2013-06-19 10:24+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Budapest
Liszt Ferenc Kamaterem Concert Hall, Budapest — 2013-06-15
Hámos Júlia, piano
Toccata en ut mineur, BWV 911 (Bach)
Variations pour piano seul en fa mineur, Hob.XVII/6 (Haydn)
Humoresque, op. 20 (Schumann)
Sonate nº9 (Scriabine)
Perpetuum mobile (objet trouvé), Kurtág
Samedi matin, je me suis rendu au musée-mémorial Franz Liszt où j'avais déjà eu l'occasion d'assister à un concert mémorable il y a un an. Une des pièces ouvertes au public héberge actuellement une petite exposition sur Wagner. Avant de la visiter, j'ai assisté à un récital de piano dans la salle de musique de chambre.
La jeune Júlia Hámos a commencé son programme par un Bach trop violent et fougueux pour me plaire. Ses variations en fa mineur de Haydn étaient meilleurs, mais elles ne sauraient évidemment rivaliser avec l'interprétation d'Emanuel Ax l'année dernière. La suite du programme était plus convaincante : Schumann, et surtout Scriabine. Avant de jouer son bis, la pianiste a parlé un moment de György Kurtág en hongrois, expliquant, semble-t-il, l'importance de ses pièces pédagogiques. L'interprétation de ce Perpetuum mobile (objet trouvé) fut, comme toujours avec Kurtág, très brève (moins de deux minutes), mais ce fut pour moi indiscutablement le sommet émotionnel de mon week-end de concerts, pourtant bien rempli ! Rien que pour ces glissandis de piano, je suis content d'être venu à Budapest. Ce qui est amusant, c'est que l'avant-veille de ce concert, j'avais acheté le premier volume des Játékok dans lequel figure la partition de ce bis !
⁂
Fesztivál Színház, Művészetek Palotája, Budapest — 2013-06-16
Isabelle Druet, mezzo-soprano
Anne Le Bozec, piano
Shakespeare-dalok
Ophelia halála, op. 18/2 (Berlioz)
Ophélia-dalok, WoO 22 (Brahms)
Ophélia halála, op. 9 (Saint-Saëns)
Shakespeare-dalok, op. 24 - 4 dal (Castelnuovo-Tedesco)
Szerenád (Schubert)
Szilviához (Schubert)
A bolond búcsúdala, op. 127/5 (Schumann)
Zuboly dala (Wolf)
Vízkereszt, op. 60 - 2 dal (Sibelius)
Shakespeare-dalok, op. 28/1-3 (Chausson)
A bohóc dala, op. 29/1 (Korngold)
Erzsébet-kori dalok (nº3, nº1), Ivor Gurney
Shakespeare-dalok, op. 31/4 (Korngold)
Fancy (Poulenc)
Chanson de Shylock (Fauré)
Dimanche, je suis retourné au Palais des Arts pour assister à un récital de mélodies franco-germano-anglo-finlandaises de la mezzo-soprano Isabelle Druet qui était accompagnée de la pianiste Anne Le Bozec. Le concert a eu lieu dans le Fesztivál Színház, le petit amphithéâtre du Palais des Arts, qui était très clairsemé (à peine une quarantaine de spectateurs). Néanmoins, cela n'a pas nui à la qualité de ce concert. Le point culminant a été atteint lors de la toute première mélodie de Berlioz sur Ophélie (le thème du concert était Shakespeare). Quelle diction ! Je n'ai jamais entendu un français chanté aussi intelligible ! Le sens du poème d'Ernest Legouvé d'après Shakespeare était tout à fait limpide. Les mêmes vers étaient d'ailleurs utilisés dans la mélodie de Saint-Saëns chantée quelques minutes plus tard. Je ne ferai pas l'inventaire de mes impressions chacune des mélodies au programme, je retiendrai seulement le nom de Castelnuovo-Tedesco, dont les parties de piano des quatre chansons au programme m'ont particulièrement plu.
2013-06-18 09:59+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Budapest
Magyar Állami Operaház, Budapest — 2013-06-13
Boros Ildikó, Hófehérke
Pazár Krisztina, Mostoha
Oláh Zoltán, Királyfi
Cserta József, Vadász
Bajári Levente, Banya
Balogh Béla, Tudor
Nagyszentpéteri Miklós, Vidor
Katona Bálint, Szende
Hommer Csaba, Szundi
Várkonyi Zoltán, Hapci
Solti Csaba, Morgó
Szegő András, Kuka
Bedő Dorisz, Riedl Ágnes, Vdovicheva Tatjana, Szörnyecskék
Csányi Valária, direction musicale
Kocsák Tibor, musique
Ifj. Harangozó Gyula, adaptation du conte des frères Grimm, chorégraphie et mise en scène
Rujsz Edit, assistante de la chorégraphe
Rujsz Edit, Fajth Blanka, maîtres de ballet, répétitions
Kemény Gábor, Bíró Rudolf, orchestration
Kentaur, décors
Rita Velich, costumes
Hófehérke és a 7 törpe, Táncjáték két felvonásban.
J'étais tellement pressé de sortir de l'aéroport de Budapest pour
rejoindre la ville que j'ai oublié de récupérer ma valise sur le tapis
roulant. On m'a heureusement permis de rebrousser chemin très rapidement,
et arrivé à l'appartement que je louais, j'ai eu le temps de faire des
provisions pour le week-end, acheter un CD Bartók de l'extraordinaire chœur Cantemus et le premier
volume des Játekok de György Kurtág avant de me rendre au Magyar Állami
Operaház pour assister à une représentation du ballet Hófehérke és a 7
törpe (Blanche-Neige et les Sept Nains). Je suis ressorti
assez enchanté par ce programme de ballet, particulièrement bien pensé pour
les enfants, jusques aux figurines autocollantes des personnages du ballet
apparaissant dans le programme vendu pour la modique somme de 700 forints
(moins de 3€). Faisant penser à Prokofiev (en moins bien), la musique de
Tibor Kocsák est plutôt plaisante à l'écoute et comporte quelques moments
spectaculaires. Elle inclut des motifs très reconnaissables comme
celui des Sept Nains, dont le public, à force de l'entendre, marque le
rythme en battant des mains. Certains passages me donnent une étrange
impression de déja entendu
, sans que je puisse identifier les thèmes
d'origine dont le compositeur s'est inspiré pour élaborer ses propres
développements. L'orchestre dirigé par Valária Csányi m'a fait une bonne
impression.
La chorégraphie de Gyula Harangozó n'est pas très exaltante : la danse est pour ainsi dire réservée aux personnages féminins, tous les deux interprétés de façon convaincante : Blanche-Neige (Ildikó Boros) et la marâtre (Krisztina Pazár). Le Prince (Zoltán Oláh) danse bien un peu avec elles, mais le rôle est assez décoratif. Le Chasseur (József Cserta) danse beaucoup, mais ses pas et sauts sont peu variés et les sentiments ambigus du personnages me resteront assez obscurs jusqu'au bout. Un danseur fait cependant des étincelles, c'est András Szegő qui interprète le rôle de Kuka (Simplet), le seul des nains dont le rôle ne se réduise pas à de la pantomime. Le moment le plus délicieux du ballet est sans doute celui où le Prince, alors qu'il danse avec la marâtre, aperçoit Blanche-Neige et ne regarde plus qu'elle tout en évitant d'éveiller les soupçons de la marâtre.
La grande qualité de ce ballet réside dans sa composante narrative, magnifiée par une extraordinaire scénographie utilisant de nombreux décors !
2013-06-09 15:20+0200 (Orsay) — Culture — Musique
Temple des Batignolles — 2013-05-31
Orchestre des Concerts Gais
Julien Vanhoutte, direction
Ouverture de La Fiancée du Tsar (Rimski-Korsakov)
Pelléas et Mélisande, suite pour orchestre (Prélude, Fileuse, Sicilienne, Mort de Mélisande), Fauré
Prélude à l'après-midi d'un faune (Debussy)
Marlène Rivière, violoncelle
Concerto pour violoncelle nº1 en la mineur, op. 33 (Saint-Saëns)
Sarabande de la Suite nº2 en ré mineur pour violoncelle, BWV 1008
Finlandia (Sibelius)
Dans mon premier billet sur l'Orchestre des Concerts gais, je soulignais que l'on allait pas écouter un orchestre amateur dans le même état d'esprit que l'on va assister à un concert d'un orchestre professionnel. Que quelques membres de l'orchestre ne me soient pas inconnus ne fait évidement qu'augmenter la sympathie qu'il m'inspire, mais cette bienveillance a priori ne saurait expliquer à elle seule le plaisir que j'ai eu à écouter cet orchestre quand il m'a fait découvrir Bruckner ou m'a émerveillé avec Tchaikovski et Haydn.
Il faut en effet se rendre à l'évidence. Pour une œuvre donnée, cet orchestre peut me procurer plus de plaisir que certains orchestre professionnels... La première étude de cas a été fournie par la Symphonie nº104 de Haydn. J'ai entendu il y a quelques semaines un orchestre professionnel la jouer d'une façon juste assez satisfaisante pour que je ne me retrouve pas dans un état de désolation avancé à l'issue d'un concert jusque là soporifique. Cette même symphonie avait été jouée par l'Orchestre des Concerts gais de façon très enthousiasmante il y a six mois dans un concert remarquable du début à la fin.
Mai a été pour moi le mois Prélude à l'après-midi d'un faune. Entre mai et début juin, j'ai ainsi vu trois fois le programme de ballet donné à l'Opéra Garnier, un programme comprenant deux chorégraphies sur cette œuvre de Debussy. Cela fait six auditions du Prélude auxquelles il faut ajouter une version réduite pour douze instruments interprétée par l'ensemble Ictus à l'Opéra Comique. Dans cette œuvre, l'Orchestre de l'Opéra peut être magique certains soirs, mais d'autres fois cela peut être moins bien. Le flûtiste de l'Orchestre des Concerts gais m'a procuré bien davantage de plaisir que l'un des deux flûtistes de l'Opéra ! Pour ce qui est de l'Orchestre des Concerts gais dans son ensemble, son interprétation du Prélude m'a semblé bien plus habitée que ce que j'ai entendu à l'Opéra Comique (dans une version certes réduite). Je m'attendais à ce que ce soit bien, mais ce fut tout simplement fabuleux ! Bravo aux musiciens et à leur chef Julien Vanhoutte !
Avant le Prélude à l'après-midi d'un faune, le concert avait commencé par la redoutable Ouverture de La Fiancée du Tsar de Rimski-Korsakov, fort bien négociée. Avait suivi la suite pour orchestre Pelléas et Mélisande de Fauré, une œuvre dont seules mes archives me rappellent que je l'avais déjà entendue en 2009 dans le ballet Émeraudes de Balanchine. Cela a donc été tout comme si je découvrais cette suite de Fauré, que j'ai trouvée très belle et qui m'a beaucoup ému. Étrangement, ce qui m'a le plus émerveillé dans cette œuvre, ce fut la présence de la clarinette, qui est bien sûr parfois à l'avant-plan comme à la fin du premier mouvement, mais qui, à l'arrière-plan, contribue à l'atmosphère sonore d'une façon tout aussi importante.
Le programme se poursuivait avec le concerto pour violoncelle nº1 de Saint-Saëns. J'ai apprécié la complémentarité entre le violoncelle et l'orchestre. Soit horizontalement, en se refilant un thème tourbillonnant comme dans le début, soit verticalement en jouant des parties très différentes comme dans la partie centrale où les cordes semblent faire des pas de danse en sautillant dans l'herbe tandis que le son du violoncelle fait parfois penser au bourdonnement d'une abeille. J'ai aimé entendre la violoncelliste Marlène Rivière aussi bien dans les passages les plus virtuoses que dans les moments les plus expressifs.
Le concert s'est terminé par deux bis : un beau Bach par la violoncelliste et une impressionnante Finlandia de Sibelius, que quelques spectateurs descendant la rue de Rome en sortant du concert avaient quelque mal à se sortir de la tête...
Ailleurs : Bladsurb.
2013-06-01 08:13+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse — Mathématiques
Voici mon programme pour le mois de juin :
2013-04-08 23:38+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse — Culture indienne
J'ai déjà eu l'occasion de revenir sur les concerts des Solistes des Berliner Philharmoniker. Les fabuleux concerts de l'Orchestre de Paris avec Leonidas Kavakos (concerto de Sibelius) feront l'objet d'un prochain billet. En attendant, voici le vite dit d'avril, récapitulant mes impressions sur les autres spectacles vus au cours du mois :
Théâtre des Champs-Élysées — 2013-04-04
Luc Héry, violon solo
Orchestre national de France
David Afkham, direction
Atmosphères, György Ligeti
Till Fellner, piano
Concerto pour piano nº3 et ut mineur op 37 (Beethoven)
Roméo et Juliette, extraits (Prokofiev)
Mes dernières expériences de spectateur avec l'Orchestre National de France dataient d'il y a deux ans et étaient très contrastées. Ce concert m'a réconcilié avec cet orchestre et permis d'entendre Maria Chorokoliyska, la merveilleuse contrebassiste solo de l'orchestre dont l'engagement est impressionnant. Elle me consolerait presque de la retraite prise par Bernard Cazauran de l'Orchestre de Paris. Si j'ai pu la voir, c'est en raison des bruyants scolaires qui m'ont gâché l'audition de Atmosphères de Ligeti : entre deux œuvres, le temps que le piano soit installé, je me suis replacé du côté opposé ce qui me permit de voir les contrebasses, et de ne pas en détourner mon regard, mon cou douloureux étant immobilisé par un torticolis...
Je me suis amusé de ce que le troisième concerto pour piano de Beeethoven commence par les trois mêmes notes que le thème de l'Offrande musicale (do-mi♭-sol). L'orchestre était tellement agréable à écouter que j'ai été surpris par l'entrée du piano... Les extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev furent irrésistible ! Le chef David Afkham s'est même offert la fantaisie de se recoiffer pendant La Mort de Tybalt.
Le concert était précédée d'une Appoggiature
animée par Clément
Lebrun et agrémentée d'extraits musicaux joués par les musiciens de
l'orchestre. Il est suffisamment rare que l'on parle de musique (et pas
uniquement des musiciens) pendant les exposés musicologiques précédant
certains concerts pour que ce soit signalé.
⁂
Amphithéâtre de la Cité de la musique — 2013-04-06
Blandine Rannou, clavecin
Variations Goldberg, BWV 988, Johann Sebastian Bach.
J'ai été très déçu par ce concert. L'Aria des Variations
Goldberg m'a paru tellement interminable que je me demandais si
l'interprète cherchait à battre un record de lenteur. L'interprétation de
Blandine Rannou a en effet duré un peu moins d'une heure quarante (à
comparer aux 1h18 de Pierre Hantaï, 1h24 d'Evgeni Koroliov et aux 37
minutes de Glenn Gould en 1959). D'une part, la lenteur n'aide pas à
maintenir l'attention des spectateurs (j'ai faibli autour de la vingtième
des trente variations) ; d'autre part, plus on joue lentement plus les
couacs se font entendre distinctement. Il y en a eu un certain nombre... Le
plus frappant est intervenu au début de la 14e variation : après
une ou deux mesures, l'interprète est tout simplement revenue au début. Si
j'ai pris assez peu de plaisir pendant ce concert, j'ai toutefois trouvé
que la 23e variation avait été jouée de façon vraiment
remarquable. Étrangement, un spectateur a lancé un Bravo
à la fin de
la 25e ; pensait-il que le concert était terminé ? À partir de
ce moment-là, des spectateurs inquiets de la durée imprévue du concert ont
commencé à s'enfuir un peu bruyamment pour rejoindre l'autre salle de la
Cité de la musique où le concert suivant du Marathon Bach allait
commencer...
⁂
Centre Mandapa — 2013-04-11
Aurélie Oudiette, danse kathak
Pandit Jaikishan Maharaj, Isabelle Anna, chorégraphies
J'ai décidé au dernier moment d'aller voir ce récital d'Aurélie Oudiette
et je ne l'ai pas regretté ! Depuis un récital d'Isabelle
Anna et Anuj Mishra, j'espérais voir un récital de kathak résolument
tourné vers la narration, une composante de la danse privilégiée par les
interprètes féminines. Cet espoir a été exaucé. La première pièce
Vandaran Shantha Vishnu représentait Vishnu et Lakshmi et
comportait certainement le plus beau visuel du récital avec la
représentation de Vishnu couché sur le serpent Shesha, l'accent était
particulièrement mis sur l'épithète Padmanabha
indiquant que de son
nombril émerge un lotus (sur lequel se tient Brahma). Les mouvements
ondulatoires des mains qui semblent assez utilisés dans la danse pure en
kathak trouvent ici une merveilleuse expression quand il s'agit d'évoquer
le cordon ombilical ou la tige de ce lotus. Cette pièce comme la plupart
des autres était enchaînée à des passages de danse pure sur une musique
rythmique (parfois solfiée) sur des cycles variés (Tîntal, Japtal,
Chautal). La pièce suivante a évoqué Krishna (tenant le mont Govardhana à
la force d'un seul doigt ou portant le disque). Un changement de costume
est intervenu avant la deuxième partie du récital d'inspiration moghole,
plus tournée vers la séduction que les thèmes sacrés. Une pièce mettra
ainsi en scène une courtisane, une autre évoquera les amours de Krishna et
Radha et enfin une troisième évoquera une femme espiègle et séductrice qui
insupporte son mari en faisant tinter ses bracelets. Le récital s'est
terminé avec une pièce de danse pure dans laquelle Isabelle Anna prononçait
les syllabes rythmiques sur lesquelles les mouvements de la danseuse
s'appuyaient. Le cycle rythmique était Chautal (12 temps). Si les temps forts
étaient au début marqués de façon très nette, avec une virtuosité d'autant
plus grande que l'on s'approchait de la fin des cycles rythmiques, les
développements successifs ont mis en lumière des variations très complexes
et nettement moins évidentes à suivre !
⁂
Salle Pleyel — 2013-04-13
Quatuor Hagen
Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons
Veronika Hagen, alto
Clemens Hagen, violoncelle
Quatuor à cordes nº15 (Beethoven)
Quatuor à cordes nº8 “Razumovski” (Beethoven)
Salle Pleyel — 2013-04-14
Quatuor Hagen
Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons
Veronika Hagen, alto
Clemens Hagen, violoncelle
Quatuor à cordes nº11 “Quartetto serioso” (Beethoven)
Quatuor à cordes nº10 “Les Harpes” (Beethoven)
Quatuor à cordes nº6 (Beethoven)
Salle Pleyel — 2013-04-14
Quatuor Hagen
Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons
Veronika Hagen, alto
Clemens Hagen, violoncelle
Quatuor à cordes nº9 “Razumovski” (Beethoven)
Quatuor à cordes nº13 (Beethoven)
Grande Fugue, op. 133 (Beethoven)
J'ai assisté à ces trois premiers concerts de l'intégrale Beethoven par le quatuor Hagen. J'en ressors émerveillé par la variété de la production du compositeur en la matière. Le quatuor Hagen m'a tout particulèrement ému pendant les mouvements lents, comme la première moitié Adagio du quatrième mouvement du Quatuor nº6 ou le Molto Adagio du Quatuor nº8 “Razumovski”. Lors du premier concert, j'ai été bluffé par l'unité du quatuor que je n'ai plus vraiment regardé, mais seulement écouté comme s'il s'agissait d'un unique instrument.
Une partie public s'est montré particulèrement grossière lors du concert du samedi soir. Les tousseurs sont une plaie. On peut presque s'estimer heureux quand les toux se concentrent entre les mouvements ; c'est un moindre mal. Cependant, il est inacceptable qu'à la fin d'un mouvement lent les hordes de toux se déclenchent sur le silence de fin alors que les archets des musiciens sont encore en contact avec les cordes... Le concert du dimanche matin s'est passé dans de bonnes conditions, mais la première moitié de celui de l'après-midi m'a été rendue insupportable par les ronflements du spectateur situé derrière moi, et ce pendant toute la durée du quatuor nº9 “Razumovski”. Replacé à l'arrière-scène pour le quatuor nº13, j'ai pour la première fois entendu le bruit de fond de la salle Pleyel. C'est un bruit irrégulier assez déplaisant (ventilation, canalisations, appareils électronico-mécaniques ?). D'après mes expérimentations plus récentes en Salle Pleyel, cela ne s'entend que depuis l'arrière-scène pendant les passages les plus doux.
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Opéra Garnier — 2013-04-14
Jochen Schmeckenbecher, Peter
Irmgard Vilsmaier, Gertrud
Daniela Sindram, Hänsel
Anne-Catherine Gillet, Gretel
Anja Silja, Die Knusperhexe
Elodie Hache, Sandmännchen
Olga Seliverstova, Taumännchen
Claus Peter Flor, direction musicale
Mariame Clément, mise en scène
Julia Hansen, décors et costumes
Philippe Berthomé, éclairages
Mathieu Guilhaumon, chorégraphie
Orchestre de l'Opéra national de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris
Hänsel und Gretel, Humperdinck
La musique de Humperdinck sauve cette soirée. Le compositeur a manifestement bien écouté Wagner dont quelques effets orchestraux sont réutilisés dans Hänsel et Gretel. Parfois, j'ai presque eu l'impression d'entendre des citations de Wagner. Le problème de cette production est que les conceptrices du spectacle n'ont pas tenu du compte du fait que l'Opéra Garnier était un théâtre à l'italienne. N'ayant vu que les deux-tiers de gauche de la scène, il m'a néanmoins semblé que la mise en scène de Mariame Clément fait des aventures des deux enfants un rêve dans lequel leur mère (ou belle-mère ?) apparaît en sorcière. Pourquoi pas, mais visuellement sans être affreux, tout est assez laid et la réalisation n'est pas très convaincante. Les chanteurs, comédiens et figurants (doublant ou triplant les personnages) sont comme enfermés dans les compartiments du décor à deux étages. La seule scène que j'ai trouvée assez bien faite a été celle où Hänsel et Gretel commencent à manger la maison en pain d'épices de la sorcière, mais j'ai ressenti comme un décalage entre l'intellectualisation de l'histoire sous forme de rêve et le style un peu naïf de certains décors ou costumes. Bref, tout cela n'est pas très enthousiasmant...
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Salle Pleyel — 2013-04-16
Orchestre Colonne
Laurent Petitgirard, direction
Traverses (Prodromidès)
Viktoria Kogan, direction
Variations sur un thème de Paganini (Rachmaninov)
Symphonie nº5 (Tchaikovski)
Encore un magnifique concert de l'Orchestre Colonne. L'œuvre contemporaine, choisie avec goût comme toujours avec cet orchestre, était de Prodrominès. Elle alterne passages de tension et passages de relâchement. J'apprécie ensuite l'étendue du talent de la pianiste Viktoria Kogan dans les Variations sur un thème de Paganini de Rachmaninov. Après l'entr'acte, l'orchestre s'est déchaîné dans la Cinquième symphonie de Tchaikovski dont j'ai particulièrement apprécié les trois derniers mouvements. Pendant tout le concert, un musicien de l'orchestre m'a sidéré : un grand bravo au clarinettiste !
⁂
Opéra Garnier — 2013-04-17
Élèves de l'école de danse de l'Opéra
Orchestre des Lauréats du Conservatoire
Marius Stieghorst, direction musicale
Jean-Philippe Rameau, musique (extrait des Indes Galantes, 1735)
Béatrice Massin, Nicolas Paul, chorégraphie
Olivier Bériot, costumes
Madjid Hakimi, lumières
Valentin Chou
D'ores et déjà
Charles Gounod, musique (extrait de l'acte V de Faust, 1859)
Claude Bessy, chorégraphie d'après Léo Staats
Madjid Hakimi, lumières
Roxane Stojanov, Hélène
Nine Seropian, Cléopâtre
Awa Joannais, Phrynée
Camille Bon, Aspasie
Clara Spitz, Laïs
La Nuit de Walpurgis
Maurice Pacher, musique
Jacques Garnier, chorégraphie (1979) réglée par Wilfried Romoli
Christian Pacher, accordéon diatonique
Gérard Baraton, accordéon chromatique
Marin Delavaud, Julien Guillemard, Pablo Legasa
Aunis
Gioacchino Rossini, musique (Sonate nº1 en sol majeur, extraits des Sonates nº3 en do majeur, nº4 en si bémol majeur, nº5 en mi bémol majeur pour cordes, 1804)
Jean-Guillaume Bart, chorégraphie (2000)
Philippe Binot, costumes
François-Éric Valentin, lumières
Péchés de jeunesse
Plutôt que des ballets narratifs comme Coppélia ou Piège de
lumière présentés ces dernières années par les élèves de l'école
de danse dans des programmes comportant aussi des pièces moins classiques
ou néo-classiques, on n'aura vu dans ce programme que des pièces de
danse pure
, certes fort bien exécutées, mais qui me laissent
globalement assez indifférent. D'ores et déjà est une pièce pour
garçons : comme exercice d'appropriation du langage de la danse baroque
pour les élèves, elle est intéressante, mais en tant que ballet présenté
dans un spectacle, elle manque singulièrement de consistance... Les filles
s'illustrent par le placement et quelques variations dans La Nuit de
Walpurgis. Seul Aunis me convainc par l'engagement des trois
danseurs et des deux accordéonistes dans cette pièce très vive. Malgré tout
le bien que je pense de Jean-Guillaume Bart en tant que chorégraphe pour la
La Source, je n'ai pas été excessivement
enthousiasmé par les balanchiniens Péchés de jeunesse. On y voit
des couples de danseurs, qui s'illustrent dans des pas de deux comportant
des portés, mais il ne suffit pas qu'un homme et une femme se rencontrent
pour qu'un ballet raconte une histoire...
⁂
Salle Pleyel — 2013-04-18
Académie du Chœur de l'Orchestre de Paris
Lionel Sow, direction
Margot Modier, piano
Pauline Amar, Charlotte Bozzi, Sterenn Gourlaouen, Lauriane Launay, Anne-Sophie Petit, Juliette Rennuit, Marion Trigo, Louise Vanderlynden, sopranos
Lola Dauthieux, Julie Nemer, Sarah-Léna Winterberg, altos
Maxence Douez, ténor
Timothée Sonnier, basse
Spanisches Liederspiel, op. 74, nº1, nº3, nº8(Schumann)
Drei sweistimmige Lieder, op. 43 (Schumann)
Zwölf Gedichte aus “Liebesfrühling” (Rückert) (Schumann)
Lieder-Album für die Jugend, op. 79, nº9, nº15, nº18, nº20, nº24 (Schumann)
Drei Lieder, op. 114, nº2 (Schumann)
Sommerruh, WoO7 (Schumann)
Mädchenlieder, op. 103 (Schumann)
Drei Gedichte nach Emanuel Geibel, op. 29, nº1, nº2 (Schumann)
En prélude au concert de l'Orchestre de Paris avait lieu le premier concert de l'Académie du Chœur de l'Orchestre de Paris dirigé par Lionel Sow. Bien que le programme fût 100% Schumann, une publicité plus importante n'aurait pas été superflue puisqu'à peine une cinquantaine de spectateurs ont assisté à ce beau concert de 12 chanteuses et 2 chanteurs.
⁂
Salle Pleyel — 2013-04-18
Philippe Aïche, violon solo
Orchestre de Paris
Alondra de la Parra, direction
Capriccio espagnol, suite pour orchestre, op. 34 (Rimski-Korsakov)
Nikolaï Lugansky, piano
Concerto pour piano nº2 en fa mineur, op. 21 (Chopin)
Le Tricorne, suites orchestrales nº1 et nº2 (Manuel de Falla)
Danzón nº2 (Arturo Márquez)
Quelle idée saugrenue d'insérer un concerto de Chopin dans un tel programme ! Si j'ai aimé le deuxième mouvement du concerto, par le jeu varié de Lugansky et le doux accompagnement de l'orchestre, l'intérêt principal du concert venait des œuvres hispanisantes ou mexicaines. L'orchestre est dirigé par la jeune chef Alondra de la Parra. S'il n'y a rien de remarquable à ce que sa main droite batte régulièrement la mesure, il est plus singulier pour un chef que l'ensemble de son être paraisse à ce point animé par la musique que ses manifestations extérieures ne semblent qu'un prolongement d'une animation plus intérieure. La chef danse sur son estrade ! Si elle faisait du bharatanatyam, je dirais qu'elle est aussi douée en danse pure qu'en abhinaya, l'art de l'expression (dans lequel excelle aussi le chef Andris Nelsons). Quel regard ! Dans la deuxième partie du programme, l'orchestre se déchaîne, d'abord dans Le Tricorne, et surtout dans l'irrésistible Danzón nº2 d'Arturo Márquez.
Ailleurs : Paris — Broadway, Andante con anima, Palpatine.
⁂
Opéra Bastille — 2013-04-19
Gustav Mahler, musique
John Neumeier, chorégraphie, décor et lumières (1975)
Kevin Haigen, Victor Hughes, assistants du chorégraphe
Madjid Hakimi, réalisation lumières
Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris
Simon Hewett, direction musicale
Aline Martin, mezzo soprano
Alessandro Di Stefano, chef de chœur
Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris
Mathieu Ganio, Laëtitia Pujol
Vincent Chaillet, Alessio Carbone, Cyril Mitilian, Fabien Révillion, Florian Magnenet, Vincent Cordier
Charline Giezendanner, Muriel Zusperreguy, Eve Grinsztajn, Laura Hecquet, Nolwenn Daniel
Troisième Symphonie de Gustav Mahler
Il a fallu attendre le dernier tableau Ce que me conte l'amour pour j'apprécie véritablement ce spectacle grâce au superbe pas de deux entre Mathieu Ganio et Laëtitia Pujol. Alors que j'étais installé au fond du deuxième balcon, j'ai vu vers 19h29 un groupe de scolaires entrer. La très intelligente régie de l'Opéra a bien sûr coupé les lumières pour les empêcher de trouver leur place. Cela a complètement pourri les premières minutes du premier mouvement de la Troisième symphonie de Mahler, lequel a des proportions inquiétantes. Je n'ai pas accroché à cette musique. Je suis en effet écartelé entre diverses sensations contradictoires et simultanées : une oreille me signale une danse joyeuse, une autre des gloussements des instruments à vents, tandis qu'une marche militaire tente d'entraîner le corps entier dans une agitation martiale. Je n'avais pas vu l'entrée au répertoire de ce ballet de Neumeier en 2009, mais si je n'ai pas été émerveillé par ce ballet, j'ai trouvé que l'œuvre était bien montée, avec des danseurs qui semblent totalement investi dans leurs rôles abstraits. Parmi eux, Charline Giezendanner m'a paru particulièrement convaincante.
On dit parfois que le silence à la fin de Mozart est aussi de Mozart. Ce soir, le silence à la fin de Mahler n'était pas de Mahler. Même l'accord final ne lui appartenait plus. Je ne comprends pas qu'une proportion aussi importante du public soit aussi peu respectueuse de la musique pour applaudir un rideau en train de descendre...
⁂
Salle Pleyel — 2013-04-24
Académie de l'Orchestre de Paris
Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Chloé Dufossez, flûte
Olivier Marger ou Aurélien Pascal, violoncelle
Mayoko Surayya Salloum, piano
Trois chansons madécasses pour flûte, mezzo, violoncelle et piano (Ravel)
Khoa-Nam Nguyen, Lev Bogino, violons
Issey Nadaud, alto
Rémi Carlon, violoncelle
Quatuor à cordes en la mineur, 1889 (Sibelius)
Salle Pleyel — 2013-04-25
Académie de l'Orchestre de Paris
Quatuor Tosca
Constance Ronzatti, Marc Desjardins, violons
Marine Gandon, alto
Armance Quéro, violoncelle
Quatuor à cordes en la mineur, op. 51 nº2 (Brahms)
Avant d'assister aux deux représentations du programme Ravel/Sibelius/Brahms de l'Orchestre de Paris, je suis allé aux deux courts concerts donnés en prélude mercredi et jeudi. J'ai été très convaincu de l'interprétation des chansons madécasses de Ravel dont le texte, à défaut d'être complètement intelligible, l'était davantage que lorsque j'avais entendu pour la première fois cette œuvre il y a quelques mois. Le violoncelliste m'a beaucoup plu, mais son nom me restera inconnu, puisque comme la semaine précédente, il y a des coquilles dans la fiche de distribution. Les jeunes musiciens interprétant le quatuor de Sibelius étaient convaincants, mais dans l'ensemble j'avais l'impression d'entendre trop le premier violon et le violoncelle au détriment du second violon et de l'alto qui avaient un très beau son. Le quatuor Tosca (qui n'était exceptionnellement féminin qu'aux trois quarts) est plus avancé et m'a fait passer un très bon moment, en particulier dans les premier et quatrième mouvements du quatuor à cordes op. 51 nº2 de Brahms.
⁂
Théâtre des Champs-Élysées — 2013-04-26
Orchestre de chambre de Paris
Ivor Bolton, direction
Divertissement en fa majeur nº10 (Mozart)
Gidon Kremer, violon
Polonaise pour violon et orchestre en si bémol majeur (Schubert)
Konzertstück pour violon et orchestre en ré majeur (Schubert)
Maria Fedotova, flûte
Impromptu pour flûte, violon et orchestre à cordes (Sofia Gubaidulina/Schubert)
Andante et Rondo pour flûte et orchestre en ut majeur (Mozart)
Symphonie nº104 en ré majeur (Haydn)
Ce concert aurait été épouvantablement ennuyeux s'il n'y avait eu avant l'entr'acte l'adaptation pour flûte, violon et orchestre à cordes par la compositrice Sofia Gubaidulina de l'Impromptu en la bémol mineur op. 90 nº4 de Schubert et en fin de programme la symphonie nº104 de Haydn. J'ai beaucoup aimé la flûtiste Maria Fedotova qui passait parfois à la flûte alto dans l'œuvre de Gubaidulina/Schubert. La transcription de la première phrase pour la flûte plutôt que tout autre instrument me rappelait de façon amusante la Badinerie de Bach. Dans la symphonie nº104 de Haydn, j'ai aimé retrouver certains détails auxquels j'avais déjà goûté, mais d'autres ont été un peu noyés dans le volume orchestral. L'orchestre jusque là apathique jouait vraiment. J'eusse aimé qu'ils jouassent comme ça pendant tout le concert et de façon plus engagée encore dans cette symphonie, puisque cette nouvelle audition ne m'a pas procuré un plaisir plus grand qu'avec l'Orchestre des Concerts Gais. Cela faisait quatre ans que je n'avais pas vu le chef Ivor Bolton. Je vais sans doute attendre encore quelques années avant de retenter l'expérience...
2013-05-03 21:32+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne — Planning
Voici mon programme de spectacles pour le mois de mai :
2013-04-28 21:36+0200 (Orsay) — Culture — Musique
Salle Pleyel — 2013-04-20
Solistes des Berliner Philharmoniker
Olaf Maninger, violoncelle
Sunwook Kim, piano
Sonate pour violoncelle et piano nº1 en mi bémol, op. 38 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Amihai Grosz, alto
Zvi Plesser, violoncelle
Sunwook Kim, piano
Quatuor pour piano et cordes nº3 en ut mineur, op. 60 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Christoph Streuli, violon
Amihai Grosz, alto
Zvi Plesser, violoncelle
Wenzel Fuchs, clarinette
Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115 (Brahms)
Salle Pleyel — 2013-04-21
Solistes des Berliner Philharmoniker
Wenzel Fuchs, clarinette
Zvi Plesser, violoncelle
Alexei Volodin, piano
Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur, op. 114 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Alexei Volodin, piano
Sonate pour violon et piano nº2 en la majeur, op. 100 (Brahms)
Guy Braunstein, violon
Amihai Grosz, alto
Olaf Maninger, violoncelle
Alexei Volodin, piano
Quatuor pour piano et cordes nº2 en la majeur, op. 26 (Brahms)
Ces deux concerts faisant partie de l'intégrale berlinoise de la musique de chambre de Brahms étaient les derniers bénéficiant de la participation du violoniste Guy Braunstein (cf. mes billets sur les épisodes #1 & #2 et #3 & #4).
Dans ces deux concerts, je retiens deux moments forts. Le premier a été l'interprétation du quintette pour clarinette et cordes à la fin du premier concert. Cette interprétation m'a semblé avoir plus de relief que celle entendue il y a quelques semaines à la Cité de la musique. Cette fois-ci, j'ai été passionné parce que j'entendais depuis le tout début (et la première intervention du clarinettiste Wenzel Fuchs...) jusqu'à la fin. J'ai particulièrement apprécié la façon qu'ont eu les musiciens très engagés d'accentuer un passage du quatrième mouvement Con moto en assumant complètement ses airs de musique populaire, et donc en frappant assez franchement leurs pieds contre le sol.
L'autre grand moment a été pour moi l'interprétation du quatuor avec piano nº2 joué à la fin du deuxième concert du week-end. Pour écouter cette œuvre, j'avais fui l'arrière-scène et la proximité d'une chaussure féminine qui se frottait trop souvent au plancher pour rejoindre le tout premier rang à peu près au niveau de l'ourlet du pantalon du violoniste. L'audition de cette œuvre me procura un immense plaisir ! Le deuxième mouvement Poco adagio fut pour moi et mes glandes lacrymales d'une beauté insoutenable. Dans le quatrième, j'ai aimé le duo amoureux auquel se livraient le violoniste Guy Braunstein et l'altiste Amihai Grosz qui se faisaient face, un duo arbitré par le regard bienveillant du violoncelliste Olaf Maninger qui était au centre, entre eux et l'excellent pianiste Alexei Volodin.
Ailleurs : Paris — Broadway.
2013-04-07 16:32+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne
Centre d'animation de la Place des Fêtes — 2013-04-05
Surya & Vanishree, bharatanatyam
Kalaimmamani MK Saroja, chorégraphies
Muthuswamy Pillai, chorégraphie de Jatiswaram Mallika
Sangeeta Isvaran, chorégraphie de Bho Shambho
Vidya, adaptation des chorégraphies pour duo
Geneviève Motard, lecture des textes
Subramanyam Kautwam
Mathura Mathura
Jatiswaram Mallika
Netrandi Neretille
Bho Shambho
Yen Palli Kondir
Tillana Mohana
N'étant pas disponible pour la deuxième représentation de ce programme prévue au Centre Mandapa le 20 avril, j'ai fait la connaissance des escalators géants de la Place des Fêtes pour voir ce duo de bharatanatyam au Centre d'animation voisin. La présentation de ce spectacle est très soignée. Chaque pièce est introduite par une lecture convaincante des textes poétiques qui seront illustrés sur scène. Le nom des chorégraphe est aussi donné. Toutes ces informations sont d'ailleurs dans la feuille distribuée à l'entrée. Sur le papier, le programme était vraiment très alléchant. Je m'attendais à être bouleversé, mais je n'ai trouvé ce spectacle que bon. En effet, comme pour le spectacle de Priya Venkataraman vu il y a quelques jours, les deux danseuses Surya et Vanishree ne dansent ensemble pour ainsi dire que dans les pièces de danse pure ; le duo introductif Subramanyam Kautwam était le seul duo comportant une part narrative. Les chorégraphies prévues pour une danseuse soliste ont été adaptées pour un duo par Vidya. Ce travail d'adaptation est néanmoins assez intéressant. Le plus souvent, les deux danseuses exécutent les mêmes mouvements, mais le duo explore diverses combinaisons de symétries. Parfois, elles sont côte à côte et exécutent exactement les mêmes mouvements, parfois c'est comme s'il y avait un miroir au milieu de la scène. D'autres fois, l'une est de face tandis que l'autre est de dos. Les symétries sont parfois pensées dans le temps plutôt que dans l'espace, une danseuse exécutant les mêmes mouvements que l'autre avec un retard volontaire, comme en écho. Ces pièces de danse pure sont rafraîchissantes et les mouvements des bras et des mains, très affutés, sont parfaitement synchronisés avec la musique.
Je n'ai pas été totalement convaincu par les pièces ayant une composante narrative. Les chorégraphies font davantage allusion à des épithètes caractérisant les divinités qu'elles ne racontent une histoire ayant une certaine unité. Les strophes choisies évoquent en un nombre réduit de mots de nombreux faits associés à une divinité. D'une part certains vers sont répétées ce qui induit des répétitions (avec des variations) dans la chorégraphie, et d'autre part il est difficile à la danseuse de représenter tout ce que dit le texte de façon convaincante. J'ai eu le sentiement que beaucoup d'éléments narratifs étaient présents de façon trop furtive dans les chorégraphies. Alors que je connais très bien les histoires qui étaient racontées, bien souvent je n'étais pas tout à fait sûr de savoir où on en était... Ces difficultés, qui viennent à mon avis davantage des chorégraphies que des interprètes, se posaient moins dans les pièces dansées par Vanishree que dans celles dansées par Surya (Netrandi Neretille mettant en scène les amours de Murugan et Yen Palli Kondir évoquant Vishnu par l'image du dieu couché sur le serpent Ananta et par les exploits de son avatar Rama). Dans Mathura Mathura dansé par Vanishree, j'ai aimé l'apparition de l'archer Kama, le dieu de l'amour qui était nommé Madana dans le texte chanté. J'ai été tout étonné de reconnaître les gestes de mains qui signifient que les yeux de Krishna sont la soleil et la lune. Parmi les originalités de la chorégraphie ou de son interprétation, j'ai apprécié que la danseuse approfondisse la pose traditionnelle représentant Krishna comme flûtiste. Je crois en effet que c'est la première fois que je vois une danseuse agiter délicatement ses doigts pour mieux signifier que Krishna joue d'une flûte.
La pièce la plus convaincante du récital était à mon avis Bho Shambho, dansée par Vanishree. Je suis toujours ravi d'entendre cette musique en hommage à Shiva dans un récital de bharatanatyam. Je pense avoir déjà vu des chorégraphies et interprétations illustrant de façon plus frappante l'aspect viril de cette divinité. Toutefois, je me suis délecté des passages évoquant son tambour Damaru, son œil foudroyant, la descente de la déesse fluviale Ganga, etc. La fin de la pièce dans laquelle la danseuse tourne rapidement sur elle-même en récapitulant les divers aspects de Shiva était très impressionnante.
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