Weblog de Joël Riou

« Dernière du Bolchoï à Garnier | Ariodante au TCE »

Programme Wagner pour le Colonne à Pleyel

2011-05-17 03:28+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-05-16

Orchestre Colonne

Laurent Petitgirard, direction

Cécile Perrin, soprano

Jean-Philippe Lafont, baryton

Ouverture de Tannhäuser (Wagner)

Wesendonck Lieder Im Treibhaus, Schmerzen, Träume (Wagner)

La Ballade du Hollandais Volant (Wagner)

Melancolia, Alain Kremski (création)

Prélude et Mort d'Isolde de Tristan et Isolde (Wagner)

Les Adieux de Wotan (extrait de Die Walküre), Wagner

J'avais aimé le Colonne dans la Première symphonie de Brahms. Ce soir, j'ai pu l'apprécier dans un programme Wagner. Cela a commencé par l'Ouverture de Tannhäuser (très beaux cors, gag involontaire avec la baguette du chef qui après un choc a fini au premier rang du parterre), puis les trois derniers Wesendonck Lieder chantés par Cécile Perrin. C'est le dernier qui m'a le plus plu, les deux premiers me semblant moins aptes à mettre en valeur le timbre de la chanteuse. Un très beau solo d'alto dans le premier Lied est cependant à signaler. Jean-Philippe Lafont est ensuite venu chanter la Complainte du Hollandais Volant, un opéra que je n'ai pas encore étudié, mais on reconnait cependant ici ou là des motifs de l'Ouverture.

Après l'entr'acte, replacement à l'arrière-scène de côté, un placement de rêve pour voir ce qui se passe dans l'orchestre. On crée une pièce d'Alain Kremski (frère du chef Laurent Petitgirard), une magnifique œuvre avec une partie de choix pour les timbales, la grosse caisse et autres percussions. Pas da tamtams frénétiques, mais des pulsations entêtantes sans être agressives, un paysage orchestral qui change au fur et à mesure que les musiciens tournent les pages : dissonances des cordes, pizz. rapides pour tous, moments plus apaisants, belles sonorités des vents (qui me font davantage penser à Debussy qu'à Wagner auquel la pièce rend hommage). L'atmosphère générale est bien résumé par le titre de la pièce : Melancolia. Je crois que des quelques créations (douze d'après mon compte) auxquelles j'ai assistées, c'est celle qui m'a le plus enthousiasmé. (Et c'est un fait que plus généralement le choix de programmation de l'orchestre Colonne en matière de musique contemporaine convient parfaitement à mon goût.)

L'apogée du concert intervient ensuite avec le Prélude et la Mort d'Yseult. Via des fans de la soprano qui était initialement programmée, j'avais cru comprendre que l'on n'aurait qu'une version instrumentale (comme avec le Lamoureux en février au TCE). A priori, je trouve qu'il manque quelque chose à la version orchestrale (que l'on peut reconstituer à l'écoute avec un peu d'imagination), mais ce soir, pas de problème puisque ce sera bien la version avec voix. J'ai été fasciné par cette interprétation et par le privilège de pouvoir observer la rotation qui s'opère entre les musiciens des différents pupitres pour jouer les motifs du prélude et leurs développements. La Mort d'Isolde est un morceau extrêmement émouvant. Je pensais avoir identifié le moment où, habituellement, l'émotion me submerge, à savoir quand Isolde chante ceci :

Soll ich schlürfen,
untertauchen?
Süss in Düften
mich verhauchen?

Ce soir, c'est venu beaucoup plus vite. Je n'étais alors plus trop en état de regarder l'orchestre attentivement.

Le temps pour Klari et moi de nous replacer sur la pointe des pieds au cinquième rang du parterre sur le côté, le concert s'est conclu sur le final de La Walkyrie : le chant d'Adieu de Wotan à Brünnhilde. Les motifs qui dominent sont ceux liés au Sommeil de Brünnhilde. On entend aussi furtivement le Walhalla, ou encore un Siegfried presque triomphant (qui viendra délivrer Brünnhilde de son sommeil) et les inquiétants motifs du Sort et du Traité. Bien sûr, le feu Loge est longuement développé pour signifier les flammes qui entourent le séjour de Brünnhilde. Avant cela, Wotan aura notamment chanté Zum letzenmal..., le déchirant chant d'adieu, une phrase qui sera reprise plus loin par l'orchestre. Dans son rôle de Wotan, tout comme le précédent, Jean-Philippe Lafont se montre assez convaincant, davantage à mon goût que dans les clowneries qu'il devait faire dans La Fiancée vendue à Garnier en décembre.

Je suis donc plus que satisfait de ce concert !

Ailleurs : Klari.

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