Weblog de Joël Riou

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2009-08-30 22:05+0200 (Orsay) — Voyage en Inde VII

Samedi, je n'ai pas fait grand'chose. Jusques à ce septième voyage, je n'avais jamais porté d'autres chaussures que des tennis. Celles que j'avais achetées à Chennai en février manifestaient de sérieux signes d'essoufflement. À Amritsar, avais-je ainsi acheté des sandales. Ces chaussures possèdent l'avantage qu'avec elles, il est très commode de se chausser et de se déchausser. On a donc aucune répugnance à le faire en entrant ou en sortant d'un temple, par exemple, alors que sinon, il faut s'embarrasser de chaussettes, ce qui s'avère très malcommode. Visiter les temples, surtout les grands, en les gardant n'est pas une option, parce qu'elles en ressortiraient sales ou humides. En sus, je me suis acheté des chaussures de ville Bata, la marque la plus courante en Inde ; il n'y a en général qu'à faire quelques pas pour trouver une boutique qui en vende.

Je n'ai pas non plus résisté à la tentation d'entrer à nouveau dans une librairie. Les prix des livres en anglais sont vraiment plus intéressants que ceux que l'on trouverait dans les librairies anglophones à Paris (dans des éditions essentiellement équivalentes, si ce n'est que par exemple, le livre aura été imprimé par Penguin India plutôt que par Penguin tout court). Bref, je pense que dorénavant, j'achèterai la littérature anglophone en Inde plutôt qu'en France, à part peut-être certaines nouveautés. J'aurai lu au cours de ce séjour tous les livres que j'avais emporté, ce qui est une première.

Samedi midi, j'ai essayé un autre restaurant sud-indien que le Saravana Bhavan de Janpath. Dans le thali, un des plats était mauvais, presqu'immangeable, le sambhar n'était pas terrible et il a fallu s'y prendre à plusieurs fois pour faire comprendre que ce n'était pas de l'eau minérale que je voulais. Les restaurants Saravana Bhavan sont en tous points meilleurs ; en tous lieux, la nourriture y est bonne et les salles sont accueillantes et lumineuses. Hier soir, j'y ai pris un délicieux Sambhar Vada (deux beignets vadas baignant dans du sambhar). Il s'agit d'un des rares plats qui pour se manger idéalement nécessitent l'usage d'une cuiller. Je n'ai pas le souvenir qu'il en fut ainsi dans les succursalles de Chennai et Kanchipuram, mais ici, les plats sont systématiquement servis avec un nombre excessif de cuillers. Entre mes sambhar vadas (j'en ai repris tellement c'était bon) et mon rava masala dosa, à la fin du repas, cinq cuillers surnuméraires avaient resté sur la table. Si je pense que mes techniques digitales pour manger convenablement sont maintenant parfaitement au point (un serveur m'a d'ailleurs complimenté à ce sujet), il est amusant de voir que la clientèle locale ne paraît pas toujours savoir comment s'y prendre pour déguster ces spécialités méridionales. Peut-être s'agit-il là de la raison pour ces cuillers en sus ?

Enfin bref, je n'ai donc à peu près rien fait de la journée, si ce n'est me reposer, faire mes bagages et me lever pour prendre un taxi pour aller à l'aéroport. Les guides touristiques n'expliquent jamais comment trouver un taxi à quatre heures du matin. Le plus simple est de demander à son hôtel, qui est en général ravi d'organiser la transaction. Celle-ci s'est avérée défavorable par rapport à un taxi prépayé (prix fixes), mais seulement très légèrement.

En arrivant à l'aéroport, des panneaux accueillent les voyageurs avec l'inscription Bon voyage, en français dans le texte. C'est la première fois que je prends un avion à l'aéroport international de Delhi (précédemment, j'étais passé soit par Mumbai soit par Chennai). Les guichets d'enregistrement sont ordonnés par rangées. Ils n'appartiennent pas à une compagnie ; son nom n'apparaît que temporairement dans l'écran prévu à cet effet. Ainsi, la rangée que l'on m'a indiquée au bureau d'information n'était pas la bonne. Finalement, je n'ai presque pas eu à faire la queue. On m'indique que je dois payer une taxe de 1300 roupies parce que celle-ci a été instaurée après l'achat de mon billet par les autorités aéroportuaires de Delhi. On m'annonce aussi que j'aurai un siège de classes affaires...

J'aime bien ces compagnies qui vont voyager en classes affaires au prix de l'économique. C'est la deuxième fois que cela m'arrive avec Finnair. Cela dit, les passagers dans mon cas (douze) n'avons été que des semi-privilégiés, la nourriture étant la même qu'en classe économique, et par malchance, mon fauteuil, ainsi que celui de mon voisin sikh n'était pas alimenté électriquement. Nous aurons malgré tout profité de la place pour les jambes.

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Derniers jours à Delhi

2009-08-29 12:33+0530 (दिल्ली) — Culture — Danse — Danses indiennes — Culture indienne — Voyage en Inde VII

Chinmaya Mission Auditorium, Delhi — 2009-08-28

Sharanya Chandran, bharatanatyam

Hier matin, j'ai visité le musée de la Cour suprême. J'ai ensuite fait le tour de l'enceinte d'où je pouvais voir grouiller les avocats et des ouvriers repeindre le dôme blanc. En Inde, tout mur est susceptible de servir d'urinoir ; les murs d'enceinte de la Cour n'échappent pas à la règle.

J'ai déjeuné au restaurant Parikrama qui a la particularité d'offrir un mouvant panorama sur la ville. En effet, il tourne sur lui-même : le temps d'un repas, on a le temps de faire presqu'un tour complet. On peut légitimement se demander comment construire un ascenseur qui conduise à un étage en rotation. En fait, c'est le tapis en forme de couronne qui tourne, la partie centrale, les murs et fenêtres ne bougent pas. La première chose qui frappe, d'en-haut, c'est la verdure dans la ville de New Delhi, noyée sous les arbres dont n'émergent que de hauts bâtiments.

L'après-midi, je suis descendu à Central Secretariat d'où j'ai rejoint le mémorial Indira Gandhi. En chemin, on passe devant des bâtiments du ministère de la défense et tout près, au sommet d'une blanche maison, flotte un anachronique Union Jack. Dans le mémorial, on peut voir de nombreuses coupures de presse liées à l'action d'Indira Gandhi. On peut aussi y observer des décorations dont quelques une furent écrites en français, comme un diplôme de doctorat de l'Université de Paris. Parmi les livres exposés, un livre d'arithmétique en français et quelques uns, en anglais, sur la Révolution française. Ses derniers pas sont recouverts de cristal.

J'ai poursuivi ma marche jusqu'au tombeau de style moghol de Safdarjang, en grès rouge et au dôme blanc. Non loin de là se trouve le jardin Lodi qui semble être un paisible et bel endroit. Je ne suis pas resté très longtemps, juste le temps de m'approcher du mausolée de Muhammad Shah. J'avais en effet une adresse à trouver dans les environs.

J'ai trouvé assez facilement le bâtiment de la mission Chinmaya, un mouvement religieux fondé par un guru mort il y a une quinzaine d'années. Un récital de bharatamatyam était prévu ; il avait été annoncé dans le mensuel First City. L'auditorium est rapidement plein. Le récital de Sharanya Chandran, fille et disciple de Geeta Chandran (directrice de la Natya Vriksha Dance Company) commence. Elle est accompagnée de cinq musiciens : mridangam, cymbales (Geeta Chandran), chant, flûte, violon (la formation typique pour cette danse). Les premières parties, y compris la principale, Varnam, évoquent Krishna, le joueur de flûte, danseur attirant l'amour, la dévotion et la jalousie des gopis. La dernière partie met en scène la danse cosmique de Shiva Nataraja. Le spectacle se révèle d'excellente qualité. À la fin, comme il est de coutume, on remet des guirlandes de gleurs et des cadeaux aux artistes, et c'est Swamini Guru Priyananda, devant qui ils viennent se prosterner qui les leur remet après qu'elle a fait l'éloge de ce récital qui perpétue les traditions de l'Inde et dont les interprètes parcourent le monde pour les mieux faire connaître.

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Temples, Qutb Minar

2009-08-27 19:52+0530 (दिल्ली) — Voyage en Inde VII

J'oubliai de le préciser dans l'entrée précédente : pour ceux que cela intéresse, au musée national de Delhi, on peut voir des reliques du Bouddha, présentées dans un reliquaire doré venu de Thaïlande.

Ce matin, je suis allé visiter le temple du lotus (bahaï) qui se trouve à une dizaine de kilomètres au Sud de Delhi. Il est particulièrement impressionnant de le voir surgir au bout de la route. L'entrée est gratuite et le silence, de rigueur, est respecté. On peut apprécier aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur l'architecture de ce temple en forme de lotus à neuf pétales. Peut-être que chaque pétale représente les neuf religions listées sur des fresques en sous-sol ? Un panneau met en garde contre l'absence de religion, ce qui serait la voie ouverte au matérialisme.

Non loin de là, se trouve le temple ISKCON (Hare Krishna). L'atmosphère de dévotion extatique y semble à son apogée. On chante, on danse frénétiquement. Une galerie présente des photographies des idoles de nombreux temples de la secte à travers de monde, y compris en France avec celui de Luçay-le-Mâle. Vu qu'il est l'heure de manger, je déjeune au restaurant Govinda attenant. Il est à peu près aussi bon que celui de Mumbai (celui de Mathura n'a pas le même standing). À la sortie du complexe, le personnel de sécurité fait preuve d'une rare stupidité. Le portail a deux moitiés, l'une pour entrer, l'autre pour sortir. Une chaîne fait office de barrière afin de les séparer, les deux chemins ainsi constitués aboutissant sur deux escaliers. Alors que je sortais, un jeune homme voulait entrer, mais pour une raison inconnue, la moitié entrée du portail était fermée. Il était cependant permis d'entrer. Pour cela, il fallait prendre l'escalier d'entrée, et face au portail fermé, enjamber à pas chassé la barrière et rentrer finalement par la porte de sortie. Le jeune homme ayant vu une moitié de portail ouverte, avait, comme toute personne sensée eût fait, pris l'escalier qui y conduisait, mais après qu'il était arrivé devant le portail, la voie étant libre, un gardien inflexible lui ordonna de rebrousser chemin, de prendre l'autre escalier, d'enjamber la barrière pour revenir à son point de départ : alors, il lui serait permis de franchir le portail. Ostensiblement énervé, le jeune homme s'exécuta. (Je n'ai pas vu de caméra cachée.).

Ensuite, j'ai pris un autre rickshaw pour rejoindre Qutb Minar, un des symboles de Delhi ; pour la première fois depuis le début du voyage, on a bien voulu mettre en marche le compteur. Qutb Minar est une haute tour dont la construction débuta au XIIe siècle, quand les musulmans conquirent la ville. Dans les environs, de nombreuses ruines se dressent. Le bâtiment le mieux conservé est une porte : Alai Darwaza.

Je suis ensuite revenu près de Connaught Place afin de visiter le temple Birla. Sur toute la route, la circulation est perturbée par les travaux de construction du métro. Le temple est très différent du superbe temple Birla en marbre blanc de Hyderabad. Celui-ci n'est pas du même niveau, mais n'est pas désagréable à visiter. Les couleurs dominantes sont le rouge, le jaune et le blanc. Le motif svastika est présent un peu partout, plus que d'ordinaire, y compris dans sa variante tournée d'un huitième de tour. Dans les sanctuaires, on observe des représentations de Radha et Krishna, Durga, Shiva, etc. Sur certains murs, des avatars de Vishnu sont dessinés : Parashurama, Rama. Curieusement, le nom du tirthankar (jaïn) Rishabadeva est suivi du mot avatar. On voit aussi une belle descente de Ganga. Près de l'entrée, deux dessins en couleur évoquent Mirabaï et Padmini, la sati maharani de Chittor (voir une entrée écrite à Chittorgarh pour plus de précisions).

Enfin, j'ai visité l'église du Sacré-Cœur et le temple sikh Gurdwara Bangla Sahib.

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Retour à Delhi

2009-08-26 18:12+0530 (दिल्ली) — Culture — Lectures — Culture indienne — Voyage en Inde VII

Hier, j'ai passé l'essentiel de ma journé à lire. Je voulais achever Les feux du Bengale d'Amitav Ghosh et en finir par la même occasion avec cet auteur, dont je ne comprends pas le succès. Des personnages complètement invraisemblables. Trois fois, il fait mourir ses personnages principaux. Je n'avais pas trop aimé non plus Le chromosome de Calcutta, mais c'était moins n'importe quoi que celui-ci.

J'ai pris le train Jaisalmer-Delhi, cette fois-ci en 3AC, c'est-à-dire en compartiment climatisé (draps, oreillers et couverture fournis). On y dort quand même beaucoup plus mieux qu'en Sleeper Class et on n'est pas gêné par le sable. J'ai pu trouver de quoi dîner dans une gare de taille moyenne (les pakoras sortaient tout juste de la friture). Je me suis ravitaillé en eau à Jodhpur où le train était censé s'arrêter une heure, mais à peine ai-je payé que le train redémarre (il faut peut-être signaler que l'entrée à Jodhpur s'est faite après l'heure prévue de départ). Le temps que je regagne mon wagon, le train a déjà pris une certaine vitesse.

La destination finale était curieusement Delhi, sans plus de précision. Sachant qu'il y a deux gares principales appelées Old Delhi et New Delhi, ce n'est qu'en sortant de la gare que j'ai compris où j'étais. Dans la gare, le nom affiché était en effet Delhi Junction. C'est quand j'ai vu des panneaux Kashmere Gate que j'ai compris que j'étais à Old Delhi. J'ai rejoint la station de métro en cycle-rickshaw et me suis dirigé vers Rajiv Chowk (Connaught Place) où se trouve mon hôtel, un peu miteux, mais bien placé.

Cet après-midi, après avoir mangé un bon thali d'Inde du Sud dans un restaurant Savarana Bhavan (j'ai dit plus haut que l'hôtel était bien placé...), j'ai visité le musée national (en m'y rendant à pieds, sous la pluie), qui s'étend sur trois niveaux. C'est surtout le rez-de-chaussée qui est intéressant. Civilisation de l'Indus, art du Gandhara (influencé par la Grèce, on y voit notamment un Bouddha debout drapé dans une sorte de toge), art Gupta, bronzes (dont quelques très beaux Nataraja), vaste collection de miniatures (présentées dans un dédale de salles dont il n'est pas évident de sortir), etc.

À Palika Bazar, j'ai enfin pu trouver des CD de M. S. Subbulakshmi. J'achète aussi le dernier film d'Ashutosh Gowariker (Lagaan, Swades), Jodhaa Akbar. Une autre touriste renonce à l'acheter, trouvant que 7€, c'est trop cher pour un DVD (le packaging exclut que ce soit une grossière contrefaçon).

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Havelis, gourmandise

2009-08-25 14:34+0530 (जैसलमेर) — Voyage en Inde VII

Hier après-midi, je suis allé visiter quelques havelis. Le premier, Salim Singh-ki-haveli, le haveli de Salim Singh a une façade biscornue. La visite, payante, n'est pas très intéressante. Il n'y a pas grand'chose à visiter ; on a cependant une belle vue sur le fort et on peut découvrir de plus près les ravages et accidents du temps sur certaines parties de l'édifice.

L'autre, Patwa-ki-haveli, est beaucoup plus impressionnant par sa taille et la beauté de ses fenêtres qui débordent à l'extérieur. Le prix de la visite est passé de 20 à 120 roupies ; je m'en suis dispensé. Avec les visites entreprises la matinée, la journée commence à être chère, et ce n'est pas terminé.

Au cours de cette errance dans les ruelles de la ville, j'ai cédé plusieurs fois à la gourmandise : pur jus de citron vert, pâtisserie... Je me suis aussi réapprovisionné en cartes mémoires. En la matière, pour ne pas se faire arnaquer, il convient de se renseigner sur les prix pratiqués en France (voir le site rue Montgallet pour ceux qui le sont rue Montgallet et avenue Daumesnil. Pour la carte que j'ai achetée (SDHC 4G), le prix français est autour de 10€ soit environ 700 roupies. Le prix public semblait être de 1700 roupies mais l'étiquette du vendeur était de 1200 roupies, soit presque le double du prix, ce que je fis savoir au vendeur qui bredouilla qu'on était en Inde et pas en France et que les prix n'avaient pas à coïncider, ce qui n'est pas faux en général (mais le rapport habituel est inversé, ce qui n'est pas malvenu pour les touristes étrangers qui n'ont à payer que 10 ou 20% pour des produits et services du cru). S'agissant d'un produit fabriqué à Taiwan, l'argument ne vaut pas et le vendeur accepta assez facilement de me céder cette carte pour 700 roupies.

Le soir venu, je suis sorti de la ville pour dîner à fort Rajwada, un hôtel de luxe. Les serveurs en livrée peut-être trop habitués à la clientèle américaine passaient trop souvent pour demander si cela se passait bien et un d'entre eux semblait réduit aux annonces Your food (resp. bill) is coming..

Dans le volume de la grande salle, on pourrait facilement découper trois ou quatre hôtels bon marché. C'est cher. taxes comprises, la bouteille d'eau revient à 71 roupies ! Mon repas aura coûté 678 roupies, ce qui est en-deça de mon record. La nourriture est bonne sans être exceptionnelle. Une originalité dans la présentation : au centre de mon assiette de Paneer Taka Tin se trouvait une tomate évidée dont le dessus était coupé de façon à alimenter en oxygène une petite bougie. Le dessert du jour était un fort bon strudel à la banane.

Je suis rentré à pieds (environ cinq kilomètres), ce qui n'était pas très raisonnable, mais j'avais envie de prendre quelques photographies du fort illuminé.

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Ganesh Chaturthi, environs de Jaisalmer

2009-08-24 12:41+0530 (जैसलमेर) — Voyage en Inde VII

Hier, c'était Ganesh Chaturthi, l'anniversaire de Ganesh. En revenant à mon hôtel, j'ai vu une statue de Ganesh recevant quelques offrandes et le gérant portant un turban multicolore et me proposant un morceau de laddu.

Pendant la matinée, j'avais visité les temples jaïns situés à l'intérieur du fort. Si j'ai bien compris, de nombreux jaïns avaient fui le Gujarat à une période où leur religion n'était plus tolérée et s'étaient installés à Jaisalmer, devenant de riches marchands. On ne peut les visiter tous qu'entre 11h et 12h. Le plus beau d'entre est dédié au vingt-troisième tirthankar पार्श्वनाथ, mais curieusement, ce nom semble souvent transcrit ou prononcé Parasnath au lieu de Parshvanath. À l'intérieur du fort, on trouve aussi quelques temples hindous, beaucoup moins intéressants que les temples jaïns.

L'après-midi, j'ai visité un petit musée présentant la collection d'un seul homme, et qui fut cependant inauguré par le président de l'Inde K. R. Narayanan. Non loin de là, au Sud de la ville, une belle porte, Tilon-ki-Pol, donne sur Gadi Sagar, où circulent quelques pédalos et où se regroupent de nombreux oiseaux.

J'ai dîné dans un superbe édifice, Mandir Palace, enfin plutôt sur son toit, duquel on a une superbe vue sur le fort d'abord éclairé par le Soleil déclinant, puis par des lumières, puis par rien du tout, l'électricité ayant été coupée. Les tables du restaurant ne sont plus éclairées qu'à la bougie. Le prix est modéré, le service excellent, mais la nourriture n'est que tolerable ; le pain est complètement raté, le paratha est tout rabougri, j'en prépare de bien meilleurs. La ration de Suji ka halwa est un peu excessive.

Ce matin, j'ai pris un rickshaw pour visiter les environs de Jaisalmer. J'ai commencé par les proches cénotaphes des maharajas passés (Bara Bagh). Tous ne comportent pas d'indications de nom lisibles ; les plus anciens mentionnant le nom et les dates remontent au XVIe siècle. Les visiteurs sont censés les visiter pieds nus, mais les alentours recèlent un certain nombre de débris de verre. L'architecture a varié avec le temps. Les plus anciens ont un toit en forme pyramidale, tandis que les plus récents ont des dômes. Au centre de chacun d'entre eux, une pierre blanche représente le défunt monté sur un cheval.

Le site suivant, plus éloigné, est l'ensemble de temples jaïns de Lodhruva. Le temple principal est dédié à Parshvanath. L'extérieur est de forme curieuse, et la surface est recouverte de perforations de formes géométriques laissant passer l'air et la lumière.

Nous sommes passés à travers des villages. Des maisons anciennes rondes cotoyent les anguleuses plus récentes. Des femmes laissent le pan de leur sari recouvrir leur visage. D'autres ont autour de leurs bras de larges anneaux blancs. Un touriste courageux fait se balade à vélo.

Le dernier site visité est Amar Sagar. Si le nom du lieu évoque un réservoir, celui-ci doit être complètement à sec. Il s'agit d'un nouveau groupe de temples jaïns. Le sanctuaire principal, superbe, est dédié à Adinath, le premier tirthankar. Des sculptures ornent l'intérieur de ce temple. Quelques personnages barbus, dont un qui tient dans sa main une tête (iconographie peu compatible avec la doctrine de l'ahimsa).

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Manifestations à Jodhpur, arrivée à Jaisalmer

2009-08-22 15:46+0530 (जैसलमेर) — Voyage en Inde VII

Hier soir, après avoir mangé un copieux thali, j'ai vu passer un dangereux cortège de manifestants, presque tous porteurs d'une torche enflammée. J'en ai pris aussi une, inoffensive, en crème glacée, et n'ai pas eu d'autre choix que de les suivre, alors qu'ils marchaient en direction de la tour de l'horloge en criant Zindabad... Jaipur... Jodhpur.... J'ai même dû rentrer dans le cortège pour rentrer à mon hôtel vu qu'ils ont tourné à gauche. Un badaud, amusé, me demanda si j'étais avocat. Les avocats indiens, en tant que groupe, ont assez mauvaise réputation ; les manifestations qu'ils firent à Chennai il y a quelques mois furent assez violentes, de vrais voyous.

Quand je suis sorti avec mon sac pour me rendre à la gare, un cortège plus bon enfant célèbrait quelque fête. On distribuait des petits gateaux. On m'en a même donné un, sous emballage plastique ; la précision est nécessaire, puisque lorsqu'installé dans mon train pour Jaisalmer, je croquais un des gateaux à la noix de coco, je sentis que quelque chose n'était pas normal : un insecte tentait de survivre. La paquet a fini par dessus bord.

La gare de Jodhpur et la place située devant est recouverte de gens en train de dormir. Sur le quai de la gare, des rabatteurs (francophones) harcèlent les touristes avant même qu'ils ne soient arrivés à destination, leur proposant déjà l'hôtel de leur cousin à Jaisalmer ; ils seront encore plus nombreux (plus que de touristes étrangers) à la sortie de la gare de Jaisalmer. Heureusement qu'ils n'ont pas des gabarits de rugbymen, sinon il faudrait être expert en l'art de l'esquive avant de visiter cette ville.

Revenons à la montée dans le train. Les wagons de deuxième classe sans réservation sont toujours pris d'assaut parce que la règle premier arrivé, premier servi y règne. Nonobstant, des hordes d'abrutis — je ne vois pas quoi dire d'autre — investissent le wagon avec réservation Sleeper class avec la même frénésie. De vrais sauvages. Une fois arrivé à ma place, ils font semblant de ne pas comprendre qu'ils n'ont rien à faire là, prétendant que ma place numéro 34 est ailleurs, refusant de montrer leur ticket pour se justifier d'occuper à six des places prévues pour trois. Un Indien doté d'un ticket convenable criera plus fort et arrivera à les faire partir. Il ne s'agit là de bêtise autant que de malhonnêteté ; ils savent bien de toute façon que le contrôleur les mettra dehors et il serait alors pour eux bien plus difficile de trouver une place dans les compartiments sans réservation qui seront déjà pleins.

Le trajet de six heures (avec une heure de retard au démarrage) est très salissant : le sable entre partout. J'aurais peut-être mieux fait de réserver en compartiment climatisé. Après avoir fait jouer la concurrence pour de pas payer trop cher le rickshaw entre la gare et mon hôtel, je me suis fait déposer à Gandhi Chowk, à l'entrée Ouest de la ville, plutôt que devant mon hôtel. Le comité d'accueil est constitué de chiens méchants. Je m'installe dans ma chambre et on me prévient qu'à 8h, l'électricité sera coupée.

Cette après-midi, j'ai visité le palais du Maharaja à l'intérieur du fort de Jaisalmer. Les prix ont augmenté depuis quelques années (pas depuis suffisamment longtemps pour que mon guide Lonely Planet soit à jour sur ce point) : 250 roupies, audioguide et autorisation d'utiliser un appareil-photo compris. Certaines pièces sont fermées pour restauration. Le site est en danger. Des parties du fort se sont effondrées. À l'entrée, sur la droite, un escalier est déconseillé : il penche très anormalement sur le côté.

La couleur dominante est le jaune, couleur de la pierre qui fut utilisée pour toutes ces constructions, dont certaines remontent au XIIe siècle. Deux jauhars et demi eurent lieu ici. Vaincue à trois reprises, les femmes puis les hommes se sacrifièrent. Le dernier, au XVIe siècle, ne compte que pour moitié parce que la défaite survint trop brutalement pour que les rites soient convenablement exécutés. Pressés par le temps, les hommes de la ville égorgèrent les femmes de leur famille avant de se lancer désespérément au combat.

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Jardins de Mandore

2009-08-21 18:02+0530 (जोधपुर) — Voyage en Inde VII

Près de mon hôtel se trouve un étonnant temple hindou dédié à Shiva. De vastes représentations de Shiva occupent la partie gauche du temple. À droite, auprès du mur, des autels associés à diverses divinités (y compris des satis représentées par des marques de mains rouges). Une d'entre elles semble être un saint homme, mais je ne saurais dire lequel, son nom étant caché par une tringle à rideaux qui a vocation de préserver les divinités des regards à certains moments de la journée. Plus étonnamment, Krishna est là aussi, d'une part associé à Radha, et d'autre part dans un berceau, que les fidèles actionnent, alors que sur le mur, des images le représentent sous la forme d'un très jeune enfant faisant des bêtises.

L'endroit serait parfaitement silencieux si les cloches ne sonnaient pas en permanence ; il est en effet écrit en hindi qu'il est défendu de parler dans le temple. La syllabe universelle est peinte en rouge un peu partout, en particulier autour du sanctuaire principal qui contient deux lingams.

Ce matin, j'ai visité les jardins de Mandore, situé à quelques kilomètres de Jodhpur. Le lieu grouille de population. On se baigne et on lave des vêtements dans les canaux ; les femmes semblent avoir momentanément abandonné leur pudeur coutumière. L'herbe est couverte de saris qui sèchent.

Le jardin renferme de nombreux édifices aux fonctions et dates incertaines. Quelques grands kiosques et d'autres bâtiments en forme de temples. Au bout du jardin, une galerie de héros présente une succession de sculptures de divinités et d'hommes ; par rapport aux standards indiens, elles semblent d'assez piètre facture, et aux curieuses proportions.

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Jodhpur

2009-08-20 14:45+0530 (जोधपुर) — Voyage en Inde VII

Avant-hier, j'ai pris un train à Ajmer pour aller à Jodhpur. Je m'étais ému de l'absence de numéro et de nom sur le train Agra-Chittorgarh. Pour ce train, c'était tout le contraire.

Comme c'est souvent le cas, un panneau à l'entrée de la gare présente un tableau des trains y passant avec les horaires et la plate-forme où ils sont censés stationner. Installé plate-forme numéro 3 à côté d'un vénérable musulman qui me demandera le prix de ma boussole (il en a une aussi, plus précise ; pourtant quand il se sera lavé les pieds et accroupi sur son tapis de prière, il se dirigera vers l'Est, soit la direction opposée à celle de la Mecque...), je vois en gare un train dont les côtés sont ainsi décorés :

        1JA       9655       9656       9653
JODHPUR --> RATLAM --> JAIPUR --> RATLAM --> JODHPUR
        9654      9655A      9656A       2JA

En fait, il s'agit du train 8654 qui part dans la direction opposée ; une heure plus tard, mon train arrive tout pareillement décoré (les chart-lists ne fournissent aucune information supplémentaire puisqu'elles sont datées de la veille ou de l'avant-veille).

Lors des arrêts plus ou moins prolongés des trains en gare, il est de coutume d'acheter quelque victuaille. Encore faut-il pouvoir remonter dans le train ; je ne sais quelle manifestation d'imbécilité fait à certains éprouver l'envie de verrouiller les portes de l'intérieur. Il se trouva ainsi qu'à peine eus-je ouvert une porte pour descendre qu'elle se trouva bloquée deux minutes plus tard. Heureusement, une autre porte était fermée mais non bloquée (il faut savoir que seuls les wagons d'une même classe communiquent entre eux, ce qui peut réduire les possibilités).

L'arrivée à Jodhpur est féérique. Dans chaque ville de l'Inde, les rickshaws peuvent avoir une forme particulière (le pire étant le modèle cage de Bhubaneshwar). Ceux de Jodhpur ont l'air particulièrement jolis et robustes (par contre, on sent bien les gaz d'échappement) et aptes à se faufiler dans les ruelles de la vieille ville. Le rickshaw-wallah me dépose devant un superbe hôtel, qui est probablement trop onéreux pour être le mien. Pour y arriver, il a dû passer par de nombreuses ruelles plus ou moins cabossées, devant quelques très beaux édifices plus ou moins éclairés. Une fois arrivé à destination, il s'excusera même de sa méprise, qui est bien pardonnable ; il avait mal compris le nom de l'hôtel.

Hier matin, j'ai visité le fort de Meherangarh, situé sur les hauteurs du centre de la ville et sur lequel le toit de mon hôtel a une très belle vue. Je suis monté à pieds en prenant un peu au hasard les ruelles de son versant Sud. Le fort épouse les formes de la colline sur laquelle il se trouve ce qui rend les remparts plutôt impressionnants. J'ai commencé par visiter le jardin Chokelao Bagh qui se trouve du côté droit par rapport à l'entrée. Cette visite est plutôt décevante, compte tenu du prix d'entrée supplémentaire, vu que l'étang de lotus promis juste n'existe pas ; les fleurs sont disposées chacune dans sa parcelle carrée. Le fort s'étend sur une relativement petite surface par rapport à celui de Chittorgarh. Le musée présente des armes, des palanquins, des berceaux ; c'est surtout les palais dans lesquels ces objets sont présentés qui sont intéressants.

Je dîne dans un restaurant recommandé par le guide Lonely Planet et qui semble avoir changé de propriétaire assez récemment. Je suis le seul client, le chef sikh s'installe en face de moi, et entre deux ordres à ses serveurs et cuisiniers, discute avec moi. Après le repas, il me montre la maison ancienne voisine qui sert d'hôtel ainsi que de lieu de réception (notamment pour des mariages, mais ce soir, ce sont les Hare Krishna d'ISKCON qui ont investi les lieux et chantent). La suite Honeymoon contient un mobilier unique, dont la pièce maîtresse est un lit de cent cinquante ans en bois sculpté, dont les représentations sont inspirées du Kamasutra.

Ce matin, j'ai visité le musée gouvernemental Sadar. Il contient entre autres des sculptures anciennes datant de mille ans environ, parmi lesquelles une série Krishnalila où on voit notamment Krishna soulever le mont Govardhan. Une sculpture zoophile. Des animaux empaillés. Des tirthankars jaÏns. Des objets en marbre.

En me rendant au restaurant prévu (trop cher pour ce que c'était, la bouteille d'eau était à 57 roupies, alors que le prix de base est autour de 10-12 roupies). J'ai vu un panneau écrit en hindi indiquant un temple jaïn. J'ai suivi les flèches et ai visité ce temple 28 अखण्ड ज्योति मन्दिर तीर्थ. Il se trouve aux premier et deuxième étages. D'après la personne avec qui j'ai discuté, la particularité de ce temple jaïn est qu'il renferme trente lampes allumées sans discontinuer depuis trente ans et que, by the grace of God, la partie supérieure de la lampe n'est pas devenue noire mais est restée jaune.

Je me suis ensuite rapproché du palais Umaid Bhavan, qui est impressionnant vu depuis le fort, mais je ne suis pas entré, l'accueil étant on ne peut plus glacial et, alors que le lieu est censé abriter restaurants et hôtel, la seule chose qu'on aura su me demander après la grille est de donner cinquante roupies pour visiter un musée (certes, c'est moins que la somme que j'aurais hypothétiquement dépensée à l'intérieur pour une bouteille d'eau).

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Dargah

2009-08-18 11:04+0530 (अजमेर) — Voyage en Inde VII

Hier, j'ai mis ma kurta blanche et mon ersatz de turban acheté à Amritsar afin de visiter le dargah, un important lieu de pélerinage musulman, puisqu'il est convenu qu'il faut se couvrir la tête à l'intérieur. J'ai emprunté les étroites et bondées ruelles du bazar et m'y suis rendu. Il faut laisser ses sacs et appareils-photos dans une consigne. À l'approche de la tombe de Khwaja Muin-ud-Din Chishti, on fait visiblement rentrer plus de monde qu'il n'en sort. Cela pousse de partout. C'est un bordel monstre. Dehors, des hommes chantent accompagnés d'un harmonium. Du côté du tombeau qu'il convient, se dresse une mosquée de marbre blanc. Tout autour, on vend des bondieuseries et des hommes tapant la tête des pélerins avec une sorte de balai réclament des honoraires.

Plus à l'Ouest, une très anciennes mosquée (XIIe siècle) reste encore agréable à regarder. Je prends une route passant derrière et montant sur les collines environnant Ajmer. Plutôt que d'aller tout en haut, vu que la vue d'ensemble sur la ville est déjà satisfaisante, j'emprunte un escalier décati pour descendre dans un quartier peu favorisé par la fortune et trouve une ruelle qui conduit à de plus larges ruelles et finalement à une rue principale de la ville donnant sur le temple jaïn couleur ocre (vu des hauteurs, il constitue un bon point de repère dans cette ville d'Ajmer).

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Arrivée à Ajmer

2009-08-16 18:15+0530 (अजमेर) — Voyage en Inde VII

Hier, je voulais visiter le Castle Bijaipur, à une quarantaine de kilomètres de Chittorgarh. Contrairement à ce qu'indiquait mon guide, aucun bus n'y allait. L'hôtel local qui le gère (le même où on mange mal) proposait des voitures à des prix exorbitants. Finalement, je suis retourné au fort de Chittorgarh, en faisant la montée à pieds, passant par les sept portes et les trois virages de la route en lacets.

Ce matin, j'ai pris un train Superfast pour Ajmer. Je me suis installé dans une charmante chambre d'hôtel dans un haveli (qui mériterait cependant un bon coup de peinture). Pourtant, je ne suis pas de très bonne humeur :

  • Lors de la visite du musée du Fort d'Akbar, une surveillante vient me gueuler dessus pour m'interdire de faire des photographies, alors que je suis précisément en train de ranger mon appareil juste après être entré (quelques belles sculptures, notamment un représentation de Brahma-Vishnu-Shiva et un superbe Vishnu couché sur le serpent Shesha, avec Brahma émergeant de son nombril et Lakshmi lui massant les pieds) ;
  • il s'est mis à pleuvoir ;
  • pour la première fois, on m'a refusé l'entrée dans un temple jaïn (ce n'est pas ça qui en soi m'énerve, mais que le cerbère de l'entrée ne savait que dire No, incapable qu'il était d'expliquer que seuls les jaïns pouvaient passer ; cependant, on peut visiter la salle arrière en prenant une porte latérale, elle contient d'extravagantes représentations jaïnes en trois dimensions, chars célestes compris) ;
  • le rickshaw-wallah a démarré avant que je ne sois assis, ce qui m'a fait mal au coude sur le coup (tant pis pour lui, il aura moins que la somme prévue au départ).

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Chittorgarh

2009-08-14 18:45+0530 (चित्तौडगढ) — Voyage en Inde VII

Quel formidable endroit !

Jeudi après-midi, malgré la pluie, je suis allé faire une première visite à la citadelle de Chittorgarh. Le site m'intéresse a priori pour deux raisons. C'est le lieu où se passa, au XIVe siècle, l'histoire dont le superbe opéra-ballet de Roussel Padmâvatî est une adaptation. Le roi Alauddin aurait voulu s'emparer de la rani Padmini. Son siège de Chittorgarh réussit, mais toutes les femmes se suicidèrent par le feu et les hommes se sacrifièrent dans un combat qui était devenu perdu d'avance. (Dans l'opéra-ballet, c'est Padmâvatî qui tue son époux qu'elle considère comme un lâche.) L'autre raison a priori est que c'est également ici que vécut Mirabaï, poétesse dévôte de Krishna (exemple par excellence de la voie de la bhakti), au XVIe siècle avant de partir sur les routes chanter et danser en l'honneur de son Seigneur. À son propos, voir le très beau roman de Catherine Clément La princesse mendiante. J'avais acheté à Tirumala un livre intitulé The story of Mirabai (Gita Press) : il s'est avéré médiocre et sectaire. Beaucoup plus intéressante est la version bande-dessinée de la classiquissime collection Amar Chitra Katha. Catherine Clément rend d'ailleurs hommage aux bandes-dessinées qu'elles a vues sur ce thème en Inde ; il est très-vraisemblable qu'elle fait entre autres référence aux ACK.

Comme il pleut et que je ne peux donc pas faire de photographies, je ne fais d'abord qu'un rapide repérage du site. Le premier temple que je vois est le Sringar Chowri, dont le pourtour est richement sculpté. Je marche un peu près du palais Rana Kumbha d'où j'aperçois deux superbes temples en pierre. Le plus grand est le Kumbha Shyam, manifestement vishnouïste (Vishnu est représenté plusieurs fois avec la conque et le disque et une statue de l'aigle Garuda, sa monture, se dresse à l'entrée du temple). Près de là, un temple dédié à Krishna : c'est le temple que le rana époux de Mirabaï construisit pour elle. Selon la légende, suite à une plaisanterie de sa mère, elle considérait Krishna comme son époux et ne voulait en aucun cas abandonner sa pratique de l'adoration de cette divinité ; la rana aurait construit ce temple afin qu'elle y puisse adorer le joueur de flûte.

Non loin de là, une haute tour, la tour de la Victoire (Jaya Stambha) au voisinage de laquelle se trouvent plusieurs temples. L'un deux comporte en son sanctuaire une version shivaïte de la Trimurti.

Je redescends à pieds en marchant sur le chemin de pierres des remparts plutôt que sur la route en contrebas, passant porte après porte. Par certaines ouvertures, on peut apprécier la vue sur la vieille ville où, à ma grande surprise, la couleur bleue domine.

Je mange un infect Navratan Korma au restaurant de l'hôtel Pratap Palace (un bâtiment à l'architecture tape-à-l'œil). Rarement mangé quelque chose d'aussi mauvais. Service exécrable (le serveur qui pense avoir assez de mémoire pour se dispenser de prendre note de la commande ; oubli de mon riz, à la limite tant mieux). Peu de restaurants semblent réaliser le Navratan Korma aussi bien que le fait le restaurant Punjabi Rasoi à Amrisar...

Vendredi, je suis retourné au fort de Chittorgarh. J'ai visié le palais Rana Kumbha, qui est en ruines. Pour y accéder, je n'ai pas trouvé mieux que de passer par un escalier dont les marches, de longueurs inégales, n'étaient acrochée que par un côté à un mur. J'ai continué vers le Nord où se trouve un village au cœur duquel se dressent quelques temples hindous anciens dédiés à Vishnu, Shiva ou la déesse. On reconnaît le caractère vishnouïste aux représentations de Vishnu paré de ses attributs et à celles de ses avatars (ici Varaha le sanglier, là Narasimh l'homme-lion, tous deux particulièrement faciles à reconnaître). Dans les temples de Shiva, un lingam-yoni se dresse au centre, protégé par le buffle Nandi qui se tient à l'extérieur ou au milieu du temple.

Encore plus au Nord, le palais de Ratan Singh II (XVIe siècle) se trouve près d'un lac. L'instigateur n'est pas le même Ratan-Sen (sic) que dans l'opéra-ballet de Roussel ; je n'ai vu la mention II qu'une fois arrivé sur place. Un groupe de garçons et filles à motos voulaient absolument me faire monter ; je n'avais pas encore visité le palais. Je suis revenu vers l'entrée où j'ai visité le superbe temple jaïn Shvetambar (XIe siècle), qui n'est curieusement pas mentionné dans le guide Lonely Planet (les pages sur Chittorgarh et en particulier la carte comportent plusieurs erreurs).

J'ai ensuite pris un chemin vers la face Est du fort (celui-ci est allongé dans la direction Nord-Sud et on entre par l'Ouest). Se dresse alors la Kirti Stambha, une tour jaïne du XIVe siècle auprès de laquelle se trouve un temple jaïn dédié à Adinath.

Un peu plus au Sud, un temple hindou (et non jaïn) peu intéressant : le Nilakantha Mahadev (deux noms de Shiva). Puis, un groupe de deux temples dédiés à Vishnu et à Lakshmi et un autre dont la partie supérieure s'est effondrée représenterait la Trimurti.

Plus au Sud, des garçons s'amusent à plonger dans un bassin, puis vient le temple Kalika Mata et enfin le palais de Padmini, depuis lequel on peut voir un pavillon au-milieu du bassin voisin.

Je suis retourné près de la Tour de la Victoire au sommet de laquelle je suis monté et suis retourné au temple de Mirabaï avant de rentrer en rickshaw collectif. J'aurais probablement pu négocier un meilleur prix, mais je commençais à fatiguer ; en effet, à l'intérieur du fort, il y a très peu de possibilités de manger et de boire ; j'ai dû me contenter d'une sorte de sandwich frit.

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Agra-Chittorgarh

2009-08-13 14:14+0530 (चित्तौडगढ) — Voyage en Inde VII

Après avoir écrit la précédente entrée, j'ai aperçu un temple. À l'extérieur se trouve un sanctuaire dédié à Hanuman. À l'intérieur, un groupe de six femmes chantent en chœur (avec parfois des effets polyphoniques peut-être pas tout à fait volontaires) en regardant les divinités principales : Vishnu et Lakshmi. Au-dessus du sanctuaire, une représentation picturale de la forme universelle de Krishna (sur les murs, des vers de la Bhagavad-Gita sont écrits). À droite, c'est la descente de Ganga (गंगा अवतरण) qui est représentée (il semble donc que l'on utilise le même radical pour exprimer que la rivière céleste descend sur Terre après s'être égarée dans le chignon de Shiva que pour dire que Vishnu descend sur Terre en s'incarnant sous forme humaine ou animale : un avatar). Cette image se trouve au-dessus d'un lingam (symbole de Shiva) dont émerge une tête de serpent dorée. La partie gauche du temple est consacrée à la déesse Durga armée et chevauchant un tigre tandis qu'elle est représentée plus haut en train de vaincre un démon.

Je n'aurais pas pris le temps de noter ces détails s'il ne s'était mis à pleuvoir. Assis à écouter les chants, je n'avais pas de raison de précipiter ma sortie.

Mercredi en fin de matinée, M. et moi avons pris un rickshaw pour visiter les sites de l'autre côté de la Yamuna. L'engin n'est plus dans sa première jeunesse, nous n'étons pas loin de tomber en panne. La réputation des femmes françaises a souffert d'une incompréhension avec les deux rickshaw-wallah après leurs questions indiscrètes auxquelles M. a répondu que j'étais son ami nonobstant qu'elle fût mariée à quelqu'un d'autre (J. et M. ayant décidé d'assimilier leur Pacs à un mariage le temps de leur voyage).

Nous commençons par visiter Chini-Ka-Rauza, le très endommagé tombeau d'Afzal Khan, poète à la cour de Shah Jahan, puis nous nous rendons à Itimad-ud-Daulah, un des plus beaux monuments d'Agra, sans doute le plus beau après le Taj Mahal. Il s'agit du tombeau du père de Nur Jahan, l'épouse de Jahangir. Faite de marbre blanc, sa surface extérieure est couverte de motifs géométriques jaunes, gris, bleus, rouges, etc. L'essentiel de l'intérieur, hormis certains plafonds, est bien conservé. La décoration est moins élégante que celle du Taj Mahal ; pourtant, les représentations florales faites de pierres colorées incrustées présentent de très fins détails. Enfin, nous passons dans le jardin Mehtab Bagh, dont la fontaine faisant face au Taj Mahal fonctionne cette fois.

Dans l'après-midi, nous nous reposons avant de prendre nos trains respectifs. Mes amis rentrent à Delhi pour prendre leur avion de retour tandis que je continue à voyager, dans le Rajasthan. Dans la gare du Fort d'Agra, l'électricité est coupée, les numéros de plates-formes sont indiqués au bureau d'information. En me rendant à ma voie, j'essaie de m'interposer entre un singe et le jeune enfant qu'il terrorise. Ce dernier portait des bananes dans ses mains. Finalement, le père se débarasse du singe pour de bon en en lançant une au loin.

Un train arrive en gare vers l'heure prévue. Il ne porte aucune indication de numéro ou de nom. Heureusement, je trouve le contrôleur qui m'indique mon wagon, les différentes wagons de Sleeper class n'étant pas numérotés...

Un long arrêt à Kota ce matin où je mange des samosas (très pimentés). Un Rajasthani s'installe en face de moi et met une bonne heure à ajuster sa moustache. J'arrive enfin à la gare de Chittorgarh par ce train très lent, puisqu'il s'arrête à toutes les stations ou presque. Le fort de Chittorgarh commence à paraître, mais il se met aussi à pleuvoir.

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Mausolée d'Akbar, Fatehpur Sikri

2009-08-11 16:49+0530 (आगरा) — Voyage en Inde VII

Hier après-midi, nous avons visité le mausolée d'Akbar. Hormis les parties inaccessibles, ce qui est le plus beau dans ce mausolée est le pavillon à quatre minarets recouverts de figures géométriques de diverses couleurs ; il sert à entrer sur le site. La haute salle carrée centrale où se trouve la tombe est mieux éclairée que la dernière fois. Divers animaux (en particulier des cerfs) occupent les grandes pelouses autour du mausolée.

Aujourd'hui, nous avons visité Fatehpur Sikri, la ville fantôme qui fut construite par l'empereur moghol Akbar. Dans la mosquée :

(Un homme s'approche de nous.)
— This is the mosque, four hundred years old.
— Please leave us.
— I am not a guide. I do not ask for money.
— Then, I ask you not to speak to us.
(Il ne répond rien et s'éloigne.)

Il y aura un ou deux autres pseudo-guides plus coriaces, dont l'argument principal est qu'ils travaillent ici (ce qui est rigoureusement exact...).

La route entre Agra et Fatehpur Sikri semble maintenant en très bon état. Une fois que l'on est sorti de la ville, la route est large et rectiligne. Cependant, on rencontre parfois un troupeau de vaches.

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Allahabad, Gwalior

2009-08-10 10:54+0530 (आगरा) — Voyage en Inde VII

Jeudi matin, nous avons pris le bus pour Allahabd où nous sommes arrivés pour midi. Les boiseries du restaurant de l'hôtel Grand Continental étaient infestées de fourmis. Ainsi, nous avons été amusés du spectacle de groupes de fourmis embarquant les miettes de papads que nous avons laissées. Ces morceaux faisant un peu moins d'un centimètre de diamètre. Les fourmis ne savaient guère qu'en faire, elles montaient, avançaient, reculaient, reculaient face à un obstacle, redescendaient ad lib. avec leur butin.

Dans l'après-midi, nous avons visité Khusru Bagh où trois mausolées moghols du XVIIe sont alignés. Cette fois-ci, c'est le tombeau de Shah Begum, la mère de Khusru qui est en travaux. Nous avons pu visiter l'intérieur après qu'un homme ayant les clefs a passé. Certaines zones inaccessibles il y a deux ans sont maintenant visibles après restauration (non encore achevée). Mes soupçons se sont confirmés ; contrairement à la personne de la fois précédente, celle-ci a demandé un bakchich et a tenté de faire monter les enchères en me disant que les photographies (faites sans flash, malgré un temps de pose de l'ordre de la seconde, certaines ne sont pas floues) étaient interdites ; si elles l'étaient véritablement, il eût été de son devoir de le dire tout de suite...

Je me suis acheté un livre pour enfants en hindi : des contes illustrés du Panchatantra (पंचतन्त्र की कहानियाँ).

Vendredi et samedi, J. et M. étant en moins bonne forme (des soupçons pèsent sur l'eau servie à notre hôtel à Allahabad), le programme est allégé. Nous n'allons pas à Sangam, la confluence de la Ganga et de la Yamuna. Nous l'aurons cependant vue depuis le pont sur la Ganga en arrivant en bus, la différence de couleur entre les deux fleuves étant assez nette. Visiblement, la Ganga est très faible cette année, l'essentiel de son lit est à sec, elle paraît à peine plus puissante que lorsque je la vis en janvier 2007.

À Allahabad, nous avons visité Anand Bhavan et Swaraj Bhavan, les deux maisons des Nehru.

Nous prenons le train de nuit climatisé pour Gwalior où nous arrivons samedi matin. Je visite le palais Jai Vilas pendant que mes amis se reposent. Les pièces exposées montrent l'opulence de la famille du Maharaja de Gwalior. La décoration décèle souvent une influence occidentale comme pour la salle de bain ou la salle des jouets. À la toute fin de la visite, une grandiose salle de réception au plafond recouvert de dorures, duquel sont suspendus deux gigantesques lustres. Dans l'après-midi, nous visitons le fort qui surplombe la ville. Les inscrustations de bleu, vert ou jaune qui ornaient le palais Man Singh ont partiellement disparu. Nous traînons un peu dans d'autres édifices voisins desquels la vue sur la ville est agréable, puis nous nous dirigeons vers le temple sikh où nous sommes très gentîment accueillis (visite guidée et selon la tradition, le thé est offert). Nous passons rapidement au temple ancien Teli Ka Mandir (VIIIe siècle) et redescendons par le côté Est. Des deux côtés de la route, on peut voir de monumentales sculptures jaïnes.

Nous sommes arrivés hier midi à Agra. Nous avons visité le fort Rouge avec un autre couple de Français et ce matin, nous avons vu le Taj Mahal. La fréquentation était sensiblement plus importante que lors de ma première visite.

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Sarnath

2009-08-10 10:32+0530 (आगरा) — Voyage en Inde VII

Nous avons pris mercredi matin un rickshaw pour aller à Sarnath. Nous aurions préféré monter dans un bus local mais nous n'avons pas trouvé l'arrêt. L'aller-retour en rickshaw revient plus cher, mais c'était quand même deux fois moins que ce que l'hôtel nous avait proposé.

Nous avons commencé par les ruines bouddhiques dont les parties les plus intéressantes sont le Dhamekh Stupa et la colonne d'Ashoka. L'empereur maurya inscrivait ainsi ses édits sur l'ensemble de son territoire. La colonne est brisée, mais à travers le grillage, on peut voir des inscriptions. À l'entrée du musée se dresse la partie supérieure de la colonne. On y voit notamment quatre lions dirigés vers les points cardinaux et quatre dharmacakra, un symbole de l'Inde qui paraît en bleu au centre du drapeau national. Notre rickshaw-wallah nous a déposé ensuite devant différents sites voisins : le Chaukhandi Stupa et quelques temples bouddhistes.

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Ghats

2009-08-04 18:27+0530 (वाराणसी) — Voyage en Inde VII

Lundi matin, nous nous sommes baladés le long des ghats. Je n'avais pas encore réalisé qu'ils communiquaient tous ensemble. Cela constitue un moyen beaucoup plus agréable d'accéder à certains endroits de la ville par rapport aux épuisantes rues. Quelques space invaders ont été peints ici (ils sont d'un plus grand format que ceux que l'on trouve à Paris). Des troupeaux de vaches se baignent. On nous demande souvent si l'on veut faire du bateau, mais ce n'est pas trop ennuyeux.

Finalement, nous marchons jusqu'à Assi Ghat où nous déjeunons. Nous approchons du temple dédié à Durga, mais nous n'entrons pas à l'intérieur puisque c'est défendu (je n'avais pourtant pas eu d'histoires la dernière fois). Ensuite, visite du temple dédié au poète Tulsidas. La foule se presse pour entrer. À l'intérieur, hormis le texte du Ramcaritmanas inscrit et quelques scènes représentées sur les murs, au milieu du temple, de nombreuses statues mettent en scènes les divinités.

Dans la soirée, vers 19h30, commence la Ganga Aarti, une cérémonie religieuse en l'honneur de la déesse fluviale Ganga. Sept jeunes gens procèdent aux rites prescrits sur des petites plates-formes faisant face au fleuve. Le public est assis derrière eux ou dans des bateaux qui stationnent en face. Quelques dizaines de touristes ont investi le premier étage du bâtiment le plus proche où des chaises sont disposées. Encens, ghee, eau, feu et fleurs sont utilisés abondamment. Au départ, on ne comprend guère pourquoi ces rites sont réalisés par des jeunes. L'explication se révèle au cours de la cérémonie, qui dure environ une heure : l'exercice est physique. Ils manipulent de lourds instruments d'où s'échappent encens ou feu déformé par le vent. À la fin, quelques noms de Shiva sont prononcés en cadence.

Tôt ce matin, nous avons pris une barque pour remonter un peu le fleuve afin de voir les bains rituels des hindous dans la Ganga et se laisser ensuite porter par le courant pour revenir à notre point de départ. Le ciel est plus dégagé que la dernière fois, mais les baigneurs me semblent moins nombreux ; cela dit, suivant l'heure, l'affluence varie beaucoup.

Dans une des ruelles principales de la vieille ville, on trouve de nombeux vendeurs de pân, de vêtements, de disques (mais aucun n'a de la musique carnatique de M. S. Subbulakshmi), de livres religieux (mais a priori uniquement en hindi ; j'eusse volontiers acheté une édition bilingue sanskrit-anglais du Shivapurana s'il était disponible et pas trop épais).

Cet après-midi, nous nous sommes rapprochés du temple Vishwanath, dont les abords sont contrôlés et dont l'accès est interdit aux non-hindous. En dehors des dorures extérieures, je ne sais pas ce qui fait l'intérêt du site.

Près de notre hôtel, un temple népalais dédié à Shiva essentiellement fait de bois sculpté.

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Amritsar-Varanasi

2009-08-03 10:02+0530 (वाराणसी) — Voyage en Inde VII

Mercredi soir nous sommes allés au temple d'Or pour le voir illuminé ainsi que son reflet dans l'eau. Vers 22h15, une cérémonie commence. Le livre saint est installé dans un palanquin, du moins le supposé-je, vu que nous regardions la scène depuis le bord du bassin, j'ai regretté de n'avoir pas emmené mes jumelles d'opéra. La procession porte le livre sur la passerelle jusqu'au Akal Takhat, un bâtiment qui se trouve dans le prolongement.

Jeudi matin, nous avons visité le temple Shri Durgiana Mandir. En théorie, il serait consacré à la déesse Durga. Pourtant, presque toutes les représentations sont liées au culte vishnouïste. L'architecture n'a pas grand'chose d'hindou. En fait, le style imite celui du temple d'Or. Le sanctuaire se trouve aussi au milieu d'un bassin et est relié à l'extérieur par une passerelle. L'entrée est dorée et comporte des représentations d'avatars de Vishnou que l'on trouve aussi à l'intérieur, dont la partie supérieure comporte un mantra vishnouïste Hare Ram.... À l'entrée de la passerelle, on trouve un Shiva ascète paré de ses attributs, la déesse fluviale Ganga sortant de son chignon étant représentée par un vif jet d'eau vertical. Ici et là et surtout au niveau de l'allée faisant le tour du bassin, quelques colossales sculptures de scènes épiques ou mythiques : Vishnou couché sur l'Océan cosmique, libération par Rama d'Ahalya pétrifiée, Hanuman portant la montagne aux fleurs, Krishna sous sa forme terrible (c'est la première fois que je le vois ainsi représenté), Rama vénéré par le batelier Guha, un de ses premiers dévôts, etc.

Nous avons mangé dans un restaurant proposant des plats de différentes cuisines. Le menu comtenant un poulet Stroganoff.

Nous nous sommes reposés, avons fait des achats de vêtements et sommes allés assister à la cérémonie de fermeture de la frontière Inde-Pakistan à Attari. Une parade militaire ridicule, un exutoire aux sentiments nationalistes du public nombreux situé de part et d'autre de la frontière. Dans les tribunes pakistanaises, les femmes sont d'un côté, les hommes de l'autre. À la fin des mini-défilés militaires, les drapeaux sont baissés et en théorie, chacun doit rester à la même hauteur que l'autre. Clairement, le drapeau indien était un peu plus bas. Le drapeau est ensuite plié et escorté en lieu sûr.

Vendredi matin, nouvelle visite au temple d'Or. Visite de la tour Baba Atal, ayant neuf étages et commémorant le suicide d'un enfant de neuf ans puni pour avoir accompli un miracle. Thé gratuit servi dans un bol brûlant (au coins de l'allée carrée, on peut aussi s'abreuver d'eau). Entre l'Akal Takhat et l'entrée de la passerelle vers le temple d'Or proprement dit, chants accompagnés d'un instrument à cordes et de petites percussions produisant de drôles de sons.

Au cours de l'après-midi, visite de l'étonnant musée consacré au maharaja Ranjit Singh à l'intérieur du jardin Ram Bagh où se dressent aussi divers bâtiments anciens délabrés, puis séance de cinéma : Luck, un très mauvais film d'action en hindi.

Samedi, nous avons visité Jallianwala Bagh, un jardin commémorant un massacre d'Indiens par l'armée britannique. Dernière visite au temple d'Or, dont nous avons vu un grand réfectoire et le musée sikh, qui met beaucoup en avant les nombreux martyrs sikhs (certaines photographies post-mortem ont de quoi choquer) ; il y avait un curieux vase donné par Elisabeth II lors de sa visite.

J. s'est fait enrouler un turban (un simple rectangle de tissu de cinq mètres de long). Dans la rue, cela produisait un certain effet. Nous avons pris le train pour Varanasi où nous sommes arrivés dimanche après un trajet d'environ 23h. Des célébrations spéciales ont lieu, le rickshaw n'a pas pu nous déposer à Dasashvamedha Ghat comme je l'aurais souhaité. Après avoir marché un petit peu, j'ai retrouvé mes repères et nous avons trouvé l'hôtel assez rapidement au cœur de la vieille ville, en écartant les rabatteurs (j'étais convenu avec mes compagnons de voyage de ne prononcer en aucun cas le nom de notre hôtel pour éviter de chercher les ennuis.).

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