Weblog de Joël Riou

« Amel Brahim-Djelloul à la Cité de la musique | L'Orchestre des Concerts Gais au Temple des Batignolles »

Rain à Garnier

2011-05-27 00:30+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2011-05-26

Steve Reich, musique (Music for eighteen musicians pour ensemble avec voix, 1976)

Anne Teresa De Keersmaeker, chorégraphie (2001)

Jan Versweyveld, décors et lumières

Dries Van Noten, costumes

Aouatif Boulaich, Anne-Catherine Kunz, assistante aux costumes

Jakub Truszkowski, responsable des répétitions

Marta Coronado, Cynthia Loemij, Ursula Robb, Clinton Stringer, répétitions

Fumiyo Ikeda, Elizaveta Penkova, Taka Shamoto, Igo Shyshko collaboration aux répétitions

Ensemble Ictus

Synergy Vocals

Georges-Elie Octors, direction musicale

Alex Fostier, ingénieur du son

Florian Magnenet

Amandine Albisson

Sarah Kora Dayanova

Christelle Granier

Laurence Laffon

Marc Moreau

Charlotte Ranson

Caroline Robert

Adrien Couvez

Juliette Hilaire

Rain

Rain est la deuxième pièce d'Anna Teresa de Keersmaeker que je vois après Zeitung au Théâtre de la Ville en 2009. Je ne suis pas excessivement enthousiaste après la deuxième représentation de Rain par le corps de ballet de l'Opéra de Paris. Les dix danseurs sont en effet sujets, coryphées ou quadrille. On voit ainsi de nombreux danseurs qu'on ne voit pas forcément souvent dans des rôles importants. Malheureusement, ce n'est pas aujourd'hui que j'avancerai dans la connaissance du trombinoscope du corps de ballet, n'ayant identifié distinctement que Charlotte Ranson et Florian Magnenet...

C'est une banalité de le dire, mais la musique de Steve Reich est répétitive. Elle met en scène 18 musiciens. (En fait, il y en avait 19 avec le chef qui jouait aussi occasionnellement d'un instrument.) Dans la fosse, on aperçoit quatre pianos et un nombre invraisemblable de xylophones (et quelque vibraphone). Un violon, un violoncelle, des clarinettes, des chanteuses, des maracas. Les pianos ont une utilité mélodique, mais ils servent aussi d'instruments à percussions. On en joue simultanément jusques avec douze mains ! Malgré la sonorisation et un ingénieur du son crédité, on lit dans le programme que la représentation de cette œuvre ne nécessiterait que des instruments acoustiques, ce que j'ai du mal à croire, n'ayant pas compris l'origine de certains effets sonores. La musique est répétitive, mais pourtant on a bien l'impression d'un certain mouvement autour d'un motif rythmique de base, qui au début des sections n'est pas énoncé immédiatement, mais progressivement, chaque répétition développant un peu plus ce qui était laissé en suspens avant. On perçoit à un moment donné un retour au début de l'œuvre...

La chorégraphie mobilise les dix danseurs, qui sont rarement immobiles. Plutôt marcher ou courir que ne rien faire. Ils évoluent sur un décor de forme ovale délimité par réseau de cordes pendues à une armature. Au sol, de nombreuses lignes et points sont marqués en de diverses couleurs. Elles serviraient d'indications de placement pour les danseurs. La danse est très physique (courses, roulades, sauts, mouvements isolés qui semblent inspirés du hip-hop, etc.), elle paraît très compliquée dans son organisation et périlleuse dans les moments d'effleurements ou de contacts entre les danseurs. Je ne sais pas si c'est fait exprès, mais tout a été comme si les fermetures-éclair avaient lâché dans le dos de deux danseuses.

Depuis ma quatrième loge de côté quasiment de trois-quarts, je vois pratiquement toute la scène. Le problème, c'est que c'est une vue d'en-haut. Comme cela avait été mon cas pour Zeitung de cette chorégraphe, je pense qu'il faudrait voir cette pièce depuis un angle rasant pour mieux apprécier le travail des danseurs. Vu d'en-haut, on a parfois l'impression de voir de très loin des sportifs en train de faire de l'exercice dans un gymnase omnisport (avec des marques au sol diverses et variées pour délimiter des zones particulières à différents sports). Impression fausse vu la difficulté des figures exécutées.

À certains moments de la chorégraphie, les dix danseurs se regroupent tous ensemble, agglutinés en quelque lieu de la scène, puis se dispersent pour repartir de plus belle. On ne comprend pas toujours très bien ce qui se passe. Dans les ensembles (où tout paraît le plus souvent asymétrique), on distingue néanmoins au moins deux pas de trois, un mettant en scène les trois danseurs hommes et un autre avec une femme et deux hommes. Dans celui-là, j'ai apprécié la performance de Charlotte Ranson.

Par moments, les mouvements des corps m'ont un peu fait penser à ceux chorégraphiés par Pina Bausch (mais en plus fluide) et à ceux vus plus récemment chez Mats Ek (mais en plus organisé).

Ailleurs : Blog du petit rat, Danses avec la plume, Blog à petits pas.

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