Weblog de Joël Riou

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L'Orchestre Colonne à Pleyel

2011-02-05 02:00+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-02-04

Orchestre Colonne

Jean-Philippe Collard, piano

Laurent Petitgirard, direction

Gautama Symphonie (Premier mouvement : Naissance et vie de famille), Jean-Philippe Bec

Concerto nº3 pour piano et orchestre, Rachmaninov

Cinquième prélude (op. 32), Rachmaninov

Symphonie nº1, Brahms

Quel charmant concert que celui qu'a donné ce soir l'Orchestre Colonne ! J'avais sélectionné ce concert sur la seule foi du titre de la première pièce au programme : Gautama Symphonie (Premier mouvement : Naissance et vie de famille). Je ne suis pas déçu par cette œuvre à la musique cuivrée envoûtante (un peu japonisante) alors que j'ai pris place dans un siège de côté à l'arrière-scène. Ce placement est très intéressant parce qu'on a une vue d'ensemble sur l'orchestre (et contrairement aux places plus centrales, les pupitres n'occultent pas les instruments). Les cuivres sont suffisamment éloignés pour qu'on les entendent bien sans qu'ils fassent mal aux oreilles. J'ai eu un peu peur en me rendant compte que j'étais juste derrière la grosse caisse, mais l'instrumentiste ne fera que la caresser doucement avec une brosse ! Quand le compositeur Jean-Philippe Bec est venu saluer, il a joint les mains à l'indienne pour remercier le chef Laurent Petitgirard.

On fait ensuite venir un piano pour le concerto pour piano nº3 de Rachmaninov. C'est la première fois que j'entends une œuvre de ce compositeur en concert. J'en ai surtout apprécié le premier mouvement, qui commence sur un charmant thème. Le deuxième mouvement me plaît un peu moins. Il s'y trouve des passages que j'apprécie et d'autres qui m'énervent un peu. C'est sans que je m'en rende compte que nous arrivons au troisième mouvement qui est un déluge de virtuosité de la part du pianiste Jean-Philippe Collard, qui nous gratifiera ensuite d'un bis (que je n'ai pas identifié, cela ressemblait un peu à du Satie ; d'après une source très bien informée, c'était le douzième prélude de l'opus 32 de Rachmaninov ; à vrai dire, il semblerait que ce soit le cinquième prélude du même opus). Pendant ce concerto, mon placement me permettait de voir très bien les mains du pianiste, mais acoustiquement, tout est prévu pour que le son soit dirigé vers la salle plutôt que vers l'arrière-scène, donc la balance n'était pas toujours idéale. Pas de problème en revanche pour apprécier le très beau son de cor !

Après l'entr'acte, je reviens et constate que le seul percussionniste est maintenant au centre, j'aurai donc de très bonnes conditions d'écoute pendant la première symphonie de Brahms. A priori, je déteste ce compositeur. Pourtant, c'est bien pendant l'écoute de cette œuvre que je me suis le plus éclaté. Je trouve aussi que l'orchestre s'y est vraiment surpassé. Est-ce uniquement la faute à l'étude que j'entrepends ces jours-ci de la Tétralogie de Wagner si je ne peux pas dissocier un des motifs rythmiques Plammm-plam-Plammm-plam que l'on entend dans le premier mouvement de cette symphonie (et qui réapparaît dans le quatrième) à la deuxième partie du motif de l'Adoration de l'or que chantent les filles du Rhin dans la première scène de Das Rheingold. Je me régale pendant les trois premiers mouvements de la symphonie, qui font entendre de très belles nuances. J'ai moins aimé le quatrième et dernier mouvement qui fait un peu trop penser à Beethoven. Les nuances se font moins fines aussi. Pendant certains passages où les cors jouent, on n'entend plus les violons qui produisaient des sonorités un peu wagnériennes que j'aurais préféré entendre mieux. Les autres instruments à vents étaient délicieux à écouter.

Ailleurs : Klari.

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Commentaires

1. 2011-02-06 18:45+0100 (Aloysia)

J'avais entendu la création du II de la Gautama Symphonie lors de sa création à Toulouse !

Je me souviens peu de cette œuvre (il y a 5 ans, tout de même !), mais je garde l'idée orientalisante, et effectivement, le salut de Jean-Philippe Bec (c'est votre description qui m'a tout remis en mémoire, d'ailleurs), à l'indienne.

(J'avais été beaucoup plus marquée par le chef (Y. Nézet-Séguin), et le concerto et son soliste (Angelich pour le concerto en sol de Ravel) !)

Merci pour votre blog que je prends plaisir à lire, même si je n'ai pas assisté aux concerts dont vous parlez !

2. 2011-02-10 02:11+0100 (Joël)

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