Weblog de Joël Riou

Deux concerts matinaux à Budapest

2013-06-19 10:24+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Budapest

Liszt Ferenc Kamaterem Concert Hall, Budapest — 2013-06-15

Hámos Júlia, piano

Toccata en ut mineur, BWV 911 (Bach)

Variations pour piano seul en fa mineur, Hob.XVII/6 (Haydn)

Humoresque, op. 20 (Schumann)

Sonate nº9 (Scriabine)

Perpetuum mobile (objet trouvé), Kurtág

Samedi matin, je me suis rendu au musée-mémorial Franz Liszt où j'avais déjà eu l'occasion d'assister à un concert mémorable il y a un an. Une des pièces ouvertes au public héberge actuellement une petite exposition sur Wagner. Avant de la visiter, j'ai assisté à un récital de piano dans la salle de musique de chambre.

La jeune Júlia Hámos a commencé son programme par un Bach trop violent et fougueux pour me plaire. Ses variations en fa mineur de Haydn étaient meilleurs, mais elles ne sauraient évidemment rivaliser avec l'interprétation d'Emanuel Ax l'année dernière. La suite du programme était plus convaincante : Schumann, et surtout Scriabine. Avant de jouer son bis, la pianiste a parlé un moment de György Kurtág en hongrois, expliquant, semble-t-il, l'importance de ses pièces pédagogiques. L'interprétation de ce Perpetuum mobile (objet trouvé) fut, comme toujours avec Kurtág, très brève (moins de deux minutes), mais ce fut pour moi indiscutablement le sommet émotionnel de mon week-end de concerts, pourtant bien rempli ! Rien que pour ces glissandis de piano, je suis content d'être venu à Budapest. Ce qui est amusant, c'est que l'avant-veille de ce concert, j'avais acheté le premier volume des Játékok dans lequel figure la partition de ce bis !

Júlia Hámos au Liszt Ferenc Kamaterem Concert Hall

Fesztivál Színház, Művészetek Palotája, Budapest — 2013-06-16

Isabelle Druet, mezzo-soprano

Anne Le Bozec, piano

Shakespeare-dalok

Ophelia halála, op. 18/2 (Berlioz)

Ophélia-dalok, WoO 22 (Brahms)

Ophélia halála, op. 9 (Saint-Saëns)

Shakespeare-dalok, op. 24 - 4 dal (Castelnuovo-Tedesco)

Szerenád (Schubert)

Szilviához (Schubert)

A bolond búcsúdala, op. 127/5 (Schumann)

Zuboly dala (Wolf)

Vízkereszt, op. 60 - 2 dal (Sibelius)

Shakespeare-dalok, op. 28/1-3 (Chausson)

A bohóc dala, op. 29/1 (Korngold)

Erzsébet-kori dalok (nº3, nº1), Ivor Gurney

Shakespeare-dalok, op. 31/4 (Korngold)

Fancy (Poulenc)

Chanson de Shylock (Fauré)

Dimanche, je suis retourné au Palais des Arts pour assister à un récital de mélodies franco-germano-anglo-finlandaises de la mezzo-soprano Isabelle Druet qui était accompagnée de la pianiste Anne Le Bozec. Le concert a eu lieu dans le Fesztivál Színház, le petit amphithéâtre du Palais des Arts, qui était très clairsemé (à peine une quarantaine de spectateurs). Néanmoins, cela n'a pas nui à la qualité de ce concert. Le point culminant a été atteint lors de la toute première mélodie de Berlioz sur Ophélie (le thème du concert était Shakespeare). Quelle diction ! Je n'ai jamais entendu un français chanté aussi intelligible ! Le sens du poème d'Ernest Legouvé d'après Shakespeare était tout à fait limpide. Les mêmes vers étaient d'ailleurs utilisés dans la mélodie de Saint-Saëns chantée quelques minutes plus tard. Je ne ferai pas l'inventaire de mes impressions chacune des mélodies au programme, je retiendrai seulement le nom de Castelnuovo-Tedesco, dont les parties de piano des quatre chansons au programme m'ont particulièrement plu.

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Hófehérke és a 7 törpe

2013-06-18 09:59+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Budapest

Magyar Állami Operaház, Budapest — 2013-06-13

Boros Ildikó, Hófehérke

Pazár Krisztina, Mostoha

Oláh Zoltán, Királyfi

Cserta József, Vadász

Bajári Levente, Banya

Balogh Béla, Tudor

Nagyszentpéteri Miklós, Vidor

Katona Bálint, Szende

Hommer Csaba, Szundi

Várkonyi Zoltán, Hapci

Solti Csaba, Morgó

Szegő András, Kuka

Bedő Dorisz, Riedl Ágnes, Vdovicheva Tatjana, Szörnyecskék

Csányi Valária, direction musicale

Kocsák Tibor, musique

Ifj. Harangozó Gyula, adaptation du conte des frères Grimm, chorégraphie et mise en scène

Rujsz Edit, assistante de la chorégraphe

Rujsz Edit, Fajth Blanka, maîtres de ballet, répétitions

Kemény Gábor, Bíró Rudolf, orchestration

Kentaur, décors

Rita Velich, costumes

Hófehérke és a 7 törpe, Táncjáték két felvonásban.

J'étais tellement pressé de sortir de l'aéroport de Budapest pour rejoindre la ville que j'ai oublié de récupérer ma valise sur le tapis roulant. On m'a heureusement permis de rebrousser chemin très rapidement, et arrivé à l'appartement que je louais, j'ai eu le temps de faire des provisions pour le week-end, acheter un CD Bartók de l'extraordinaire chœur Cantemus et le premier volume des Játekok de György Kurtág avant de me rendre au Magyar Állami Operaház pour assister à une représentation du ballet Hófehérke és a 7 törpe (Blanche-Neige et les Sept Nains). Je suis ressorti assez enchanté par ce programme de ballet, particulièrement bien pensé pour les enfants, jusques aux figurines autocollantes des personnages du ballet apparaissant dans le programme vendu pour la modique somme de 700 forints (moins de 3€). Faisant penser à Prokofiev (en moins bien), la musique de Tibor Kocsák est plutôt plaisante à l'écoute et comporte quelques moments spectaculaires. Elle inclut des motifs très reconnaissables comme celui des Sept Nains, dont le public, à force de l'entendre, marque le rythme en battant des mains. Certains passages me donnent une étrange impression de déja entendu, sans que je puisse identifier les thèmes d'origine dont le compositeur s'est inspiré pour élaborer ses propres développements. L'orchestre dirigé par Valária Csányi m'a fait une bonne impression.

La chorégraphie de Gyula Harangozó n'est pas très exaltante : la danse est pour ainsi dire réservée aux personnages féminins, tous les deux interprétés de façon convaincante : Blanche-Neige (Ildikó Boros) et la marâtre (Krisztina Pazár). Le Prince (Zoltán Oláh) danse bien un peu avec elles, mais le rôle est assez décoratif. Le Chasseur (József Cserta) danse beaucoup, mais ses pas et sauts sont peu variés et les sentiments ambigus du personnages me resteront assez obscurs jusqu'au bout. Un danseur fait cependant des étincelles, c'est András Szegő qui interprète le rôle de Kuka (Simplet), le seul des nains dont le rôle ne se réduise pas à de la pantomime. Le moment le plus délicieux du ballet est sans doute celui où le Prince, alors qu'il danse avec la marâtre, aperçoit Blanche-Neige et ne regarde plus qu'elle tout en évitant d'éveiller les soupçons de la marâtre.

La grande qualité de ce ballet réside dans sa composante narrative, magnifiée par une extraordinaire scénographie utilisant de nombreux décors !

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Musique française pour l'Orchestre des Concerts gais

2013-06-09 15:20+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Temple des Batignolles — 2013-05-31

Orchestre des Concerts Gais

Julien Vanhoutte, direction

Ouverture de La Fiancée du Tsar (Rimski-Korsakov)

Pelléas et Mélisande, suite pour orchestre (Prélude, Fileuse, Sicilienne, Mort de Mélisande), Fauré

Prélude à l'après-midi d'un faune (Debussy)

Marlène Rivière, violoncelle

Concerto pour violoncelle nº1 en la mineur, op. 33 (Saint-Saëns)

Sarabande de la Suite nº2 en ré mineur pour violoncelle, BWV 1008

Finlandia (Sibelius)

Dans mon premier billet sur l'Orchestre des Concerts gais, je soulignais que l'on allait pas écouter un orchestre amateur dans le même état d'esprit que l'on va assister à un concert d'un orchestre professionnel. Que quelques membres de l'orchestre ne me soient pas inconnus ne fait évidement qu'augmenter la sympathie qu'il m'inspire, mais cette bienveillance a priori ne saurait expliquer à elle seule le plaisir que j'ai eu à écouter cet orchestre quand il m'a fait découvrir Bruckner ou m'a émerveillé avec Tchaikovski et Haydn.

Il faut en effet se rendre à l'évidence. Pour une œuvre donnée, cet orchestre peut me procurer plus de plaisir que certains orchestre professionnels... La première étude de cas a été fournie par la Symphonie nº104 de Haydn. J'ai entendu il y a quelques semaines un orchestre professionnel la jouer d'une façon juste assez satisfaisante pour que je ne me retrouve pas dans un état de désolation avancé à l'issue d'un concert jusque là soporifique. Cette même symphonie avait été jouée par l'Orchestre des Concerts gais de façon très enthousiasmante il y a six mois dans un concert remarquable du début à la fin.

Mai a été pour moi le mois Prélude à l'après-midi d'un faune. Entre mai et début juin, j'ai ainsi vu trois fois le programme de ballet donné à l'Opéra Garnier, un programme comprenant deux chorégraphies sur cette œuvre de Debussy. Cela fait six auditions du Prélude auxquelles il faut ajouter une version réduite pour douze instruments interprétée par l'ensemble Ictus à l'Opéra Comique. Dans cette œuvre, l'Orchestre de l'Opéra peut être magique certains soirs, mais d'autres fois cela peut être moins bien. Le flûtiste de l'Orchestre des Concerts gais m'a procuré bien davantage de plaisir que l'un des deux flûtistes de l'Opéra ! Pour ce qui est de l'Orchestre des Concerts gais dans son ensemble, son interprétation du Prélude m'a semblé bien plus habitée que ce que j'ai entendu à l'Opéra Comique (dans une version certes réduite). Je m'attendais à ce que ce soit bien, mais ce fut tout simplement fabuleux ! Bravo aux musiciens et à leur chef Julien Vanhoutte !

Avant le Prélude à l'après-midi d'un faune, le concert avait commencé par la redoutable Ouverture de La Fiancée du Tsar de Rimski-Korsakov, fort bien négociée. Avait suivi la suite pour orchestre Pelléas et Mélisande de Fauré, une œuvre dont seules mes archives me rappellent que je l'avais déjà entendue en 2009 dans le ballet Émeraudes de Balanchine. Cela a donc été tout comme si je découvrais cette suite de Fauré, que j'ai trouvée très belle et qui m'a beaucoup ému. Étrangement, ce qui m'a le plus émerveillé dans cette œuvre, ce fut la présence de la clarinette, qui est bien sûr parfois à l'avant-plan comme à la fin du premier mouvement, mais qui, à l'arrière-plan, contribue à l'atmosphère sonore d'une façon tout aussi importante.

Le programme se poursuivait avec le concerto pour violoncelle nº1 de Saint-Saëns. J'ai apprécié la complémentarité entre le violoncelle et l'orchestre. Soit horizontalement, en se refilant un thème tourbillonnant comme dans le début, soit verticalement en jouant des parties très différentes comme dans la partie centrale où les cordes semblent faire des pas de danse en sautillant dans l'herbe tandis que le son du violoncelle fait parfois penser au bourdonnement d'une abeille. J'ai aimé entendre la violoncelliste Marlène Rivière aussi bien dans les passages les plus virtuoses que dans les moments les plus expressifs.

Le concert s'est terminé par deux bis : un beau Bach par la violoncelliste et une impressionnante Finlandia de Sibelius, que quelques spectateurs descendant la rue de Rome en sortant du concert avaient quelque mal à se sortir de la tête...

Ailleurs : Bladsurb.

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Planning de juin 2013

2013-06-01 08:13+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse — Mathématiques

Voici mon programme pour le mois de juin :

  • 2 juin 2013 (Salle Pleyel) : Rediffusion partielle d'un concert de l'Orchestre Colonne que j'avais beaucoup apprécié.
  • 2 juin 2013 (59 Rivoli) : Ma prof de chant dhrupad chante dans l'octuor Célinn et l'Arbre des Songes dans un programme qui comportera d'authentiques compositions de dhrupad.
  • 3 juin 2013 (Opéra Garnier) : Je retourne voir une troisième fois ce programme Béjart/Nijinski/Robbins/Jalet/Cherkaoui afin de voir Myriam Ould Braham dans le rôle de la nymphe d'Afternoon of a Faun de Robbins...
  • 6 juin 2013 (Salle Pleyel) : J'ai hâte de revoir le chef Yutaka Sado, et d'entendre pour la première fois le pianiste Boris Berezovsky dans ce programme de l'Orchestre de Paris et du chœur qui lui est associé.
  • 8 juin 2013 (Théâtre des Champs-Élysées) : Le War Requiem Britten dirigé par Andris Nelsons !
  • 13 juin 2013 (Magyar Állami Operaház) : Direction Budapest. Avant le week-end wagnérien, le ballet Hófehérke és a 7 törpe (Blanche-Neige et les Sept Nains) à l'Opéra National Hongrois. (À 20€ le troisième rang du parterre plein centre, il serait dommage de s'en priver...)
  • 14 juin 2013 (Művészetek Palotája, Budapest) : Parsifal avec un belle distribution de chanteurs, l'orchestre symphonique de la radio hongroise dirigé par Fischer Ádám tout comme lors du superbe Ring auquel j'avais assisté en 2012.
  • 15 juin 2013 (Művészetek Palotája, Budapest) : Le lendemain, la même équipe jouera Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg que j'entendrai pour la première fois.
  • 18 et 19 juin 2013 (Salle Pleyel) : Les deux derniers concerts de la superbe série de musique de chambre de Brahms à Pleyel se termine avec le quatuor Jerusalem, l'altiste Amihai Grosz et le pianiste Ohad Ben Ari.
  • 20 juin 2013 (Théâtre des Champs-Élysées) : J'irai voir Anna Caterina Antonacci dans le rôle-titre de Pénélope de Fauré. Il y aura aussi Roberto Alagna dans le rôle d'Ulysse : je me réjouis donc du fait qu'il s'agisse d'une version de concert de cet opéra.
  • 22 juin 2013 (14h30) (Amphithéâtre Hermite, Institut Henri Poincaré) : Début janvier, j'ai reçu un message de Nicolas Bourbaki m'invitant à faire un exposé sur la conjecture de Bloch-Kato, d'après M. Rost et V. Voevodsky (qui a obtenu la médaille Fields en 2002 pour des travaux antérieurs sur un cas particulier de cette conjecture). Les vingt premières minutes de mon exposé devraient être à peu près compréhensibles... par des mathématiciens professionnels (et encore, dès la deux- ou troisième phrase, il y aura des groupes de Galois, ce qui exclura assez rapidement les non-algébristes...).

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Le vite dit d'avril 2013

2013-04-08 23:38+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse — Culture indienne

J'ai déjà eu l'occasion de revenir sur les concerts des Solistes des Berliner Philharmoniker. Les fabuleux concerts de l'Orchestre de Paris avec Leonidas Kavakos (concerto de Sibelius) feront l'objet d'un prochain billet. En attendant, voici le vite dit d'avril, récapitulant mes impressions sur les autres spectacles vus au cours du mois :

Théâtre des Champs-Élysées — 2013-04-04

Luc Héry, violon solo

Orchestre national de France

David Afkham, direction

Atmosphères, György Ligeti

Till Fellner, piano

Concerto pour piano nº3 et ut mineur op 37 (Beethoven)

Roméo et Juliette, extraits (Prokofiev)

Mes dernières expériences de spectateur avec l'Orchestre National de France dataient d'il y a deux ans et étaient très contrastées. Ce concert m'a réconcilié avec cet orchestre et permis d'entendre Maria Chorokoliyska, la merveilleuse contrebassiste solo de l'orchestre dont l'engagement est impressionnant. Elle me consolerait presque de la retraite prise par Bernard Cazauran de l'Orchestre de Paris. Si j'ai pu la voir, c'est en raison des bruyants scolaires qui m'ont gâché l'audition de Atmosphères de Ligeti : entre deux œuvres, le temps que le piano soit installé, je me suis replacé du côté opposé ce qui me permit de voir les contrebasses, et de ne pas en détourner mon regard, mon cou douloureux étant immobilisé par un torticolis...

Je me suis amusé de ce que le troisième concerto pour piano de Beeethoven commence par les trois mêmes notes que le thème de l'Offrande musicale (do-mi♭-sol). L'orchestre était tellement agréable à écouter que j'ai été surpris par l'entrée du piano... Les extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev furent irrésistible ! Le chef David Afkham s'est même offert la fantaisie de se recoiffer pendant La Mort de Tybalt.

Le concert était précédée d'une Appoggiature animée par Clément Lebrun et agrémentée d'extraits musicaux joués par les musiciens de l'orchestre. Il est suffisamment rare que l'on parle de musique (et pas uniquement des musiciens) pendant les exposés musicologiques précédant certains concerts pour que ce soit signalé.

Amphithéâtre de la Cité de la musique — 2013-04-06

Blandine Rannou, clavecin

Variations Goldberg, BWV 988, Johann Sebastian Bach.

J'ai été très déçu par ce concert. L'Aria des Variations Goldberg m'a paru tellement interminable que je me demandais si l'interprète cherchait à battre un record de lenteur. L'interprétation de Blandine Rannou a en effet duré un peu moins d'une heure quarante (à comparer aux 1h18 de Pierre Hantaï, 1h24 d'Evgeni Koroliov et aux 37 minutes de Glenn Gould en 1959). D'une part, la lenteur n'aide pas à maintenir l'attention des spectateurs (j'ai faibli autour de la vingtième des trente variations) ; d'autre part, plus on joue lentement plus les couacs se font entendre distinctement. Il y en a eu un certain nombre... Le plus frappant est intervenu au début de la 14e variation : après une ou deux mesures, l'interprète est tout simplement revenue au début. Si j'ai pris assez peu de plaisir pendant ce concert, j'ai toutefois trouvé que la 23e variation avait été jouée de façon vraiment remarquable. Étrangement, un spectateur a lancé un Bravo à la fin de la 25e ; pensait-il que le concert était terminé ? À partir de ce moment-là, des spectateurs inquiets de la durée imprévue du concert ont commencé à s'enfuir un peu bruyamment pour rejoindre l'autre salle de la Cité de la musique où le concert suivant du Marathon Bach allait commencer...

Centre Mandapa — 2013-04-11

Aurélie Oudiette, danse kathak

Pandit Jaikishan Maharaj, Isabelle Anna, chorégraphies

J'ai décidé au dernier moment d'aller voir ce récital d'Aurélie Oudiette et je ne l'ai pas regretté ! Depuis un récital d'Isabelle Anna et Anuj Mishra, j'espérais voir un récital de kathak résolument tourné vers la narration, une composante de la danse privilégiée par les interprètes féminines. Cet espoir a été exaucé. La première pièce Vandaran Shantha Vishnu représentait Vishnu et Lakshmi et comportait certainement le plus beau visuel du récital avec la représentation de Vishnu couché sur le serpent Shesha, l'accent était particulièrement mis sur l'épithète Padmanabha indiquant que de son nombril émerge un lotus (sur lequel se tient Brahma). Les mouvements ondulatoires des mains qui semblent assez utilisés dans la danse pure en kathak trouvent ici une merveilleuse expression quand il s'agit d'évoquer le cordon ombilical ou la tige de ce lotus. Cette pièce comme la plupart des autres était enchaînée à des passages de danse pure sur une musique rythmique (parfois solfiée) sur des cycles variés (Tîntal, Japtal, Chautal). La pièce suivante a évoqué Krishna (tenant le mont Govardhana à la force d'un seul doigt ou portant le disque). Un changement de costume est intervenu avant la deuxième partie du récital d'inspiration moghole, plus tournée vers la séduction que les thèmes sacrés. Une pièce mettra ainsi en scène une courtisane, une autre évoquera les amours de Krishna et Radha et enfin une troisième évoquera une femme espiègle et séductrice qui insupporte son mari en faisant tinter ses bracelets. Le récital s'est terminé avec une pièce de danse pure dans laquelle Isabelle Anna prononçait les syllabes rythmiques sur lesquelles les mouvements de la danseuse s'appuyaient. Le cycle rythmique était Chautal (12 temps). Si les temps forts étaient au début marqués de façon très nette, avec une virtuosité d'autant plus grande que l'on s'approchait de la fin des cycles rythmiques, les développements successifs ont mis en lumière des variations très complexes et nettement moins évidentes à suivre !

Salle Pleyel — 2013-04-13

Quatuor Hagen

Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons

Veronika Hagen, alto

Clemens Hagen, violoncelle

Quatuor à cordes nº15 (Beethoven)

Quatuor à cordes nº8 “Razumovski” (Beethoven)

Salle Pleyel — 2013-04-14

Quatuor Hagen

Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons

Veronika Hagen, alto

Clemens Hagen, violoncelle

Quatuor à cordes nº11 “Quartetto serioso” (Beethoven)

Quatuor à cordes nº10 “Les Harpes” (Beethoven)

Quatuor à cordes nº6 (Beethoven)

Salle Pleyel — 2013-04-14

Quatuor Hagen

Lukas Hagen, Rainer Schmidt, violons

Veronika Hagen, alto

Clemens Hagen, violoncelle

Quatuor à cordes nº9 “Razumovski” (Beethoven)

Quatuor à cordes nº13 (Beethoven)

Grande Fugue, op. 133 (Beethoven)

J'ai assisté à ces trois premiers concerts de l'intégrale Beethoven par le quatuor Hagen. J'en ressors émerveillé par la variété de la production du compositeur en la matière. Le quatuor Hagen m'a tout particulèrement ému pendant les mouvements lents, comme la première moitié Adagio du quatrième mouvement du Quatuor nº6 ou le Molto Adagio du Quatuor nº8 “Razumovski”. Lors du premier concert, j'ai été bluffé par l'unité du quatuor que je n'ai plus vraiment regardé, mais seulement écouté comme s'il s'agissait d'un unique instrument.

Une partie public s'est montré particulèrement grossière lors du concert du samedi soir. Les tousseurs sont une plaie. On peut presque s'estimer heureux quand les toux se concentrent entre les mouvements ; c'est un moindre mal. Cependant, il est inacceptable qu'à la fin d'un mouvement lent les hordes de toux se déclenchent sur le silence de fin alors que les archets des musiciens sont encore en contact avec les cordes... Le concert du dimanche matin s'est passé dans de bonnes conditions, mais la première moitié de celui de l'après-midi m'a été rendue insupportable par les ronflements du spectateur situé derrière moi, et ce pendant toute la durée du quatuor nº9 “Razumovski”. Replacé à l'arrière-scène pour le quatuor nº13, j'ai pour la première fois entendu le bruit de fond de la salle Pleyel. C'est un bruit irrégulier assez déplaisant (ventilation, canalisations, appareils électronico-mécaniques ?). D'après mes expérimentations plus récentes en Salle Pleyel, cela ne s'entend que depuis l'arrière-scène pendant les passages les plus doux.

Opéra Garnier — 2013-04-14

Jochen Schmeckenbecher, Peter

Irmgard Vilsmaier, Gertrud

Daniela Sindram, Hänsel

Anne-Catherine Gillet, Gretel

Anja Silja, Die Knusperhexe

Elodie Hache, Sandmännchen

Olga Seliverstova, Taumännchen

Claus Peter Flor, direction musicale

Mariame Clément, mise en scène

Julia Hansen, décors et costumes

Philippe Berthomé, éclairages

Mathieu Guilhaumon, chorégraphie

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris

Hänsel und Gretel, Humperdinck

La musique de Humperdinck sauve cette soirée. Le compositeur a manifestement bien écouté Wagner dont quelques effets orchestraux sont réutilisés dans Hänsel et Gretel. Parfois, j'ai presque eu l'impression d'entendre des citations de Wagner. Le problème de cette production est que les conceptrices du spectacle n'ont pas tenu du compte du fait que l'Opéra Garnier était un théâtre à l'italienne. N'ayant vu que les deux-tiers de gauche de la scène, il m'a néanmoins semblé que la mise en scène de Mariame Clément fait des aventures des deux enfants un rêve dans lequel leur mère (ou belle-mère ?) apparaît en sorcière. Pourquoi pas, mais visuellement sans être affreux, tout est assez laid et la réalisation n'est pas très convaincante. Les chanteurs, comédiens et figurants (doublant ou triplant les personnages) sont comme enfermés dans les compartiments du décor à deux étages. La seule scène que j'ai trouvée assez bien faite a été celle où Hänsel et Gretel commencent à manger la maison en pain d'épices de la sorcière, mais j'ai ressenti comme un décalage entre l'intellectualisation de l'histoire sous forme de rêve et le style un peu naïf de certains décors ou costumes. Bref, tout cela n'est pas très enthousiasmant...

Salle Pleyel — 2013-04-16

Orchestre Colonne

Laurent Petitgirard, direction

Traverses (Prodromidès)

Viktoria Kogan, direction

Variations sur un thème de Paganini (Rachmaninov)

Symphonie nº5 (Tchaikovski)

Encore un magnifique concert de l'Orchestre Colonne. L'œuvre contemporaine, choisie avec goût comme toujours avec cet orchestre, était de Prodrominès. Elle alterne passages de tension et passages de relâchement. J'apprécie ensuite l'étendue du talent de la pianiste Viktoria Kogan dans les Variations sur un thème de Paganini de Rachmaninov. Après l'entr'acte, l'orchestre s'est déchaîné dans la Cinquième symphonie de Tchaikovski dont j'ai particulièrement apprécié les trois derniers mouvements. Pendant tout le concert, un musicien de l'orchestre m'a sidéré : un grand bravo au clarinettiste !

Opéra Garnier — 2013-04-17

Élèves de l'école de danse de l'Opéra

Orchestre des Lauréats du Conservatoire

Marius Stieghorst, direction musicale

Jean-Philippe Rameau, musique (extrait des Indes Galantes, 1735)

Béatrice Massin, Nicolas Paul, chorégraphie

Olivier Bériot, costumes

Madjid Hakimi, lumières

Valentin Chou

D'ores et déjà

Charles Gounod, musique (extrait de l'acte V de Faust, 1859)

Claude Bessy, chorégraphie d'après Léo Staats

Madjid Hakimi, lumières

Roxane Stojanov, Hélène

Nine Seropian, Cléopâtre

Awa Joannais, Phrynée

Camille Bon, Aspasie

Clara Spitz, Laïs

La Nuit de Walpurgis

Maurice Pacher, musique

Jacques Garnier, chorégraphie (1979) réglée par Wilfried Romoli

Christian Pacher, accordéon diatonique

Gérard Baraton, accordéon chromatique

Marin Delavaud, Julien Guillemard, Pablo Legasa

Aunis

Gioacchino Rossini, musique (Sonate nº1 en sol majeur, extraits des Sonates nº3 en do majeur, nº4 en si bémol majeur, nº5 en mi bémol majeur pour cordes, 1804)

Jean-Guillaume Bart, chorégraphie (2000)

Philippe Binot, costumes

François-Éric Valentin, lumières

Péchés de jeunesse

Plutôt que des ballets narratifs comme Coppélia ou Piège de lumière présentés ces dernières années par les élèves de l'école de danse dans des programmes comportant aussi des pièces moins classiques ou néo-classiques, on n'aura vu dans ce programme que des pièces de danse pure, certes fort bien exécutées, mais qui me laissent globalement assez indifférent. D'ores et déjà est une pièce pour garçons : comme exercice d'appropriation du langage de la danse baroque pour les élèves, elle est intéressante, mais en tant que ballet présenté dans un spectacle, elle manque singulièrement de consistance... Les filles s'illustrent par le placement et quelques variations dans La Nuit de Walpurgis. Seul Aunis me convainc par l'engagement des trois danseurs et des deux accordéonistes dans cette pièce très vive. Malgré tout le bien que je pense de Jean-Guillaume Bart en tant que chorégraphe pour la La Source, je n'ai pas été excessivement enthousiasmé par les balanchiniens Péchés de jeunesse. On y voit des couples de danseurs, qui s'illustrent dans des pas de deux comportant des portés, mais il ne suffit pas qu'un homme et une femme se rencontrent pour qu'un ballet raconte une histoire...

Salle Pleyel — 2013-04-18

Académie du Chœur de l'Orchestre de Paris

Lionel Sow, direction

Margot Modier, piano

Pauline Amar, Charlotte Bozzi, Sterenn Gourlaouen, Lauriane Launay, Anne-Sophie Petit, Juliette Rennuit, Marion Trigo, Louise Vanderlynden, sopranos

Lola Dauthieux, Julie Nemer, Sarah-Léna Winterberg, altos

Maxence Douez, ténor

Timothée Sonnier, basse

Spanisches Liederspiel, op. 74, nº1, nº3, nº8(Schumann)

Drei sweistimmige Lieder, op. 43 (Schumann)

Zwölf Gedichte aus “Liebesfrühling” (Rückert) (Schumann)

Lieder-Album für die Jugend, op. 79, nº9, nº15, nº18, nº20, nº24 (Schumann)

Drei Lieder, op. 114, nº2 (Schumann)

Sommerruh, WoO7 (Schumann)

Mädchenlieder, op. 103 (Schumann)

Drei Gedichte nach Emanuel Geibel, op. 29, nº1, nº2 (Schumann)

En prélude au concert de l'Orchestre de Paris avait lieu le premier concert de l'Académie du Chœur de l'Orchestre de Paris dirigé par Lionel Sow. Bien que le programme fût 100% Schumann, une publicité plus importante n'aurait pas été superflue puisqu'à peine une cinquantaine de spectateurs ont assisté à ce beau concert de 12 chanteuses et 2 chanteurs.

Salle Pleyel — 2013-04-18

Philippe Aïche, violon solo

Orchestre de Paris

Alondra de la Parra, direction

Capriccio espagnol, suite pour orchestre, op. 34 (Rimski-Korsakov)

Nikolaï Lugansky, piano

Concerto pour piano nº2 en fa mineur, op. 21 (Chopin)

Le Tricorne, suites orchestrales nº1 et nº2 (Manuel de Falla)

Danzón nº2 (Arturo Márquez)

Quelle idée saugrenue d'insérer un concerto de Chopin dans un tel programme ! Si j'ai aimé le deuxième mouvement du concerto, par le jeu varié de Lugansky et le doux accompagnement de l'orchestre, l'intérêt principal du concert venait des œuvres hispanisantes ou mexicaines. L'orchestre est dirigé par la jeune chef Alondra de la Parra. S'il n'y a rien de remarquable à ce que sa main droite batte régulièrement la mesure, il est plus singulier pour un chef que l'ensemble de son être paraisse à ce point animé par la musique que ses manifestations extérieures ne semblent qu'un prolongement d'une animation plus intérieure. La chef danse sur son estrade ! Si elle faisait du bharatanatyam, je dirais qu'elle est aussi douée en danse pure qu'en abhinaya, l'art de l'expression (dans lequel excelle aussi le chef Andris Nelsons). Quel regard ! Dans la deuxième partie du programme, l'orchestre se déchaîne, d'abord dans Le Tricorne, et surtout dans l'irrésistible Danzón nº2 d'Arturo Márquez.

Ailleurs : Paris — Broadway, Andante con anima, Palpatine.

Opéra Bastille — 2013-04-19

Gustav Mahler, musique

John Neumeier, chorégraphie, décor et lumières (1975)

Kevin Haigen, Victor Hughes, assistants du chorégraphe

Madjid Hakimi, réalisation lumières

Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris

Simon Hewett, direction musicale

Aline Martin, mezzo soprano

Alessandro Di Stefano, chef de chœur

Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris

Mathieu Ganio, Laëtitia Pujol

Vincent Chaillet, Alessio Carbone, Cyril Mitilian, Fabien Révillion, Florian Magnenet, Vincent Cordier

Charline Giezendanner, Muriel Zusperreguy, Eve Grinsztajn, Laura Hecquet, Nolwenn Daniel

Troisième Symphonie de Gustav Mahler

Il a fallu attendre le dernier tableau Ce que me conte l'amour pour j'apprécie véritablement ce spectacle grâce au superbe pas de deux entre Mathieu Ganio et Laëtitia Pujol. Alors que j'étais installé au fond du deuxième balcon, j'ai vu vers 19h29 un groupe de scolaires entrer. La très intelligente régie de l'Opéra a bien sûr coupé les lumières pour les empêcher de trouver leur place. Cela a complètement pourri les premières minutes du premier mouvement de la Troisième symphonie de Mahler, lequel a des proportions inquiétantes. Je n'ai pas accroché à cette musique. Je suis en effet écartelé entre diverses sensations contradictoires et simultanées : une oreille me signale une danse joyeuse, une autre des gloussements des instruments à vents, tandis qu'une marche militaire tente d'entraîner le corps entier dans une agitation martiale. Je n'avais pas vu l'entrée au répertoire de ce ballet de Neumeier en 2009, mais si je n'ai pas été émerveillé par ce ballet, j'ai trouvé que l'œuvre était bien montée, avec des danseurs qui semblent totalement investi dans leurs rôles abstraits. Parmi eux, Charline Giezendanner m'a paru particulièrement convaincante.

On dit parfois que le silence à la fin de Mozart est aussi de Mozart. Ce soir, le silence à la fin de Mahler n'était pas de Mahler. Même l'accord final ne lui appartenait plus. Je ne comprends pas qu'une proportion aussi importante du public soit aussi peu respectueuse de la musique pour applaudir un rideau en train de descendre...

Salle Pleyel — 2013-04-24

Académie de l'Orchestre de Paris

Ambroisine Bré, mezzo-soprano

Chloé Dufossez, flûte

Olivier Marger ou Aurélien Pascal, violoncelle

Mayoko Surayya Salloum, piano

Trois chansons madécasses pour flûte, mezzo, violoncelle et piano (Ravel)

Khoa-Nam Nguyen, Lev Bogino, violons

Issey Nadaud, alto

Rémi Carlon, violoncelle

Quatuor à cordes en la mineur, 1889 (Sibelius)

Salle Pleyel — 2013-04-25

Académie de l'Orchestre de Paris

Quatuor Tosca

Constance Ronzatti, Marc Desjardins, violons

Marine Gandon, alto

Armance Quéro, violoncelle

Quatuor à cordes en la mineur, op. 51 nº2 (Brahms)

Avant d'assister aux deux représentations du programme Ravel/Sibelius/Brahms de l'Orchestre de Paris, je suis allé aux deux courts concerts donnés en prélude mercredi et jeudi. J'ai été très convaincu de l'interprétation des chansons madécasses de Ravel dont le texte, à défaut d'être complètement intelligible, l'était davantage que lorsque j'avais entendu pour la première fois cette œuvre il y a quelques mois. Le violoncelliste m'a beaucoup plu, mais son nom me restera inconnu, puisque comme la semaine précédente, il y a des coquilles dans la fiche de distribution. Les jeunes musiciens interprétant le quatuor de Sibelius étaient convaincants, mais dans l'ensemble j'avais l'impression d'entendre trop le premier violon et le violoncelle au détriment du second violon et de l'alto qui avaient un très beau son. Le quatuor Tosca (qui n'était exceptionnellement féminin qu'aux trois quarts) est plus avancé et m'a fait passer un très bon moment, en particulier dans les premier et quatrième mouvements du quatuor à cordes op. 51 nº2 de Brahms.

Théâtre des Champs-Élysées — 2013-04-26

Orchestre de chambre de Paris

Ivor Bolton, direction

Divertissement en fa majeur nº10 (Mozart)

Gidon Kremer, violon

Polonaise pour violon et orchestre en si bémol majeur (Schubert)

Konzertstück pour violon et orchestre en ré majeur (Schubert)

Maria Fedotova, flûte

Impromptu pour flûte, violon et orchestre à cordes (Sofia Gubaidulina/Schubert)

Andante et Rondo pour flûte et orchestre en ut majeur (Mozart)

Symphonie nº104 en ré majeur (Haydn)

Ce concert aurait été épouvantablement ennuyeux s'il n'y avait eu avant l'entr'acte l'adaptation pour flûte, violon et orchestre à cordes par la compositrice Sofia Gubaidulina de l'Impromptu en la bémol mineur op. 90 nº4 de Schubert et en fin de programme la symphonie nº104 de Haydn. J'ai beaucoup aimé la flûtiste Maria Fedotova qui passait parfois à la flûte alto dans l'œuvre de Gubaidulina/Schubert. La transcription de la première phrase pour la flûte plutôt que tout autre instrument me rappelait de façon amusante la Badinerie de Bach. Dans la symphonie nº104 de Haydn, j'ai aimé retrouver certains détails auxquels j'avais déjà goûté, mais d'autres ont été un peu noyés dans le volume orchestral. L'orchestre jusque là apathique jouait vraiment. J'eusse aimé qu'ils jouassent comme ça pendant tout le concert et de façon plus engagée encore dans cette symphonie, puisque cette nouvelle audition ne m'a pas procuré un plaisir plus grand qu'avec l'Orchestre des Concerts Gais. Cela faisait quatre ans que je n'avais pas vu le chef Ivor Bolton. Je vais sans doute attendre encore quelques années avant de retenter l'expérience...

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Planning de mai 2013

2013-05-03 21:32+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne — Planning

Voici mon programme de spectacles pour le mois de mai :

  • 4 et 25 mai 2013 (Opéra Garnier) : Je me souviens que lorsque j'avais visité l'exposition sur les Ballets russes à Garnier en 2010, j'avais remarqué parmi les objets montrés un petit bronze ayant appartenu à Leon Bakst représentant l'aigle Garuda, la monture de Vishnu. J'ignore si de l'intérêt pour l'Inde du décorateur de la première production de L'Oiseau de feu il subsiste quelque chose dans la version de Béjart. Trois autres courts ballets sont programmés dans cette soirée (que je verrai trois fois) : deux versions de L'Après-midi d'un Faune (Nijinski et Balanchine) et une nouvelle chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet pour le Boléro de Ravel.
  • 13 mai 2013 (Cité de la musique) : Voilà une soirée de musique de chambre très prometteuse... J'ai déjà eu l'occasion d'entendre la violoniste Akiko Suwanai. Je n'ai pour le moment entendu ni le clarinettiste Michel Portal ni le violoncelliste Henri Demarquette ni le pianiste Michel Dalberto, mais je me réjouis de les entendre tous dans diverses configurations culminant dans le Quatuor pour la fin du Temps de Messiaen.
  • 14 mai 2013 (Cité de la musique) : Je n'avais pas beaucoup accroché aux Métamorphoses de Strauss la première fois que je les avais entendues. J'espère que ce programme du Chamber Orchestra of Europe pourra me faire changer d'avis. En revanche, je n'ai aucune raison de ne pas me délecter par avance du concerto pour violon nº2 de Prokofiev avec Lisa Batiashvili et de la 41e symphonie de Mozart !
  • 17 mai 2013 (Auditorium du Musée Guimet) : Serai-je autant émerveillé par le sitariste Shahid Parvez qu'il y a un an et demi ?
  • 18 mai 2013 (Salle Pleyel) : N'ayant exceptionnellement pas prévu de voyager en Inde cet été, ce Voyage express en Orient de l'Orchestre de Paris me servira de consolation.
  • 21 mai 2013 (Théâtre des Champs-Élysées) : Après un concert décevant de l'Orchestre de chambre de Paris dirigé par Ivor Bolton il y a quelques jours, j'espère retrouver cet orchestre en meilleure forme dans le répertoire dans lequel il est le plus convaincant, et ce avec des solistes enthousiasmants, Deborah Nemtanu (violon) et François Leleux (hautbois) !
  • 23 mai 2013 (Cité de la musique) : Les Dissonances joueront trois compositeurs en B (Britten, Barber, Bernstein) du XXe siècle.
  • 24 mai 2013 (Centre Mandapa) : L'Homme Semence, une pièce de théâtre à laquelle participe une de mes danseuses de bharatanatyam préférées.
  • 28 mai 2013 (Opéra Comique) : Sauf erreur de comptage, j'aurai en ce mois de mai 6 fois l'occasion d'entendre le Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy en concert. Bref, le thème du concert Faune n'est pas très original, mais j'espère être séduit par le film projeté pendant l'interprétation de cette œuvre et par les autres pièces musicales au programme (Pierrot lunaire de Schönberg, La Valse de Ravel revue par Frédéric Verrières).
  • 30 mai 2013 (Théâtre des Champs-Élysées) : Centenaire oblige, j'assisterai à la deuxième représentation parisienne du Ballet et Orchestre du Théâtre Mariinsky avec deux chorégraphies du Sacre du printemps de Stravinsky (Nijinski et Sasha Waltz). J'espère que le chef Valery Gergiev sera dans un bon jour...
  • 31 mai 2013 (Temple des Batignolles) : La dernière fois, l'Orchestre des concerts gais m'avait enthousiasmé dans le concerto pour violon de Tchaikovsky, et dans la Symphonie nº104 de Haydn il m'avait fait une meilleure impression qu'un orchestre professionnel ne l'a fait récemment dans cette même œuvre. Cette fois-ci, le programme sera constitué de musique française (Debussy, Fauré, Saint-Saëns), avec en outre l'Ouverture de La Fiancée du Tsar de Rimski-Korsakov.

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Brahms par les Solistes des Berliner Philharmoniker #5 et #6

2013-04-28 21:36+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2013-04-20

Solistes des Berliner Philharmoniker

Olaf Maninger, violoncelle

Sunwook Kim, piano

Sonate pour violoncelle et piano nº1 en mi bémol, op. 38 (Brahms)

Guy Braunstein, violon

Amihai Grosz, alto

Zvi Plesser, violoncelle

Sunwook Kim, piano

Quatuor pour piano et cordes nº3 en ut mineur, op. 60 (Brahms)

Guy Braunstein, violon

Christoph Streuli, violon

Amihai Grosz, alto

Zvi Plesser, violoncelle

Wenzel Fuchs, clarinette

Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115 (Brahms)

Salle Pleyel — 2013-04-21

Solistes des Berliner Philharmoniker

Wenzel Fuchs, clarinette

Zvi Plesser, violoncelle

Alexei Volodin, piano

Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur, op. 114 (Brahms)

Guy Braunstein, violon

Alexei Volodin, piano

Sonate pour violon et piano nº2 en la majeur, op. 100 (Brahms)

Guy Braunstein, violon

Amihai Grosz, alto

Olaf Maninger, violoncelle

Alexei Volodin, piano

Quatuor pour piano et cordes nº2 en la majeur, op. 26 (Brahms)

Ces deux concerts faisant partie de l'intégrale berlinoise de la musique de chambre de Brahms étaient les derniers bénéficiant de la participation du violoniste Guy Braunstein (cf. mes billets sur les épisodes #1 & #2 et #3 & #4).

Dans ces deux concerts, je retiens deux moments forts. Le premier a été l'interprétation du quintette pour clarinette et cordes à la fin du premier concert. Cette interprétation m'a semblé avoir plus de relief que celle entendue il y a quelques semaines à la Cité de la musique. Cette fois-ci, j'ai été passionné parce que j'entendais depuis le tout début (et la première intervention du clarinettiste Wenzel Fuchs...) jusqu'à la fin. J'ai particulièrement apprécié la façon qu'ont eu les musiciens très engagés d'accentuer un passage du quatrième mouvement Con moto en assumant complètement ses airs de musique populaire, et donc en frappant assez franchement leurs pieds contre le sol.

L'autre grand moment a été pour moi l'interprétation du quatuor avec piano nº2 joué à la fin du deuxième concert du week-end. Pour écouter cette œuvre, j'avais fui l'arrière-scène et la proximité d'une chaussure féminine qui se frottait trop souvent au plancher pour rejoindre le tout premier rang à peu près au niveau de l'ourlet du pantalon du violoniste. L'audition de cette œuvre me procura un immense plaisir ! Le deuxième mouvement Poco adagio fut pour moi et mes glandes lacrymales d'une beauté insoutenable. Dans le quatrième, j'ai aimé le duo amoureux auquel se livraient le violoniste Guy Braunstein et l'altiste Amihai Grosz qui se faisaient face, un duo arbitré par le regard bienveillant du violoncelliste Olaf Maninger qui était au centre, entre eux et l'excellent pianiste Alexei Volodin.

Ailleurs : Paris — Broadway.

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Surya et Vanishree au Centre d'animation de la Place des Fêtes

2013-04-07 16:32+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse — Culture indienne

Centre d'animation de la Place des Fêtes — 2013-04-05

Surya & Vanishree, bharatanatyam

Kalaimmamani MK Saroja, chorégraphies

Muthuswamy Pillai, chorégraphie de Jatiswaram Mallika

Sangeeta Isvaran, chorégraphie de Bho Shambho

Vidya, adaptation des chorégraphies pour duo

Geneviève Motard, lecture des textes

Subramanyam Kautwam

Mathura Mathura

Jatiswaram Mallika

Netrandi Neretille

Bho Shambho

Yen Palli Kondir

Tillana Mohana

N'étant pas disponible pour la deuxième représentation de ce programme prévue au Centre Mandapa le 20 avril, j'ai fait la connaissance des escalators géants de la Place des Fêtes pour voir ce duo de bharatanatyam au Centre d'animation voisin. La présentation de ce spectacle est très soignée. Chaque pièce est introduite par une lecture convaincante des textes poétiques qui seront illustrés sur scène. Le nom des chorégraphe est aussi donné. Toutes ces informations sont d'ailleurs dans la feuille distribuée à l'entrée. Sur le papier, le programme était vraiment très alléchant. Je m'attendais à être bouleversé, mais je n'ai trouvé ce spectacle que bon. En effet, comme pour le spectacle de Priya Venkataraman vu il y a quelques jours, les deux danseuses Surya et Vanishree ne dansent ensemble pour ainsi dire que dans les pièces de danse pure ; le duo introductif Subramanyam Kautwam était le seul duo comportant une part narrative. Les chorégraphies prévues pour une danseuse soliste ont été adaptées pour un duo par Vidya. Ce travail d'adaptation est néanmoins assez intéressant. Le plus souvent, les deux danseuses exécutent les mêmes mouvements, mais le duo explore diverses combinaisons de symétries. Parfois, elles sont côte à côte et exécutent exactement les mêmes mouvements, parfois c'est comme s'il y avait un miroir au milieu de la scène. D'autres fois, l'une est de face tandis que l'autre est de dos. Les symétries sont parfois pensées dans le temps plutôt que dans l'espace, une danseuse exécutant les mêmes mouvements que l'autre avec un retard volontaire, comme en écho. Ces pièces de danse pure sont rafraîchissantes et les mouvements des bras et des mains, très affutés, sont parfaitement synchronisés avec la musique.

Je n'ai pas été totalement convaincu par les pièces ayant une composante narrative. Les chorégraphies font davantage allusion à des épithètes caractérisant les divinités qu'elles ne racontent une histoire ayant une certaine unité. Les strophes choisies évoquent en un nombre réduit de mots de nombreux faits associés à une divinité. D'une part certains vers sont répétées ce qui induit des répétitions (avec des variations) dans la chorégraphie, et d'autre part il est difficile à la danseuse de représenter tout ce que dit le texte de façon convaincante. J'ai eu le sentiement que beaucoup d'éléments narratifs étaient présents de façon trop furtive dans les chorégraphies. Alors que je connais très bien les histoires qui étaient racontées, bien souvent je n'étais pas tout à fait sûr de savoir où on en était... Ces difficultés, qui viennent à mon avis davantage des chorégraphies que des interprètes, se posaient moins dans les pièces dansées par Vanishree que dans celles dansées par Surya (Netrandi Neretille mettant en scène les amours de Murugan et Yen Palli Kondir évoquant Vishnu par l'image du dieu couché sur le serpent Ananta et par les exploits de son avatar Rama). Dans Mathura Mathura dansé par Vanishree, j'ai aimé l'apparition de l'archer Kama, le dieu de l'amour qui était nommé Madana dans le texte chanté. J'ai été tout étonné de reconnaître les gestes de mains qui signifient que les yeux de Krishna sont la soleil et la lune. Parmi les originalités de la chorégraphie ou de son interprétation, j'ai apprécié que la danseuse approfondisse la pose traditionnelle représentant Krishna comme flûtiste. Je crois en effet que c'est la première fois que je vois une danseuse agiter délicatement ses doigts pour mieux signifier que Krishna joue d'une flûte.

La pièce la plus convaincante du récital était à mon avis Bho Shambho, dansée par Vanishree. Je suis toujours ravi d'entendre cette musique en hommage à Shiva dans un récital de bharatanatyam. Je pense avoir déjà vu des chorégraphies et interprétations illustrant de façon plus frappante l'aspect viril de cette divinité. Toutefois, je me suis délecté des passages évoquant son tambour Damaru, son œil foudroyant, la descente de la déesse fluviale Ganga, etc. La fin de la pièce dans laquelle la danseuse tourne rapidement sur elle-même en récapitulant les divers aspects de Shiva était très impressionnante.

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