Weblog de Joël Riou

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Hanuman Mandir

2007-01-31 13:48+0530 (मुंबई) — Voyage en Inde III

Samedi dernier, Shrirang m'a proposé de m'emmener visiter quelques endroits de la ville. Nous devions prendre le bus de 8:25, mais les horaires ayant changé, il était déjà parti quand j'eus rejoint l'arrêt. Nous avons donc pris le rickshaw de l'institut pour parcourir la route de trois kilomètres passant à travers un village afin de rejoindre la grand'route. De là, nous avons pris un gros rickshaw collectivisé : c'est moins cher puisqu'il y avait une bonne dizaines de personnes allant dans la même direction.

Nous avons visité la maison des Nehru, Anand Bhavan, puis leur maison précédente, maintenant appelée Svaraj Bhavan. La maison Anand Bhavan est vraiment très belle et relativement moderne. On peut y voir les diverses chambres (dont celle qui était réservée à Gandhi), la salle à manger, l'endroit où Indira Gandhi s'est mariée : il y avait une photographie sur laquelle on pouvait voir les choses qui avaient changé entretemps. Dans une pièce était exposée quelques objets personnels, et quelques lettres. On pouvait ainsi distinguer l'écriture hésitante de la jeune Indira en devanagari, et même une carte postale écrite en français !

L'ancienne maison, Svaraj Bhavan, était plus ancienne. Il y avait beaucoup de photographies, parmi lesquelles une photographie de la première voiture ayant circulé à Allahabad (on ne peut pas la manquer puisqu'elle est visible dans au moins trois pièces différentes).

Nous avons ensuite mangé dans un restaurant d'Inde du Sud : excellents dosas. Puis, nous avons pris un vélo-rickshaw pour rejoindre les terrains du Mela. J'ai visité Hanuman Mandir (celui qui se trouve près du fort). La foule était impressionnante. Cela poussait de tous côtés. Quand on arrive dans le temple, on descend un escalier qui donne sur une petite salle renfermant l'idôle du singe Hanuman en position couchée. Il y a un miniscule couloir de chaque côté de l'idôle. Cela dit, je ne peux pas dire grand chose sur cette idôle, vu qu'elle était complètement recouverte d'offrandes : guirlandes de fleurs, laddous, etc. Je ne pourrais même pas dire de quelle couleur elle est censée être. À la sortie, il y avait d'autres idôles plus visibles, d'Hanuman, de Rama, Sita, Laksmana, etc.

Ensuite, nous sommes allés à pieds à Sangam, où beaucoup d'hindous se baignaient au confluent de la Ganga et de la Yamuna. Son matériel étant beaucoup plus performant que le mien, Shrirang pouvait s'adonner à son passe-temps favori : prendre des photographies.

Nous sommes rentrés à l'institut à pieds. Je pouvais alors commencer à préparer mes bagages pour mon voyage en train vers Mumbai.

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Republic Day

2007-01-26 15:34+0530 (इलाहाबाद) — Voyage en Inde III

Aujourd'hui, c'est le Republic Day, l'un des deux jours fériés les plus importants avec le jour de l'indépendance (15 août). À cette occasion, il y a eu une cérémonie. Depuis une semaine, je voyais de mon bureau diverses personnes embellir le lieu où elle allait avoir lieu.

Ce matin, le drapeau indien a donc été hissé en présence des membres de l'institut et de leur famille. Le personnel de sécurité en grand uniforme était aussi là. Quelques femmes et les enfants se sont installés à côté du drapeau pour interpréter l'hymne indien : Jana Gana Mana. C'était assez émouvant. Le directeur a prononcé un discours en hindi (en glissant quelques mots d'anglais de temps en temps de sorte que je suivais à peu près ce qu'il disait). Ensuite, les enfants sont venus chercher leur récompense pour leur victoire ou leur participation à la compétition sportive qui s'est déroulée il y a quelques jours.

Un peu plus tard, il y a eu un match de cricket en seize overs. Quand on regarde à la télévision, on ne se rend pas vraiment compte de la distance entre les deux guichets, vu la vitesse fulgurante à laquelle les joueurs professionnels lancent les balles. Il y a eu quelques coups spectaculaires : des sixes, des guichets détruits, des interceptions de balles en plein vol éliminant le batsman et des interceptions ratées...

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Rāmāyaṇa, chant 6 : La guerre

2007-01-24 22:42+0530 (इलाहाबाद) — Culture — Lectures — Culture indienne — Résumé du Rāmāyaṇa — Voyage en Inde III

Voici la plus longue entrée de ce blog (vingt-deux pages sur mon brouillon). Il s'agit du sixième épisode de mon résumé du Rāmayāṇa d'après la traduction que j'en ai lue. Il y aura prochainement™ le septième et dernier épisode. Cependant, on peut considérer que l'histoire est essentiellement finie après ce sixième chant. Tout en racontant ce qui se passe après, le septième chant apportera surtout des précisions sur ce qui s'est passé avant l'intrigue principale. Le résumé existe aussi en PDF.

Rāma remercie Hanumān pour le récit de son exploit mais il est triste parce qu'il ignore comment traverser l'océan pour ramener Sītā. Sugrīva le réconforte. Avant le départ de l'armée des singes, Hanumān décrit l'inaccessible Laṅkā. Rāma monte sur le dos de Hanumān et Lakṣmaṇa sur celui d'Aṅgada.

Pendant ce temps, à Laṅkā, Rāvaṇa demande l'avis de ses conseillers sur ce qu'il doit faire. Tous souhaitent la guerre, sauf son frère Vibhīṣaṇa qui lui suggère de rendre Sītā à Rāma. Rāvaṇa demande à son général en chef Prahasta de préparer la défense de la ville et prononce un discours guerrier. Bien qu'en désaccord avec son frère, le puissant Kumbhakarṇa accepte de combattre. Mahāpārśva pense que Rāvaṇa pourrait violer Sītā, mais cela ferait éclater sa tête à cause d'une malédiction de Brahmā. Après avoir répété son conseil, Vibhīṣana fait la leçon au fougueux Indrajit. Ayant été banni par Rāvaṇa, Vibhīṣana rejoint Rāma avec quatre autres rākṣasa. Il lui décrit la puissance de Rāvaṇa. Rāma promet de le faire roi de Laṅkā après leur victoire. Un négociateur-espion vient trouver Sugrīva pour lui conseiller de retourner à Kiṣkindhā. Les singes veulent le tuer mais Rāma les en empêche puisqu'il est venu comme messager.

Suivant le conseil de Vibhīṣaṇa, Rāma rend hommage à l'Océan, Sāgara. Mais l'Océan ne se montre pas. En colère, Rāma menace de l'assécher et prend une forme terrible pour lancer des flèches. Tandis que Rāma s'apprête à lancer un trait dédié à Brahmā et que le monde se met à trembler, l'Océan apparaît et accepte que Rāma le traverse. Le singe Nala, fils de Viśvakarman fait construire un pont jusqu'à Laṅkā, mais c'est par les airs, montés sur Hanumān et Aṅgada, que Rāma et Lakṣmaṇa traversent l'océan. Rāma libère un espion, celui-ci vient trouver Rāvaṇa pour lui décrire la puissance de Rāma et de son armée de singes. Il lui conseille de rendre Sītā, ce que Rāvaṇa refuse. Il envoie de nouveaux espions qui prennent l'apparence de singes pour s'infiltrer dans leur armée, mais Vibhīṣana les démasque aussitôt. Rāma leur demande de bien inspecter son armée et de dire à Rāvaṇa qu'il l'attaquera le lendemain. Ces espions décrivent à Rāvaṇa les principaux chefs simiens et lui conseillent de rendre Sītā. Rāvaṇa les chasse et envoie encore d'autres espions.

Utilisant la magie, Rāvaṇa fait croire à Sītā que Rāma est mort en lui faisant voir sa tête et son arc. Désespérée, elle préfère mourir que céder. Sītā se lie d'amitié avec la rākṣasī Saramā, épouse de Vibhīṣana qui la réconforte et épie Rāvaṇa. Le sage Mālyavān met en garde Rāvaṇa : il est invulnérable pour les dieux, démons et autres créatures célestes, mais c'est une armée d'hommes, de singes et d'ours qu'il doit combattre. Ayant remarqué de nombreux signes funestes, il lui conseille de rendre Sītā. Rāvaṇa est inflexible, la guerre est inévitable.

Les armées se préparent. Rāma ordonne aux singes de ne pas prendre forme humaine pendant le combat, ce qui les distinguera de Rāma, Lakṣmaṇa, Vibhīṣana et des quatre autres rākṣasa qui l'accompagnent. Ils grimpent au sommet du mont Susela d'où ils peuvent admirer Laṅkā. Ils y passent la nuit.

Le lendemain, à la vue de Rāvaṇa, Sugrīva s'en va le défier au combat. Rāma lui reproche de ne pas l'avoir consulté avant. Sûr de lui, Rāma envoie Aṅgada porter à Rāvaṇa un message lui annonçant sa mort prochaine. Pendant ce temps, l'armée des singes commence le siège de Laṅkā. Des combats terribles s'engagent entre les rākṣasa munis de nombreuses armes et les singes simplement armés de leurs griffes et de leurs crocs, réduits à lancer des troncs d'arbre et des pierres. Malgré la pluie de traits qui s'abat sur lui, Rāma vainc de nombreux ennemis de ses flèches tranchantes.

Dominé par Aṅgada, Indrajit utilise la magie pour se rendre invisible et en profite pour s'attaquer à Rāma et à Lakṣmaṇa. Transpercés de flèches en forme de serpents venimeux, les deux frères sont très affaiblis. Les singes sont affligés ; Vibhīṣaṇa demande à Sugrīva de reprendre confiance, tandis qu'Indrajit retourne à Laṅkā en annonçant la mort des deux héros.

Rāvaṇa fait monter Sītā sur le char Puṣpaka avec des rākṣasī qui lui font voir le champ de bataille depuis les airs. Ayant vu Rāma et Lakṣmaṇa en si piteux état, elle sombre dans le désespoir, mais la rākṣasī Trijaṭa la rassure.

Voyant son frère mal en point, Rāma envisage de se laisser mourir car il ne peut souffrir de devoir faire de la peine à Sumitrā en lui annonçant la mort de son fils. Cette situation attriste Vibhīṣaṇa, mais Sugrīva lui annonce une issue favorable. Le roi des oiseaux, Garuḍa, intervient de façon spectaculaire. Les serpents qui immobilisaient les deux frères sont mis en fuite ; de son toucher, Garuḍa guérit Rāma et Lakṣmaṇa. Rāma interroge Garuḍa sur les raisons de son amitié ; la monture de Viṣṇu lui demande de ne pas chercher à en savoir plus avant d'avoir vaincu Rāvaṇa.

Les singes sont rengaillardis par la guérison de Rāma. Leurs manifestations de joie sont entendues par Rāvaṇa qui réagit en envoyant combattre son oncle Dhūmrākṣa. Une grande bataille s'engage entre singes et rākṣasa. Hanumān fracasse le crâne de Dhūmrākṣa avec une crête montagneuse. Vajraduṃṣṭra est dépêché par Rāvaṇa ; après un combat difficile, Aṅgada lui coupe la tête en deux. Akampana prend la suite. Des signes funestes se manifestent ; une tempête de sable empêche les combattants de distinguer amis et ennemis ; la terre est recouverte de sang. Akampana parvient à briser de ses flèches le roc que lui lance Hanumān ; cependant, un arbre lancé en pleine tête par ce dernier lui est fatal.

Prahasta, le chef d'état-major de Rāvaṇa organise son armée et sort de Laṅkā sur son char malgré les mauvais présages. Le combat est terrible : la terre est une rivière de sang. En lui lançant un rocher sur le crâne, Nīla vainc Prahasta, faisant fuir les autres rākṣasa.

Rāvaṇa décide de s'engager lui-même dans le combat. Étincelant dans ses attributs royaux, il fait forte impression sur Rāma. Mis en colère par l'enlèvement de Sītā, il est néanmoins certain de vaincre le roi des rākṣasa. Rāvaṇa affronte les singes Sugrīva, Hanumān et Nīla, puis Lakṣmaṇa qui le défie de son arc. Rāvaṇa blesse grièvement le frère de Rāma avec une lance que Brahmā lui avait donnée, mais Lakṣmaṇa, se souvenant qu'il est une portion de Viṣṇu, a suffisamment de force pour survire. Hanumān intervient pour soustraire Lakṣmaṇa du champ de bataille et faire monter Rāma sur son dos pour l'aider à combattre Rāvaṇa, tel Viṣṇu montant sur Garuḍa. De ses flèches semblables à la foudre, il vainc Rāvaṇa, mais il le laisse fuir vers Laṅkā.

Rāvaṇa demande alors qu'on réveille Kumbhakarṇa. Ce frère très puissant a été contraint à un long sommeil par une ruse de Brahmā. Pour le réveiller, on hurle, on le tape avec des arbres, on frappe des éléphants pour qu'ils piétinent le géant. À son réveil, il déclare avoir faim. Après qu'il a été rassasié de sangliers, Rāvaṇa lui explique la délicate situation et lui demande son aide. Kumbhakarṇa lui reproche de gouverner en négligeant le dharma, l'artha et le kāma (devoir, intérêt, plaisir), mais consent à lutter contre Rāma.

Faisant trembler les montagnes, Kumbhakarṇa effraie les singes. Il en massacre et en dévore un grand nombre, puis combat les chefs des singes, Lakṣmaṇa et enfin Rāma qui l'achève en lui tranchant successivement les mains, les pieds et la tête de ses traits d'or dédiés à Indra. Des fils de Rāvaṇa s'ajoutent ensuite à la liste des guerriers rākṣasa tués au combat.

Devant cette débâcle, Rāvaṇa adopte une tactique défensive, mais son fils Indrajit, le vainqueur d'Indra, prétend pouvoir continuer à narguer les dieux en tuant Rāma et Lakṣmaṇa. Avant d'engager bataille, Indrajit offre un sacrifice au Feu qui lui procure des présages de victoire. Ni les singes ni Rāma et Lakṣmaṇa ne peuvent résister à cette puissance armée de rākṣasa, conduite par Indrajit, fort de ses traits dédiés à Brahmā.

Ayant vu tomber les deux héros, les chefs des singes sont démotivés. Vibhīṣaṇa explique que, par respect pour Brahmā, Rāma et Lakṣmaṇa ont laissé ce trait les atteindre. L'ours Jāmbavān pense que tant que vivra Hanumān, la victoire reste possible. Il lui demande de se rendre dans l'Himavān, à la montagne aux herbes, et d'en ramener quatre plantes médicinales qui pourront guérir Rāma et Lakṣmaṇa. Les montagnes tremblent lorsque Hanumān prend son élan pour accomplir sa mission. Parvenu au mont Kailāsa, il n'arrive pas à reconnaître les plantes et reproche au mont son manque de compassion. Hanumān décroche la montagne et la ramène auprès des deux frères. Non seulement les deux frères sont guéris grâce au parfum des plantes médicinales, mais les singes blessés ou morts reprennent vie. Hanumān rapporte le sommet montagneux sur l'Himavān et revient aussitôt.

Sûr de la victoire, Sugrīva ordonne aux singes d'incendier Laṅkā. Des centaines de milliers d'habitants meurent. Les combats entre rākṣasa et singes reprennent. Les valeureux fils de Kumbhakarṇa sont tués : Kumbha par Sugrīva et Nikumbha par Hanumān.

Rāvaṇa envoie Makarākṣa sur le champ de bataille. Rāma lui rappelle qu'il a vaincu dans la forêt Daṇḍaka quatorze mille rākṣasa parmi lesquels figurait son père Khara. Le duel est si acharné que des créatures célestes viennent assister au spectacle : Rāma tue le rôdeur de nuit d'un trait dédie au Feu.

Rāvaṇa envoie son fils Indrajit au combat. Comment celui qui a vaincu Indra ne pourrait-il pas tuer Rāma et Lakṣmaṇa ? Après avoir célébré un nouveau sacrifice dédié à Agni, il utilise la magie pour se rendre invisible des deux frères. Lakṣmaṇa menace d'utiliser l'arme de Brahmā pour exterminer tous les rākṣasa mais Rāma l'en dissuade : tous les rākṣasa ne sont pas aussi mauvais qu'Indrajit. Ce dernier réapparaît devant Hanumān sur son char en compagnie de Sītā, uniquement vêtue d'un linge sale. Il la tue. Après avoir combattu contre l'armée d'Indrajit, Hanumān estime qu'il doit avertir Rāma et Sugrīva du crime d'Indrajit.

À la nouvelle de la mort de Sītā, Rāma s'effondre. Désabusé, Lakṣmaṇa ne croit plus au dharma : s'il existait, Rāma ne subirait de tels tourments. Vibhīṣaṇa intervient : la mort de Sītā n'était qu'une illusion mise en scène par Indrajit. Il lui révèle aussi qu'Indrajit va célébrer un sacrifice au sanctuaire de la Nikumbhilā. Si le sacrifice est mené jusqu'à son terme, Indrajit sera invincible ; s'il est interrompu, Indrajit sera vulnérable.

Lakṣmaṇa, Vibhīṣaṇa et l'armée des singes viennent interrompre le sacrifice d'Indrajit. Harrangués par Vibhīṣaṇa, les singes luttent contre les rākṣasa et un formidable duel s'engage entre Lakṣmaṇa et Indrajit. Les créatures célestes viennent assister au déluge de flèches dédiées à divers dieux puissants annulant leurs effets. Finalement, la tête d'Indrajit est tranchée par une flèche que Lakṣmaṇa a dédiée à Indra et au dharma de Rāma. Cependant, Lakṣmaṇa est blessé ; le singe Suṣena le guérit avec le parfum d'une plante médicinale.

Rāvaṇa est attristé par la mort de son fils. Il se met en colère et se précipite au bois d'aśoka pour tuer Sītā. Perdue, elle maudit la bossue Mantharā. Mais le ministre Supārśva détourne Rāvaṇa de cet acte peu compatible avec ce qu'il a appris du Veda.

Avant de combattre Rāma lui-même, Rāvaṇa demande à son armée de massacrer les singes. Ces derniers prennent refuge en Rāma qui anéantit les rākṣasa. En se déplaçant très vite, Rāma leur donne l'illusion d'être partout à la fois et, croyant l'atteindre, ils s'entretuent. Les dieux louent Rāma pour ses exploits.

Ayant perdu un mari ou un fils, les rākṣasī tombent dans le chagrin, maudissant Śūrpaṇakhā pour avoir tenté de séduire Rāma et Rāvaṇa pour avoir conduit sa race à sa perte. Monté sur un char éblouissant, Rāvaṇa se lance dans la bataille avec trois grand guerriers rākṣasa : Mahodara, Mahāpārśva et Virūpākṣa. Rāvaṇa répand la mort dans l'armée de singes, mais Sugrīva tue Virūpākṣa et Mahodara, et Aṅgada tue Mahāpārśva.

Furieux, Rāvaṇa s'attaque à Rāma. Obscurcissant le ciel de leurs flèches, les deux combattants se transpercent l'un l'autre et utilisent des flèches incantées. Lakṣmaṇa intervient : il brise l'étendard du roi des rākṣasa, tue son cocher et détruit son arc. Vibhīṣaṇa tue les chevaux de Rāvaṇa, mais est frapé par une lance façonnée par Maya. Lakṣmaṇa se porte à son secours mais Rāvaṇa le frappe lui aussi avec cette lance.

Rāma demande aux singes de veiller sur son frère alors qu'il envisage le duel final avec Rāvaṇa. Cependant, à la pensée de la mort prochaine de Lakṣmaṇa, Rāma tombe dans le désespoir. Le singe Suṣena le rassure : il envoie Hanumān chercher des plantes médicinales sur le mont Mahodaya. Encore une fois, Hanumān rapporte le sommet montagneux. Après avoir broyé les plantes, Suṣena les administre à Lakṣmaṇa par le nez. Aussitôt rétabli, il reproche à Rāma de s'être attristé sur son sort : il doit tuer Rāvaṇa.

Pour que le duel soit disputé de façon équitable, Indra décide d'envoyer son cocher Mātali aider Rāma. Monté sur le char d'Indra, Rāma détruit les flèches en forme de serpent de Rāvaṇa en utilisant un trait dédié à Garuḍa. Les démons assistent au duel en soutenant Rāvaṇa tandis que les dieux veulent voir triompher Rāma. Rāvaṇa utilise une pique pure comme le diamant. Les flèches de Rāma ne peuvent rien contre cette arme redoutable ; il parvient enfin à la détruire en utilisant une arme d'Indra apportée par Mātali.

Les deux combattants continuent à se tirer des flèches. Prenant l'avantage, Rāma reproche à Rāvaṇa d'avoir enlevé Sītā et lui annonce sa mort prochaine. De sa propre initiative, le cocher de Rāvaṇa éloigne le char du champ de bataille, ce qui rend Rāvaṇa furieux contre lui. Pendant que Rāvaṇa s'explique avec son cocher, Agastya vient enseigner à Rāma l'Ādityahṛdaya, un hymne védique au Soleil. En le récitant, Rāma s'assure la victoire.

Alors que les présages sont funestes pour Rāvaṇa et heureux pour Rāma, leur duel terrible reprend sous les regards des singes et des rākṣasa qui restent immobiles. Contrairement à Rāvaṇa, Rāma parvient à détruire l'étendard de son adversaire. Ce duel en char est acharné. Les flèches lancées par les deux combattants forment un deuxième ciel ; la terre se met à trembler ; les créatures célestes sont angoissées.

Avec une flèche en forme de serpent, Rāma tranche une des dix têtes de Rāvaṇa, puis une autre... Mais à chaque fois, la tête tranchée réapparaît aussitôt. Le combat se poursuit pendant sept jours et sept nuits sans qu'aucun des combattant ne prennent l'avantage de façon décisive. Mātali suggère alors à Rāma d'utiliser l'arme sacrée de Brahmā contre Rāvaṇa. Tel Vṛtra frappé par Indra, Rāvaṇa est tué par Rāma. Les singes exultent de joie et des musiciens célestes chantent les louanges de Rāma.

Vibhīṣaṇa prononce un éloge funèbre. Mandodarī se lamente devant la dépouille de son époux, elle pense que c'est Viṣṇu en personne qui a vaincu Rāvaṇa. Sous la pression de Rāma, Vibhīṣaṇa fait célébrer les rites funéraires. Rāma fait sacrer ce vertueux Vibhīṣaṇa roi de Laṅkā.

Rāma demande à Hanumān puis à Vibhīṣaṇa de dire à Sītā de se préparer pour se présenter devant lui richement parée. Elle déclare d'abord vouloir voir son époux avant de s'être lavée puis, devant l'insistance de Vibhīṣaṇa, elle finit par accepter pour l'amour de Rāma. C'est dans la confusion que Sītā rejoint son époux en présence de tout le monde. Rāma déclare l'avoir enfin reconquise après avoir vaincu Rāvaṇa, mais il répudie Sītā puisqu'il ne serait pas convenable qu'il la garde après qu'elle a été prisonnière de Rāvaṇa. Pour prouver sa vertu, Sītā fait dresser un bûcher et y pénètre.

Les dieux Kubera, Yama, Indra, Varuṇa, Śiva et Brahmā viennent voir Rāma. Indigné par sa conduite à l'égard de Sītā, Brahmā lui révèle qu'il est Viṣṇu Nārāyaṇa et que Sītā est Lakṣmī. Après que Brahmā a rappelé à Rāṃa les exploits passés de Viṣṇu, le Feu sort du bûcher en tenant Sītā contre lui. Il assure à Rāma qu'elle n'a aucunement péché. Rāma explique que Sītā devait se soumettre à cette épreuve du Feu pour que la rumeur ne puisse pas se moquer de leur couple. Śiva félicite Rāma et lui demande, ainsi qu'à son frère, de rendre hommage à leur père Daśaratha qui vient d'apparaître. Heureux, il dit à Rāma qu'il doit montrer sur le trône, à Lakṣmaṇa, il promet le ciel et il souhaite de Sītā qu'elle n'en veuille pas à Rāma pour l'avoir répudiée. Indra accorde une faveur à Rāma : que les singes ayant rejoint le royaume de Yama soient ressuscités. Indra l'exauce.

Vibhīṣaṇa permet à Rāma d'utiliser le char Puṣpaka pour rentrer à Ayodhyā. Vibhīṣaṇa et les singes souhaitent l'accompagner. Tout le monde embarque à bord du char céleste. Rāma montre à Sītā la cité de Laṅkā et le pont de Nala depuis les airs. Le char survolant Kiṣkindhā, Sītā demande que Tārā et les autres épouses de singes l'accompagnent à Ayodhyā. Rāma accepte et continue la visite guidée en lui montrant le mont Ṛśyamūka, la Pampā, le Janasthāna, l'ermitage d'Agastya, etc. Rāma rend visite à l'ascète Bharadvāja qui lui explique que Bharata règne sur Ayodhyā en se soumettant à ses socques. Il lui accorde un vœu : les fruits et le miel ne manqueront pas à Ayodhyā, même hors saison.

À la demande de Rāma, Hanumān vient rencontrer Bharata. Il lui raconte les événements qui se sont produits. Śatrughna s'occupe des préparatifs pour faire un triomphe à Rāma pour son retour. Bharata honore Rāma à son arrivée et salue tous ceux qui l'accompagnent, les singes ayant pris une forme humaine. Rāma s'incline devant Kausalyā et salue Sumitrā et Kaikeyī. En ayant reçu l'autorisation de Rāma, le char Puṣpaka retourne au séjour de Kubera. Bharata rend pieusement son royaume à Rāma et ordonne qu'on le sacre. Vasiṣṭha procède à l'onction royale de Rāma avec de l'eau pure recueillie par les meilleurs des singes. Le chapelain des Ikṣvāku lui remet un diadème utilisé autrefois lors du sacre de Manu. On le pare d'un parasol blanc en présence des dieux. Des musiciens et danseuses célestes participent à la cérémonie.

Rāma récompense richement les brâhmanes et les singes. Sītā remercie Hanumān en lui remettant un précieux collier. Ses hôtes étant rentrés, Rāma fait de Bharataa son prince héritier, Lakṣmaṇa ayant refusé cet honneur. Pendant son règne long de dix mille ans, Rāma célèbre dix sacrifices de cheval qui contribuent à l'opulence et au dharma dans la cité d'Ayodhyā.

Ce poème de Vālmīki, le Rāmayāṇa, assure la prospérité à tous ceux qui l'entendent.

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Épuisé, mais content

2007-01-23 19:59+0530 (इलाहाबाद) — Voyage en Inde III

J'ai les jambes en compote. Aujourd'hui, c'était un des jours les plus importants du Ardh Kumbh Mela : Vasant Panchami. Alors, comme d'habitude, les autorités locales interdisent aux voitures et aux bus de franchir le pont sur la Ganga. Plutôt que de remettre toujours au lendemain mes vagues projets de visiter Allahabad parce que les bus ne peuvent pas circuler, je me suis décidé à venir à pieds !

Je suis donc parti ce matin du Harish-Chandra Institute vers 9h30. Je n'arriverai au centre-ville que vers 13h... Cela a commencé un peu comme samedi dernier, si ce n'est qu'il y avait plus de brouillard, et que mes points de repère en étaient tout perturbés. Cependant, la foule était beaucoup plus compacte. À un moment, j'ai voulu prendre un pont sur la Ganga, mais il était fermé. Le suivant aussi. Le troisième était recouvert de voitures constituant un long cortège, qui n'avançait pas. J'ai pu utiliser le quatrième. Mais les policiers veillent à la circulation de la foule. Je ne pouvais que rebrousser chemin vers le premier pont, puis tourner à gauche. Quelques centaines de mètres plus loin, j'ai recroisé le cortège de voitures transportant des hommes à la barbe impressionnante, alors que des danseurs dansaient et des banderolles... Il y avait un peu de tout, même des Hare Krishna. Bref, il a fallu attendre un certain temps qu'il y ait un petit trou dans le cortège et que les policiers laissent traverser les piétons. J'ai eu le Sri Adi Shankar Viman Mandir en vue. J'étais sur la bonne route.

Je me suis alors retrouvé à marcher sur une très longue route, tandis que l'ambiance religieuse se transformait en une ambiance de fête foraine (il y avait des attractions, comme une grande roue). Il ne vaut mieux pas être agoraphobe...

Je voulais aller en centre-ville. J'ai suivi le mouvement qui allait vers l'Ouest. Mais à une bifurcation insensible, j'ai pris un chemin qui m'a fait faire un long détour. Cela aurait pu m'être profitable s'il avait encore été temps d'aller visiter Khushru Bagh avant de manger, mais il commençait à se faire tard, alors quand le pont suspendu sur la Yamuna s'est présenté à ma vue, je me suis dit qu'il fallait retrouver le droit chemin vers les Civil Lines. Je voulais déjeuner au restaurant El Chico, mais il était fermé à cause du Mela... Je me suis rabattu sur Connoisseur. J'ai dévoré mon Dal Makhini et mon Paratha, puis ai visité une boutique présentant des produits de l'artisanat d'Uttar Pradesh. J'ai alourdi mon sac d'un Krishna joueur de flûte.

Je me suis rendu au parc Khushru Bagh (en vélo-rickshaw). C'est un peu mal fichu : il y a un unique chemin canonique pour rejoindre les mausolées du Prince (moghol) Khushru, de sa sœur et de sa mère, et il n'est pas trivial à trouver. Au pire, j'aurais pu escalader le mur. Comme on peut s'en douter, le lieu est surtout fréquenté par des musulmans. Des enfants jouaient au badminton sur une terrasse d'un des mausolées ; c'est un peu dangereux vu qu'il n'y avait pas de barrière. Bien que je n'aie pas eu très confiance au début, je peux dire que les gens qui étaient là cette après-midi étaient très sympathiques. J'ai dit mon prénom à un d'entre eux ; ils ont dû se passer le mot puisqu'ils n'arrêtaient pas de m'apostropher Zoël ! Zoël !. Il doit y avoir une explication pour le fait que beaucoup d'indiens prononcent le j comme un z. Le détenteur du trousseau de clefs m'a invité à venir visiter l'intérieur des tombeaux et à monter au sommet des mausolées. C'était assez beau, bien que les peintures murales aient souffert du temps (quatre siècles) ; malheureusement, l'alphabet arabe m'est complètement étranger, donc je n'ai pas pu apprécier tous les détails. Le mausolée de Khushru était en travaux : ils auraient peur qu'il ne s'écroule. Le plafond d'une des salles intérieures était tapissé de chauve-souris.

Je me suis ensuite dirigé vers le temple d'Hanuman du centre-ville. Contrairement à la dernière fois, les idoles de Rama, Laksmana et Sita étaient très richement parées et recouvertes de guirlandes de fleurs. Il y avait une famille à côté de moi, et apparemment, les parents interrogaient les enfants pour voir s'ils les avaient bien reconnus ; c'était assez amusant. Au centre, il y avait la grande idole de Hanuman, et à droite, Durga. En sortant du temple, je me suis ravitaillé en barfis et en laddous. Les barfis étaient à la noix de coco, donc bof, mais la réputation des laddous de Hanuman Mandir n'est pas usurpée.

Il commençait à être temps de rentrer à pieds. Contrairement à l'aller, je pense avoir pris le chemin le plus court. Sur le côté de la route, il y avait de nombreux marchands de légumes, de coriandre, etc. Quand je me suis rapproché du terrain du Mela, la foule était encore plus dense que ce matin. Les gens me regardaient un peu bizarrement, mais en souriant. À un moment, j'ai eu peur de ne pas pouvoir avancer puisqu'un policier s'est interposé en me disant des choses incompréhensibles en hindi. Finalement, il voulait juste m'aider et me montrer un plan du secteur. J'ai pu continuer ma route tranquillement jusqu'à voir apparaître le Sri Adi Shankar Viman Mandir et le pont sur la Ganga : plus la peine de déranger un hypothétique Grand Schtroumpf. La circulation était plus fluide que ce matin (il n'y avait pas tous ces barrages pour faire passer les cortèges religieux), mais mes jambes commençaient à avoir quelque difficulté à me porter et mon épaule gauche qui soutenait mon sac s'est mise à me faire un peu mal. Je marchais le long de la Ganga, prenant un ou deux photographies du Soleil au couchant quand un indien accompagné de son jeune fils m'a abordé en me demandant si j'étais indien. On a parlé un petit peu, mais j'ai eu du mal à me faire comprendre. À raison, il voulait que je parle en anglais fondamental. Du coup, j'ai essayé d'engager la conversation en hindi... Ce n'était pas grand chose, mais toujours mieux que rien.

Rien à voir, mais hier, un événement de la plus haute importance s'est produit : la reprise de Kaun Banega Crorepati, la version hindi de Qui veut gagner des millions ?. J'en parlais lors de mon premier voyage. À l'époque, ce jeu était présenté par Amitabh Bachchan, mais celui-ci ayant été malade de façon prolongée, le jeu s'était arrêté. La star s'étant remise, c'est néanmoins une autre star, Shah Rukh Khan qui anime désormais le jeu. Il y a des petites différences de style entre les deux : le premier s'adressait à l'ordinateur en disant Computerji ! tandis que le second dit Computer Compaq Garud !. Par rapport à un Jean-Pierre Foucault, cela doit être 'achement plus impressionnant pour un indien de se retrouver à devoir répondre à des questions posées par SRK, qui fait le clown (comme dans les films) : forcément, il demande aux candidats quel est leur acteur préféré, si on répond George Clooney, il répond quelque chose comme Kaun Hai Ye George Clooney ?.

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Matinée dans les terrains du Mela

2007-01-20 14:29+0530 (इलाहाबाद) — Voyage en Inde III

Ce matin, je suis allé me balader dans les terrains du Kumbh Mela. L'institut se trouve sur la rive gauche de la Ganga, en aval de Sangam où se rencontrent la Yamuna et la Ganga se rejoignent. Quand on regarde vers le Nord (vers l'amont), la Ganga est sur la droite et la Yamuna sur la gauche. J'ai donc marché quelques kilomètres le long de la Ganga puis suis entré sur les terrains du Kumbh Mela où il y a tout un réseau d'allées, bordées d'entrées sur des petits secteurs où de grandes tentes sont déployées. Les policiers surveillent d'un œil qu'il ne se passe rien de grave, et font la circulation (ou plus précisément, restreignent la circulation des voitures et des personnes). En marchant alternativement vers le Nord et l'Ouest, je me suis rapproché d'un pont temporaire sur la Ganga (dont les flots ont l'air moins puissants que ceux de la Yamuna en cette saison) pour me rapprocher du Fort d'Akbar.

Au bord de ces allées, s'étalaient des draps recouverts de marchandises (poudres colorées, bracelets, bindis...), de nombreux vendeurs de flûtes trimbalaient des dizaines d'instruments d'une main tout en produisant des sons (pas très virtuoses) avec un instrument de l'autre main. Quelques éléphants et dromadaires. Un mendiant s'infligeant des mortifications (il était dans une sorte de lit de ronces). Des sadhus portant un linge safran ; certains tenaient un trident (un des attributs de Shiva). Enfin, une foule de personnes marchant dans tous les sens.

Lors de la croisière en barque d'il y a quelques jours, j'avais remarqué depuis Sangam un temple coloré en forme de tour. J'imaginais que cela devait être un des temples mentionnés dans mes guides touristiques. Pas du tout, il s'agissait du श्री आदि शंकर विमान मन्दिर. À chacun des trois étages, il y avait une enceinte renfermant une divinité particulière, les murs étant recouverts de diverses représentations en couleur (comme Rama combattant Ravana dont les dix têtes étaient représentées). Chaque enceinte était entourée d'une sorte de balcon d'où on avait une assez belle vue sur les terrains du Mela, mais qui présentait aussi l'intérêt que les murs extérieurs étaient recouverts de sculptures : Varaha, Narayana, Sarasvati, Yamuna, Rama, Balarama, etc. Le temple était de taille moyenne (une quinzaine de mètres de large), mais il y avait une foule assez importante : il y avait un peu de bousculade pour avancer ou monter aux étages supérieurs (mêmes les dames poussaient dans la mêlée...).

En sortant, j'ai eu quelque peine à retrouver mes chaussures dans la cohue. J'ai donné une roupie au jeune homme qui était à l'entrée, là où je les avais déposées. Il a fait une drôle de tête. Je ne sais pas s'il souhaitait que je lui donnasse plus, mais pour un service aussi inexistant, je répugnais à donner davantage (c'était de toute façon la dernière pièce qu'il me restait). Il y avait plusieurs curieux qui semblaient s'étonner de ce que je note le nom du temple en VO...

Bref, je m'étonne que ce temple ne soit pas mentionné dans les guides, vu qu'il est impossible de passer à côté sans le voir. Quelques dizaines de mètres plus bas, c'est presque par hasard que j'ai remarqué un temple dédié à Hanuman. Je présume qu'il devait s'agir du Hanuman Mandir. Il avait l'air tout petit ; je n'ai pas pu m'en approcher tant la foule était compacte tout autour. De toute façon, les policiers n'avaient pas non plus envie de me laisser passer...

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Gourmandises

2007-01-19 18:23+0530 (इलाहाबाद) — Voyage en Inde III

Je parlais il y a quelques jours de la cuisine dans la Guest House de l'institut Harish-Chandra. Je parlais de plats variés. Évidemment, au bout de trois semaines, je trouve cela un peu moins varié qu'au début, mais c'est quand même très bon. La plupart des plats tournent autour des lentilles (dal), des pommes de terre et du chou-fleur, et évidemment de riz, le tout agrémenté de chapattis, de puris ou de parathas. Je lisais il y a quelques jours que dans certains écoles primaires japonaises, il était envisagé d'inclure des exercices de manipulation des baguettes dans les examens d'entrée. S'il y avait des examens de techniques digitales appliquées à la dégustation de thalis, avec l'entraînement intensif que j'ai pratiqué, je pense que je n'aurais pas une trop mauvaise note... Je m'amuse beaucoup en trempant abondamment mes chapattis dans le pot de dal. Quand il n'y a plus de dal ou de chapattis, je me resers, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il n'y ait plus ni chapattis ni dal, ce qui peut être assez long...

L'institut a une Tea Pantry où on peut se faire servir du thé, mais aussi des samose, des jalebis ou des gulab jamun. Comment pourrais-je survivre entre déjeuner et dîner sans ces gourmandises ?

En parlant de gourmandises, mardi dernier, avant son départ pour Pune (prononcer Pooni) mon amie indienne Supriya m'a invité au restaurant. Avant cela, nous avons avons dégusté de très bons gâteaux dans une pâtisserie dénommée très justement Paradise. Je n'aurais jamais imaginé possible de manger de tels gâteaux en Inde !

Comme je n'ai pas beaucoup d'opportunités pour aller en ville (certains jours, il n'y a pas de bus du fait du Kumbh Mela), je vais évoquer tout autre chose. Sur les télévisions indiennes, en dehors du Kumbh Mela, un sujet monopolise les ondes : Shilpa Shetty. Il s'agit d'une actrice de Bollywood (dont je ne pense avoir vu aucun film) qui participe actuellement au programme anglais de télé-réalité Big Brother. Le scandale est né de ce que certains de ses compagnons d'infortune à la peau plus claire auraient eu tendance à la dénigrer jusqu'à de telles extrémités que certains ont considéré ces attaques comme des insultes racistes. Je n'ai pas d'opinion sur le fond (je ne reçois pas Channel 4, et je préfère perdre mon temps autrement), mais je trouve pour le moins étonnant (et futile à vrai dire) que des propos de gens pas spécialement représentatifs de la population du Royaume-Uni provoquent un tel foin en Angleterre et en Inde. Il y a déjà un certain malaise diplomatique : le chancelier de l'échiquier Gordon Brown, en visite en Inde, a dû s'expliquer publiquement, de même que Tony Blair en Angleterre. Sur les plateaux de télévisions indiens, on s'interroge : les anglais sont-ils racistes ? les émissions de télé-réalité sont-elles réelles ? On fait parler des starlettes ayant participé à d'autres émissions de ce type, la propre mère de Shilpa Shetty vient défendre sa fille, bien élevée, qui resterait digne et conserverait toute son indianité dans cette épreuve, tandis que les bookmakers prédisent que Shilpa Shetty sortira vainqueure du jeu. Sur un thème voisin, je pensais que la BBC était une maison sérieuse ; cela semble globalement vrai, mais je constate amèrement qu'ils tendent à aller un peu fouiner dans le caniveau (franchement, dans un flash d'information mondiale, est-il absolument nécessaire de mentionner que Whitney Houston doit vendre de vieilles affaires, de montrer ses friperies et d'ironiser sur d'éventuels problèmes financiers de la star ?).

À part ça, je me suis remis à mon résumé du Ramayana ; je l'avais laissé de côté au sixième livre (le plus long...). Il y a des chances qu'il arrive un de ces jours. Hum, je crois percevoir des bâillements dans le fond ; comment ça, ça ne vous intéresse donc pas ?

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Kumbh Mela

2007-01-14 15:13+0530 (इलाहाबाद) — Voyage en Inde III

Hier soir, j'ai vainement essayé de faire une photographie du coucher du soleil à Allahabad en allant à l'endroit de l'Institut appelé Kalidasa point. Il y avait un peu trop de nuages à l'horizon. De toute façon, mon appareil-photo n'est pas de toute première qualité, et mes capacités techniques pour l'utiliser au mieux en améliorant les paramètres sont inexistantes : j'aurai beaucoup de photos floues...

Ce matin, j'ai fait une petite escapade avec quatre autres étudiants/post-doc (Supriya, Shrirang, Girish et Nishita), tous les quatre originaires du Maharashtra : non seulement je n'entends guère le hindi, mais leur langue maternelle est le marathi ! Vers 5h, nous sommes descendus pour rejoindre la route qui longe la Ganga en passant à côté d'un endroit où de grandes quantités de nourriture sont données gratuitement aux pélerins (beaucoup de groupes de sadhus allaient et venaient). Nous avons marché jusqu'au premier pont temporaire sur la Ganga construit pour le Mela. Un batelier était censé nous y attendre. Il n'y était pas, nous avons donc marché un peu à l'intérieur du campement. Dans un des petits camps, il y avait des dizaines de sadhus faisant une prière avant de préparer pour leur bain dans la Ganga. Nous avons bu un thé dans un minuscule récipient de plastique (un ou deux centilitres) puis fait la route en sens inverse pour retrouver notre batelier.

Avant de nous embarquer, nous avons un petit-déjeuner : c'était des tranches de pain coupées en triangles, trempées dans une sauce, puis frites. Après être montés sur la barque (récemment repeinte en blanc), le rameur a laissé s'échapper une rame. J'ai eu le réflexe de la récupérer quand elle passait à ma portée : j'ai donc pu sentir la propreté toute relative des eaux à cet endroit, mais au moins j'étais le plus pur des passagers...

Bien que le soleil se fût levé, il faisait assez horriblement froid. Nous avons traversé le pont temporaire (constitué de sortes de gros boudins flottants) : il faut choisir deux boudins et passer entre, en forçant un peu si cela ne passe pas... Sur le bord de la Ganga, de très nombreux hindous s'immergaient plusieurs fois dans l'eau. Nous nous sommes dirigés vers Sangam, le lieu exact où les eaux de la Yamuna et de la Ganga se mêlent (il y aurait aussi une troisième rivière mythique, la Saraswati). À cet endroit-là, il y avait plusieurs rangées de barques alignées avec de nombreux passagers s'apprêtant à se baigner : du côté Ganga, le très faible courant et les quelques dizaines de centimètres de profondeur permettait de le faire sans danger. Nous nous sommes ensuite déportés vers la Yamuna pour voir un peu mieux le Fort d'Akbar dont les environs étaient noirs de monde. Aujourd'hui est un des jours les plus propices pour la baignade, plusieurs millions de baigneurs étaient attendus.

Nous sommes rentrés à l'Institut. Les habitants de la Guest House ou des Hostels ne peuvent pas se cuisiner eux-mêmes (self-cooking not allowed), ce qui peut être un peu frustant, alors nous sommes allés dans le petit appartement que l'Institut met à la disposition de Shrirang, post-doctorant en physique. Alors que nous écoutions la cinquième et la sixième symphonie de Beethoven, Supriya nous y a préparé un petit plat marathi : une préparation à base de pommes de terres et d'oignons mélangée à du riz. C'était très bon...

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Gandhi Shilp Bazar

2007-01-05 22:54+0530 (इलाहाबाद) — Danses indiennes — Voyage en Inde III

Hier après-midi, je suis allé à Allahabad avec une étudiante en thèse et un post-doc indiens. On a mangé des gulab jamun... Puis nous sommes allés à une foire. Ce Gandhi Shilp Bazar semble être un événement régulier. Tous les mois, de nombreux marchands de différentes régions de l'Inde viennent présenter divers produits. La plupart des stands concernaient les vêtements : kurtas, taies d'oreillers, tuniques, saris... Beaucoup d'autres présentaient des objets dont certains pourraient sans problème être considérés comme des objets d'art. Par exemple, un superbe tableau de bois sculpté et peint représentant une scène du Mahabharata (Krishna conduisant le char d'Arjuna) pouvait trouver un acquéreur pour un peu moins d'un lakh. Bien d'autres belles choses se laissaient regarder.

On trouvait également de quoi manger, des spécialités du Bihar, du Rajasthan, etc. J'ai pris un masala dosa et goûté des momos du Sikkim.

Au milieu de la foire se tenait une scène où des danseurs se produisaient. Le premier bout de spectacle que j'ai vu était du Kathak (d'après ce que ma guide m'a dit ; je n'aurais pas su faire la distinction avec le bharata natyam). Très intéressant. Ensuite, un groupe de danseurs a pris la place de la danseuse de kathak. Cela ressemblait à une sorte d'art martial chorégraphié : ils avaient un long morceau de bois (du bambou ?) et frappaient celui du voisin avec le leur en rythme. Puis, un des danseurs affrontait un groupe de plusieurs autres, puis plusieurs groupes. Étonnant !

On est resté plus longtemps que prévu à la foire. On a quand même pu prendre un des bus de l'institut pour rentrer. Mais il y a eu un embouteillage assez important. Bloqués, on a envisagé de descendre du bus pour rentrer à pieds et nous avons joint le geste à la parole.

Il faut savoir que depuis le 3 janvier et jusqu'au 26 février se tient un événement périodique exceptionnel à Allahabad. Il s'agit du grand rassemblement hindou du Kumbh Mela. Il y en a un tous les douze ans à Allahabad (nom religieux hindou : Prayag). Entre deux Mela se tient un demi-mela, c'est cet Ardh Kumbh Mela qui se tient actuellement. Des millions de pélerins viennent de toute l'Inde pour se baigner rituellement à Sangam, là où les eaux de la Yamuna se mêlent à celles de la Ganga. D'immenses terrains le long de la Ganga sont consacrés à cet événement. En descendant du bus pour continuer à pieds notre route, nous avons entrepris de traverser ces terrains pour rejoindre l'institut qui se trouve de l'autre côté. Depuis ce dédale de chemins ensablés, on voyait des tentes à perte de vue éclairées par de nombreuses lumières. Dans certains secteurs, l'éclairage tape-à-l'œil et l'ambiance musicale un peu trop chargée perturbait la quiétude des lieux... Après avoir franchi plusieurs ponts temporaires sur des bras des fleuves sacrés, nous avons pu rejoindre l'institut. Un chien errant estropié a fait le chemin avec nous pendant trois ou quatre kilomètres.

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