à Pleyel

2008-10-02 22:37+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2008-09-30

Jean-Guilhen Queyras, violoncelle

Orchestre des Champs-Élysées

Philippe Herreweghe, direction

Symphonie nº94 La Surprise (Haydn)

Concerto pour violoncelle en ut majeur (Haydn)

Sarabande de la deuxième suite pour violoncelle (Bach)

Symphonie nº3 Héroïque (Beethoven)

Mardi soir, j'étais salle Pleyel pour le concert de l'Orchestre des Champs-Élysées, dirigé par Philippe Herreweghe. Jusques alors, je le connaissais surtout comme le chef du Collegium Vocale Gent pour avoir assisté à quelques concerts où des cantates de Bach étaient au programme. D'après Wikipédia, le répertoire de l'Orchestre des Champs-Élysées va de Haydn à Mahler. Justement, mardi, les deux premières œuvres au programme étaient de Haydn. Je ne connaissais pas du tout ce compositeur, si ce n'est que j'avais vaguement entendu dire qu'il avait inspiré Mozart. Je découvris la symphonie La Surprise et le concerto pour violoncelle en ut majeur et fut très étonné qu'ils me plussent autant. Avant l'entr'acte, le violoncelliste Jean-Guilhen Queyras nous a gratifiés de la Sarabande de la deuxième suite de Bach. La troisième symphonie de Beethoven constituait la deuxième partie du programme. Parmi toutes les symphonies de Beethoven, la troisième est de très loin celle que j'ai écoutée le plus souvent. Certains diront que c'est de la musique militaire, mais c'est quand même très beau.

Salle Pleyel — 2008-10-01

June Anderson, soprano

Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Paolo Olmi, direction

Bel raggio lusinghier et Dolce pensiero de Semiramide (Rossini)

Ouverture du Voyage à Reims (Rossini)

Casta diva et Sinfonia de Norma (Bellini)

Ah, non credea et Ah, non giunge de La sonnambula (Bellini)

Mia madre et Ave Maria d'Otello (Verdi)

L'Automne, musique de danse des Vêpres siciliennes (Verdi)

Al doce guidami et Coppia iniqua d'Anna Bolena (Donizetti)

Mio babbino caro de Gianni Schicchi (Puccini).

Hier, je suis retourné dans cette salle pour un récital de June Anderson. Un rhume naissant m'a un peu angoissé : mes voies respiratoires seraient-elles suffisamment fonctionnelles pour éviter aux autres spectateurs de devoir souffrir le fait que je tousse pendant les airs ? Le rhume a repris de plus belle depuis, mais pendant le concert, je n'ai pas eu de souci de ce côté-là.

La soprano était accompagnée de l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine, dirigé par Paolo Olmi. Au cours du concert, plusieurs œuvres orchestrales issues d'opéras ont été jouées : l'Ouverture du Voyage à Reims de Rossini, le Sinfonia de Norma de Bellini et l'étonnante musique de danse des Vêpres siciliennes de Verdi. La part restant pour le chant de la soprano n'était pas aussi importante que je l'eusse souhaité. Heureusement, ce fut quand même plus long que ce que le programme indiquait : le concert a fini trois quarts d'heure après les 21h30 annoncées. June Anderson a donc interprété des airs de Semiramide (Rossini) que je ne connaissais pas, puis l'air très connu Casta diva de Norma. Elle est revenue pour les deux airs finaux de La sonnambula de Bellini. J'affectionne tout particulièrement l'air final Ah, non giunge uman penseiro. Cet opéra présente la caractère inhabituel de se bien finir. Amina se réjouit de ce qui lui arrive. La soprano chante les deux strophes normalement, puis recommence en insérant des ornementations tout à fait charmantes. Après l'entr'acte, June Anderson a chanté quelques airs d'Otello (Verdi) et d'Anna Bolena que je n'avais jamais entendus. Bien sûr, elle a été ovationnée tout au long du récital et a interprété un air supplémentaire (que je n'ai pas identifié).

C'était la première fois que j'allais à un tel récital. Si June Anderson est évidemment sur le déclin, vu son âge, elle semblait parfaitement maîtriser son art et susciter l'émotion de ces airs d'opéra. Si ce n'était pas à tomber par terre, c'était malgré tout très bien.

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