Weblog de Joël Riou

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Sélection de photographies

2008-08-31 20:54+0200 (Orsay) — Voyage en Inde V — Photographies

Je suis rentré aujourd'hui. Pas grand chose à signaler sur ces derniers jours à Mumbai, si ce n'est que j'ai finalement réussi à trouver un petit restaurant que l'on m'avait conseillé (tellement difficile à trouver pour moi que j'avais échoué en février 2007 et en août 2007) et que, initié par un collègue indien, j'ai goûté au pan : une feuille de bétel enroulée autour d'une multitude d'ingrédients. À l'aéroport international de Mumbai, les chiffres peuvent se perdre dans la traduction des annonces sonores : la porte d'embarquement de mon vol est la numéro 8 dans l'annonce en hindi et la numéro 10 dans la version anglaise subséquente. Finalement, c'était bien la porte 8.

Comme mes possibilités d'upload sont assez limitées, je présente pour le moment une petite sélection des photographies que j'ai faites, l'intégralité devant paraître ici-même demain ou après-demain.

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Jalgaon

2008-08-28 18:54+0530 (मुंबई) — Voyage en Inde V

Je suis arrivé à Jalgaon avant-hier après avoir pris un train de nuit à Warangal. J'ai déposé mes affaires à l'hôtel où j'étais déjà allé et ai téléphoné à Aniket. En dehors d'une visite à un refuge pour vaches malades et un musée faisant de la propagande végétarienne très agressive, j'ai passé l'essentiel de ces deux journées dans sa maison, où habitent ses parents Shrikant et Shubhada, son frère Rohit et sa sœur Anagha. Dire que j'ai été bien nourri est un euphémisme. Le premier déjeuner était fait de riz et de pain à broyer avant de le mélanger avec une sauce. Le soir, Aniket et moi avons mangé chez son oncle maternel, qui est avocat, son épouse étant enseignante : Pav Bhaji et laddus. Hier midi, des papads de diverses sortes, un peu de riz, des pommes de terre, mais surtout des chapattis sucrés. Ce sucré-salé était étonnant. Hier soir, nous avons mangé tous ensemble, à même le sol, un plat léger : un mélange de riz et de dal, avec un curry blanc. Il faut une bonne sieste pour digérer le repas de midi. Au petit-déjeuner, des petits bhajis. J'étais sur le point d'aller me laver les mains après avoir fini mon assiette qu'on m'a dit d'attendre un peu la deuxième poêlée.

Des élections sont en cours à Jalgaon. Les candidats rivalisaient en braillements, en prospectus qu'ils distribuaient de porte à porte, tentant même d'essuyer la poussière des pieds du chef de famille. Hier, c'était aussi le jour où les jeunes candidats à des postes de policiers devaient se présenter au concours de l'école de police : une gigantesque queue de plusieurs centaines de mètres se tenait à l'entrée.

À la maison, Shrikant se fait l'interprête pour le reste de la famille. Rohit, Anagha et Aniket essaient parfois de poser directement des questions. Des voisins viennent prendre un thé. On discute de sujets divers, sauf de politique. Un des sujets principaux est la religion. Quand un voisin a posé la question en marathi, j'ai cru comprendre que tous supposaient implicitement que j'étais chrétien. Dans ces cas-là, je m'efforce de rectifier ce fait, ce qui n'est pas toujours évident, tant il paraît saugrenu à nombre d'Indiens que l'on puisse être incroyant. Après avoir esquivé quelques questions, on me demande si je crois davantage en forces de Dieu ou en celles de la Nature. Pour éviter d'avoir à choisir, j'ai eu recours à une philosophie européenne qui identifie les deux...

Shrikant est également passionné par la Ramayana. Il apprécie que, contrairement à Krishna qui nous montre comment nous comporter au Kaliyuga, Rama a toujours une conduite irréprochable. Je fais observer que la façon dont il répudie Sita (une deuxième fois) après que la rumeur publique se fut emparée de la question n'est pas une attitude irréprochable de la part d'un mari. Il me répond que c'était la bonne conduite à adopter pour un roi.

Nous écoutons des musiques très différentes. Des musiques de films bollywoodiens. Des ghazals. Shrikant va même jusqu'à chanter quelques couplets en marathi. Quand il oublie le texte, Shubhada ajoute sa voix à la sienne.

Nous parlons de ma visite à Belur Math, le lieu où se trouve la mission Ramakrishna. La famille appartient à ce courant de pensée religieuse. Bien que considérant le fondateur comme un dieu, ils adhèrent sincèrement à l'idée que les dévôts de toutes les religions croient finalement en la même chose et que dans leurs séances de prière auprès du petit autel familial, ils ne récitent pas que des textes hindous mais aussi des textes islamiques ou chrétiens. Shrikant insiste pour dire que ce mouvement de pensée n'est pas prosélyte, ne dit pas aux autres Notre religion est la vraie religion..

Côté tourisme, ce voyage est pour ainsi dire fini. J'ai pris ce matin le Mahanagari Express pour venir à Mumbai où une chambre m'attendait au Tata Institute. Le train n'a eu qu'une heure de retard. Cependant, pendant de longues heures aujourd'hui et ces derniers jours, l'électricité a été coupée à Jalgaon, y compris à la gare. Par conséquent, les annonces sonores étaient très intermittentes. La seule annonce pertinente pour moi est intervenue quand j'ai vu arriver mon train. Heureusement que j'avais demandé au guichet des renseignements le numéro de la voie où était attendu le train (sachant qu'il y avait un piège parce que les trains faisant le circuit du Mahanagari Express sont censés se croiser au voisinage de Jalgaon : il ne fallait pas que je me retrouve dans le train de Varanasi).

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Charminar, Warangal

2008-08-25 17:55+0530 (వరంగల్) — Voyage en Inde V

Lors de ma dernière journée à Hyderabad, je suis allé au Sud, dans la vieille ville. On franchit la rivière Musi. Quelques beaux bâtiments, comme celui de la haute cour, se trouvent à proximité du chemin. Le site caractéristique de Hyderabad est le Charminar, qui, comme son nom l'indique, comporte quatre minarets. Il se trouve un beau milieu d'un carrefour. Le prix d'entrée pour les étrangers est exorbitant pour ce qui est proposé. Il est simplement permis de monter au premier étage. De là, on peut voir les routes situées à l'entour, ainsi que l'impressionnante mosquée toute proche. Depuis les récents événements terroristes ayant frappé Hyderabad, des mesures de sécurité ont été prises. Comme souvent avec la sécurité, cela n'apporte pas grand chose mais ennuie tout le monde. Il était ainsi interdit de s'approcher de la mosquée avec un sac. Bien sûr, aucune consigne n'était prévue. La veille, dans un petit parc peu intéressant, on m'a demandé de mettre en route mon appareil-photo pour s'assurer que ce n'était pas une bombe. La police serait-elle à ce point naïve qu'elle prétende prévenir la commission d'attentats ? Si des personnes mal intentionnées veulent faire exploser des bombes, il est évident qu'elles peuvent y arriver, mesures de sécurité ou pas. Certains terroristes ont ainsi tourné en ridicule la police du Gujarat il y a quelques semaines : à la suite d'une série d'attentats et la mise en place de mesures de sécurité, les terroristes ont transmis à la police l'emplacement de plusieurs nouvelles bombes qu'ils n'avaient pas l'intention de faire exploser : elles visaient à démontrer que la police ne contrôlait pas la situation.

J'ai ensuite visité le vaste musée Salar Jung. Un nombre impressionnant de galeries. On y trouve même une sculpture représentant Louis XIV. Le ventilateur de ma chambre d'hôtel étant un peu défaillant, je suis allé me rafraîchir en allant de nouveau au cinéma, voir un autre film bollywoodien : बचना ऐ हसीनो. Le premier épisode de la première moitié était un plagiat de Dilwale Dulhanya Le Jayenge. La référence était tellement peu subtile que la musique de ce film était aussi reprise.

Ma grande déception à Hyderabad est de n'y avoir pas mangé de biryani. On dit souvent que c'est la ville du biryani. Les restaurants situés dans le quartier d'Abids où j'étais n'en proposaient pas, y compris le plus onéreux d'entre eux. Au musée Salar Jung, je me suis laissé à la facilité en suivant un panneau indiquant un restaurant situé dans son enceinte, lequel arborait l'expression Veg. biryani. Quand j'ai demandé à ce qu'on m'en serve au comptoir, on m'a dit que seuls des pulavs étaient préparés. Je n'étais pas très motivé pour errer dans la vieille ville à la recherche d'un restaurant servant des biryanis, j'ai donc mangé un pulav.

Hier matin, j'ai pris un train Hyderabad-Warangal. Trois heures de trajet en 3AC, la classe des riches. J'aurais préféré obtenir un ticket en Sleeper class, mais il n'y en avait plus de disponible quand je regardai sur Internet il y a quelques jours, et en 3AC, j'ai eu la dernière place vendue en ligne. Avec un prix trois fois moindre, on voyage en bien plus sympathique compagnie en Sleeper class.

Le principal site touristique de Warangal est son fort. La première dizaine de conducteurs de rickshaw à qui j'ai parlé ne comprenaient pas le simple mot Fort. L'agent de sécurité de mon hôtel a bien voulu négocier pour moi. Vu la longueur des échanges, ils devaient avoir beaucoup à se dire. Toutefois, il a commencé par dire Fort. C'est la première fois que je suis tenu en échec sur un mot aussi simple. Une bonne partie des fortifications subsistent. Au centre, les vestiges d'un très grand temple de Shiva sont visibles. Malheureusement, la plupart de l'édifice s'est écroulé. On voit encore cependant quatre grandes portes aux coins cardinaux et quelques belles sculptures, notamment sur des piliers. À l'époque, cela devait être impressionnant.

J'ai marché un peu en direction des remparts. Il m'a semblé reconnaître Vishnu sur Garuda dans une des sculptures du site. À l'autre bout, un petit parc enfermant un lac et une colline depuis laquelle on dispose d'une vue d'ensemble sur le fort. Je fais alors la connaisance de Père Philip, prêtre catholique en tenue de ville qui fait faire un peu de tourisme aux jeunes enseignantes (hindoues) de l'école qu'il dirige. Originaire du Kerala, il me raconte son pélerinage à Lourdes. Il me propose de venir avec eux pour visiter un autre temple. En sortant du parc, je découvre une grosse voiture. Nous serons motorisés. Nous visitons le temple aux mille piliers, situés à une dizaine de kilomètres de là. La plupart des piliers n'en sont pas vraiment, mais sont sculptés dans la partie externe du temple. C'est beaucoup moins spectaculaire que le temple aux mille piliers que renferment le temple de Madurai. Une grande sculpture de Nandi, comme dans tout tempe de Shiva, protège le sanctuaire. Nous passons ensuite près de la résidence de l'évêque. Nous entrons dans l'église où se déroule la messe du soir. L'église est pleine. Très gentiment, il me ramène près de la gare où se trouve mon hôtel.

Aujourd'hui. Rien : j'ai préparé le texte de l'exposé que je ferai dans quelques jours au TIFR.

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Hyderabad

2008-08-22 20:17+0530 (హైదరాబాదు) — Voyage en Inde V

Le trajet en train de nuit Bijapur-Hyderabad a été interminable. Deux arrêts prévus d'une heure et demie et un autre arrêt inattendu d'une heure. Une cinquantaine de villes desservies. L'hôtel où je suis est calme et de très bonne qualité, tout en étant bon marché.

L'après-midi, je suis allé au Fort de Golconde, en rickshaw puisqu'il se trouve à plus de dix kilomètres du centre. La visite du fort n'est pas terriblement passionnante. On dispose toutefois d'une très belle vue depuis le sommet. Certains y viennent fêter un anniversaire. D'autres y tournent des films.

Deux kilomètres plus loin, on peut visiter les tombeaux des rois Qutb Shahi. L'entrée est d'un prix très raisonnable : 10 roupies auxquelles s'ajoutent 20 roupies pour l'appareil photo. À l'approche d'un des premiers mausolés, quelqu'un essaie de s'imposer comme mon guide, procédé classique. Je n'ai pas l'intention d'accepter cela et le fais savoir. Évidemment, de l'autre côté, le texte est différent : Do you like Hyderabad?, répété trois fois. J'esquive la question parce qu'après avoir un peu marché dans des rues infernales et subi un itinéaire invraisemblable pour arriver là, mon opinion est alors plutôt défavorable. Je dis simplement que je viens d'arriver et que je n'ai donc pas d'opinion éclairée. Le quidam se présente comme un professeur d'histoire qui travaillerait ici. Balivernes ! quoique l'on puisse sans doute considérer cela comme rigoureusement exact au sens où il gagnerait quelque salaire de touristes pour de petites promanades accompagnées de commentaires historiques. Il me propose une transaction de 70 roupies pour visiter l'ensemble du parc, ce qui serait raisonnable si j'avais envie d'utiliser ses services. Comme je ne suis toujours pas intéressé, on tente d'user d'arguments déloyaux selon lesquels je n'aurais soi-disant pas la permission de visiter l'ensemble du site. Et le ticket d'entrée, il sert à quoi ? Le triste sire se montrant insistant, je lui fais observer que les petits groupes de gens autour de nous ne semblent pas avoir besoin d'autorisation spéciale. Il sort un argument grotesque : But, they are Indians!. Je lui réponds que je n'ai rien entendu d'aussi ridicule depuis un bon moment et commence ma visite, seul.

Des dizaines de mausolées dotés de majestueux dômes sont éparpillés dans ce parc. Celui de Mohammed Quli est particulièrement imposant. L'escalier permettant de monter à l'étage est malheureusement obstrué.

Le soir, je mange, plutôt mal, dans un restaurant situé au dernier étage d'un immeuble. La vue n'était pas désagréable.

Ce matin, je décide d'aller voir un temple hindou plutôt que des monuments islamiques puisque nous sommes vendredi et qu'ils risquent donc d'être fermés. Je passe devant le superbe bâtiment tout en voûtes et en dômes de l'assemblée législative de l'Andhra Pradesh. Après avoir éprouvé quelque peine à trouver la ruelle qui monte au sommet de la colline Kalabhad, je visite le temple construit à l'initiative de la famille Birla. Je n'avais jusqu'alors qu'aperçu le temple en marbre blanc d'en bas, d'où l'on peut aussi voir un curieux hôtel en forme de château. Mon avis serait sans doute différent si ce temple était fait d'un autre matériau, mais il me semble avoir visité là un des temples hindous parmi les plus beaux que j'aie vus. En retrait de la partie principale, un lieu est consacré à Sai Baba. Un citation de Swami Vivekananda est écrite sur le mur. On trouve même une référence au Guru Nanak, fondateur du sikhisme. Tout est écrit en hindi et en télougou. Lorsque l'on se dirige vers le temple principal, on peut admirer une des représentations classiques du Mahabharata : Krishna enseignant la Gita à Arjuna. Sur les murs bordant deux escaliers latéraux, de nombreuses scènes du Ramayana sont illustrées : Sita voyant l'antilope magique, son enlèvement par Ravana, Hanuman volant au-dessus de l'océan, rencontrant une démone au passage, Rama tuant le singe Valin lors de son duel avec Sugriva, Hanuman rapportant une montagne plutôt que les fleurs médicinales qui s'y trouvent (représentation la plus commune de Hanuman), la construction du pont vers Lanka, Sita subissant l'épreuve du feu, etc. Au sommet se trouve le temple proprement dit. Les murs extérieurs arborent des sculptures dont la plupart illustrent des avatars de Vishnu. J'en ai reconnu neuf. Le fondateur du jaïnisme, Mahavir, est lui aussi représenté, de même que Bouddha, hardiment intégré à l'hindouisme comme neuvième avatar de Vishnu. Ceci sort de l'ordinaire, de même que la référence au sikhisme plus haut : le temple est ouvert à tous les dévôts, peut-on lire à l'entrée.

À l'intérieur du temple, on passe d'abord par une antichambre. Sur la gauche, Brahma sortant du nombril de Vishnu. Sur les murs de la salle d'où l'on peut voir la divinité Venkateshwar, une des formes de Vishnu, divers dieux sont présents : Brahma, Sarasvati, Lakshmi, etc.

Je n'avais jusqu'alors jamais vu cette mention dans un temple, mais il est indiqué ici que la cérémonie de Prathishta s'est tenu le 13 février 1976. Depuis ce jour, la sculpture située dans le sanctuaire n'est plus une vague sculpture anthromorphe, mais la divinité Venkateshwar.

Depuis le sommet de la colline, on a vue sur le lac Hussain Sagar et la grande statue de Bouddha qui s'y trouve. Je m'en suis rapproché depuis le bord par la suite. Je ne la trouve ni belle ni spectaculaire. Pour la comparer avec ce qui lui est comparable, la statue de Shiva à Vadodara est beaucoup plus impressionnante. Peut-être est-ce la faute du lac, qui serait trop grand ?

L'après-midi, je suis allé voir le gros film du moment : Singh is Kinng.

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Bijapur

2008-08-20 13:25+0530 (ವಿಜಾಪುರ) — Voyage en Inde V

Hier, j'ai visité le Golgumbaz, un mausolée doté d'un immense dôme. Compte tenu des zones interdites d'accès tout autour, à moins de disposer d'un grand angle, il n'est pas évident de trouver de point d'où le photographier en entier. On entre dans une grande salle carrée renfermant des pierres tombales. On peut monter à la base du dôme en empruntant un raide escalier en colimaçon dans un des quatre minarets à sept étages. Un couloir fait le tour du dôme, côté intérieur : c'est la salle des murmures. Le coup d'œil vers la grande salle située en dessous est renversant, d'autant plus que le parapet n'est pas très haut. L'écho est saisissant : si on claque des mains, le bruit se répète de nombreuses fois. Pour une raison obscure, un agent de sécurité fait vibrer son sifflet à intervalles réguliers.

J'ai ensuite visité la Jama Masjid et un certain nombres de bâtiments en ruine, près de la citadelle ou à proximité de celle-ci. L'accès à certains édifices est interdit aux femmes.

Aujourd'hui, j'ai visité le Bara Kaman, un mausolée en ruines (dont subsistent de nombreuses arches), une tour de guet, vu le canon Malik-e-Maidan et d'autres mausolées situés plus au Sud. Dans l'un d'entres eux, le plafond bas de la chambre funéraire est recouvert de petits miroirs et d'inscriptions utilisant alphabet arabe.

On fait rapidement le tour de la ville à pieds. Les seuls monuments vallant le détour à Bijapur sont le Golgumbaz et le mausolée d'Ibrahim Rouza.

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Grottes de Badami, arrivée à Bijapur

2008-08-18 16:34+0530 (ವಿಜಾಪುರ) — Voyage en Inde V

Hier matin, je suis allé visiter les quatre grottes de Badami, situées au Sud du bassin Agastyatirtha. Les trois premières sont hindoues, la dernière est jaïne. La plus remarquable me semble être la troisième, dédiée à Vishnu. On y voit notamment des représentations de Narasimha et de Varaha, de Vishnu sur le serpent Shesha. Au plafond, diverses divinités sur leur monture, comme Brahma sur son cygne, à la verticale d'un motif de lotus au sol.

Je suis ensuite allé au musée, situé au Nord du bassin, en prenant le chemin canonique à travers la vieille ville. On peut y admirer des sculptures parmi lesquelles une étonnante divinité associée à la fertilité et un superbe Shiva détruisant Tripura.

J'ai ensuite emprunté le sentier rocailleux en direction du Mahakuta. Une mystérieuse inscription (bouddhique ?) Kappe Arabhatan se trouve sur la gauche. Je me retrouve au milieu d'un groupe de jeunes gens allant au même endroit. À un moment donné, il faut bifurquer de façon non intuitive vers un sentier sablonneux. Des jeunes femmes empilent rituellement de petites pierres. À l'approche du Mahakuta, je n'ai guère l'impression de me diriger vers un temple lié au sage Agastya : le bruit fait plutôt penser à une piscine animée.

L'enceinte du temple renferme de nombreux sanctuaires shivaïtes. L'atmosphère est très enfumée dans le sanctuaire principal. Non loin de là se trouve un petit bassin où s'ébattent joyeusement hommes et femmes de tous les âges. Çà et là, on fait sécher des vêtements, les saris étant étendus au sol.

Je déguste debout un bon plat de riz écrasé : Pohe. Pour rentrer à Badami, il n'y a que des rickshaws collectifs. On me demande d'abord 150 roupies, puis sau rupe (100 roupies). Évidemment, je refuse et le chauffeur me demande mon prix : 10 roupies. Ce doit être la première fois que j'arrive à diviser par quinze un prix aussi cordialement. S'il s'agit d'un rickshaw collectif, rien ne le distingue d'un rickshaw ordinaire. On ne démarre que lorsque c'est plein. J'imaginais qu'il n'y avait de la place que pour huit adultes. Nous serons finalement une bonne vingtaine de passagers parmi lesquels figurent certes de nombreux jeunes enfants. Je suis à l'avant, à gauche du pilote, deux hommes se trouvant à sa droite. Vu le chargement, on ne va pas très vite, autour de diz kilomètres à l'heure, et dans les montées, moins vite qu'un buffle. Je baisse la tête à l'approche des ralentisseurs pour éviter de me cogner la tête.

Je suis parmi ce matin de Badami pour Bijapur. Mon hôtelier m'a suggéré de me rendre d'abord à Bagalkot d'où je pourrais trouver facilement des bus pour Bijapur. Je suis monté dans une camionnette, pas trop surchargée. Mon sac de voyage était sur le toit, sans aucune attache. Comme dans la plupart des transports collectifs, en plus du chauffeur, une autre personne se charge du payement et d'autres bricoles. En face de moi, une femme se plaignait du courant d'air qui arrivait par la fenêtre. Dans cette camionnette, pas de vitres : un morceau de plastique transparent amovible en fait office. Le jeune homme, qui était debout à l'arrière de la camionnette, s'accroche au toit avec les mains, et l'air de rien, vient sur le côté, pose le pied sur le marche-pied et met en place l'ersatz de fenêtre, la camionnette étant alors à pleine vitesse. À Bagalkot, je trouve aussitôt un bus pour Bijapur. La traversée de la trivière Krishna est assez impressionnante. En cette saison, elle inonde largement des zones ordinairement à sec. De nombreux arbres et poteaux électriques dépassent des flots. La route est plutôt belle. Au bord de la route, on voit de plus en plus d'indications utilisant l'alphabet devanagari. L'orthographe kannada de Bijapur oscille entre deux formes : la longueur du u est alternativement soit brève soit longue. C'est loin d'être la première fois que je remarque de telles variations dans l'orthographe du nom d'une ville. Il est quand même invraisemblable que cela n'ait pas été uniformisé une fois pour toutes, d'autant plus que les noms de villes en -pur sont assez courants..

Le centre de Bijapur semble appartenir à la catégorie des centres-villes infernaux. De surcroît, l'hébergement et la restauration y sont sommaires. J'ai commencé par visiter le mausolée d'Ibrahim Rouza. S'il n'avait été rendu inégalement grisâtre par le temps, ce serait un magnifique monument. À l'Est, le mausolée proprement dit, renfermant six tombes et doté de grans minarets ; à l'Ouest, une mosquée d'une taille comparable. Une jeunne fille qui veut que je la prenne en photographie me parle en hindi. Un peu plus à l'Ouest, d'autres mausolées sont visibles. Une mosquée moderne bleu pastel s'insère dans ce cadre.

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Badami, Aihole, Pattadakal

2008-08-16 17:56+0530 (ಬದಾಮಿ) — Voyage en Inde V

Hier matin, après avoir déboursé une somme inhabituellement faible pour rejoindre Hospet depuis Hampi (où les statuettes se vendent dix fois le prix normal), j'ai pris un bus en direction de Gadag, où j'ai pris un autre bus pour Badami. Ce que je ne savais pas en arrivant à Gadag, c'est que les bus pour Badami ne partaient pas de la nouvelle station de bus, mais de l'ancienne. J'ai fait ce trajet dans le centre animé de Gadag en tonga. C'était le jour de l'indépendance, de grands rassemblements étaient visibles, les couleurs de l'Inde flottaient partout. Le plus insolite était de voir des écolières porter un jupe verte, une chemise blanchâtre et des nœuds safrans dans les cheveux. En arrivant au Old Bus Stand, j'ai immédiatement entendu un héraut annoncer Bagalkot. J'ai donc trouvé rapidement mon bus, puisque Badami se trouve sur la route de Bagalkot.

Après ces quelques heures de bus, je me suis installé dans mon hôtel, où j'ai bénéficié d'une réduction. Des idlis et un dosa dans le petit restaurant d'en face, et je suis parti visiter les temples et fortifications anciennes du côté Nord. Ces vestiges de couleur jaunâtre sont visibles depuis la route : c'est assez spectaculaire. Je suis allé au sommet de cette colline et ai également visité quelques temples et une grotte situés non loin du réservoir Agastyatirtha. Je suis ensuite allé me perdre dans les ruelles de la vieille ville. Partout, des enfants me demandaient mon nom, mon pays, demandaient à être pris en photos. Beaucoup aussi n'avaient qu'un seul mot à la bouche : schoolpen.

Je n'ai trouvé qu'un seul cybercafé en ville. Hier, les incantations aléatoires au Dieu Windows n'ont rien donné, mais ce soir, j'ai fini par avoir une connexion. Au bout d'une bonne demi-heure d'essais infructueux, je suis parti manger dans restaurant dépendant de l'hôtel le plus chic, situé en dehors de la ville. Le service était minable, la nourriture tout juste passable. Vraiment pas terrible.

Aujourd'hui, je suis allé au Bus Stand pour prendre un bus pour Aihole. La route est dans un sale état et le vieux rafiot branlant qui fait office de véhicule n'inspire pas vraiment confiance. De nombreux temples millénaires se trouvent dans l'enceinte principale (payante) et tout autour du village. Le plus remarquable est le temple de Durga. En faisant le tour du village et en grimpant au sommet de la colline voisine, j'ai vu de nombreux groupes de temples : Jyorthirlinga, Mallikarjuna, Tryambakeshwara, Charanthi Matha, Eniyara Gudi, Ambigera Gudi.

J'ai demandé quand passerait le prochain bus, on m'a dit qu'il fallait attendre quatre heures ! En cherchant un peu mieux, j'aurais probablement trouvé le moyen de prendre un minibus, mais j'ai décidé de rejoindre Pattadakal à pieds. Sur le chemin, j'ai visité un autre groupe de temples : Galaganatha. Au bout de quelques kilomètres, je suis passé près d'un hameau. Je m'y suis arrêté, trouvant une dhaba providentielle pour prendre une boisson censément fraîche, mais plutôt tiède. Un attroupement s'est fait autour de moi. On me posait les questions habituelles, parmi lesquelles la question du taux de change entre l'Inde et la France.

Après que j'eusse fait une petite dizaine de kilomètres au Soleil, Brahmesh, un automobiliste voyageant avec son épouse et sa fille, a dû me prendre en pitié et m'a demandé de monter. Il travaille dans les chemins de fers. Il déplore le côté arriéré des infrastructures de cette partie du Karnataka. J'arrive à Pattadakal plus tôt que je ne l'avais imaginé.

Je m'acquitte d'un lourd droit d'entrée pour ce groupe de temples inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. De nombreux temples des septième et huitième siècles. La plupart de ces temples Kadasiddeshwara, Galaganath, Jambulinga, Sangameshwara, Virupaksha, Mallikarjuna, Kashi Vishveshwara et Paranatha sont dédié à Shiva. Cependant, comme à Aihole et à Badami, de nombreux temples de Shiva étaient des temples d'autres divinités comme Surya ou Vishnu et ont été reconvertis en des temples de Shiva. On voit ainsi de nombreux buffles Nandi dirigés vers le sanctuaire des temples qui renferme un lingam. Le temple le plus remarquable est le temple Virupaksha. Ses piliers intérieurs sont ornés d'illustrations du Mahabharata et du Ramayana. J'ai ainsi reconnu Bhishma allongé sur le lit de flèches fabriqué par Arjuna, impression confirmée par les dires d'un guide à un groupe de touristes indiens dans une langue non idenfiée. Un imposant Nandi protège sa divinité tutélaire de ce temple qui a l'apparence de l'activité.

Pour rentrer, je n'ai pas trouvé de bus officiel. Cependant, j'ai pu trouver une place à bord d'un minibus. On y est un peu plus serré que dans un bus ordinaire, mais cela va plus vite et on a moins le tournis.

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Vingt kilomètres à pieds

2008-08-14 15:23+0530 (ಹಂಪೆ) — Voyage en Inde V

Hier matin, je suis parti en direction du temple Vittala et ai poursuivi ma route au delà, vers l'Est. Je voulais visiter les temples situés de l'autre côté de la Tungabhadra. Pour rejoindre l'autre rive, il faut prendre un bateau : il y a bien un pont, mais à moins de battre le record du monde de saut en longueur pour franchir son segment manquant, il n'y a pas d'alternative. Le niveau de la rivière est monté de plusieurs mètres, le courant semble puissant. Peut-être est-ce la raison qui empêche les bateliers de travailler. Certains restraurants construits comme des ghats au bord de l'eau sont également fermés ou rendus inaccessibles à sec.

Bref, j'ai dû renoncer à visiter le temple de Hanuman. Je suis donc allé en direction du Sud. Au flanc de la colline Malyavanta se trouve un fort joli temple Raghunatha, dédié à Rama. Avant d'entrer dans l'enceinte, j'ai entendu des chants. Une récitation du Ramcaritmanas, une version hindie du Ramayana, était en cours. Je me suis installé sur les tapis, on m'a offert le prasad : quelques gouttes de beurre clarifié parfumé et des petits bonbons. J'ai mis sur mes genoux un des exemplaires fournis du poème, en alphabet devanagari et ai essayé de suivre, ce qui n'était pas facile, surtout que mon voisin, contrairement à ce que j'imaginais au début, lisait le Lankakanda alors que l'on en n'était que vers la cent cinquantième strophe du Balakanda, comme je m'en suis rapidement rendu compte en me rapprochant des chanteurs et des instrumentistes. Je suis resté là une bonne heure, ce qui m'a permis de me reposer un peu après cette matinée fatigante. J'aurais bien fait un petit don, mais la coupelle prévue à cet effet avait été retirée... J'ai poursuivi ma marche vers le Sud, où j'ai visité un temple jaïn et ce qui est probablement la porte de Bhima : les indications et le fléchage étant loin d'être parfaits, il n'est pas évident d'en avoir la certitude. On pouvait cependant voir une sculpture qui pourrait figurer Bhima, un des Pandavas, puisqu'il portait une massue.

Encore plus au Sud, j'ai mangé dans le restaurant du Karnataka STDC. Je me suis dirigé vers le musée archéologique. Quelques sculptures shivaïtes et vishnuïstes et des maquettes de l'ensemble du site de Hampi. Un peu plus loin se dresse le gigantesque temple Pattabhirama : ses sculptures ne sont pas vraiment à la hauteur.

J'ai pris une route vers le Nord-Ouest pour rejoindre la cité royale. J'y ai visité les bains de la Reine, observé depuis une plate-forme ancienne les vestiges de la cité. Sur le chemin du retour, je suis de nouveau allé admirer le temple Ramachandra. J'ai retrouvé la route prise la veille et ai exploré des recoins que j'avais laissé à plus tard. J'ai pu voir un groupe de deux édifices. Sur la droite, un énorme Lingayoni baignant dans l'eau et sur la gauche, une grandiose sculpture de Narasimha, l'homme-lion, quatrième avatar de Vishnu.

Je me suis régalé au restaurant pour reprendre des forces après cette longue journée.

Ce matin, j'ai visité la partie du site la plus proche de mon hôtel : j'avais décidé de repousser cette visite pour prévoir une journée que je saurais moins fatigante.

J'ai commencé par le temple de Krishna, dont le gopuram principal présente de beaux restes de sculptures : sur beaucoup d'autres temples, on ne voit plus que la structures sur laquelle reposaient les sculptures de divinités ; pour ce temple, la structure est endommagée, mais la partie inférieure recèle encore de belles sculptures, peut-être de scènes de batailles. À l'entrée, il me semble reconnaître des frises illustrant plusieurs avatars de Vishnu. De nombreuses représentations de Garuda, la monture de Vishnu, sont aussi visibles. Je me dirige ensuite vers le sommet de la colline Hemakuta. Une sculpture très bien conservée de Ganesh est visible. De nombreux petits temples recouvrent les abords du sommet.

D'en haut, on dispose d'une belle vue sur l'ensemble du temple Virupaksha et ses deux gopurams principaux. Je descends pour rentrer dans son enceinte. De nombreuses colonnes sculptées. En m'approchant du sanctuaire, j'entends une musique peu religieuse : une scène de danse d'un film est en cours de tournage. Je fais rapidement en douce une photographie du couple d'acteurs : je n'avais pas envie de payer 50 roupies en plus du ticket d'entrée de 2 roupies pour faire des photographies du temple. Le chorégraphe montre les mouvements aux acteurs, les mouvements sont très simples, la séquence filmée ne dure que quelques secondes. De nombreuses prises sont faites.

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Hampi

2008-08-12 20:30+0530 (ಹಂಪೆ) — Voyage en Inde V

Je n'ai pas fait grand chose à Vijayawada hier à part me balader dans le quartier commerçant dans lequel se trouve mon hôtel. Je suis allé à la gare en cycle-rickshaw. Cette gare est assez grande, et un peu plus moderne que la moyenne : des écrans plats annoncent les prochains trains. Toutefois, la voie d'où allait partir l'Amaravathi Express n'a été annoncée qu'un quart d'heure avant le départ. Pas grand chose à signaler dans ce train de nuit si ce n'est qu'un de mes compagnons de voyage semblait très polyglotte : télougou, anglais, hindi, kannada, notions de tamoul, malayalam, néerlandais.

J'ai dû insister pour que mon auto-rickshaw ne me dépose qu'au Bus Stand plutôt que de m'emmener directement à mon hôtel. J'ai fini par trouver le bus à prendre pour faire la douzaine de kilomètres qui séparent la ville de Hospet de Hampi Bazaar.

Je me suis installé dans l'hôtel où j'avais réservé une chambre et suis parti à la découverte des temples construits à l'époque de l'empire Vijayanagar. J'ai commencé par le temple Acyutaraya, puis suis monté au sommet de la colline voisine, où se trouve un petit temple. Je suis redescendu par un autre versant et ai trouvé un chemin boueux pour rejoindre la route du temple Vittala, qui doit être le seul dont l'entrée soit payante. Certains touristes renoncent à débourser les 250 roupies (4 euros) pour entrer, le même ticket permettant aussi de visiter le jour-même un autre site payant plus au Sud. Un grand chariot de pierre fait face à l'édifice principal. Sur les piliers de sa face Nord, des scènes du Ramayana sont représentées. Quelques colonnes ne sont plus très verticales, certaines parties sont rafistolées de façon peu seyante pour qu'elles ne s'écroulent pas.

L'après-midi, je suis allé visiter les groupes de temples du Sud. Un temple tellement souterrain que le sol en est inondé et s'il ne l'est pas, il glisse. Le plus beau temple que j'aie vue est le temple Ramachandra, ou Hazra Rama. Il est longuement décrit dans le livre Le Rāmāyaṇa de Vasundharā Filliozat. Deux groupes de sculptures illustent superbement cette épopée : sur la partie intérieure du mur d'enceinte et sur les faces extérieures de l'édifice. Malheureusement, certaines sculptures du mur d'enceinte ont été cachées par une construction ultérieure d'une grande pièce dans un coin de l'enceinte. On reconnaît par exemple Rama luttant contre le démon Kabandha, Sita apercevant l'antilope dorée et demandant à Rama de la lui ramener, ce en quoi elle est victime d'une ruse qui conduira à son enlèvement par Ravana, Rama délivrant Ahalya, le singe Hanuman se faisant une couche haute en rallongeant sa queue. Un temple magnifique.

Un peu plus loin, je retrouve la partie payante du site et y voit notamment le Lotus Mahal et des écuries pour éléphants ! Je reconnais aussi parmi les nombreux touristes français un autre archicube voyageant avec son amie. Nous échangeons des trucs et nous dînons dans un bon restaurant ; il semble qu'il y en ait très peu de convenables à Hampi, c'est mon seul bémol avec ma première journée ici. Certes, bien évidemment, il y a beaucoup de touristes et parmi eux beaucoup de français, je m'attendais à ce que ce soit un peu plus tranquille de ce côté-là, mais ce n'est pas très ennuyeux, tant le cadre est paisible, avec la rivière Tunghabadra qui coule au Nord du village. Cette rivière est paraît-il identifiée à la Pampa, cf. mon résumé du Ramayana. Kiṣkindhā, la ville légendaire des singes, ne seraît pas loin d'ici non plus.

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Pluie et vents violents à Vijayawada

2008-08-10 17:02+0530 (విజయవాడ) — Voyage en Inde V

J'ai pris mon train avant-hier autour de midi à Puri. À la gare, pas grand chose à manger. Le caissier du restaurant de la gare avait l'air abasourdi de me voir lui demander des idlis ou des wadas, qui étaient pourtant au menu. J'ai bien essayé d'avoir un thé, mais c'était également impossible. Dans un premier temps, j'ai dû me contenter de biscuits et plus tard, dans le train, je parviendrai à avoir des samosas.

Beaucoup d'étudiants prenaient ce train pour descendre à la première ou à la deuxième station. Je serais surpris qu'ils eussent un ticket ; je ne le leur ai pas demandé. Certains étudiaient l'informatique. Ils insistaient pour dire qu'ils apprenaient l'anglais et pas dans n'importe quelle prononciation : US pronunciation. Je les plains. Quand ils me demandent quel est mon niveau d'étude et que je leur réponds Ph.D., certains veulent vérifier et pour cela me posent des exercices de mathématiques ridicules.

Au bout de quelques heures, le train passe tout près du lac Chilika. De très beaux paysages de mousson de part et d'autre de la voie. De l'autre côté de la voie, on distingue des collines dont le sommet se perd dans la brume

Quelque temps plus tard, le nom des gare n'est plus écrit en oriya en plus du hindi et de l'anglais, mais en télougou : nous sommes en Andhra Pradesh, dans la moitié Sud de l'Inde, ce qui se remarque aussi aux guirlandes des fleurs que les femmes portent dans les cheveux. Je dors plutôt mal. Le train arrive à Vijayawada avec environ une heure de retard.

J'utilise pour la première fois au cours de ce voyage un auto-rickshaw pour rejoindre mon hôtel. J'essaie de demander à ce que le compteur soit utilisé, mais bien sûr, on me dit qu'il ne fonctionne plus. Je n'ai pas le cœur à négocier ; de toute façon, je n'ai pas la moindre idée de la distance à parcourir. L'hôtel s'avère extrêmement bon marché, trois moins cher que ce que j'ai eu à Puri, et en nettement mieux. Cependant, pour passer l'entrée principale, il faut franchir 20 centimètres d'eau : la Besant Road est inondée.

Je mange au restaurant de l'hôtel. Très peu cher, il sert de la cuisine du Sud de l'Inde. En dehors du traditionnel thali, le plat qui semble faire fureur est fait de puris, servis par deux, accompagnés d'une purée de pommes de terre, d'oignons et de piments. Conformément à sa réputation, la cuisine de l'Andhra Pradesh est un plus relevée que celle d'autres états.

Vijayawada est une grande ville, mais je n'en possède pas de carte. Comme il y a peu de sites touristiques, il n'y en a pas dans mon guide Lonely Planet. J'essaie de trouver sur Internet un plan d'ensemble de la ville pour me situer par rapport à la rivière Krishna. Malgré la pluie, je me décide à aller voir de plus près le grand barrage sur cette rivière, ainsi que le temple Kanaka Durga. À un moment, ne voyant pas d'autre issue, je me retrouve à devoir traverser une gigantesque gare routière non exempte de relief. Un peu plus loin, du fait de la pluie, la route devient presqu'impraticable aux piétons, les camions balaient cette eau sur leur passage. En retournant du côté de la gare routière, je finis par trouver un cycle-rickshaw pour me faire traverser les passages les plus délicats. Quand je rejoins la colline au flanc de laquelle se trouve le temple que je veux visiter, le vent se déchaîne, mon appareil-photo se met à voir flou, mon parapluie manque s'envoler, et pour couronner le tout, les piles de mon appareil se mettent à crier famine. D'un des temples de forme typiquement dravidienne, je ne garderai qu'un cliché flouté par des gouttes de pluie. Je marche pour trouver le chemin qui permet d'escalader la colline. L'ascension vers le temple de Kanaka Durga n'est pas très longue, mais il faut la faire pieds nus. D'en haut, on dispose d'une très belle vue sur la ville. On peut également voir une sorte de dôme doré recouvert de sculptures de Durga.

Je suis rentré à pieds, toujours sous la pluie. J'ai retrouvé le repère qui me permet de retrouver mon chemin : Karal Marx Road (sic).

Aujourd'hui, on ne ressent presque plus les effets de la pluie d'hier. Je suis allé au cinéma pour voir un film télougou : కథానాయకుదు (je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit l'orthographe exacte, puisque le titre était écrit d'une manière fantaisiste, et que je n'ai pas beaucoup d'expérience avec l'alphabet télougou). Deux heures trente de sketches grotesques. Des chansons pas désagréables. J'ai probablement vu pire... euh, en fait, non.

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Puri

2008-08-08 08:56+0530 (ପୁରି) — Voyage en Inde V

Hier, je n'ai pas fait grand chose. Je suis de nouveau allé faire un tour du côté du Jagannath Mandir. Quand je suis revenu, le temps est devenu très orageux. Des éclairs ont illuminé le ciel et engendré du tonnerre. Je me suis réfugié dans une petite cabane située près d'un nanotemple dédié à Ganesh pour attendre que la pluie cesse.

Je suis en train de passer mes dernières heures à Puri. Il fallait quitter la chambre d'hôtel avant 8h à moins de payer pour un jour de plus. Pour trois heures et vu l'état généal de l'hôtel, ce serait un peu exagéré. Je suis donc allé dans un cyber-café pour passer un peu le temps. L'écran de l'ordinateur ne voulait pas fonctionner : il a été fait usage d'un sèche-cheveux pour le ranimer. Derrière moi, un prêtre est en train de réciter des mantras en s'occupant des petites idoles qui se trouvent dans un coin du cyber-café. Un parfum d'encens envahit la pièce. J'ai assisté à la même scène hier midi dans un restaurant.

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Jagannath Mandir, Surya Mandir

2008-08-06 16:33+0530 (ପୁରି) — Voyage en Inde V

Hier matin, j'ai pris le bus pour faire le trajet Bhubaneshwar-Puri. Cela a pris à peine plus d'une heure pour une cinquantaine de kilomètres. Je suis descendu dans un hôtel situé tout près du golfe du Bengale, non loin de la rue Chakra Tirtha qui longe le littoral.

L'après-midi, je suis parti à pieds à la recherche d'un des temples les plus sacrés de l'Inde : le Jagannath Mandir, interdit aux non-hindous. Après avoir erré dans les ruelles paisibles de la ville, j'ai espéré qu'un cycle-rickshaw croise mon chemin, ce qui fut le cas. À la sortie du Chowk, j'ai aperçu la grande tour de ce temple dédié à Jagannath, une des formes de Krishna, avatar de Vishnu. Je pensais pouvoir monter en haut d'une bibliothèque toute proche pour mieux voir l'intérieur de l'enceinte, mais les heures d'ouverture ont rétréci comme peau de chagrin : l'après-midi, elle n'était ouverte que de 17h à 18h. Pour passer le temps, j'ai donc entrepris de faire le tour de l'enceinte extérieur pour voir les trois autres portes du temple et déguster un gros gulab jamun au passage. Je ne me suis en revanche pas laissé tenter par les gros blob huileux qui constituaient des sortes de ruches.

L'entrée principale est située à l'Est. Devant l'entrée, de gigantesques roues attendent vraisemblablement la prochaine procession de Rath Yatra. Depuis la bibliothèque, la vue n'a rien extraordinaire.

Je suis ensuite allé au bord de l'eau pour tremper mes pieds dans les eaux écumeuses du golfe du Bengale.

En reprenant mon chemin, à une intersection, j'ai vu une sculpture du héros nationaliste controversé Netaji Subhash Chandra Bose en train de faire ce qui pourrait très bien être un salut nazi.

Pour mon dîner, j'ai choisi un restaurant proposant des fruits de mer. J'ai pris un très bon biryani de crevettes, accompagné de puris. En attendant que mon dîner soit préparé, j'ai dû affronter un marchand d'objets artisanaux. Les objets qu'il présentaient étaient jolis et peu chers, mais j'en avais déjà vus et achetés de plus beaux du même type à des prix similaires à Allahabad et à Mumbai à l'occasion de fêtes où des marchants d'Orissa étaient venus présenter leur artisanat. Dessins sculptés sur des tranchettes de bois solidaires représentant Radha et Krishna ou Dasavatara, les dix incarnations de Vishnu.

Aujourd'hui, je suis allé à Konark pour visiter le temple du Soleil (treizième siècle), inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Le premier édifice que l'on voit en entrant, ou plutôt ce qu'il en reste, est un lieu consacré à la danse. Le pourtour est recouvert de sculptures représentant de nombreuses positions de danse. Plus haut, de nombreux dieux protègent les points cardinaux.

La structure principale est constituée d'une salle d'offrande et du sanctuaire. Ce dernier, en forme de tour, s'est effondré. Il ne reste plus que l'autre partie, de forme pyramidale, mais dont l'intérieur a été comblé en 1903 pour prévenir de nouveaux effondrements. Comme de nombreux temples, celui-ci est conçu comme un immense char. De part et d'autre, on peut voir de nombreuses paires de roues. La partie basse est richement sculptée : scènes représentant le roi, scènes liées à la construction du temple, nombreuses scènes érotiques. Trois grandes sculptures du dieu Surya sont visibles dans la partie principale. Comme de nombreux autres éléments du temple, elles ne sont plus dans leur emplacement originel. Chacune de ces sculptures correspond à un moment de la journée, la forme du couchant est celle qui a le moins d'éclat.

Mon guide m'a raconté de nombreuses légendes au sujet du temple. On raconte ainsi que la tour du sanctuaire contenait des aimants puissants contribuant à la cohésion de l'édifice. Les navigateurs portugais fussent très ennuyés de ce que cela brouillât leurs dispositifs de navigation. Il eût suffi qu'il enlevassent les aimants du temple pour qu'icelui s'écroulât.

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Bhubaneshwar

2008-08-04 14:15+0530 (ଭୁବନେଶ୍ବର) — Voyage en Inde V

Je suis arrivé à Bhubaneshwar avant-hier vers dix heures du soir soit environ huit heures plus tard que prévu. J'ai attendu de nombreuses heures dans la gare de Kharagpur. Sur le panneau d'affichage (buggé), le nouveau train que je devais prendre, le Coromandel Express, n'arrêtait pas d'apparaître et de disparaître. Le train a été annoncé avec un léger retard sur une voie difficile à déterminer, la coïncidence entre les informations affichées et les annonces sonores n'étant pas systématique...

Arrivé sur le quai nº3, j'ai essayé de repérer quelqu'un qui parlerait bien anglais pour lui demander si c'était le bon endroit pour attendre mon train. Par le plus grand des hasards, la personne à qui j'ai adressé la parole est Harish, un ancien étudiant du Chennai Mathematical Institute, avec lequel l'École normale supérieure à un accord (dont je n'avais pas pu bénéficier à l'époque). Lui non plus n'avait pas de place réservée dans le train. Nous sommes restés un petit moment debout, puis j'ai trouvé de la place sur une couchette supérieure latérale. Au début, je devais avoir un tiers de la couchette, mais quand des bagages ont été déplacés, j'ai eu la moitié puis les trois quarts de la couchette. à un moment, nous étions quinze pour neuf places... Quand les autres ont voulu dormir, je suis descendu pour que l'éventuel détenteur de cette place s'allonge. J'ai fini le trajet debout dans l'allée. J'étais très fatigué en arrivant.

À première vue, la ville de Bhubaneshwar ne paraît pas très développée. Les pieds ont à peine quittés la route qu'ils se retrouvent dans la boue. Les cycle-rickshaws sont à proscrire aux voyageurs occidentaux de taille moyenne. En effet, dans la plupart des villes que j'ai visitées, on trouve des modèles décapotables. Ici, ce sont des sortes de cages sous-dimensionnées...

Les temples millénaires de Bhubaneshwar se trouvent au Sud de la ville. J'ai commencé à les visiter hier, du côté Est de Lewis Road. Il y avait notamment le Brahmeshwar Mandir et le Raja Rani Mandir.

J'ai également visité le musée. Il comporte de nombreuses galeries. Une belle collection de manuscripts sur feuilles de palmiers, dans divers alphabets. Parmi les nombreuses sculptures, on peut admirer un majestueux Ganesh dansant.

Aujourd'hui, je suis allé de l'autre côté de Lewis Road, et plus précisément autour du bassin nommé Bindu Sagar. Tout autour et dans les ruelles alentour, on voit de nombreux temples anciens. Je n'ai pas la moindre idée de leur nom, si ce n'est celui du plus grand d'entre eux : le Lingaraj. C'est le seul temple inaccessible aux non-hindous. Une grande tour sculptée se dresse au centre d'une immense enceinte. Tout autour, se trouvent d'autres sanctuaires mineurs. Depuis les rues situés autour du temples, on ne voit pas grand chose, si ce n'est le haut de la tour centrale. Il y a cependant la possibilité d'observer le temple depuis le toit (peu élevé) d'un hôpital, moyennant un petit bakchich. Le mien devait être un peu limité puisque je n'ai eu qu'une ou deux minutes pour le regarder.

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Société asiatiaque de Kolkata

2008-08-02 11:41+0530 (খড়্গপুর) — Voyage en Inde V — Mathématiques

Mon train de Kolkata vers Bhubaneshwar a été détourné (pas par des terroristes), je suis un peu forcé de rester ici quelques heures avant de monter dans un autre train. Joli temple de Ram à côté de la gare avec une très belle sculpture de Hanuman. À un ou deux kilomètres au Sud de la gare, j'ai réussi à trouver un cyber-café. :-).

Hier matin, je suis descendu à Rabindra Sadan pour visiter la cathédrale Saint-Paul. Je suis ensuite allé à la société asiatique où je suis resté quelques heures. À l'entrée, après que j'eus dit que je faisais de la recherche en mathématiques, on m'a suggéré de passer à la bibliothèque qui est très fournie : ce serait la première institution de ce genre en Inde. Pour y accéder, j'ai dû signer un nombre invraisemblable de registres, discuter avec un public relations qui aurait étudié les Éléments d'Euclide, et m'entretenir avec la chef de salle qui m'a expliqué le fonctionnement de la bibliothèque.

J'ai demandé un ouvrage sur les mathématiques védiques. Il s'agit des comptes-rendus d'une rencontre sur ce sujet à Jaipur en 1988. Certaines contributions m'ont paru un peu douteuses, mais d'autres semblaient plus sérieuses. L'une d'entre elles expliquait le système de numération décimale utilisé dans les temps anciens. Plutôt que d'utiliser de nouveaux signes pour les chiffres, ces mathématiciens utilisaient les consonnes du sanskrit, chaque chiffre pouvant être représenté par plusieurs consonnes. Ces mathématiques pouvaient donc être transmises par voie orale de la même manière que l'ont été les Veda et les épopées avant l'écriture des premiers manuscrits. Un exemple fameux est donné :

गोपीभाग्यं मधुव्रातशृङ्गयोदधिसन्धगः।
खलजीवितखातागलहालारसधरः॥

Dans ce śloka, la première ligne serait dédiée à Krishna tandis que la seconde le serait à Shiva. Si on décode ces 32 syllabes, on obtient :

3141592653589793
2384626433832792

Si l'on ne tient pas compte du dernier chiffre qui est faux, voilà une trentaine de décimales de π. Je n'ai pas réussi à déchiffrer avec certitude la consonne en gras sur la première ligne et sur la seconde il faudrait remplacer les deux par des pour obtenir le résultat indiqué. Il n'y a pas d'indication de date, je préfère ne pas discuter cette question. Si le vers n'est pas interpolé, qu'il donne des décimales de π ne peut pas être le fruit du hasard. Après tout, l'alphabet sanskrit comporte plus de trente-deux consonnes, si on arrive à composer un śloka en utilisant autant, on peut certainement fabriquer un codage associant un chiffre à une consonne de façon à ce qu'il se décode sur un nombre à 32 chiffres arbitraire, en particulier une approximation de π. Sauf erreur de comptage, nous n'avons ici que 17 consonnes codantes. Bref, même en piochant des vers dans le Mahabharata, il est très improbable que l'on tombe sur un tel vers si cela n'avait pas été fait exprès.

J'ai poursuivi ma visite avec le musée. La plupart des œuvres volumineuses ont été transférées à l'Indian Museum. Néanmoins, on y trouve une très belle collection de manuscrits anciens, les plus anciens étant des textes bouddhiques du septième siècle. Une traduction du Mahabharata en perse, de nombreuses versions du Ramayana, le premier dictionnaire tibétain-anglais. On peut aussi y observer un édit en brahmi de l'empereur Ashoka (250 ac) provenant de la région de Delhi.

J'ai de nouveau mangé à Park Street. J'ai choisi de prendre un buffet végétarien : c'est moins frustrant que de devoir se contenter d'un seul plat, comme c'est souvent le cas lorsque l'on commande à la carte, même dans un grand restaurant.

Je suis ensuite allé au Millenium Park, au bord de la Hooghly d'où l'on a une belle vue sur le Howrah Bridge qu'il est toutefois interdit de photographier ; comme je me suis déjà fait ennuyer pour avoir tenté de photographier un horoscope, je n'ai pas tenté ma chance.

Je suis rentré après avoir dû traverser tout doucement un bazar monstre du côté d'une grande mosquée (probablement la mosquée Nakhoda). En payant a note d'hôtel, j'ai remarqué une ligne de 99 roupies qui ne correspondait à rien de ce que j'avais consommé, puisqu'il s'agissait d'un Chicken Dopiaza. Il a vraiment fallu que j'insiste pour que l'on me rembourse cette petite somme. Je n'ai pas grand chose à faire de 99 roupies, mais je ne vais quand même pas payer pour la bombance de quelqu'un d'autre.

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