Weblog de Joël Riou

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Livres

2007-12-26 17:36+0100 (Orsay) — Culture — Lectures — Culture indienne

Pendant que des piles de livres s'écroulent par ici, je suis en train de lire ma PAL. À ce jour, 64 livres attendent sur mes étagères que je les lise. Les livres commençant à être tassés les uns contre les autres, il serait bienvenu que je commande une nouvelle Billy (si je répugne à l'idée de retourner dans un magasin Ikea, je peux cependant consentir à prendre commande par Internet), mais je crains que si j'achète tout de suite de nouvelles étagères, l'envie de les remplir d'une bonne nouvelle centaine de livres se fera trop pressante. Bref, je suis dans une période où je lis les livres que j'ai déjà avant d'envisager d'en acquérir d'autres. Cette ascèse ne nuit guère à ma fièvre d'achats de disques, même si je tend aussi écouter mes disques aussi rapidement que je ne les achète.

Cependant, j'ai lu quelques romans ayant paru depuis septembre dernier. Parmi ceux-ci, trois m'ont particulièrement plu. Les voici (dans l'ordre chronologique de leur lecture), avec un lien vers le Biblioblog où ils sont commentés, par moi ou par d'autres :

Dans l'intervalle, j'ai aussi lu de la littérature indienne. Un poignant roman de Samina Ali, Jours de pluie à Madras (Mercure de France), raconte dans les moindres détails un mariage dans la communauté musulmane d'Hyderabad et les désastres personnels qui s'ensuivront. Un autre roman Les mille visages de la nuit (Picquier poche) de Githa Hariharan évoque trois générations de femmes sur fond de légendes du Mahabharata. Le très bon roman Un héritage exorbitant (Stock) d'Anita Desai nous fait part des entrevues d'un professeur de hindi épris de poésie avec un grand poète ourdou, celles-ci conduisant l'apprenti-reporter à s'endetter pour mener à bien son projet d'enregistrer sur bande la voix du poète.

Parmi mes lectures indiennes récentes, deux romans lauréats du Man Booker Prize. D'une part, Les enfants de minuit (Plon, Le Livre de Poche) de Salman Rushdie ; difficile à résumer. D'autre part, The Inheritance of Loss de Kiran Desai (que j'avais eu du mal à trouver il y a un peu plus d'un an), dont l'histoire se situe dans le Nord du l'état du Bengale occidental (près de Darjeeling) lors d'une insurrection d'indiens-népalais pour la création d'un état du Gorkhaland. Au milieu de l'agitation, des retraités tentent de vivre tant bien que mal. Le conflit politique entre Gorkhas et autres indiens trouve son écho dans la relation entre Sai, la petite-fille d'un juge originaire du Gujarat, et son précepteur népali Gyan. Le cuisinier du juge rêve de revoir son fils Biju, pauvre travailleur clandestin en Amérique. Hier, j'ai fini de lire ce livre dans sa langue d'origine. Pour moi, cela a été une lecture difficile du fait de cette langue au vocabulaire recherché et varié (impossible d'avancer sans un bon dictionnaire anglais à portée de main). Cette difficulté a heureusement été compensée par des descriptions savoureuses, des personnages étonnants fourmillant d'astuces et l'humour qu'a répandu l'auteure dans ce très beau livre. Je suis en train de le relire, mais en français cette fois (La perte en héritage, Les deux terres).

Non-sequitur : au Théâtre du Châtelet, les petits numéros de place sont au milieu de l'orchestre ; moi qui pensais être excentré pour assister au spectacle de Jazz de Woody Allen hier, j'ai eu la surprise de me retrouver juste en face du clarinettiste.

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Le style Libé. envahit Le Monde

2007-12-11 17:50+0100 (Orsay)

Je viens de voir un titre Rama Yade, secrétaire d'État d'âme sur le site du quotidien de référence™. Je pensais que les jeux de mots nacszes de ce genre dans les titres d'articles étaient une spécificité de Libération. Si on ne suit que vaguement certains aspects de l'actualité, un tel titre ne donne aucune information ; si on la suit, au mieux, on peut émettre une conjecture sur ce dont il est question.

À côté de celui de ses collègues du Monde, le style de ce journaliste messied, mais on peut cependant remercier Philippe Ridet d'avoir porté à la connaissance du public la citation suivante du Président de la République :

Moi je n'ai pas voulu aller à Tipaza parce que j'ai gagné un concours sur radio Nostalgie. Mais parce que j'ai lu Noces.

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Grammaire, contresens (suite)

2007-12-03 17:21+0100 (Orsay) — Mathématiques

En préparant un cours, je lis dans un livre l'énoncé suivant 1 de Research problem :

Find out whether prime numbers can be recognized in deterministic polynomial time. (According to Miller's result, it is sufficient to prove the ERH ;-).)

Ce problème ayant été résolu assez récemment, je me demande d'un air distrait pourquoi les trois indiens qui ont proposé un algorithme déterministe répondant à la question de savoir si un nombre entier est premier en un temps polynomial en le nombre de chiffres n'ont pas reçu conjointement un million de dollars pour avoir résolu au passage l'hypothèse de Riemann, un des problèmes du millénaire (selon l'institut Clay).

L'explication est évidemment qu'il suffit de démontrer l'hypothèse de Riemann généralisée pour obtenir un test de primalité déterministe en temps polynomial, et non le contraire, ce que je savais avant de feuilleter ce livre, mais la formulation ambiguë (parce que elliptique et lue par moi sans le contexte) m'a fait bugger quelques secondes.

[1] Modern computer algebra de Joachim von zur Gathen et Jürgen Gerhard, Deuxième édition, page 528.

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Fumée

2007-12-02 17:42+0100 (Orsay)

Je ne mets pratiquement jamais les pieds dans les bars. Je tolère volontiers le voisinage occasionnel de fumeurs pourvu que ce soit à l'air libre ou dans un endroit bien ventilé, mais mardi dernier, en raison d'une grève à la cantine (à laquelle ont succédé des négociations dont le résultat semble avoir ravi tout le monde), avec des collègues, nous n'avons pas trouvé d'autre solution que d'échouer dans un bar-restaurant situé près de la fac (et encore plus près de chez moi) et je n'imaginais pas qu'on pouvait autant mépriser la loi Évin. On nous a demandé sans rire si nous étions fumeurs, et après une réponse négative, nous nous sommes assis dans un coin. Il n'y avait semble-t-il aucun système d'aération susceptible de nous isoler d'autres clients fumeurs, et après avoir passé ne serait-ce qu'une demi-heure dans cet endroit, j'ai commencé à éprouver des maux de tête, les yeux qui piquent et un odeur irrésistible de tabac. J'aurais mieux fait de jeûner...

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