Weblog de Joël Riou

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Journée en ville

2006-12-31 20:05+0530 (इलाहाबाद) — Voyage en Inde III

Cette semaine, je suis resté à l'institut, passant l'essentiel de mes journées à faire des maths, avec des pauses pour manger. La cuisine est d'ailleurs excellente. Le repas sont servis dans un thali et comportent invariablement de riz, un papad, des pains, une sorte de yaourt et puis quelques plats très variés.

Ces jours-ci, il n'y a pas beaucoup d'étudiants à l'institut puisqu'on est entre deux semestres. Hier soir, il y avait cependant une séance du ciné-club avec une poignée de spectateurs pour regarder Doctor Zhivago. Je n'avais jusqu'alors vu ce film qu'en VF ; c'est donc avec surprise que j'ai entendu les nombreux mots de dialogues qui sont en français dans la VO (il faudrait inventer une signalétique télévisuelle homologue aux notes de bas de page En français dans le texte dans les ouvrages traduits en français.

Ce dimanche, je sortais donc pour la première fois de l'enceinte (très étendue) de l'institut en utilisant le service de bus interne. Le problème, c'est qu'il n'y a aucun plan indiquant les points d'arrêts ni de carte suffisamment précise pour indiquer le terminus à Bank Road. Ce midi, je suis retourné au restaurant Connoisseur qui arborant des décorations de Noël. En y allant en vélo-rickshaw, j'ai remarqué un temple que j'avais déjà vu. Après avoir mangé, je suis allé vérifier : il s'avère que le temple dédié à Hanuman (mais avec aussi des idoles de Rama, Sita et Laksmana) que j'avais visité l'année dernière n'est pas celui connu sous le nom de Hanuman Mandir. Ce dernier se trouve beaucoup plus près de Sangam (le lieu où la Ganga et la Yamuna confluent). Bref, une nouvelle visite en perspective.

Je suis ensuite allé visiter le musée d'Allahabad. Je ne sais pas ce qu'il y avait vraiment dans la première salle sur la droite puisque l'éclairage était insuffisant pour y voir quelque chose. À l'étage, il y avait une salle consacrée à l'histoire de l'indépendance de l'Inde. Les autres salles étaient très mal indiquées, mais je ne regrette pas de les avoir trouvées. Une d'entre elles présentait de très beaux dessins du XVIIIe siècle montrant notamment des rois en train de fumer mais aussi Radha et Krishna. Plus loin, des salles réservées à la préhistoire, puis d'autres mettant en valeur des statues de dieux hindous, les plus remarquables étant datées des Xe et XIe siècles. À droite du musée, on peut voir le véhicule (Ford) qui a transporté une fraction des cendres de Gandhi avant que celles-ci ne fussent jetées à Sangam (photo dans un journal de l'époque).

Ensuite, il a fallu retrouver Bank Road où se trouve une annexe de la guest-house de l'institut pour prendre un bus dans l'autre sens. Cela n'a pas été facile... Le trajet de retour a été très long à cause des embouteillages : le bus n'a pas pu bouger du tout pendant plus d'une demi-heure, avec non loin de là des policiers faisant la circulation en donnant des petits coups de bâtons sur les récalcitrants. Après, on a doublé par la gauche toute une file de camions, en roulant complètement en dehors de la route !

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Début de séjour à Allahabad

2006-12-27 12:24+0530 (इलाहाबाद) — Voyage en Inde III

Avant-hier, je suis parti de bonne heure de l'hôtel pour marcher dans les rues de Varanasi afin de visiter quelques sites que je n'avais pas encore vus. Vers 6h, il n'y avait presque personne et le soleil était évidemment assez bas dans le ciel. J'ai pris une des artères en direction du Sud pour rejoindre le temple dédié à Durga. Le temple et son enceinte sont rouge vif. On peut y voir quelques idoles que j'aurais bien eu du mal à reconnaître si leurs noms n'avaient pas été écrits à côté, comme celle de Sarasvati. Comme c'est souvent le cas, il y avait un grand bassin jouxtant le temple, mais ses eaux ne semblaient pas très propres.

Pas très loin de ce temple se trouve un complexe comprenant des jardins et un grand bâtiment dédié au poète hindi Tulsi Das. Sur les murs des deux étages de ce bâtiment, on pouvait lire le texte de la version du Ramayana qu'a écrite Tulsi Das au XVIe siècle. Je ne suis pas certain qu'il y ait le texte intégral, mais cela me semble plausible. Il y avait par ailleurs des dessins représentant quelques passages importants de l'épopée.

Je suis ensuite descendu vers les ghats, mais deux garçons ont essayé de me faire peur en disant qu'ils allaient appeler la police pour vérifier que mon appareil-photo ne contenait pas de choses interdites (comme des photographies de corps en train de brûler dans les burning ghats). Si je leur faisais une donation (prétendument pour les nécessiteux...), je pouvais non seulement éviter d'aller voir la police et mais aussi aller à un endroit où je serais aux premières loges pour voir les corps brûler. Quel manque d'imagination ! Je leur ai dit qu'ils perdaient leur temps, mais ils insistaient. Pas très content que je ne tombasse pas dans le panneau, ils ont même essayé de me suivre jusqu'à mon hôtel en tentant de me faire gober qu'ils m'avaient repéré et que la police débarquerait cinq minutes plus tard ! Bien entendu, c'étaient des foutaises. C'est un désagréments les plus sévères que j'ai eus jusqu'à maintenant en Inde, mais au moins, celui-ci ne m'aura coûté aucunes roupies.

J'ai pris un train pour Allahabad en Sleeper Class. Je n'ai pas testé d'autres catégories de places dans ce type de trains, mais d'après les photographies que j'ai vues d'autres catégories plus chères, je n'éprouve pas le besoin de changer, puisque les places en SL sont tout à fait confortables, presque plus agréables à mon goût que la deuxième classe en France : il y a beaucoup d'espace et on est pas contraint de rester dans une position fixe.

À l'arrivée à la gare d'Allahabad, une étudiante du professeur qui m'a invité m'attendait avec une voiture avec chauffeur pour me conduire à l'institut Harish-Chandra qui se trouve loin du centre-ville dans un lieu vraiment charmant. Je me suis installé dans la guest-house et comme l'institut était fermé ce 25 décembre, j'ai attendu le lendemain matin pour prendre possession du bureau qui m'a été attribué. Il est sobrement décoré avec des photographies de Garry Kasparov, Ramanujan et un petit dessin de Radha et Krishna.

Hier en fin d'après-midi, j'ai fait une petite balade autour de l'institut. On peut y voir des arbres pourvus d'une étiquette indiquant les noms des mathématiciens qui les ont plantés lors de leur passage, des paons, des woodpeckers, la Ganga, le coucher du Soleil...

Mon rythme d'écriture sur ce blog va sans doute se réduire dans les jours qui viennent. Du travail mathématique m'attend.

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Arrivée en Inde

2006-12-24 18:13+0530 (वाराणसी) — Voyage en Inde III

Je me suis levé très tôt hier matin pour me rendre à l'aéroport Charles de Gaulle pour prendre un avion pour Delhi. On était assez en retard. Sur place, j'ai pris un taxi pour aller à mon hôtel (celui que j'avais réservé). On a mis beaucoup de temps à trouver la rue nº2 à Mahipalpur pour découvrir que l'hôtel avait désinvoltement mis ma réservation à la poubelle... On a quand même trouvé un hôtel providentiel où j'ai pu passer la fin de la nuit (je me suis couché vers 3h30 à causes de ces histoires). Un peu plus et je demandais au chauffeur de taxi de m'emmener directement à l'aéroport où je devais prendre un autre avion le lendemain matin...

Ce matin donc, je me lève assez tôt à nouveau pour me rendre à l'aéroport (cela n'a pas pris très longtemps, ce qui est cohérent avec le bruit de moteurs à réaction que j'ai entendu pendant la nuit). Contrairement à ce qui s'est passé à Paris, je n'ai pas eu de problème pour enregistrer plus de vingt kilogrammes de bagages (contrairement aux russes qui étaient devant moi). L'avion pour Bénarès avait du retard (2h30), j'ai eu du temps pour discuter avec Fazan, qui est cachemiri, vit en Australie, a rencontré une charmante hindoue d'Orissa sur Internet qu'il a vue il y a quelques jours et qu'il va présenter à ses parents (musulmans...) à Srinagar.

À l'aéroport de Bénarès, la récupération des bagages était assez impressionnante de désorganisation. J'ai pris un taxi prépayé (les tarifs ont augmenté par rapport à la dernière fois) et ai dû faire appel à des coolies pour transporter mes bagages jusqu'à l'hôtel : aujourd'hui, il y avait une fête avec des défilés de sikhs dans les rues, provoquant des embouteillages impressionnants.

En arrivant à l'hôtel, j'ai retrouvé des têtes, notamment Mamaji, que j'avais déjà vues il y a plus d'un an. Ils se souvenaient même de moi !

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Oratorio de Noël

2006-12-20 20:25+0100 (Grigny) — Culture — Musique — Lectures

Théâtre des Champs-Élysées — 2006-12-19

Kristina Hansson, Soprano

Clare Wilkinson, Alto

Emiliano Gonzalez-Toro, Ténor

Henk Neven, Basse

Chœur de chambre de Namur

Jean Tubery, direction

Les Talens Lyriques

Christophe Rousset, direction

Oratorio de Noël (cantates 1, 2, 3, 6), BWV 248, Johann Sebastian Bach.

Comme l'année dernière (et les trois années précédentes), je suis allé écouter l'Oratorio de Noël de Bach au Théâtre des Champs-Élysées. J'ai beaucoup aimé cette version, dirigée par Christophe Rousset. Les solistes, plutôt jeunes, étaient assez bons. L'Évangéliste et la soprano, extrêmement concentrés, étaient impeccables. L'alto était visiblement intimidée lors de son premier air Bereite dich, Zion, mit herrlichen Trieben, mais elle s'en est quand même très bien tirée. Élégante, la basse a très bien chanté Großer Herr, o starker König, un des airs pour basse que je préfère 1. Là où ils ont gaffé, c'est à la fin, lors des rappels. Le chœur final Nun seid ihr wohl gerochen était repris ; dans ces cas-là, d'habitude, les solistes chantent avec les membres du chœur de même tessiture, et s'intègrent même au chœur, ce qui leur permet de lire la musique sur leur voisin. Mais, là, ils n'ont pas pensé à ça, ils sont restés au devant de la scène, et ne connaissaient visiblement pas tous le texte par cœur... et en plus, ils trouvaient ça drôle !

J'ai jeté quelques coups d'œil aux surtitres : il faudrait apprendre aux opérateurs à ne pas faire de fondus enchaînés entre les différentes lignes de textes puisque c'est nuisible à la lecture d'icelles.

Les années précédentes, la représentation avait lieu plus tôt dans le mois de décembre. Cette fois-ci, j'ai pu apprécier les décorations de Noël de la rue Montaigne.

Non sequitur : hier, j'ai découvert qu'à partir du 1er janvier 2007, les numéros ISBN allaient passer à treize chiffres.

[1] Pour mémoire, une autre version de cet air se trouve dans la cantate profane Tönet, ihr Pauken! Eschallet, Trompetten! (Drama per musica, BWV 214) sous le titre Kron und Preis gekrönter Damen.

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J-5

2006-12-18 20:29+0100 (Grigny) — Culture — Cinéma — Voyage en Inde III

Je pars dans un peu moins de cinq jours. J'ai obtenu mon visa et mes billets de train il y a quelques semaines, récupéré mes billets d'avion vendredi dernier. Ce matin, je me suis occupé de mes réservations d'hôtels pour les deux jours qui précèderont mon arrivée à l'Institut Harish-Chandra à Allahabad. Compte tenu du faible nombre d'heures que je vais passer à Delhi, j'en ai pris un proche des aéroports. Pour Varanasi, j'ai finalement opté pour un hôtel dans le quartier du Chowk plutôt que dans le Cantonment : je retournerai à l'hôtel où j'avais passé quelques jours lors de mon premier voyage.

Samedi dernier, j'ai vu un des plus mauvais films français que je connaisse : L'Intouchable de Benoît Jacquot avec Isild Le Besco. L'histoire est assez vide. Certains passages sont grotesques, comme cette scène dans l'avion où le personnage principal, Jeanne, discute avec un indien alcoolique : il doit y avoir pas loin d'une vingtaine de plans le montrant en train de prendre une gorgée dans sa petite bouteillle. Les seuls passages que j'ai trouvés remarquables et qui m'ont émus pour m'avoir rappelé des souvenirs sont ceux de l'arrivée à la gare de Varanasi et les scènes montrant les bûchers funéraires.

Je suis allé voir Casino Royale dans la foulée. J'ai trouvé qu'il souffrait très bien la comparaison avec les autres James Bond récents. Les scènes de cascade sont toujours aussi comiques, mais de façon différente : au lieu d'être vraiment trop fort, James Bond se casse la figure...

Au passage, s'il y a encore des gens intéressés par des places gratuites pour certains spectacles, qu'ils n'hésitent pas.

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Candide

2006-12-12 01:25+0100 (Grigny) — Culture — Opéra

Théâtre du Châtelet — 2006-12-11

Lambert Wilson (Voltaire, Pangloss, Martin)

William Burden (Candide)

Anna Christy (Cunegonde)

Kim Criswell (Old Lady)

John Daszak (The Grand Inquisitor, Captain, Governor, Vanderdendur, Ragotski)

Jeni Bern (Paquette)

David Adam Moore (Maximilian)

Ferlyn Brass (Cacambo)

Ensemble Orchestral de Paris

Chœur du Théâtre du Châtelet

John Axelrod, direction musicale

Stephen Betteridge, chef de chœur

Robert Carsen, mise en scène et lumières

Rob Ashfort, chorégraphie

Michael Levine, décors

Buki Shiff, costumes

Peter Van Praet, lumières

Ian Burton, dramaturgie

Candide, Bernstein.

Je reviens de la première de Candide, une opérette de Bernstein, au Théâtre du Châtelet. C'était absolument excellent, et relativement fidèle au texte de Voltaire. J'avais écouté un autre enregistrement de cette opérette, mais sans les parties parlées ; cela m'avait donné l'impression que l'histoire avait été chamboulée ; je me trompais. Avec les passages parlés (en français), il était beaucoup plus aisé de voir la cohérence et les correspondances avec le conte. Le chateau de Thunder-ten-tronckh en Vestphalie est remplacé par la Maison Blanche en West-failure. On pend des juifs communistes pour un auto-da-fé. Le grand inquisiteur et le juif Issachar sont transformés en impresarios et Cunégonde en chanteuse (la scène de l'air Glitter and be gay avec Cunégonde habillée en Marylin était assez énorme). Le bateau transatlantique est le Titanic. Le gouverneur don Fernando d'Ibaraa, y Figueora, y Mascarenes, y Lampourdos, y Souza était remplacé par un officier de l'immigration véreux. L'Eldorado est riche pour son pétrole. Les rois déchus que Candide rencontre à Venise sont Jacques Chirac, Tony Blair, Vladimir Poutine, Silvio Berlusconi et George Bush ! Et il faut toujours cultiver son jardin.

Merci à Flo pour le thé Pu Er et les places, à Kozlika et à Marion pour le chocolat, et coucou à ceux que j'ai pu voir ou revoir.

Bon, il faudrait que je pense à dîner.

PS : Cela passera à la télévision le 20 janvier 2007 à 22h30 sur Arte.

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Booker Prize. Connais pas.

2006-12-08 23:46+0100 (Grigny) — Culture — Lectures — Culture indienne — Voyage en Inde III

La date du départ en Inde approche et je ne sais toujours pas quels livres je vais emmener avec moi. Tout-à-l'heure, je suis passé chez les agitateurs pour me ravitailler en livres. J'avais une petite liste, mais je ne suis pas du tout reparti avec ce que j'avais prévu, notamment à la suite de cet échange :

— Bonjour, je cherche The Inheritance of Loss de Kiran Desai.

— Oui, je vais regarder. Vous pouvez répéter le nom ?

— Kiran Desai, D-E-S-A-I.

— Je vais demander à mon collègue.

Le collègue, dont j'avais remarqué quelques minutes plus tôt le côté un peu speed arrive.

— Je voudrais savoir si vous avez The Inheritance of Loss de Kiran Desai, qui a obtenu le Booker Prize cette année.

— Desai, c'est dans ce coin-là !

Il montre le rayon littérature d'Asie que je venais d'éplucher, puis s'y précipite pour me montrer un exemplaire du dernier roman d'Anita Desai. J'en avais déjà un exemplaire entre les mains...

— Voilà !

— Kiran Desai, c'est sa fille.

— Mais ce n'est pas traduit !

— Bien sûr, mais vous ne l'auriez pas dans le rayon anglophone ?

— Non, cela m'étonnerait !

Quand même, je trouve cela assez incroyable que dans une librairie généraliste d'une telle étendue, on ne puisse même pas trouver le livre ayant obtenu le plus grand prix littéraire anglais !

J'espère qu'il se trouvera une librairie anglophone à Allahabad ou à Mumbai où je pourrai trouver mon bonheur.

J'ai commencé Noces indiennes de Sharon Maas. Le roman alterne trois histoires qui, au début, semblent indépendantes, les chapitres étant intitulés Nat, Saroj ou Savitri du nom du personnage principal de chacune d'entre elles. C'est un peu déroutant de changer d'époque et de lieux d'un chapitre à l'autre, mais on s'y habitue.

Une des histoires se passe en Guyane Britannique dans les années 1950-1960. Je découvre avec stupeur le gouffre de méconnaissance que j'ai de ce pays, ancienne colonie britannique, où de nombreux Indiens ont émigré au dix-neuvième siècle.

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