Weblog de Joël Riou

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Bilan 2010

2010-12-31 23:59+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse — Lectures — Culture indienne

Cette année, sauf erreur de comptage, j'ai vu environ 107 spectacles (dont 26 à l'Opéra Garnier, 20 à l'Opéra Bastille, 14 Salle Pleyel, 10 au Théâtre des Champs-Élysées et 8 au R. K. Swamy Auditorium à Mylapore...). Sur l'ensemble, j'en ai chroniqué 77. Comme il ne serait pas très raisonnable d'augmenter encore ces nombres, à l'avenir, il faudra bien faire des choix.

Du côté des spectacles en rapport avec l'Inde, j'ai eu l'occasion de diversifier un peu les genres et les lieux. Voir des spectacles en Inde pendant de courts séjours demande un peu d'organisation et un peu de chance. Pour ce qui est du bharatanatyam, le spectacle de Srithika Kasturi Rangam vu à Chennai a été énorme choc pour moi : c'est le récital qui m'a fait comprendre que cette danse pouvait être véritablement narrative. Les nombreux autres récitals vus m'ont un peu mieux familiarisé avec le langage de cette danse. Pour ce qui est du kuchipudi, j'ai vu deux très beaux récitals cette année : Smt. Radha Prasanna à Chennai et Shantala Shivalingappa aux Abbesses. Mon dernier séjour à Kolkata m'a donné l'occasion d'entendre la jeune Gaayatri Kaundinya interpréter le Raga Maru Bihag, ma première rencontre vraiment réussie avec la musique vocale du Nord de l'Inde. À Mumbai, j'ai pu entendre Aruna Sairam dans un superbe programme de musique carnatique. Certes, j'ai aussi vu Amitabh Bachchan au TCE, mais comme ce spectacle ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, cela ne pourra plus guère que me servir à impressionner d'éventuels Indiens qui me demanderaient si j'ai entendu parler d'Amitabh Bachchan...

Du côté de l'opéra, je retiendrai notamment les productions suivantes qui m'ont fait découvrir quelques œuvres du répertoire : Norma mise en scène par Peter Mussbach, Les Contes d'Hoffmann mis en scène par Robert Carsen, Pelléas et Mélisande à l'Opéra Comique, Don Giovanni au TCE, Eugène Onéguine à Bastille, Ariadne auf Naxos à Bastille. Cette année, j'ai également pu voir le prologue et la première journée de la Tétralogie de Wagner : Das Rheingold à Bastille, Die Walküre à Bastille. J'espère avoir le temps de mieux me préparer aux deux derniers opéras pour mieux en apprécier la musique de Wagner et la mise en scène de Günter Krämer. S'ils ne sont pas les plus intéressants qui soient dans l'absolu, deux opéras m'ont enthousiasmé parce qu'ils ont confirmé mon goût pour la voix de Natalie Dessay (La Sonnambula à Bastille, id. (deuxième)) ou éveillé mon intérêt pour celle de Joyce DiDonato (La donna del lago à Garnier, id. (suite)), une chanteuse que j'ai aussi eu l'occasion d'entendre deux fois au TCE en récital. Si je n'ai pas pu entendre Jonas Kaufmann dans Werther, j'ai beaucoup apprécié son interprétation de La Belle Meunière. Une production aux dimensions modestes m'a particulièrement enthousiasmé : Une Flûte Enchantée aux Bouffes du Nord.

Mon goût pour le ballet s'est confirmé. Parmi les moments forts de cette année, il y a eu Le spectacle de l'école de danse de l'Opéra (dans lequel j'ai particulièrement apprécié Piège de lumière de John Taras), Dorothée Gilbert dans Le Concert de Jerome Robbins, La Bayadère à Garnier, Kaguyahime à Bastille (où j'ai préféré Alice Renavand à Agnès Letestu dans le rôle de la princesse), Le défilé du ballet et Roland Petit à Garnier (Nicolas Le Riche dans Le Jeune Homme et la Mort, la musique de Dutilleux dans Le Loup, Isabelle Ciaravola dans Le Rendez-Vous), Parzival à Garnier (où j'ai découvert Harmonielehre de John Adams), Le Lac des cygnes à Bastille et enfin Le Sacre du Printemps à Garnier.

Pour ce qui est de mes lectures, les bilans sont sur le Biblioblog. Cette année, contrairement à l'année dernière, je n'ai lu que 62 livres. Il faut dire que depuis un peu plus de six mois, cette activité est concurrencée par un début d'apprentissage du piano, qui avance tout doucement...

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Street Scene à l'Amphithéâtre Bastille

2010-12-23 01:11+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Amphithéâtre de l'Opéra Bastille — 2010-12-22

Jeff Cohen, direction des études musicales

Irène Bonnaud, mise en scène

Claire Le Gal, scénographie

Nathalie Prats, costumes

Daniel Lévy, lumières

Jean-Marie Piquemal, chorégraphie

Sophie-Aude Picon, assistante à la mise en scène

Olivia Doray, Rose Maurrant, Une Lycéenne

Ilona Krzywicka, Mrs Maurrant

Zoe Nicolaidou, Mae Jones, Une Lycéenne, La Première Nurse

Chenxing Yuan, Mrs Fiorentino

Marianne Crebassa, Mrs Olsen

Carol García, Jenny Hildebrand

Letitia Singleton, Mrs Jones, La Seconde Nurse

Manuel Muñez Camelino, Abraham Kaplan, Lippo Fiorentino

Cyrille Dubois, Sam Kaplan, Daniel Buchanan

Alexandre Duhamel, Mr Olsen

Michal Partyka, Henry Davis

Damien Pass, Mr Maurrant, Dick McCann

Florian Sempey, Harry Easter, Mr Jones

Chloé Ghisalberti, Alphonse Cemin, piano

Lorenzo Di Toro, Ygo Mahieux, pianistes-chefs de chant

Songs from Street Scene: An American Opera, Kurt Weill

Aujourd'hui, c'était seulement la deuxième fois que j'allais à l'amphithéâtre Bastille. Je ne me souvenais même plus comment on y accédait. À peu près au même moment, les retardataires de la représentation d'Ariadne auf Naxos arrivaient (et certain se mit encore plus en retard en se trompant de file...). En fait, c'était tout simple, on y descend par le hall où j'ai le temps de dire bonjour à d'autres qui vont au même spectacle que moi. Je n'aurais probablement pas sélectionné ce spectacle si la place ne m'avait pas été proposée gratuitement comme dédommagement pour une place de spectacle qui m'avait déjà été remboursée (la représentation des Noces de Figaro qui se fit sans décors et pour laquelle j'avais craint de ne pas trouver de RER à l'heure du retour, du fait des grèves d'alors). Ce n'est que la cinquième fois que je vais à l'Opéra en quatre jours (voir ici, , sans oublier une séance de rattrapage de Balanchine/Brown/Bausch avec notamment Jérémie Bélingard en Apollon et Alice Renavand en Élue).

Le programme a de quoi faire un peu peur a priori puisqu'il s'agit d'un opéra de Kurt Weill, un compositeur de la première moitié du vingtième siècle, dont je connaissais l'existence, mais auquel je n'avais jamais été confronté en concert. Si c'est parfois un peu dissonnant, c'est en fait très accessible. J'ignore si on a eu l'opéra en entier ou seulement des extraits, le titre du spectacle étant Songs from Street Scene: An American Opera. Cela se passe à New York, dans un immeuble d'un quartier pauvre. Commérages, amourettes, rêveries, pauvreté, alcoolisme, violence, on trouve un peu de tout (il y a même une référence au communisme, pas franchement bienvenu aux États-Unis d'Amérique). Les scènes se suivent, mais l'ensemble est très cohérent, avec en fil conducteur la relation entre Sam (Cyrille Dubois) et Rose (Olivia Doray). Sam va peut-être s'en sortir grâce aux études, Rose est confrontée à des parents qui se déchirent, Mrs Maurrant (Ilona Krzywicka) et Mr Maurrant (Damien Pass). Cela se termine en crime passionnel. L'histoire commence un soir et se finit le lendemain matin. Au cours de la nuit, un accouchement aura aussi eu lieu dans l'immeuble et une famille sera expulsée.

C'était un fort beau spectacle (cette représentation était la quatrième et dernière). Le décor est une estrade en bois qui se termine par le mur de l'immeuble (en bois et les détails, comme l'entrée, sont tracés en blanc à la craie) auquel conduisent quelques marches et dont dépassent deux balcons. Les chanteurs sont jeunes, pour la plupart en cours de formation à l'atelier lyrique de l'Opéra. Non seulement ils chantent bien et jouent leurs rôles de manière convaincante dans cette mise en scène d'Irène Bonnaud, mais ils dansent aussi parfois sur une chorégraphie de Jean-Marc Piquemal. La voix parlée est aussi travaillée dans les dialogues (en français) qui ont été manifestement un peu adaptés (le rôle d'une étrangère étant interprété par Chenxing Yuan, on a ajouté un peu de chinois !).

Bien que je ne sois pas arrivé parmi les premiers et malgré le placement libre, j'ai trouvé à m'installer légèrement de côté, au premier rang ! Un coup d'œil à gauche et je pouvais voir la chef de chant Chloé Ghisalberti interpréter la musique au piano, à quatre mains avec Alphonse Cemin pendant certains morceaux. J'ai été impressionné la diversité des différents morceaux qui composent ce spectacle et par la faculté de la pianiste à les rendre. C'est très américain. À un moment, je crois reconnaître dans la musique une référence à Summertime.

Bien sûr, ce n'est pas aussi bouleversant qu'une excellente représentation d'opéra grandeur nature, mais cela fait quand même bien plaisir de voir ces jeunes chanteurs communiquer leur enthousiasme au public.

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Ariadne auf Naxos à Bastille (le retour)

2010-12-21 01:42+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Bastille — 2010-12-20

Franz Mazura, Der Haushofmeister

Martin Gantner, Ein Musiklehrer

Sophie Koch, Der Komponist

Stefan Vinke, Der Tenor (Bacchus)

Xavier Mas, Ein Tanzmeister

Vladimir Kapshuk, Ein Perückenmacher

Vincent Delhoume, Ein Offizier

Yuri Kissin, Ein Lakai

Jane Archibald, Zerbinetta

Ricarda Merbeth, Primadonna (Ariadne)

Elena Tsallagova, Najade

Diana Axentii, Dryade

Yun Jung Choi, Echo

Edwin Crossley-Mercer, Harlekin

François Piolino, Scaramuccio

François Lis, Truffaldino

Michael Laurenz, Brighella

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Philippe Jordan, direction musicale

Laurent Pelly, mise en scène et costumes

Michel Jankeliowitch, réalisation de la mise en scène

Chantal Thomas, décors

Joël Adam, lumières

Agathe Mélinand, dramaturgie et collaboration à la mise en scène

Franziska Roth, responsable des études musicales

Ariadne auf Naxos, Richard Strauss

Si j'avais passé un bon moment pendant la première représentation de la série, c'était très peu en comparaison de la représentation d'Ariadne auf Naxos d'hier soir. Ce n'est pas ça qui va faire baisser le niveau de mon addiction pour l'opéra.

Si j'avais eu quelques moments de fatigue la première fois, cette fois-ci j'étais concentré tout du long. Quelle musique merveilleuse, c'est un enchantement absolu du début à la fin. Je n'ai rien à redire sur le prologue dans lequel Sophie Koch était formidable. Le début de l'opéra proprement dit m'a plu encore davantage. Le chœur de Nayade, Dryade et de l'Écho fonctionne très bien. Cela ne m'avait pas frappé la première fois, mais quel beau rôle que celui de l'Écho (Yun Jung Choi) qui reprend souvent des mélodies en vocalises. Ce n'était pas visible depuis ma place impaire, mais cette fois-ci, depuis le côté pair, j'ai pu voir l'Écho dans un coin en train de tricoter de la laine ! Plus loin, l'air de Zerbinetta (Jane Archibald) m'a semblé encore mieux assuré que lors de la première ; je ne l'avais pas remarqué la première fois, mais on la voit à un moment sortir de la scène pour draguer un des personnages du prologue. Les tousseurs sont toujours aussi pénibles, mais je ne sais par quel mystère je ne les ai plus du tout entendus à partir du milieu de l'opéra, je devais être complètement sous l'empire de la remarquable tragédienne qu'est Ricarda Merbeth (Ariane).

Ma seule crainte venait de la prestation de Stefan Vinke dans le rôle de Bacchus. Il me semble que cela n'a pas été parfait, mais qu'est-ce que cela a été mieux que le soir de la première ! La mise en scène du personnage a un air un peu vieillot (je plante mes pieds, je brandis un bras, je chante fort), mais c'est sans doute fait exprès. L'équilibre entre les voix de Bacchus et d'Ariane était excellent dans le final, un sommet musico-émotionnel. Dans cette mise en scène, Ariane finit seule ; ce Bacchus n'était qu'une illusion...

L'orchestre est sagement resté dans la fosse pendant les applaudissements finaux et a même applaudi son chef Philippe Jordan. Cela fait plaisir de voir qu'il y a aurait une certaine entente entre les uns et les autres.

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Les Démonstrations de l'École de danse de l'Opéra

2010-12-21 01:07+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2010-12-19

Élisabeth Platel, introduction

Bernard Boucher, professeur

Michèle Mérou, pianiste

Troisième division garçons

Fabienne Cerutti, professeur

Claire Djourado, pianiste

Troisième division filles

Éric Camillo, professeur

Michel Myron Mytrowytch, pianiste

Deuxième division garçons

Francesca Zumbo, professeur

Ellina Akimova, pianiste

Deuxième division filles

Jacques Namont, professeur

Richard Davis, pianiste

Première division garçons

Carole Arbo, professeur

Laurent Choukroun, pianiste

Première division filles

Roxana Barbacaru, professeur

Isabelle Van Brabant, pianiste

Troisièmes divisions filles et garçons danse de caractère

Bernard Boucher, professeur

Ellina Akimova, pianiste

Premières divisions filles et garçons adage

Démonstrations de l'École de danse de l'Opéra.

J'ai passé toute ma journée de dimanche à l'Opéra Garnier pour assister aux démonstrations de l'école de danse de l'Opéra. L'année dernière, je n'avais assisté qu'à une après-midi, lors de laquelle seuls les plus grands dansaient. Je n'ai pas grand'chose à ajouter à ce que j'avais déjà dit alors.

La différence, cette année, c'est que j'ai dû me lever à une heure invraisemblable pour arriver à l'heure avec une marge suffisante pour éviter d'éventuels problèmes de RER (c'est qu'il neige beaucoup). Au lieu d'arriver en retard, je suis arrivé en avance. L'accès à la salle n'était même pas encore ouvert ! Cette année, un programme de l'école de danse est vendu (15€). Il s'agit d'un très beau document (format A4, cela rentre tout juste sur l'étagère qui contient mes autres programmes du Ballet de l'Opéra) où on insiste sur les différents aspects de la formation des élèves, leur complémentarité et qui contient aussi de très belles photographies, dont certaines sont issues du spectacle de l'école de danse de l'année dernière (avec notamment Amélie Joannidès et Juntaro Coste dans Suite de danses de Clustine et une image saisissante de Piège de lumière de Taras en double-page).

L'autre différence par rapport à l'année dernière, c'est qu'au lieu d'être placé aux quatrièmes loges de façon très excentrée, je suis à la baignoire 14, place 3 (à la même place le matin et l'après-midi !). Alors que les élèves des troisièmes divisions me semblaient minuscules l'an passé, vus d'en bas, je trouve grands même les plus petits ! Les classes passent les unes après les autres garçons puis filles en commençant par les plus jeunes, le matin de la sixième division jusqu'à la quatrième et l'après-midi de la troisième à la première. L'accompagnement musical est assuré par les pianistes de l'école auquels, conformément au cliché, les professeurs demandent parfois d'aller un peu moins vite. Certains d'entre eux démarrent avant même d'avoir été sollicités par le professeur, d'autres doivent se faire attendre : (silence) Monsieur Machin... (silence) patapatapa patapa.... Les professeurs auront à chaque fois présenté rapidement l'exercice, le type de difficulté qu'il contient. On nage en plein vocabulaire technique : Faites attention à vos cinquièmes, soignez bien vos secondes.. À la fin de la journée, quelques positions étaient rentrées dans ma tête, mais je pense que je les aies déjà oubliées. En tant que professeur da la quatrième division garçons tout comme étoile invité, Wilfried Romoli a la classe. Il insiste pour qu'on entende le pied des garçons frotter le sol lors des pas qu'il leur demande de faire (alors que l'après-midi, un autre professeur demandera que les réceptions de sauts soient aussi silencieuses que possible).

Après un premier passage, les élèves reviennent dans d'autres configurations afin de présenter d'autres enseignements. Marie Blaise vient avec son accordéon montrer des danses folkloriques. Les deuxièmes divisions filles et garçons viennent ensuite montrer des pas de danse contemporaine (je n'ai pas saisi le nom du chorégraphe dont il était question) ; très impressionnant, la danse contemporaine, ce n'est pas une plaisanterie. Vient ensuite un enseignement sans musique : le mime. Les enfants ont présenté, et apparemment improvisé un peu, à partir d'une situation où des pêcheurs s'en vont pêcher (les filles représentant l'onde) alors que des méchants chasseurs viennent les prendre pour des lapins. Vient ensuite la danse de caractère avant que la matinée se termine avec l'enseignement de Scott Alan Prouty (annoncé de façon pas très British par la professeure précédente). Cela s'appelle expression musicale. Cela ressemble beaucoup à ce qu'il fait avec le chœur Sotto Voce. Les enfants se mettent en scène, chantent, bougent les bras. C'est assez rafraîchissant.

J'ai une petite heure et demie pour déjeuner. Cela et le fait qu'il y a de la gadoue me décide à renoncer à aller jusques à un restaurant japonais de la rue Sainte-Anne. Je ne vais pas plus loin que le Boulevard des Capucines/Italiens où après avoir trouvé quelques portes closes, je trouve un très bon restaurant indien.

Opéra Garnier — 2010-12-19

Élisabeth Platel, introduction

Bertrand Barena, professeur

Tristan Lofficial, pianiste

Sixième division garçons

Véronique Doisneau, professeur

Yuko Tsuchiya, pianiste

Sixième division filles

Marc Du Bouaÿs, professeur

Tadeusz Gieysztor, pianiste

Cinquième division garçons

Marie-José Redont, professeur

Isabelle Van Brabant, pianiste

Cinquième division filles

Wilfried Romoli, professeur

Masako Shimura, pianiste

Quatrième division garçons

Fanny Gaïda, professeur

Anna Simon, pianiste

Quatrième division filles

Marie Blaise, professeur et accordéoniste

Sixièmes divisions filles et garçons, et stagiaires 1 an folklore

Claire Baulieu, professeur

Tristan Lofficial, pianiste

Deuxièmes divisions filles et garçons contemporain

Yasmine Piletta, professeur

Cinquièmes divisions filles et garçons mime

Isabelle Herouard, professeur

Michel Myron Mytrowytch, pianiste

Quatrièmes divisions filles et garçons danse de caractère

Scott Alan Prouty, professeur

Tristan Lofficial, pianiste

Sixièmes et cinquièmes divisions filles et garçons expression musicale

Démonstrations de l'École de danse de l'Opéra.

C'est maintenant au tour des grands. Je n'arrive plus très bien à distinguer les classes rétrospectivement. Si on observe parfois quelques déséquilibres, quelques problèmes de synchronisation, l'ensemble est globalement très bien assuré. Les filles montrent des pirouettes, des pointes, des fouettés (spectaculaires !). Les garçons sautent, tournent sur eux-mêmes, retombent en arabesque, etc. Le passage de la première division garçon était éblouissant. Après un peu de danse de caractère avec les troisièmes divisions, les premières divisions filles et garçons reviennent ensemble pour la classe d'adage. Cela fait moins bouquet final que la fin du programme du matin, mais c'est fort beau à voir. L'après-midi, les professeurs ont beaucoup insisté sur l'artistique. Ici, les couples de danseurs se succèdent dans des pas de deux (dont un sera présenté simultanément en miroir par deux couples). À la fin, tout le monde vient saluer, y compris celle que les professeurs appellent Mademoiselle Platel. La révérence était d'ailleurs un exercice qui venait clore chacun des passages (ce qui montre que cela n'a rien d'évident !).

Musicalement, cela avait pourtant bien commencé avec du Bach (Premier prélude du Clavier bien tempéré), mais cela a vite dégénéré avec du Chopin et même du Schumann... Cela dit, dans le Schumann, ce n'était pas le pire puisqu'il y a notamment eu des extraits d'une pièce de circonstance : Kinderszenen.

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Oberwolfach sous la neige

2010-12-20 10:38+0100 (Orsay) — Mathématiques — Photographies

Je reviens d'Oberwolfach, ce centre de rencontres mathématiques situé au Sud-Ouest de l'Allemagne, tout près de la frontière franco-allemande. Voici quelques photographies de ce lieu qui était très enneigé, et aussi de Strasbourg où j'ai passé quelques heures au retour.

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Ariadne auf Naxos à Bastille

2010-12-13 20:41+0100 (Oberwolfach) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Bastille — 2010-12-11

Franz Mazura, Der Haushofmeister

Martin Gantner, Ein Musiklehrer

Sophie Koch, Der Komponist

Stefan Vinke, Der Tenor (Bacchus)

Xavier Mas, Ein Tanzmeister

Vladimir Kapshuk, Ein Perückenmacher

Vincent Delhoume, Ein Offizier

Yuri Kissin, Ein Lakai

Jane Archibald, Zerbinetta

Ricarda Merbeth, Primadonna (Ariadne)

Elena Tsallagova, Najade

Diana Axentii, Dryade

Yun Jung Choi, Echo

Edwin Crossley-Mercer, Harlekin

François Piolino, Scaramuccio

François Lis, Truffaldino

Michael Laurenz, Brighella

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Philippe Jordan, direction musicale

Laurent Pelly, mise en scène et costumes

Michel Jankeliowitch, réalisation de la mise en scène

Chantal Thomas, décors

Joël Adam, lumières

Agathe Mélinand, dramaturgie et collaboration à la mise en scène

Franziska Roth, responsable des études musicales

Ariadne auf Naxos, Richard Strauss

J'étais avant hier soir à la première représentation de la reprise d'Ariadne auf Naxos à l'Opéra Bastille. Je connaissais l'histoire d'Ariane à Naxos (pour avoir lu récemment une traduction d'un extrait des Noces de Thétis et de Pélée de Catulle), mais je découvrais la structure de l'opéra le soir même.

Au cours de cet opéra, trois grandes chanteuses vont s'illustrer. Dans le prologue, Sophie Koch va jouer le rôle du Komponist qui a composé un opéra Ariadne auf Naxos tout spécialement pour les festivités organisées par l'homme le plus riche de Vienne. On voit passer la prima donna, mais on découvre aussi Zerbinetta qui a aussi été invitée à jouer son propre rôle pour un baisser-de-rideau qui racontera ses amours multiples. Le compositeur est horrifié que son art jouxte de telles niaiseries. À la fin du prologue, dans un coup de théâtre, le majordome annonce que le comte a décidé un changement de programme : la pièce bouffone ne sera jouée ni avant ni après l'opéra, mais en même temps. Consternation, mais il faut bien obéir au maître. Des tensions naissent : ni le ténor qui chante Bacchus ni la prima donna qui chante le rôle d'Ariane ne veulent voir les airs coupés.

Après l'entr'acte, le rideau se lève sur un décor qui pourrait être le décor précédent en cours de construction (ou de destruction). Deux chanteuses vont s'illustrer de fort belles façons, opposées autant sur la forme que sur le fond. Ariane est la femme d'un seul homme, Thésée, qui l'a abandonnée sur l'île. Elle se lamente sur son sort ; Naïade, Dryade et l'Echo ne peuvent que le constater. Zerbinetta débarque en bikini et paréo, accompagnée de quatre galants. Ils essayent d'attirer l'attention d'Ariane, mais celle-ci est ailleurs. Elles ne peuvent de toute façon pas se comprendre, Zerbinetta changeant sans cesse d'homme (quoiqu'elle admette en avoir parfois deux en même temps). Les vocalises de Jane Archibald dans ce rôle sont très spectaculaires. Dans le rôle beaucoup plus dramatique d'Ariane, Ricarda Merbeth est également éblouissante. Son air Es gibt ein Reich contient déjà un bon nombre de passages musicaux qui reviennent au cours de l'opéra, dont la musique n'est pas sans rappeler parfois Salomé. L'orchestre que dirige Philippe Jordan est très réduit et l'orchestration distingue nettement les passages dramatiques et ceux bouffe de Zerbinetta et ses quatre compagnons (notamment par l'utilisation des instruments à clavier).

La mise en scène n'est pas inintéressante, mais ce n'est pas ma préférée parmi celles de Laurent Pelly (dont j'avais adoré la mise en scène du Roi malgré lui). Les lumières de Joël Adam, elles sont très belles (ce qui compense avec le décor en parpaings).

Le grand drame de cette représentation d'opéra a été la prestation de Stefan Vinke dans le rôle de Bacchus (et au premier acte celui du ténor). Bien que je découvrisse l'opéra en direct, il m'a semblé qu'il y avait un problème et jamais cela ne m'avait semblé aussi flagrant lors d'une représentation d'opéra. Cependant, il y a eu quelques passages où il était tout sauf ridicule, espérons que cela s'améliorera lors des prochaines représentations (je vais y retourner deux fois...). Pour reprendre le fil de cette Ariane..., Bacchus débarque après avoir fui Circé. Ariane le prend pour Thésée ou pour la mort. Elle accepte son étreinte et s'en retrouve métamorphosée, comme soulagée. Enfin, Zerbinetta revient pour rappeller ce qu'elle avait déjà dit : Lorsqu'un nouveau dieu arrive, nous nous abandonnons sans un mot !.

Malgré le problème avec l'interprète du ténor (et aussi un peu avec le Tanzmeister), j'ai apprécié ce spectacle. L'idée de faire coexister deux types de personnages de mondes opposés est assez amusante. Je ne trouve cependant pas que ce soit le chef d'œuvre absolu comme je l'ai lu dans les textes très-enthousiastes du programme. L'intrigue de la partie mythologique est vraiment très réduite et l'intervention de Zerbinetta est faite dans une unique élan. Après son premier passage (mais quel passage !), la mise en scène nous la montre en train de conduire le minibus pour sortir du décor (et ne plus revenir qu'à la toute fin). Cependant, au cours de la soirée, on aura été rassasié par les performances de trois chanteuses dans des styles très différents, ce qui est en soi assez exceptionnel. Dans le prologue, on pouvait également apprécier d'autres personnages, comme celui, parlé, du majordome (Franz Mazura), ou celui du Musiklehrer (Martin Gantner). Très belles prestations aussi des trois chanteuses jouant les rôles de Najade (Elena Tsallagova), Dryade (Diana Axentii) et de l'Echo (Yun Jung Choi).

Le volume sonore peu imposant et la beauté de la musique faisaient que la présence de tousseurs dans la salle était particulièrement pénible, tout comme l'individu (probablement unique) qui a crié Bouh ! à la toute fin juste avant la première salve d'applaudissements.

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Le Sacre du Printemps à Garnier

2010-12-11 15:58+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2010-12-10

Vello Pähn, direction musicale

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Ballet de l'Opéra

Igor Stravinski, musique (Apollon musagète)

George Balanchine, chorégraphie (1928)

Mathieu Ganio, Apollon

Émilie Cozette, Terpsichore

Ève Grinsztajn, Calliope

Nolwenn Daniel, Polymnie

Apollon

Laurie Anderson, musique (enregistrée)

Trisha Brown, chorégraphie

Vija Celmins, décor (Night Sky #18, 1999)

Elisabeth Cannon, costumes

Jennifer Tipton, lumières

Neal Beasley, Carolyn Lucas, assistants de la chorégraphe

Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche, Josua Hoffalt

O złożony / O composite

Igor Stravinski, musique

Pina Bausch, chorégraphie

Rolf Borzik, scénographie, costumes et lumières

Dominique Mercy, Mariko Aoyama, Josephine-Ann Endicot, Kenji Takagi, répétitions

Miteki Kudo, L'Élue

Wilfried Romoli, étoile invitée

Eleonora Abbagnato, Stéphanie Romberg, Muriel Zusperreguy, Amandine Albisson, Caroline Bance, Aurélia Bellet, Christelle Granier, Laurence Laffon, Laure Murret, Alice Renavand, Séverine Westermann, Géraldine Wiart, Amélie Lamoureux, Charlote Ranson, Caroline Robert

Alessio Carbone, Vincent Chaillet, Josua Hoffalt, Bruno Bouché, Aurélien Houette, Alexis Renaud, Simon Valastro, Pascal Aubin, Matthieu Botto, Adrien Couvez, Daniel Stokes, Alexandre Carniato, Alexandre Gasse, Samuel Murez, Francesco Vantaggio

Le Sacre du Printemps

Hier avait lieu la première du spectracle Balanchine/Brown/Bausch. L'espace disponible à Garnier est plus restreint que d'habitude et beaucoup de gens s'affairent : des tables n'ont pas encore fini d'être dressées et décorées pour un souper post-représentation.

L'ouvreuse qui m'ouvre ma troisième loge pas mal excentrée est assez distraite : elle m'ouvre la loge 6 alors que j'étais à la loge 8 puis m'indique la place 2 alors que j'avais la place 1... Depuis ma place, je vois que les deux places centrales du premier rang du balcon sont occupées (il arrive assez souvent qu'elles soient vides), en l'occurrence s'y trouve un ancien premier ministre balletomane dont la presse a récemment parlé de problèmes de gestion de son argent liquide.

La première pièce est de Balanchine : Apollon. Apollon (Mathieu Ganio) et les trois muses Terpsichore (Émilie Cozette), Calliope (Ève Grinsztajn) et Polymnie (Nolwenn Daniel). Ils sont tous en blanc, l'espace scénique est essentiellement vide (fond bleu). Chaque muse est munie d'un attribut qui caractérise son art : une lyre, une feuille de papier, un masque. C'est mignon comme tout, mais pas de quoi m'enthousiasmer. L'orchestre de l'Opéra est uniquement constitué de cordes (la violoniste qui était dans la lune pendant La Fiancée vendue était plus concentrée !). À l'aveugle, je ne pense pas que j'aurais deviné que la musique était de Stravinsky. S'il y a quelques passages qui font penser à lui, il y en a aussi un certain nombre qui font presque penser à la musique baroque. Le contraste avec la dernière pièce au programme sera très important.

La deuxième pièce O złożony / O composite est sur une musique enregistrée de Laurie Anderson. Trois danseurs occupent l'espace dont le fond est étoilé : Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche, Josua Hoffalt. Honnêtement, je ne comprends rien, mais c'est très beau. Chaleureusement applaudissements pour la chorégraphe Trisha Brown qui vient saluer.

Pendant l'entr'acte, quelques hommes procèdent à des travaux de terrassement pour répartir de la terre sur le grand rectangle que constitue l'espace scénique. Vu l'effort physique que cela représente, je me dis que ce serait bien de les applaudir ; le mouvement sera opportunément lancé au bon moment. L'orchestre reprend place. Les nombreuses places qui étaient vides lors de la première pièce se remplissent avec des instruments à vent. Le noir est fait. On aperçoit une danseuse (Alice Renavand il me semble) se positionner, couchée sur une robe rouge. La musique commence, très douce au début par un thème joué par le basson, puis au bout d'environ trois minutes, on entre dans le vif du sujet avec des rythmes fous, entêtants. Les danseuses et les danseurs dansent en groupe de façon soit synchronisée soit de façon apparemment désordonnée. La robe rouge passe de main en main. Des conciliabules ont lieu entre les femmes. Chacune prend la robe rouge et se dirige vers le mâle dominant (Wilfried Romoli), puis renonce. Il y a presqu'un vrai suspense sur la question de savoir laquelle sera sacrifiée. Dans la petite feuille donnant la distribution, le nom des danseuses sont données à la suite, indistinctement. Il fallait avoir regardé sur le site Internet de l'Opéra pour savoir qui serait l'Élue ce soir. Parmi celles qui ont pris en main la robe rouge, on veut ainsi notamment Eleonora Abbagnato, Alice Renavand et Géraldine Wiart qui joueront aussi le rôle de l'Élue lors des représentations suivantes. Finalement, c'est bien Miteki Kudo qui s'empare de cette robe et l'enfile. Un rituel très érotique et violent met en scène des couples de danseurs. L'Élue terrifiée est traînée sur la terre, puis va danser jusqu'à la mort. Pendant ce Sacre du Printemps de Pina Bausch, on est scotché du début à la fin, la tension monte rapidement et se relâche très brutalement à la fin !

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Anxi Tié Guan Yin 4 en Zhong

2010-12-09 23:22+0100 (Orsay) — Thé

Même pour un indianophile comme moi, s'il est un domaine où je ne peux qu'admettre que la Chine surpasse très nettement l'Inde, c'est celui du thé. On pourra dire ce que l'on veut des thés Darjeeling et autres, ils sont grossièrement moins bons que les thés comparables qui se font en Chine et à Taïwan.

Je me désolais hier de ne plus trouver à me fournir en thé vert Zhu Yé Qing auprès de mon fournisseur (il en restait moins de 50g au fond de la boîte) ; la prochaine récolte arrivera dans quelques mois... Le thé vert présente l'avantage pour moi que sa préparation et dégustation en zhong demande au maximum d'un quart d'heure, alors qu'une dégustation d'un thé en Gong fu cha (petite théière) peut s'étendre sur une très longue durée si on veut apprécier le thé au long des nombreuses infusions que les thés de qualité permettent. C'est ainsi que je n'ai plus tellement le temps de préparer convenablement mes thés wulongs.

Il est cependant possible de consommer les thés wulongs en zhong. C'est ce que je viens de faire avec mon thé préféré : Anxi Tié Guan Yin 4 (numérotation de la Maison des Trois Thés). Voici les feuilles sèches de ce thé wulong de Chine :

Anxi Tié Guan Yin 4

Les revoici après un bref rinçage :

Anxi Tié Guan Yin 4

Les choses sérieuses peuvent commencer. Je verse un petit peu d'eau à température ambiante et le reste d'eau bouillante avant de fermer le couvercle. (Ce thé supporte très bien l'eau très chaude : je n'ajoute de l'eau froide que pour que l'eau de l'infusion soit presqu'immédiatement à une température permettant de la consommer.)

Anxi Tié Guan Yin 4

La meilleure façon d'apprécier le parfum exceptionnel de ce thé est de sentir le couvercle qui joue ici le rôle que joue dans la méthode Gong fu cha la tasse à sentir (qui ne sert qu'à ça !). Ici, le couvercle sert aussi à brasser le thé et à filtrer l'infusion quand on boit directement au zhong.

Anxi Tié Guan Yin 4

La première infusion est presque prête :

Anxi Tié Guan Yin 4

Il n'y a plus qu'à transvaser dans une cruche avant de verser dans une petite tasse. Après cette première infusion, on peut déjà voir les feuilles de thé finement enroulées commencer à se déployer et à prendre du volume.

Anxi Tié Guan Yin 4

Voici l'infusion dans une petite tasse. La photographie ne rend pas tout-à-fait justice à la couleur de cette infusion qui est moins terne, un peu plus foncée, très légèrement verdâtre (mais la couleur reste plus proche du jaune que du vert).

Anxi Tié Guan Yin 4

Après quelques infusions, les feuilles occupent tout le volume du zhong !

Anxi Tié Guan Yin 4

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La Fiancée vendue à Garnier

2010-12-08 01:50+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse

Opéra Garnier — 2010-12-08

Oleg Bryjak, Krušina

Isabelle Vernet, Ludmilla

Inva Mula, Mařenka

Michael Druiett, Mícha

Marie-Thérèse Keller, Háta

Andreas Conrad, Vašek

Piotr Beczala, Jeník

Jean-Philippe Lafont, Kecal

Heinz Zednik, Le Maître de manège

Valérie Condoluci, Esmeralda

Ugo Rabec, L'Indien

Gilbert Deflo, mise en scène

William Orlandi, décors et costumes

Roberto Venturi, lumières

Micha Van Hoecke, chorégraphie

Guy De Bock, réalisation de la chorégraphie

Alessandro Di Stefano, chef de chœur

Constantin Trinks, direction musicale

Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris

La Fiancée vendue, Smetana

Je ne sors pas franchement enchanté de la deuxième représentation de La Fiancée vendue de Smetana (apparemment le premier opéra en langue tchèque). L'histoire est mignonne. Mařenka (Inva Mula) et Jeník (Piotr Beczala) s'aiment, mais les parents de Mařenka ont accepté de la donner en mariage arrangé à l'idiot Vašek (Andreas Conrad), fils de Mícha (Michael Druiett). C'est Kecal (Jean-Philippe Lafont) qui s'occupe des négociations pour le compte de la mère de Vašek, Háta (Marie-Thérèse Keller). Il faut convaincre Jeník de renoncer à Mařenka. Contre de l'argent, il accepte de signer un papier comme quoi il laisse Mařenka au fils de Mícha. C'est une ruse, parce qu'il est rigoureusement exact qu'il est le fils de Mícha : il a été chassé de la maison par Háta quand elle a épousé Mícha devenu veuf. Tout se termine bien. Cependant, la pauvre Mařenka a longtemps cru qu'elle avait été trahie, vendue par Jeník. On a aussi beaucoup ri au dépens de Vašek, qui s'est aussi ridiculisé en se faisant embobiner par une Esmeralda (Valérie Condoluci) pour jouer le rôle d'un ours dans un cirque, dans lequel on trouve aussi un faux amérindien (Ugo Rabec) et un directeur qui parle trop (Heinz Zednik).

La musique est belle, très rythmée. Depuis ma troisième loge excentrée, j'avais une vue plongeante sur l'orchestre. Je ne pouvais donc pas ignorer qu'une des violonistes était sur une autre planète pendant l'ouverture, complètement décalée (coups d'archets pas très synchro ni dans le même sens que les voisins), manifestant toujours de la surprise quand elle voyait les autres violonistes se préparer à se remettre à jouer ; et elle en riait avec sa voisine !

Si le décor (unique) et le rideau de scène faits dans un style naïf coloré sont mignons, si les mouvements du chœur sont bien maîtrisés et les danses rigolotes (les chorégraphies de Micha Van Hoecke ont une grande importance dans ce spectacle), je reste déçu par la mise en scène de Gilbert Deflo (qui avait déjà sévi dans Un bal masqué et dans Luisa Miller) dans cette production, reprise de l'ère Mortier (dans le programme, on a gardé la mise en page d'origine, mauvaise odeur du nouveau papier en plus). Dans la première partie (deux premiers actes), c'est particulièrement frappant. Malgré une sincérité évidente, les gestes des chanteurs sont souvent hésitants, maladroits. Quand ils chantent, ils restent debouts, immobiles. Tout repose sur charisme et le jeu un rien exagéré d'Inva Mula (chanteuse fétiche du nouveau directeur : en deux ans, c'est le quatrième opéra dans lequel je la vois à l'Opéra après Mireille, La Bohème et Les Contes d'Hoffmann, j'en ai peut-être raté). Cela s'appuie aussi sur le personnage de Kecal, mais si les grimaces et la présence scénique y sont manifestes, je suis moins convaincu par la voix de Jean-Philippe Lafont. À cette exception près, j'ai aimé les prestations vocales de la plupart des autres chanteurs, tout particulièrement Inva Mula, Piotr Beczala et Andreas Conrad pour les rôles principaux, mais aussi Marie-Thérèse Keller et Valérie Condoluci pour les autres.

Un des plus beaux numéros musicaux de l'opéra intervient au troisième acte quand Kecal et les parents de Mařenka et de Vašek annoncent à Mařenka qu'elle a été trahie par Jeník. Il se trouve là un chœur a cappella de toute beauté, tout comme la scène de désespoir subséquente de Mařenka.

Bref, c'est un spectacle un peu paradoxal, avec pas mal d'aspects enthousiasmants (au point qu'une partie du public va pousser des cris lors des saluts) mais aussi un désagréable arrière goût du fait de la mise en scène.

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Cadmus et Hermione à l'Opéra Comique

2010-12-04 18:55+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse

Opéra Comique — 2010-12-04

André Morsch, Cadmus

Claire Lefilliâtre, Hermione

Arnaud Marzorati, Arbas, Pan

Jean-François Lombard, Nourrice, Dieu champêtre

Isabelle Druet, Charite, Mélisse

Arnaud Richard, Draco, Mars

Camille Paul, Amour, Palès

Geoffroy Buffière, Le Grand Sacrificateur, Jupiter

David Ghilardi, Le Soleil, Premier Prince Tirien

Romain Champion, Premier Africain, Envie

Vincent Vantyghem, Second Prince Tirien

Luanda Siqueira, Junon, Aglante

Eugénie Warnier, Pallas

Tarik Bousselma, Second Africain

Jeroen Bredewold, Échion

Eugénie Lefebvre, L'Hymen

Catherine Padaut, Vénus

Le Poème Harmonique, Danseurs, chœur et orchestre

Vincent Dumestre, direction musicale

Benjamin Lazar, mise en scène

Gudrun Skamletz, chorégraphie

Louise Moaty, collaboration à la mise en scène

Adeline Caron, scénographie

Alain Blanchot, costumes

Christophe Naillet, lumières

Mathilde Benmoussa, maquillage

Antoine Fontaine, réalisation des toiles peintes

Daniel Bargier, chef de chœur

Cadmus et Hermione, Jean-Baptiste Lully

Cette année, je vais très peu fréquenter l'Opéra Comique à cause de l'opacité de leur système de réservation. Comme leur site Internet s'était débloqué au bout de quelques semaines, j'avais quand même réussi à réserver une ou deux places de plus. Je ne sais pas comment cela se fait, mais pour 40€, je tombe presque tout le temps sur un troisième rang de premières loges de face (18.5), ce qui est presqu'idéal si les têtes de devant ne sont pas trop hautes, ce qui était le cas hier soir lors d'une représentation de Cadmus et Hermione de Lully, le premier opéra de l'histoire de la musique française.

Depuis ma place, j'ai une vue frontale sur la scène et peut voir les écrans latéraux où parait le texte de Quinault, qui, nous dit le programme, a pas mal modifié le mythe raconté par Ovide. Sur ces écrans, l'orthographe est moderne. La prononciation, elle, ne l'est pas ! Les s, x ou z finaux sont prononcés, tout comme certains ent finaux qui d'ordinaire sont muets, oi est souvent prononcé ouè, la nasalisation des voyelles est quelque peu différente de ce qu'on entend d'habitude. Par exemple Et c'est pour obéir / aux oracles des dieux / Qu'il faut m'arrester en ces lieux. sera prononcé Et c'est pour obéir / aux oracles des dieusses / Qu'il faut m'arrêter en ces lieusses., ou Chantons la gloire de son cours. prononcé Chantons la glouère de son cource.. Cela surprend au début, mais on finit par s'y habituer. Sans être limpide comme dans un Pelléas et Mélisande, le texte est relativement intelligible, en tout cas davantage que dans mes expériences précédentes avec des tragédies lyriques de Lully.

Il y a relativement peu de parties musicales que l'on pourrait qualifier d'airs. Ce qu'on entend est plus proche du récitatif. Au cours du prologue et des cinq actes, on assiste aussi à de nombreuses scènes dansées. Tout ceci est tellement français... La distribution vocale est assez homogène. On entend notamment André Morsch (Cadmus), Claire Lefilliâtre (Hermione) dans les deux premiers rôles, et aussi Arnaud Marzorati (Arbas, Pan) et Isabelle Druet (Charite, Mélisse). Arbas est un suivant de Cadmus, fier mais couard ; les scènes comiques de l'opéra reposent sur lui. Charite est une compagne d'Hermione, et c'est me semble-t-il le seul rôle ayant à chanter plusieurs airs. Il va sans dire que je suis content d'y avoir entendu Isabelle Druet. Comme Arnaud Marzorati, elle joue extrêmement bien. Parfois, alors qu'elle est muette, elle parvient à exprimer la pensée de son personnage par des mouvements presqu'imperceptibles.

Si la prononciation a apparemment été pensée dans l'idée d'une recréation de l'œuvre en essayant de se placer dans le contexte de l'époque (1673), c'est aussi le cas pour le reste. Les musiciens du Poème harmonique dirigés par Vincent Dumestre (que je ne pouvais voir depuis ma place) utilisent des instruments qui ont été faits aux dimensions appropriées. L'éclairage est assez original aussi. Là encore, de ma place, je ne voyais pas tous les artifices, mais les comédiens, chanteurs et danseurs étaient situés derrière une ouverture cachée par un panneau de bois d'où s'échappait de la lumière. Le programme n'est pas très explicite sur le sujet, mais il n'est pas impossible que cet éclairage ait été réalisé à la bougie... Ce qui est certain, c'est que l'éclairement du décor vacillait parfois de façon irrégulière. Du coup, afin qu'ils soient bien visibles, les chanteurs sont toujours de face, au centre de la scène. Cependant, il ne s'agit pas d'une négation du théâtre : les mouvements expressifs des bras notamment empêchent la représentation de tomber dans la monotonie. Par ailleurs, les costumes sont très colorés et tous les chanteurs ont des coiffes et autres ornements capillaires extravagants.

Bref, c'est un charmant spectacle qu'icelui. Curieusement, alors que la fin du spectacle était programmée pour 22h15, la deuxième partie reprend à 22h10 après l'entr'acte, pour une toute petite demi-heure. Bizarre découpage !

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Le Lac des cygnes à Bastille

2010-12-02 23:51+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Bastille — 2010-12-02

Piotr Ilyitch Tchaikovski, musique

Rudolf Noureev, chorégraphie et mise en scène, d'après Marius Petipa et Lev Ivanov

Ezio Frigerio, décors

France Squarciapino, costumes

Vinicio Cheli, lumières

Émilie Cozette, Odette/Odile

Karl Paquette, Le Prince Siegfried

Stéphane Phavorin, Wolfgang, le précepteur/Rothbart

Béatrice Martel, La Reine

Myriam Ould-Braham, Ludmila Pagliero, Christophe Duquenne, Pas de trois

Charline Giezendanner, Axel Ibot, Czardas

Sarah Kora Dayanova, Sabrina Mallem, Audric Bezard, Florian Magnenet, Danse espagnole

Victoire Debay, L'Apparition du Cygne blanc

Mélanie Hurel, Emmanuel Thibault, Danse napolitaine

Ballet de l'Opéra

Orchestre Colonne

Simon Hewett, direction musicale

Le Lac des cygnes, ballet en quatre actes, sujet de Vladimir Begichev et Vassili Gueltzer

Quel beau spectacle que ce Lac des cygnes dont c'était ce soir la deux cent vingt-deuxième représentation ! La salle est très pleine. Aux derniers étages, des tables sont préparées pour un souper où de grandes entreprises se régaleront.

Alors qu'il va devoir choisir sa future épouse, le prince Siegfried voit en rêve Odette, une princesse-cygne. Il ne veut épouser qu'elle. Réveillé, il repousse d'abord toutes les prétendantes, mais il se laisse séduire par Odile, toute pareille qu'Odette si ce n'est qu'elle est en noir. Il s'agit en fait de la créature de Rothbart, le double maléfique du précepteur Wolfgang. Après cette trahison, Odette et Siegfried ne peuvent se réconcilier, puisque Rothbart, en grand oiseau noir, enlève Odette.

Le premier acte est étonnant par la façon dont Noureev fait danser les danseurs hommes en couples. Mon point de vue au tout dernier rang du deuxième balcon empêche d'ignorer parfois quelques petits problèmes d'alignement. Cependant, l'engagement physique des danseurs semble extrême. C'est très impressionnant. Un très beau pas de trois avec Myriam Ould-Braham, Ludmila Pagliero et Christophe Duquenne. Le deuxième acte est un acte en blanc. Les ensembles de cygnes blancs sont superbes ! On les retrouvera au quatrième acte. Entre temps, on aura assisté à diverses danses populaires (notamment une danse napolitaine avec Mélanie Hurel et Emmanuel Thibault) dans la fête où le prince doit choisir son épouse.

Le personnage de Rothbart qui hante Siegfried a une très grande importance dans ce ballet, et Stéphane Phavorin y fait impression, tout comme Karl Paquette (Siegfried) et Émilie Cozette (Odette/Odile).

Avant tout, ce qui m'a surpris dans ce ballet, c'est la qualité de la musique, qui est de Tchaikovski. Bravo à l'Orchestre Colonne et au chef Simon Hewett !

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