Weblog de Joël Riou

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Photographies

2011-08-28 02:24+0200 (Orsay) — Voyage en Inde X — Photographies

J'ai gardé 782 photographies de mon dernier séjour en Inde. Le bilan photographique me paraît moins satisfaisant que lors de certains de mes séjours précédents. Ma préférée est celle-ci :

Photo 296

C'était lors de ma visite de Shravanabelagola. Un groupe de religieuses s'apprêtent à entrer dans une grotte sur la colline Chandragiri. Un moine digambara (complètement nu) est déjà entré.

Les photographies sont accessibles ici, triées par date. J'en ai fait une sélection, et pour les plus pressés une sélection restreinte.

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Derniers jours à Chennai

2011-08-28 00:14+0200 (Orsay) — Voyage en Inde X

Ces derniers jours à Chennai, je n'ai pas fait grand'chose à part assister à des concerts. J'ai fait un tour du côté d'Adyar pour aller à un magasin de livres et de disques où je n'ai pas trouvé de disques intéressants. Je suis allé revisiter le temple Kapaleeshwarar, le temple principal de Mylapore, ainsi que le temple Apparswamy qui se trouvait juste à côté de mon hôtel. Comme dans quelques autres temples de la région, il y a dans le relativement petit temple Apparswamy une zone où les neuf planètes sont représentées. Souvent, les fidèles en font plusieurs fois le tour. On y voit aussi une colonne terminée par une sorte de quadrillage asymétrique. Ce type de colonne est aussi assez courant et est imité. On en trouve une non loin de la basilique Saint-Thomas et j'en ai aussi vue une dans un le temple Jeenaswamy Trilokyanathar, dont l'architecture est très proche des temples dravidiens.

Lors de mon séjour à Chennai, j'ai pris la plupart de mes repas dans le restaurant Saravana Bhavan qui s'y trouve, mais je suis aussi retourné dans des restaurants que je connaissais déjà. J'avais une mauvaise opinion de l'un d'entre eux, mais je ne me souvenais plus de la raison. Certes on y mange sur des feuilles de bananier, mais quand j'ai vu arriver un plat riquiqui, j'ai compris. Après le dernier concert, la veille de mon départ, je suis retourné au restaurant thaïlandais Benjarong. Bien que j'aie pris deux plats parmi les plus épicés du menu, cela m'a semblé moins piquant que lors de mes voyages précédents.

Au cours de l'après-midi, j'avais demandé à l'hôtel de me réserver un taxi pour aller à l'aéroport au cours de la nuit. Les connaissances en anglais de mon interlocuteur étaient assez peu développées. En rentrant du restaurant, j'ai demandé si tout était réglé pour le taxi. J'ai vite compris que non. Seulement, à 11h du soir, il est a priori plus difficile de joindre le bureau d'une entreprise... Finalement, après avoir fait devant moi quelques appels infructueux, il est monté frapper à ma porte avec son téléphone portable en main en me disant Taxi. J'ai alors pu avoir l'assurance qu'un taxi viendrait me prendre le lendemain matin. À 4h, la route jusqu'à l'aéroport était complètement déserte. Malgré la pluie, elle était très agréable : manifestement, on a refait la route qui va de Mylapore à Adyar. On m'avait dit que je devrais payer 25% extra au chauffeur, mais le pilote n'a pas eu l'air mécontent du montant que je lui ai donné et qui correspondait à ce qu'indiquait le compteur.

Ayant prévu de la marge en plus des 3h d'avance que les voyageurs intercontinentaux sont censés avoir, j'étais prêt pour l'enregistrement une bonne heure avant le début des opérations. Un responsable m'a demandé si je voulais monter upstairs. J'ai évidemment dit oui, et un apprenti-opérateur m'a pris mon billet et a suivi les indications de son instructeur. Aux contrôles de sécurité, le militaire était étonné de voir arriver quelqu'un aussi tôt pour le vol AI 143. Après, il se trouve que j'ai aussi été le premier à embarquer...

La correspondance à Delhi a été très rapide, et le chemin d'accès à la nouvelle porte d'embarquement n'a pas été excessivement long (le terminal 3 est vraiment très grand...). Bizarremment, il fallait faire deux fois la queue, une fois pour que quelqu'un vérifie le passeport et tamponne la carte d'embarquement, et une autre fois juste après pour l'embarquement proprement dit. Dans l'avion, je me suis retrouvé à côté d'un violoniste retraité de l'orchestre philharmonique de Strasbourg qui revenait du Népal où il avait fait un trek avec son épouse professeure de solfège. Je suis finalement arrivé vendredi soir à Orsay.

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Sri Mohan Santhanam au Vani Mahal

2011-08-27 21:37+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Culture indienne — Voyage en Inde X

Vani Mahal, Chennai — 2011-08-25

Sri Mohan Santhanam, chant carnatique

Sri S. Varadarajan, violon

Srimushnam V. Rajarao, mridangam

Sri E. M. Subramaniam, ghatam

De tous les concerts auxquels j'ai assistés ces derniers jours à Chennai, celui de Sri Mohan Santhanam jeudi au Vani Mahal a été le plus remarquable. Cela a aussi été le plus long (2h35), d'autant plus que la voix du chanteur était beaucoup sollicitée dans la mesure où les brefs silences de la voix laissaient peu de place au violoniste, pourtant très bon dans les solos qu'il a joués.

Il semble qu'il ne faille pas se fier à la première pièce d'un récital de musique vocale carnatique... Même si le chanteur a commencé par une très belle et caverneuse vocalise pour se chauffer la voix, la première pièce rapide qu'il a chantée m'a semblée assez bordélique.

La deuxième pièce a été de longueur moyenne, sur le shloka Sri Santha Shiva Kumara. Il a fait quelques improvisations solfiées sur un rythme à 8 temps qu'il a clappé très régulièrement (comme pendant tout le reste du concert). Les phrases musicales faites sur le nom des notes se terminaient par un des mots du shloka, comme j'avais vu faire par les Chinmaya Sisters.

La suite du concert n'a pratiquement plus comporté que des compositions de longue durée. Il y a en a eu quatre à la suite. Le chanteur a exceptionnellement annoncé avant la première dans quel tal elle serait. C'était le tala Adi. Ne connaissant pas la classification, cela ne me renseignait pas beaucoup. Je saurai maintenant que c'est un rythme à 8 temps (le même que dans la pièce précédente d'ailleurs). Dans ses improvisations solfiées, il a introduit des sortes de repos venant rompre le caractère métronomique des suites de notes improvisées.

Dans la deuxième composition, le chanteur a fait descendre sa voix assez bas dans les graves pendant la partie des questions/réponses avec le violon (qui a eu un rôle mineur). Après le solo de violon, le chanteur a introduit le shloka sur un rythme à 12 temps, puis a improvisé en chantant le nom des notes. Comme avant, il a rallongé certaines notes et a aussi inséré des syllabes issues du shloka entre des noms des notes.

Le rythme à 8 temps de la troisième composition était joué de façon assez lente. Après le dialogue entre le chanteur et le violon, ce dernier a eu un solo. Le chanteur a ensuite dit quelques mots en tamoul parmi lesquels il m'a semblé entendre Thyagaraja Swami. J'ai pensé qu'il voulait dire que la composition qui allait suivre était due à ce grand compositeur de musique carnatique, mais je ne trouve pas de Rajarajeshwari dans le catalogue. En tout cas, ce fut un très beau morceau de musique (à 8 temps) que je garde encore un peu en tête. Au cours du développement, il y a eu de vraies questions et réponses avec le violon, des improvisations solfiées et un retour au shloka en conclusion.

La dernière composition commence par des improvisations discrètement accompagnées par le violon. Le chanteur utilise une succession de syllabes qui semble un peu passe-partout : Tadarina. Pendant le solo de violon, j'entends des réactions indéchiffrables dans le public. Je suis complètement incapable de dire si c'étaient des signes d'approbation ou bien le fait de quelques Beckmesser. Le shloka apparemment dédié à Rama a été chanté sur un rythme à 16 temps. Après le shloka, un trio entre le violon et les deux percussionnistes. Les deux percussionnistes ont ensuite joué des solos et un long duo. Les deux musiciens n'étaient pas des plus jeunes, mais il était évident qu'ils avaient plaisir à jouer. Pendant le duo, ils se sont fait des questions et réponses. L'un jouant pendant les quatre temps d'une des divisions du tala, l'autre lui répondant immédiatement dans la division suivante. Plus loin, ils se répondaient de façon encore plus vive par segments de deux temps. L'ensemble fut un très beau moment. Il est à noter qu'il a fallu réaccorder le mridangam en cours de route... Le shloka a été repris en conclusion par le chanteur juste pour la forme.

Le concert s'est terminé par deux courtes compositions à 8 temps, toutes les deux dédiées à Krishna. La deuxième était probablement en hindi.

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Les Chinmaya Sisters au Vani Mahal

2011-08-25 12:58+0530 (சென்னை) — Culture — Musique — Culture indienne — Voyage en Inde X

Vani Mahal, Chennai — 2011-08-24

Chinmaya Sisters, chant carnatique

Usha Rajagopalan, violon

Melakkaveri K. Balaji, mridangam

Manganallur S. Swaminathan, ghatam

Ms. Saraswathi, tanpura

Je suis retourné au Vani Mahal pour une autre soirée du festival auquel j'assistais déjà hier. Par hasard, ce sont encore les Chinmaya Sisters que j'ai entendues il y a quelques jours qui chantaient. Uma et Radhika sont dans des saris de couleurs semblables, mais inversées par rapport à la fois précédente. Elles sont accompagnées par la même violoniste, mais ce soir deux percussionnistes jouent avec elles : mridangam et ghatam.

Au bout d'une demi-heure, je commençais à redouter l'ennui parce que ce qu'elles chantaient et la façon dont elles le chantaient ressemblait à ce que j'avais déjà entendu. La différence audible était que les thèmes des chansons étaient liés à Krishna.

La première longue composition commençait par des questions et réponses entre sari vert et le violon, puis un solo de violon est intervenu. À partir d'un shloka sur Krishna, des improvisations solfiées ont été faites par les deux chanteuses sur un rythme à seize temps.

Après un morceau court, sari fuchsia (Uma ? la plus expérimentée des deux chanteuses) a improvisé en se faisant accompagner du violon. Quelques notes tenues longtemps et quelques descentes dans les graves. Ensuite, il y a eu un solo de violon. Enfin, les chanteuses alternant avec le violon ont produit des improvisations d'un type que je ne connaissais pas. Au lieu d'utiliser des syllabes extraites d'un vers ou des notes de la gamme, elles ont utilisé des noms correspondant à la longueur des notes. Apparemment, le redoublement Tata est équivalent à un Num. A priori, cela pourrait paraître monotone, mais la façon de chanter ces syllabes était très ornementée.

Une nouvelle longue composition est intervenue ensuite, sur le même rythme que la première (16 temps). Cela a commencé par un shloka et des improvisations solfiées par la chanteuse au sari fuchsia (manifestement très en forme). Cette composition a fait l'objet d'un long développement, entrecoupé de solos de violons et de percussions. Pendant les dialogues entre les percussionnistes, les chanteuses et la violoniste ne s'arrêtaient pas de clapper le tal.

L'avant-dernier morceau était encore en l'honneur de Vishnu (Srinivasa, Jagannatha) et le dernier était un morceau rapide ressemblant plus ou moins à un Thillana. Le concert a duré environ 2h15.

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Kunnakudi Sri R. Balamuralikrishna au Vani Mahal

2011-08-24 14:31+0530 (சென்னை) — Culture — Musique — Culture indienne — Voyage en Inde X

Vani Mahal, Chennai — 2011-08-23

Kunnakudi Sri R. Balamuralikrishna, chant carnatique

Kumbakonam Sri M. R. Gopinath, violon

Shertalai Sri R. Anantakrishnan, mridangam

Vani Mahal n'est que le surnom du Sri Chandrasekarendra Saraswathi Mahaswami Auditorium du Sri Thyaga Brahma Gana Sabha à T. Nagar, Chennai. C'est plus facile à faire comprendre à un chauffeur de rickshaw... Il s'agit d'une grande salle d'environ 500 sièges. Je me suis installé au deuxième rang, le premier étant numéroté VIP. Le remplissage pour ce concert de musique carnatique devait être d'environ 10 ou 20%.

Le concert a lieu dans le cadre du deuxième festival de musique Sri Jayanthi à la mémoire de Sri Obul Reddy et Smt. P. Gnanamba. Ces jours-ci, il est apparemment beaucoup plus facile d'assister à des concerts qu'à des récitals de danse.

Le chanteur a mis un peu de temps à rentrer dans le concert. La première pièce a été un grand mix incohérent. La deuxième chanson a mis en évidence que le contexte est ici plutôt vishnouïste. En effet, sur la scène en arrière-plan, on lit le nom du festival écrit sur une grande affiche en trois panneaux faisant la publicité pour Sri Krishna Sweets tout en montrant Krishna bouvier/flûtiste et Krishna jouant avec le pot de beurre dans un cadre bucolique. Le texte renvoie ainsi à Sri Krishna Gopala ou à Narayana. Dans le troisième morceau, c'est apparemment de Rama/Raghu qu'il est question et le chanteur commence à tenir des notes assez longtemps.

Le concert démarre véritablement avec le développement qui va suivre. Le chanteur joue assez longtemps au jeu des questions et réponses avec le violoniste. Ainsi, le chanteur énonce une phrase musicale, et le violoniste la répète aussitôt, éventuellement légèrement modifiée. Dans ses improvisations, le chanteur n'utilise ni les noms des notes de la gamme ni des syllabes faisant sens. À la suite de cette séquence, un solo de violon. Enfin, le chanteur énonce le shloka, qui me semble encore en l'honneur de Krishna, puis il se remet à improviser, parfois en utilisant le nom des notes, parfois non. Après un duo entre le violon et le mridangam, le shloka est revenu lors de la conclusion.

Le style du chanteur est pas mal plus agressif et brut que celui des Chinmaya Sisters entendues récemment. Cependant, dans la composition suivante intitulée Sri Balakrishna Bhaje, il sait aussi se faire beaucoup plus doux, dans ce lent mouvement commençant sans accompagnement rythmique. Chaque réapparition du vers introductif a été un véritable délice pour moi.

Le chanteur a enchaîné avec une composition très rapide et des improvisations solfiées. Un deuxième long développement est intervenu ensuite, mais il m'a moins convaincu que le premier. La structure est en gros la même : questions et réponses avec le violon, solo de violon, shloka Shri Krishna, duo mridangam/violon, improvisations solfiées, solo de mridangam, reprise du shloka. Deux courtes compositions (dont la première au moins était encore sur le thème de Krishna) ont conclu ce concert de 2h15.

Même si le chanteur clappait le tal de façon très peu lisible, ce concert a été une de mes toutes meilleures expériences de spectateur de musique carnatique.

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Les Bouddhas de Kanchipuram

2011-08-23 16:24+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde X

Kanchipuram est connue pour les centaines de temples hindous qui s'y trouvent. J'en avais visité quelques uns il y a cinq ans. Cette fois-ci, j'avais décidé d'y aller pour voir quelques traces d'un passé bouddhiste et jaïn. Malheureusement, mon ami bouddhiste Shiva étant malade, il n'a pas pu m'y accompagner. C'était la première personne à m'avoir dit que certains lieux de pélerinage hindous étaient originellement bouddhistes. J'en avais eu une confirmation en lisant le livre de Mishi Saran, Par-delà les montagnes célestes. Il restait à localiser les endroits intéressants, ce que j'ai pu faire grâce à l'article ci-lié.

J'ai quitté mon hôtel hier vers 6h pour me diriger vers l'arrêt de bus. Le bus nº41F n'étant pas passé après une demi-heure d'attente, je suis allé à la gare routière de Mofussil-Koyambedu en rickshaw. Là, j'ai trouvé un bus pour Kanchipuram où je suis arrivé vers 9h. J'ai commencé par chercher le poste de police situé près du temple Ekambanarathar, mais je n'ai alors trouvé qu'un bureau non ouvert au public.

Je me suis alors dirigé vers l'école CM Subbaraya Mudaliar. J'étais en train d'essayer de déchiffrer le nom tamoul pour vérifier que j'étais au bon endroit quand les élèves qui étaient alignés pour chanter l'hymne national ont rompu les rangs, laissant paraître au fond de la cour une statue de Bouddha d'un mètre cinquante de haut environ, que l'on m'a permis d'aller voir de plus près. Elle se trouve sous un arbre, avec en arrière-plan un parking à motos.

Non loin de là se trouve le temple Kachabeshwarar. Je l'ai visité en essayant de faire attention aux piliers. Entrant dans le sanctuaire, j'ai vu un brâhmane assez âgé. Quand un fidèle est entré, il a fait le signe qu'il était sourd ou n'avait rien entendu. Puis, l'homme s'est mis à chanter. Alors, le prêtre a accepté de lui donner de la poudre pour s'en marquer le front.

J'ai attendu d'être seul avec le prêtre pour lui demander s'il y avait des sculptures bouddhistes dans le temple. Dans l'instant, il a dû me prendre pour un fou parce qu'il m'a dit que c'était un temple de Shiva et Parvati. Puis, je me suis fait plus précis et alors que j'allais repartir bredouille, il m'a fait signe de le suivre et m'a montré un des piliers sur lequel on voit plusieurs Bouddhas. Il m'a ensuite demandé si je voulais voir un temple bouddhiste. J'étais dubitatif à propos de l'existence d'un temple bouddhiste à Kanchipuram, mais j'ai accepté et un jeune homme qui était là avec son père a suivi les indications du prêtre pour m'y conduire en moto (gratuitement ! alors que la route était plutôt longue).

Arrivé au lieu-dit de Tiruparuttikunram, j'ai vite compris qu'ils confondaient le bouddhisme et le jaïnisme. C'etait en effet un lieu que j'avais de toute façon prévu de visiter : il s'y trouve deux temples jaïns. Le plus grand s'appelle Jeenaswamy Trilokyanathar. C'est le temple jaïn le plus étrange que j'aie visité. Extérieurement, il se présente comme un temple hindou de style dravidien. Parmi les devas représentés, un dieu avec conque et disque ressemble à s'y méprendre à Vishnu tel qu'il est représenté ordinairement. Jusque là, le seul indice qui fait penser qu'il s'agit d'un temple jaïn est la présence de quelques sculptures d'hommes en méditation, que l'on pourrait facilement confondre avec des Bouddhas. Mais il s'agit bien de tirtankhars jaïns. Dans ce temple du XIVe siècle, on peut admirer le plafond recouvert de peintures datant du XVIIe siècle. Alors que je discutais avec un jaïn qui m'expliquait qu'il n'y avait plus une seule famille jaïne dans les environs, une veille dame qui regardait d'un œil mauvais mon appareil-photo m'a ouvert l'intérieur du temple dans lequel on peut voir plusieurs tirtankhars.

De retour dans le centre de Kanchipuram, je suis allé dans le temple de Kamakshi Amman. Des sculptures bouddhistes s'y trouveraient, mais l'entrée du sanctuaire est interdite aux non-hindous. Cependant, sur un pilier d'un kiosque voisin, on peut voit un homme assis en méditation, mais son visage est caché par un panneau en bois. Je me suis plu à penser que c'était peut-être un Bouddha.

J'ai fait ensuite un petit tour au temple Ekambaranathar où j'ai revu le vieux manguier. À l'extérieur, j'ai explicitement demandé le chemin vers la Police Station. Deux ou trois rues plus loin, j'y suis arrivé. À gauche, à l'extérieur du bâtiment se dresse un Bouddha qui a été trouvé dans les environs du temple dans les années 1930. La statue est insérée dans un baldaquin construit en 1992.

Après avoir mangé dans un restaurant Saravana Bhavan, je suis parti à pieds en direction de l'Est de la ville. Un cortège bruyant (tambours) avançait un peu devant moi. Quand je l'ai dépassé, j'ai compris que c'était le cortège funéraire d'une femme décédée. Allant encore plus loin, je suis arrivé au récent Buddha Vihar. Un Bouddha est installé sous un arbre et un autre dans une hutte qui fait office de salle de prière. Des moines sont censés résider là, mais je n'ai vu personne. Ce n'était peut-être pas la bonne heure.

PS: (4 mars 2013) Un éditorialiste d'Outlook India a fait un voyage semblable. (Mes photos de cette journée sont là.)

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Le temple Parthasarathy

2011-08-22 20:07+0530 (சென்னை) — Danses indiennes — Voyage en Inde X

Samedi matin, je suis allé visiter le temple Parthasarathy que je n'avais pas eu l'occasion de visiter auparavant, faute d'arriver pendant les horaires d'ouvertures (la plupart des temples du Tamil Nadu ferment entre midi et 16h environ). Pour y accéder, j'ai traversé un quartier fait de ruelles et d'habitations près de la station Tiruvelikeni.

Le temple, dédié à Krishna comme cocher d'Arjuna, est assez étendu. Les fidèles se mettent à plat ventre devant les divinités. La queue pour le Darshan au sanctuaire principal est très longue. J'ai donc pris un ticket Quick Darshan. Ce ticket n'est pas une plaisanterie puisque je me suis retrouvé immédiatement à une dizaine de mètres du but. Finalement, on finit par s'approcher d'un Krishna moustachu dont la tiare est recouverte de guirlandes de fleurs..

Beaucoup de piliers sculptés et de sculptures sur les gopurams : Hanuman, Krishna portant le mont Govardhana, Vishnu sur le serpent Shesha, Krishna et Arjuna sur leur char, divers avatars de Vishnu. De façon plus originale, on voit au moins deux fois une sculpture représentant un bébé couché sur une feuille avec la jambe droite relevée jusqu'au menton. Cela me fait penser à une vision que le sage Markandeya décrit aux Pandavas dans le Mahabharata, mais il faudra que je vérifie.

En sortant du temple, une très mauvaise surprise m'attend : mes chaussures ont été volées au Free Chappel (sic) Stall. La perte n'est pas énorme (100 roupies environ), m'enfin j'ai dû marcher deux kilomètres pour rentrer et trouver une boutique de chaussures. J'ai bien essayé de prendre un rickshaw, mais il est tombé en panne au bout de deux cents mètres. Comme j'étais du côté de Marina Beach, j'ai pu faire l'expérience que tenter d'y aller pieds nus vers midi était une folie tant le sable était brûlant (tout comme certains passages de la route...). Je me suis accordé une pause à la basilique où se trouve la tombe putative de l'apôtre Thomas.

Dimanche, je me suis balladé le long de la plage de Chennai Beach en partant de la rue qui passe derrière la basilique Saint-Thomas. À cet endroit, la plage sert principalement de lieu d'aisance pour les pêcheurs... Plus haut, des gamins font des acrobaties dans le sable. Quelques téméraires se baignent.

En fin d'après-midi, je voulais assister à un programme de bharatanatyam. Je me disais bien que Disciples of Smt. Sangeeta Sivakumar, c'était une pioche risquée. Cela dit, si on ne tente jamais ce type de programme, on n'a aucune chance de voir en action un corps de ballet de bharatanatyam comme il en existait autrefois. Cependant, je ne m'attendais pas à trouver une trentaine de filles de 8-12 ans toutes habillées, coiffées, fardées et couvertes de bijoux dans l'auditorium de cette école. Le premier problème est que cela a commencé par des chansons par un groupe de cinq fillettes aux voix sur-aiguës. Après dix minutes d'acclimatation, ces chansons sur Shiva ou Yashoda (la mère adoptive de Krishna) n'étaient pas trop désagréables à écouter, mais en interlude il y avait deux garçons qui jouaient du clavier (à l'unisson ! il faut qu'on m'explique l'intérêt) sur succession de notes. Ça, c'était le supplice absolu, je ne comprends même pas qu'on puisse appeler cela de la musique ! Comment peut-on faire jouer ces trucs affreux à des enfants ?!

Je ne restais que parce que les danseuses allaient bien finir par monter en scène. C'est effectivement ce qu'elles ont fait, toutes ensemble, en désordre, juste pour faire un petit salut et s'en aller. Ensuite, le programme proprement dit a commencé par un Pushpanjali de la guru (qui avait déjà dansé un peu en arrière-plan des chanteuses, prenant des poses correspondant aux chansons). Par rapport à tout le reste, c'est évidemment d'un autre niveau, mais ce n'est pas exceptionnel non plus. En deuxième partie, une toute jeune danseuse en costume rose présente quelques mouvements évoquant Ganesha. En troisième partie de programme, une danseuse un peu plus expérimentée présente une pièce autour de Shiva-Nataraja. On la voit notamment lui présenter des offrandes et évoquer la puissance de Shiva. Cette pièce comporte même des passages purement rythmiques. Curieusement, vers la fin, elle évoque aussi Krishna flûtiste. Cette pièce n'était pas mal du tout, compte tenu des conditions du spectacle. Cela a été la plus intéressante vue en ce début de programme. Ensuite, des ensembles de danseuses (7 puis 5) sont venues présenter des mouvements plus ou moins synchronisés, puis la guru est revenue danser un Padam sur Shiva. Je me suis éclipsé pendant cette pièce que je trouvais peu intéressante. (J'ai quand même tenu plus d'une heure...)

De l'autre côté de la rue, il y avait le temple de Ramakrishna Mutt. J'ai vu de la lumière et entendu du bruit. Je suis entré. Sur les tapis étaient installés des dévôts. Les hommes à gauche, les femmes à droite. Dans l'allée, on peut se servir dans des caisses contenant des bréviaires. En bleu, la version tamoule. En jaune, la version en alphabet devanagari. Je prends la version jaune. Reste à trouver la page dans cet ensemble en trois parties et deux volumes de tailles inégales. Heureusement, la pagination est continue et vraisemblablement synchronisée entre les deux versions. Le chanteur principal (que je ne vois pas d'où je suis) annonce les numéros de page en tamoul et en anglais avant de commencer. Il est accompagné par les fidèles, par ce qui est vraisemblablement un harmonium (mais qui sonne presque comme un orgue) et des percussions. Le rythme est très facile à suivre : ce sont des bhajans. Comme on célèbre Krishna ces jours-ci, ce sont des bhajans en l'honneur de Krishna. Dans le bréviaire, je suis étonné de ne voir mentionnés dans l'index que des divinités hindoues et des noms importants du mouvement Ramakrishna. Vu le caractères censément syncrétique de ce mouvement, je m'attendais à trouver au moins un chapitre sur Jésus et un autre sur Mahomet...

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Les Chinmaya Sisters au Narada Gana Sabha Mini-Hall

2011-08-22 19:04+0530 (சென்னை) — Culture — Musique — Culture indienne — Voyage en Inde X

Narada Gana Sabha, Chennai — 2011-08-19

Chinmaya Sisters, chant carnatique

Dans le cadre du même festival que le spectacle précédent et à la suite de celui-ci, les Chinmaya Sisters ont chanté un programme de musique carnatique. L'une est en sari vert, l'autre en sari fuchsia. Leur chant est accompagné par un percussionniste (mridangam) et une violoniste. Le percussionniste utilisera non seulement un marteau mais aussi une clef pour régler son instrument.

Le programme m'a semblé de bonne qualité. Peut-être un peu long (onze compositions), parce que pendant la troisième heure (en comptant le récital de danse précédent) je commençais à trouver mon siège assez inconfortable.

Les compositions étaient le plus souvent à six temps. Certaines étaient de durées relativement courtes. Deux ont été très développées. Dans ce cas-là, une des deux chanteuses commençait à chanter seule, accompagnée par la violoniste, puis la violoniste jouait un solo. L'autre chanteuse et le percussionniste se mettaient ensuite à jouer, ce dernier improvisant ou non un solo. Enfin, les voix concluaient la pièce en revenant au vers qui avait servi de base au début.

Dans certaines chansons, je n'ai compris qu'un seul mot. Dans deux chansons différentes, c'était Pashupati (Shiva, comme gardien du troupeau), dans une autre, c'était Parthasarathy (Krishna, comme cocher de Partha-Arjuna). Une autre fois, c'était Ganesh. Dans deux autres, c'était Shiva Shankari.

Dans les improvisations (où elles se passaient le relais l'une à l'autre, sans vraiment de questions-réponses avec le violon), elles ont principalement utilisé la technique consistant à chanter le nom des notes. Cependant, dans une des chansons, chaque phrase musicale improvisée se concluait néanmoins par le mot Pashupati.

Malgré les 2h15 du concert, je ne me suis pas ennuyé du tout...

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Kumari Sukanya Kumar au Narada Gana Sabha Mini-Hall

2011-08-22 18:37+0530 (சென்னை) — Culture — Musique — Danse — Danses indiennes — Culture indienne — Voyage en Inde X

Narada Gana Sabha, Chennai — 2011-08-19

Kumari Sukanya Kumar, bharatanatyam

Vendredi après-midi, je me suis rendu au Narada Gana Sabha Mini-Hall, une salle que je connaissais déjà. Il s'y est tenu un festival de quelques jours : le dixième festival annuel de musique et de danse sur des composition de Dr. Rukmini Ramani. Celle-ci était installée au premier rang. Ayant pris place de l'autre côté de l'allée, je l'ai vue bénir la jeune danseuse qui était venue recueillir sa bénédiction en lui présentant ses grelots de chevilles et en se prosternant à ses pieds.

Le programme interprété sur une musique enregistrée n'a duré qu'une heure, mais la danseuse m'a semblé faire preuve de grandes qualités.

La première pièce évoquait Shiva-Nataraja avec et sans les pieds et dans sa chorégraphie elle a représenté un éléphant de la plus belle des manières.

Dans la deuxième, elle a inséré des passages rythmiques alors même que la musique restait mélodique (contrainte du festival...). La pièce représentait des oiseaux, une jeune femme et a évoqué divers arts : écriture, sculpture, danse (shiva-Nataraja), musique (flûte, vîna). Shiva a aussi été représenté sous la forme du lingam.

Tout ce que je sais du Varnam, la pièce principale, est qu'elle était sur le raga Vasanta. Cette fois-ci, la musique enregistrée contient de vraies parenthèses rythmiques. La pièce semble centrée sur Shiva : son troisième œil, sa puissance, son chignon d'ascète. Élément original de la chorégraphie : une courte suite de pas qui sera répétée quatre fois au cours du Varnam. L'aspect narratif de la pièce m'échappe. À un moment, une femme s'écroule. Est-elle morte ? Se lamente-t-elle ? En tout cas, la pièce se termine avec la danseuse en équilibre dans la pose Shiva-Nataraja.

Dans la pièce suivante, la danseuse évoque l'enfance de Krishna et son rôle de cocher dans le Mahabharata. Ensuite, dans une pièce au rythme rapide, elle a évoqué la déesse Devi et notamment ses aspects furieux. L'avant-dernière pièce était une sorte de divertissement dans lequel l'intrigue semblait reposer sur des sortes d'haltères, mais je n'ai pas compris où cela allait. Enfin, dans son Thillana, la danseuse a encore une fois évoqué Shiva.

Si la technique de la danseuse m'a plu, je suis déçu d'être autant passé à côté des aspects narratifs des chorégraphies.

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Vellore

2011-08-21 16:06+0530 (சென்னை) — Voyage en Inde X

Mercredi, je suis allé à Vellore, à deux heures de Tiruvannamalai. Il s'y trouve un fort partiellement entouré d'un canal. Sur l'esplanade avait lieu un exercice des pompiers. Le seul lieu intéressant à visiter est le temple de Jalakanteshwara. À l'entrée, un gopuram de sept étages. Il s'agit d'un temple de Shiva, comme on peut le deviner aux nombreux Nandis disposés tout autour sur le mur d'enceinte. Près du sanctuaire, on peut voir un Nataraja doré. La partie la plus intéressante du temple est l'ensemble de piliers sculptés tout autour de l'enceinte intérieure.

Les sculptures sont beaucoup plus fines que celles vues à Gingee. On peut voir Krishna tenant le mont Govardhana d'un seul doigt, Narasimha, Garuda mangeur de serprent, Vishnu sur Garuda, Nataraja, Varaha, Hanuman, Ganesh, Ganesh dansant, Ganesh de profil, etc.

Dans la soirée, je suis retourné au temple de Tiruvannamalai. Je suis allé au sanctuaire secondaire d'Unnamalaiamman. Il n'y avait alors pas grand monde. Quand je suis arrivé devant la déesse, je n'ai rien vu. Puis, on a enlevé le voile qui le cachait aux regards, et on a en quelque sorte procédé à sa toilette. Une trentaine de personnes étaient là pour regarder le prêtre verser sur elle de l'eau contenant peut-être un colorant rougeâtre. Ensuite, quand j'ai fait le tour du sanctuaire, j'ai vu la canalisation par laquelle était évacuée cette eau pas très claire. Quelques uns la buvaient. D'autres s'en mettaient quelques gouttes dans les cheveux.

Je suis retourné au sanctuaire d'Annamalaiyar où la queue était aussi très réduite. Là, contrairement à ce qu'il m'avait semblé avant, le fait que la divinité était représentée sous la forme d'un lingam et d'un yoni m'est apparu clairement.

Je suis arrivé à Chennai jeudi. Le bus depuis Tiruvannamalai a mis une heure de plus que je ne le pensais : quatre heures et demie. Puis, plutôt que de me faire escroquer par un rickshaw, j'ai pris un bus, puis un train pour rejoindre Mylapore, où j'ai trouvé un hôtel relativement convenable.

Après la fatigue accumulée à Tiruvannamalai et pendant le voyage, j'étais complètement épuisé. Heureusement, la première nuit à Chennai m'a permis de bien récupérer. Ma chambre, qui a été changée ensuite parce qu'il n'y avait plus de chambre simple, donnait directement sur la cour d'un temple hindou. Des cloches se mettent à sonner à partir de 8h, ce qui est plus raisonnable que l'appel à la prière dès le lever du soleil que je devais subir à Kalpetta.

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Gingee

2011-08-16 18:39+0530 (திருவண்ணாமலை) — Voyage en Inde X

Hier soir, je suis retourné au temple de Tiruvannamalai, cette fois-ci en prenant la file gratuite. C'est plus long et on voit moins bien la divinité, même si on peut l'apercevoir plus longtemps puisqu'on entre par une porte de face.

Lors d'un précédent repérage à la gare routière, je n'avais pas vu cette destination. D'après ma carte routière, il paraissait plausible que les bus en direction de Chennai passent à Gingee. Je suis donc monté dans un tel bus sur lequel le nom de Gingee était d'ailleurs inscrit en tamoul. Faute de place assise disponible, j'ai dû rester debout.

Je suis arrivé vers 9h à Gingee, qui est situé à environ quarante kilomètres à l'Est de Tiruvannamalai. De part et d'autre de la route, trois collines se dressent : Krishnagiri au Nord, Rajagiri et Chakkidurg au Sud. Entre les trois, des fortifications et quelques monuments subsistent, surtout du côté Sud.

J'ai commencé par monter au sommet de la colline Krishnagiri. Il s'y trouve un nombre limité de bâtiments. Parmi eux, deux temples. Les sculptures sur les piliers ne sont pas la spécialité du coin... Dans un des temples, on distingue encore des peintures murales dont l'une représente Vishnu sur le serpent Shesha avec Brahma sur un lotus sortant de son nombril. Dans l'autre temple, quelques sculptures (notamment Narasimha) sont visibles sur un petit gopuram, mais certains emplacements sont vides et autour on voit même des motifs qui seraient plus appropriés dans l'architecture islamique. Le fort a en effet été occupé par divers souverains de religions différentes. Le plus joli monument de l'ensemble est d'ailleurs un bâtiment ayant des voûtes et courbes typiquement islamiques. Parmi les autres bâtiments, quelques greniers.

J'ai continué avec la partie du fort située de l'autre côté de la route et qui s'insère dans un joli parc. Ensuite, je suis monté au sommet de la colline Rajagiri, la plus élevée. Le début et la fin sont assez raides, mais le milieu est tranquille. C'est la colline la plus belle à voir d'en bas. Elle semble alors une citadelle complètement inaccessible. En fait, le chemin passe par l'arrière. Les Bâtiments sont un peu moins intéressants que sur la colline Krishnagiri.

La partie la plus intéressante de l'excursion est la visite du temple Venkataraman qui se trouve en bas dans le coin Nord-Ouest. Il est de taille tout-à-fait respectable avec son assez haut gopuram d'entrée. Vu le nombre de représentations vishnouïstes (Vishnu-Padmanabha, avatars au complet, conques, etc), c'est manifestement un temple dédié à une des formes de Vishnu. Des frises sous la gopuram d'entrée représentent diverses scènes mythologiques : barattage de la mer de lait, le nain Vamana devenant Trivikrama.

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Tiruvannamalai

2011-08-15 16:43+0530 (திருவண்ணாமலை) — Voyage en Inde X

J'ai pris le train hier à Bangalore. J'étais dans le wagon S1, le plus proche des wagons Unreserved qui étaient saturés, ce qui fait que les compartiments ont été envahis de voyageurs sans ticket numéroté. À un moment donné, il y avait 19 personnes pour 8 places théoriques. Je suis descendu à Katpadi, près de Vellore, et je me suis décidé à prendre aussitôt un bus pour Tiruvannamalai. J'aurai bien le temps de faire une excursion à Vellore dans les jours prochains. Le bus, lui aussi surchargé, a mis un peu plus de deux heures à faire la route.

J'ai dormi dans la chambre d'hôtel la plus chère de mon voyage jusqu'à maintenant : 805 roupies. Ce matin, je me suis précipité pour en trouver un moins cher. Dans la rue, à l'arrière de quelques rickshaws flotte le drapeau le drapeau indien.

J'ai visité le temple Annamalaiyar. Il est situé dans une large enceinte comprenant quatre grands gopurams aux points cardinaux, et quelques autres gopurams de moindre hauteur à l'intérieur. Le plus grand gopuram (dix étages) semble être celui de l'Est, mais il n'est pas recouvert de sculptures de divinités comme d'autres gopurams. Le sol en pierre est brûlant. À certains endroits, un tapis a été déroulé. Vers le centre, un concert de musique rituelle a lieu : un long hautbois accompagné par de nombreux percussionnistes. Comme on entend surtout ces derniers, je passe mon chemin. Vers le côté Ouest se dresse le temple dédié à Shiva proprement dit. J'arrive à me mettre dans une file. Arrivé devant un guichet où je tends 2 roupies puisque c'était le prix minimal affiché, on refuse de me les prendre. La dame au contrôle des tickets me dit de repasser au guichet. Je tends à nouveaux mes 2 roupies, et on me dit d'aller du côté opposé, où il y a une autre longue file. Je ne vais quand même pas gâcher le temps d'attente déjà passé dans celle-ci... Je repasse innocemment devant la contrôleuse. Au bout de quelques secondes, je comprends que j'ai réussi à entrer sans payer dans la file pour le Special Darshan à 20 roupies. J'en mettrai 30 dans le plateau une fois arrivé devant la divinité. Après une assez longue déambulation entre les barrières et des piliers sculptés, j'y suis enfin arrivé, mais on n'y voit pratiquement rien. Il y a une représentation qui semble anthropomorphique, avec un serpent doré en arrière-plan, ce qui paraît bizarre pour un temple de Shiva.

J'ai pris un excellent et copieux thali dans un des rares restaurants de cette partie de la ville (j'avais eu beaucoup de mal à en trouver un ouvert la veille au soir).

Je me suis ensuite décidé à grimper sur la colline voisine. Les disciples de Ramana Maharshi ont aménagé des lieux de méditation silencieux là où le maître a passé de longues années : la grotte de Virupaksha et l'ashram de Skanda. Je serais bien monté au sommet de la colline, un jeune guide était près à me montrer le chemin pour 500 puis 200 roupies, mais j'ai estimé que c'était trop dangereux : s'il semble parfois possible de monter, quand on doit redescendre en ayant le vide en face de soi, on fait moins le malin... Je n'ai donc pas trouvé de chemin qui monte et la continuation du chemin pris jusque là redescendait vers le Sud. Après quelques détours je me suis retrouvé en bas, au niveau d'une sorte de musée-parc. Vu la chaleur oppressante, je suis monté dans un bus qui m'a rapproché du temple. J'ai remarqué un emplacement avec une liste de tarifs dont le premier correspondait à un nom en trois consonnes de l'alphabet tamoul, la deuxième étant redoublée et terminée par un matra i. Je me suis dit que c'était le bon moment pour prendre un lassi...

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Smt. Subhashini Vasanth au Bharatiya Vidya Bhavan

2011-08-15 15:32+0530 (திருவண்ணாமலை) — Culture — Musique — Danse — Danses indiennes — Culture indienne — Voyage en Inde X

Khincha Auditorium, Bharatiya Vidya Bhavan, Bangalore — 2011-08-13

Smt. Subhashini Vasanth, bharatanatyam

Samedi soir, je suis allé au Bharatiya Bidya Bhavan sur Racecourse Road à Bangalore pour assister au récital de bharatanatyam de Smt. Subhashini Vasanth. Ce récital, gratuit, était organisé par l'Indian Council for Cultural Relations. Le thé, le café et les petits gâteaux étaient offerts avant le spectacle.

Étant arrivé en avance, j'ai assisté à la préparation de la scène. On a installé un Shiva-Nataraja doré flanqué de deux servantes sur le côté. On les a décorés de fleurs oranges et blanches et on a allumé la lumière.

Le récital a été précédé d'un petit discours en kannada, puis d'un numéro purement musical : une prière dans laquelle les noms de quelques divinités étaient prononcés.

La danseuse est entrée en scène pour une pièce presqu'uniquement rythmique. Il s'agissait de rendre hommage à Shiva-Nataraja et de lui offrir (au sens propre) des fleurs. Bizarrement, quand elle évoque Shiva-Nataraja, le seigneur de la danse, la danseuse n'utilise que ses mains et ses bras. Ce sera une constante jusqu'à la fin du récital : à aucun moment, elle ne lèvera la jambe gauche au-dessus du genou droit. C'est la première fois que je vois ça.

Le Varnam, la pièce principale, est centré sur une Nayaki, une femme qui se languit de Shiva. Apparemment, elle arrive à ses fins. La danseuse est accompagnée d'un joueur de nattuvangam qui m'a fait une très bonne impression dans les nombreux passages rythmiques de danse pure, le joueur de mridangam m'ayant moins convaincu. La chanteuse et la flûtiste jouaient aussi très harmonieusement. Malheureusement, on n'entendait la vîna (un instrument que j'apprécie beaucoup) que dans ses solos du fait d'un mauvais réglage des micros. Lors de ce Varnam, la danseuse va évoquer plusieurs aspects de Shiva. De façon opposée aux passages rythmiques rapides, il y aura aussi une sorte d'adage. Je n'ai pas très bien compris la fin où le texte et la chorégraphie semblaient évoquer l'onde de l'Océan (Sagara).

Ce type de sujets (femme se languissant de Krishna ou de Shiva) n'est pas parmi mes préférés. Tout est centré sur l'attitude de la jeune feme. Il n'y a pas vraiment d'histoire puisque c'est essentiellement du sur-place. Il y a du remplissage avec les passages rythmiques (pas toujours très synchro). Ce n'est ni abstrait ni narratif. Bref, ce n'est pas ma tasse de thé.

Dans la pièce suivante où l'interprète âgée de vîna peut enfin se mettre en valeur, la danseuse devient une dévôte de Devi qui se plaint auprès de la Déesse : Ne suis-je qu'une marionnette pour Toi ?. Beaucoup de travail au sol dans cette pièce où est représenté le culte ordinaire.

L'avant-dernière pièce présente des scènes du Ramayana sur un Bhajan de Tulsidas. Après un prologue dans lequel le poète Tulsidas est inspiré par Saraswati, la première scène est le Janaki Swayamvaram : l'épreuve que Rama réussit pour obtenir la main de Sita, fille de Janaka. Dans cette épreuve, les prétendants doivent bander l'arc de Shiva. Seul Rama est représenté, et sa réussite est montrée de façon très furtive. Je n'ai pas bien situé la deuxième partie de la pièce où il était question de la croissance d'un enfant et où apparaissait aussi une femme vieille ou bossue. Cela pourrait être Manthara, mais présenter la naissance des fils de Dasharatha après le mariage de Rama serait curieux d'un point de vue chronologique. C'est pourtant cette pièce que j'ai le plus appréciée.

Le récital s'est conclu par un Thillana, de la danse pure rythmée évoquant Krishna joueur de flûte. La musique de cette pièce s'est enchaînée avec celle de Vande Mataram, tandis que la danse passait de la rapidité d'exécution à l'adage.

Ce n'était pas un des meilleurs récitals de bharatanatyam auxquels j'aie assisté. D'une part, le style des pièces n'étaient pas ceux que je préfère. D'autre part, la très-honorable prestation de la danseuse n'était pas exceptionnelle.

Je suis retourné au même restaurant que la veille. À l'entrée, il est impressionnant de voir plus d'une trentaine de poulets embrochés par cinq en train de rôtir. La veille, juste après le coucher du soleil, la plupart des client étaient manifestement musulmans. Le lendemain, un peu plus tard dans la soirée, il y avait hindous et musulmans. Curieusement, les plats du Sud de l'Inde (dosa, appam, idli, etc) n'y sont pas servis avec du sambhar avec avec d'autres plats (masalas divers).

À la table devant la mienne, un quatuor d'hommes d'apparence ordinaire mangeaient. Quand ils sont partis, le premier s'est avéré être un nain. Le deuxième était en béquilles. Le troisième normal et le quatrième, qui était le plus souvent dans mon champ de vision s'est déplacé vers le côté de la banquette. Il m'a paru encore plus petit que le nain. Puis il a touché le sol. L'explication est venue : il n'avait pas de jambes... How unexpected!

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Bangalore

2011-08-13 14:46+0530 (ಬೆಂಗಳೂರು) — Voyage en Inde X

De toutes les grandes villes indiennes, Bangalore est sans doute celle où la circulation est la plus insupportable. Que ce soit à Delhi, Kolkata, Chennai ou Mumbai, on peut dans une certaine mesure circuler sans se prendre trop de gaz d'échappement. Il se trouve certes quelques beaux espaces verts, mais dès que l'on en sort, la circulation reprend le dessus. Prendre un rickshaw ne fait que réduire le temps d'exposition (mais la dose subie à la minute est probablement plus grande).

Beaucoup de choses ont changé depuis cinq ans. Un métro aérien est en cours de construction. Devant le Parlement, la belle avenue a fait place à une route creusée en sous-sol, ce qui fait que si l'on marche le long de la rue au plus près de ce bâtiment, on ne voit que le mur ou au mieux un grillage en contre-plongée. Dans le quartier de mon hôtel, j'ai vu un panneau invitant à résister contre le projet d'élargissement de l'Infantry Road (aux conséquences sans doute semblables à ce que j'ai observé sur la NH 4).

En parlant de travaux, j'ai appris dans le journal qu'ailleurs dans le Karnataka, à Hampi, on avait brutalement procédé à la destruction du quartier situé à proximité du temple Virupaksha, là où se trouvaient les hôtels bon marché...

Ici, à Bangalore, je n'ai pas encore eu l'occasion de voir un spectacle qui m'intéresserait. Hier, j'ai quand même visité le temple du buffle (Nandi). Il est situé dans un complexe où se trouvent d'autres temples, notamment un temple de Ganesh. Un peu à l'Est s'étend le jardin Lal Bagh, qui est plus joli que dans mon souvenir. Le palais de verre qui s'y trouve était animé d'une certaine effervescence. On se précipitait pour voir l'exposition de compositions florales. Au centre, il y avait un énorme lotus vert et blanc fait de fleurs (régulièrement arrosées). La fleur m'a semblé être une réplique du temple du lotus de Delhi, et effectivement, cette opération est une célébration du vingt-cinquième anniversaire de ce temple Bahaï.

À midi, j'ai mangé dans un restaurant extraordinaire. À l'étage, on y sert un thali extrêmement riche. Mais il faut attendre assez longtemps avant de pouvoir commencer à manger : c'est comme dans une cantine où il y aurait plusieurs services. On attend que les tables soient préparées pour un nouvau service dans un espace réservé à l'attente qui est presqu'aussi grand que la salle où l'on mange. Une fois installés, les convices voient défiler une succession de serveurs pour le jus de fruits, l'eau, les puris, le pulao, le riz, le curd-rice, le payassam, le dessert glacé, le rasmalai et quelques autres plats.

J'avais prévu de rester cinq jours à Bangalore, mais je vais écourter ce séjour vu que j'en suis réduit à me ruiner en jouant au billard non loin de la rue commerçante de Brigade Road et à lire des Amar Chitra Katha.

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Halebid

2011-08-11 15:18+0530 (ಬೆಂಗಳೂರು) — Voyage en Inde X

Avant-hier, je suis allé à Halebid. J'ai perdu pas mal de temps à la gare routière puisqu'après une bonne demi-heure d'attente aucun bus n'était venu. J'ai donc décidé d'aller à Belur et de prendre une correspondance. Là encore j'ai attendu un peu à l'emplacement nº1 mais rien ne venait. Puis j'ai entendu un trisyllabe qui était crié depuis le croisement près de la gare routière. Le trisyllabe était répété par salves de quatre ou cinq. Le cri était tellement indistinct qu'il fallait bien cette répétition pour le distinguer de mots pourtant dissemblables comme Bangalore ou Mangalore. C'était bien un minibus à destination de Halebid. On ne démarre pas avant qu'il soit plein, notion qui ne se réduit pas à l'occupation des places assises.

Je n'ai donc visité le temple Hoysaleshwara qu'en milieu d'après-midi. Contrairement au temple de Belur qui est vishnouïste, celui-ci est shivaïte. À l'intérieur, on voit ainsi un lingam drôlement décoré et à l'extérieur plusieurs grands Nandi veillent. L'extérieur de ce temple assez vaste est très finement sculpté. Dans les hauteurs de ses moindres recoins, on découvre des divinités diverses : Shiva, Ganesh dansant, Brahma, Vishnu et ses avatars (Krishna joueur de flûte, Varaha, Narasimha, Vamana, Vamana devenu Trivikrama), Garuda mangeur de serpents. Dans les frises horizontales, des danseuses et musiciens sont représentés ; on devine même quelques sculptures érotiques. Une frise représente aussi quelques scènes des épopées. Je n'en ai pas reconnu beaucoup avec certitude si ce n'est celle (qui apparaît deux fois) où Rama lance une flèche qui traverse sept arbres avant d'atteindre sa cible ou celle où Vishnu est couché sur le serpent Shesha.

Un peu au Sud du centre se trouve un autre temple shivaïte. Du fait de son léger éloignement, je l'ai eu pour moi tout seul pendant ma visite, si on met de côté le porteur de clefs qui m'a ouvert la porte permettant d'accéder à l'intérieur (peu intéressant). Comme l'autre temple, il est situé sur une plate-forme. Sur les hauteurs, des divinités variées sont représentées (Ganesh dansant, Varaha, Rama et Lakshman, Garuda, Trivikrama, etc), mais ce qui a été le plus émouvant pour moi a été de faire une deuxième fois le tour du temple en regardant les sculptures situées moins en hauteur. Sur une des frises on peut en effet admirer des scènes des épopées. Cela a commencé quand j'ai remarqué le barattage de la mer de lait, une sculpture très endommagée où l'on ne reconnaît plus que le serpent Vasuki et ceux qui tirent dessus pour faire tourner le mont Mandara (qui a disparu du fait de la dégradation). On voit aussi Bhishma sur son lit de flèches, Rama tuant un serpent d'une flèche ayant traversé sept arbres, Sita dans l'ermitage de Valmiki, la construction du pont par les singes pour rejoindre Lanka, etc.

Dans le voisinage se trouvent aussi des temples jaïns dont les deux plus grands sont les temples de Parshvanath et Shantinath. Ils contiennent chacun un assez grand nombre de colonnes et piliers, et au sommet de l'un d'entre eux, on peut apercevoir quelques sculptures. Je me suis désaltéré d'une Mirinda tiède non loin de là. À l'entrée de la boutique, sur deux sortes de tapis d'un mètre carré environ, séchaient du riz et des piments rouges.

Le retour à Hassan, toujours en minibus surchargé, a été interminable, tant l'engin faisait la tournée des plus petits villages.

Hier, j'ai passé ma journée à lire et à manger. Le retour du restaurant du dîner a été plus long que prévu. Ainsi, j'ai vu qu'en dehors des grands axes de la ville, les rues sont complètement défoncées.

J'avais prévu de venir à Bangalore en train la nuit prochaine. N'ayant plus rien à faire à Hassan, je suis venu ce matin en bus. Cela a pris un peu plus de quatre heures (l'embouteillage à l'arrivée rallongeant un peu le trajet...). La route empruntée est la NH4 dont quelques tronçons ont été améliorés. Quand la route n'est pas une nette quatre voies, on voit au bord de la route plein de maisons à moitié démolies et à moitié habitées : il faut laisser passer la grand'route...

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Belur

2011-08-08 19:48+0530 (ಹಾಸನ) — Voyage en Inde X

Aujourd'hui, je suis allé à Belur, situé à une quarantaine de kilomètres au Nord de Hassan. La route est plutôt agréable puisqu'étant peu fréquentée, en particulier par les camions, le bus n'a pas à faire beaucoup de manœuvres...

Il s'y trouve un ensemble de temples Hoysala entourés par une enceinte à l'entrée de laquelle se dresse un gopuram. Trois temples sont intéressants. Le plus étendu, mais relativement peu élevé est le temple Channekeshava (construit au XIIe siècle). Comme les autres, c'est un temple vishnouïste, qui est encore en activité. La partie la plus intéressante de ce temple élevé sur une plate-forme est l'extérieur, très richement sculpté. Au-dessus des entrées se tient l'aigle Garuda. La partie inférieure représente des éléphants. Plus haut, vers l'avant, on voit des danseuses et des instruments de musique, puis des divinités et des scènes de la mythologie. Plus haut encore se tiennent d'autres danseuses. Vers l'arrière, les sculptures représentent des divinités, surtout vishnouïstes : Varaha, Narasimha, Vamana, Rama Jamadagnya, Krishna joueur de flûte, Vishnu Padmanabha (Brahma étant assis sur le lotus qui émerge du nombril de Vishnu). On voit aussi un Ganesh dansant et surtout un grand nombre de représentations de Vishnu muni de ses attributs. Les deux autres temples intéressants sont les temples Veeranarayana et Andal (Ranganayaki).

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Shravanabelagola

2011-08-08 19:32+0530 (ಹಾಸನ) — Voyage en Inde X

Je suis parti de Mahé samedi midi. La veille au soir, j'avais enfin trouvé un temple ouvert. Une transcription approximative du nom du temple est Vennugoopâlâlabattha. Au-dessus de l'entrée, des sculptures de Krishna bouvier, Garuda et aussi Rama et Hanuman.

À l'intérieur, Krishna est représenté et on voit le disque à gauche et la conque à droite. Durga est également dans une niche sur le côté gauche.

Mon train est arrivé à Hassan un peu avant 2h du matin. L'hôtel est très bon marché (200 roupies), mais le lit est un peu dur.

Dimanche, je suis allé à Shravanabelagola. Les bus ne partent pas du centre-ville mais du New Bus Stand. Depuis l'Old Bus Stand, il suffit de 4 roupies pour y aller avec un bus local. À la gare routière, les destinations sont écrites en kannada et en anglais. Il faut d'abord rejoindre Channarayapatna pour prendre une correspondance pour Shravanabelagola.

Le trajet ne prend au total qu'un peu plus d'une heure, mais progressivement, on sent quand même que l'on s'enfonce de plus en plus dans la campagne. Hanuman semble être une divinité très populaire dans la région. Beaucoup de temples lui sont consacrés et à Channarayapatna on peut voir une monumentale sculpture du singe à la massue.

Quand le bus s'approche de Shravanabelagola, la gigantesque statue de Bahubali se laisse apercevoir au sommet de la colline Vindhyagiri.

Avant de monter les quelque 600 marches, j'ai mangé un succulent thali. L'ascension n'est pas trop fatigante. Au sommet se trouvent quelques temples jaïns et surtout, entourée par une enceinte, la statue du saint jaïn Bahubali (représenté nu, avec de la végétation grimpant le long de son corps). Une gallerie abrite des sculptures des tirthankars.

Sur l'autre colline Chandragiri, il est possible de visiter un certain nombre de temples jaïns datant du Xe au XIIe siècle environ. Un au moins des tirthankars est représenté avec un serpent enlaçant ses membres.

Plus en hauteur se trouve une petite grotte et quelques empreintes de pieds (l'une d'entre elles est celle d'un géant). C'est là que j'ai vu arriver un groupe de religieuses habillées en blanc et un moine complètement nu qui m'a demandé d'où je venais. Ils avaient pour tout bagage une sorte de balais en plume de paon. Cependant, ils n'en faisaient pas usage. Je n'ai donc encore jamais vu de jaïn portant un masque et balayant devant ses pas pour ne pas gober ou écraser un seul insecte. Ni ces religieuses ni celui qu'elles appelaient Maharaj ne prenaient ces précautions.

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Mahé

2011-08-05 17:27+0530 (മാഹി) — Voyage en Inde X

Avant-hier à Kalpetta, j'ai eu le malheur de passer devant une librairie et d'entrer... Parmi les choses étonnantes vues en rayon : une édition de l'Énéide en malayalam.

Hier matin, je suis parti de Kalpetta en bus dans l'idée d'aller à Mahé. Cela a nécessité trois correspondances... Vers 9h30, en arrivant à l'arrêt de bus, j'ai immédiatement trouvé un bus vers Mananthavadi (dont j'avais opportunément demandé à l'hôtelier de me l'écrire en malayalam). Une heure et demie plus tard, je monte dans un bus en direction de Kannur. Les paysages sont très beaux. À certains moments, on peut voit que la très forte pente de certains terrains ne les empêche pas d'être cultivés. Le problème, c'est qu'il y a beaucoup de virages... À Kannur, je dois plus ou moins rebrousser chemin pour me rendre dans un premier temps à Thalassery, où j'ai quelque mal à trouver un bus allant à Mahé, mais j'y suis quand même arrivé vers 16h30. (Il aurait sans doute été plus rapide de revenir à Kozhikode ; de là prendre un bus pour Kannur et descendre à Mahé en cours de route.)

Je suis en fait descendu un tout petit peu trop tôt, à New Mahé, qui se trouve encore dans l'état du Kerala. C'est seulement en traversant le pont que l'on entre sur le territoire de l'union de Pondichéry. Plusieurs rickshaws ont d'ailleurs refusé d'aller dans cette direction. J'ai donc continué à pieds.

Que reste-t-il de la ville française de Mahé ? Pas grand'chose ! On voit certes des képis rouges, les intitulés des quatorze stations dans l'église Sainte Thérèse sont écrits en français et on peut voir une école de conduite appelée Bon Jour. Pour le reste, après le panneau souhaitant la bienvenue dans le territoire (qui est parfois appelé état), la première chose qui frappe l'œil et le nez, c'est le nombre invraisemblable d'établissements vendant des alcools forts. Il y en a vraiment partout, et on peut rencontrer des personnes manifestement ivres. Il y aura cependant quelqu'un pour m'aborder en disant directement Comment ça va ? quand je suis entré au Tagore Park, qui se trouve au bord du fleuve qui se jette dans l'océan et où se trouve un petit monument en hommage aux freedom fighters de Mahé.

Hier, malgré la pluie, je suis allé me balader le long de la plage, mais l'eau est répugnante. Aujourd'hui, il pleut encore très fort. Je suis allé du côté du temple Azhiyur Paradevatha, ce pour quoi j'ai pris un rickshaw après avoir marché vers un peu le Sud de la ville. Il m'a d'abord proposé 25 roupies, puis 12 roupies, si j'acceptais de prendre un raccourci... qui a consisté à marcher le long de la voie ferrée pendant deux ou trois cents mètres. Le temple était fermé : forcément, il ouvre entre 8h et 10h le matin, et l'après-midi, il ne rouvre qu'à 17h30... Comme quelques autres du même style, il est fait d'une enceinte ayant un toit qui dissimule complètement l'intérieur du temple. J'avais vu sur un plan de la ville qu'il y avait non loin de là un cimetière. J'espérais naïvement voir des tombes de l'époque coloniale, mais il s'agit en fait d'un récent cimetière musulman, envahi par la végétation.

Ensuite, j'ai décidé de prendre un bus pour Thalassery qui se trouve à une dizaine de kilomètres plus au Nord. Finalement, je suis descendu en cours de route, au lieu-dit de Thalayi, puisqu'il y avait un port et une plage. En fait, il s'est mis à pleuvoir très fortement, je suis resté un petit moment sous un abri avec quelques autres, puis suis quand même allé tremper mes pieds dans l'eau (beaucoup plus claire que celle de la plage de Mahé).

Du point de vue gastronomique, ce n'est pas une escale très intéressante... Ce soir, je vais essayer de trouver quelque chose de mieux, mais pour l'instant, je n'ai pas mangé dans un seul restaurant digne de ce nom... On peut certes trouver un thali du Sud de l'Inde (mais le riz est assez grossier, pas toujours très bien décortiqué) ou bien manger des parathas (très savoureux d'ailleurs) et même des dosas, mais il y a vraiment très peu de choix.

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Wayanad

2011-08-03 16:26+0530 (കല്പറ്റ) — Voyage en Inde X

Hier matin, j'ai pris un bus à Kozhikode pour Kalpetta, qui se trouve dans le district du Wayanad, très proche du point-triple entre le Kerala, le Karnataka et le Tamil Nadu. Le district se trouve dans la chaîne montagneuse des Ghats occidentaux. Les paysages vus depuis le bus sont superbes. En 2006, j'avais déjà traversé cette chaîne de montagne pour aller d'Ernakulam (Kochi) à Mysore. Lors de ce trajet de nuit, je n'avais remarqué que le dénivelé et les nombreux virages.

Le trajet en bus a pris environ trois heures. Je suis descendu dans la petite ville de Kalpetta. Cette ville est plus étendue que ce à quoi je m'attendais. Cependant, elle est essentiellement organisée autour de la route principale qui la traverse du Sud au Nord. Il n'y a pas beaucoup de lieux à y visiter. Hier, après quelques kilomètres de marche vers le Nord, j'ai trouvé un temple Puliyarmala Ananthnath dont la porte intérieure était fermée. Au Sud, le temple d'Ayappa l'était aussi. De même, une église dont j'ai oublié le nom était également fermée. Seules les mosquées montraient une certaine activité en ce début du Ramadan.

Ce matin, c'est justement l'Azan de la mosquée voisine qui m'a réveillé vers 5h... Je suis alors saisi par le froid ambiant, que je n'ai jamais connu en Inde en cette saison (j'avais coupé le ventilateur...). À une heure un peu plus décente, j'ai pris un bus pour me rapprocher de la ville de Sultanbatheri située à une vingtaine de kilomètres à l'Est. Je voulais m'arrêter en route, mais comme c'était un bus longue distance, les arrêts étaient limités. J'en ai profité pour commencer à visiter le temple jaïn du XIIIe siècle qui s'y trouve, ce que j'avais de toute façon l'intention de faire. La description de ce temple dans le guide Lonely Planet est exagérément laudative. Il n'y a pas tant que cela de sculptures à admirer, en dehors de quelques piliers, de toute façon très érodés. À l'intérieur, on ne voit que des fragments de tirthankars.

J'ai pris un bus local dans la direction opposée pour descendre à Kolagapara, comme on me l'avait indiqué à l'hôtel. Je me suis ainsi retrouvé exactement à l'intersection depuis laquelle on peut accéder aux grottes d'Edakkal. Il y a de quoi être surpris d'avoir à payer 80 roupies de rickshaw pour y aller, mais elles sont effectivement situées très en retrait, à une dizaine de kilomètres. La route est assez souvent très défectueuse. À l'entrée, un chemin monte en direction des grottes. Curieusement, on y a installé il y a quelques années des sculptures chrétiennes. Le chemin grimpe assez dur, et au moment de redescendre, plusieurs jeunes gens essouflés me demanderont combien de kilomètres il reste à faire. Ce n'était pourtant pas très long...

J'arrive ensuite au guichet, et alors il faut faire très attention parce qu'il faut grimper sur des escaliers métalliques ou grimper pierre après pierre. La première grotte ne contient essentiellement rien. La deuxième, la plus haute, est recouverte d'inscriptions gravées dans la pierre. On reconnait quelques formes humaines, mais le peu de lumière fait qu'on n'y voit pas grand'chose...

Ayant fait attention aux principales intersections situées sur la route, je décide de rejoindre la route principale à pieds. Au bout d'une heure et demie de marche, une homme (chrétien à longue barbe) appelé Cletus m'a proposé de monter en voiture puisqu'il allait dans la même direction. Comme il ne parlait ni anglais ni même hindi, je n'ai pas pu discuter beaucoup avec lui sur les deux ou trois kilomètres restants avec l'intersection avec la grand'route où nous prenions des directions opposées. Dans le bus de retour pour Kalpetta, j'ai discuté avec Dr. Chandrasekhar, qui est originaire du Karnatake et travaille ici depuis un an. Il m'explique qu'ici, c'est la vraie Inde et que lui-même a dû mal à se faire comprendre puisque la plupart des gens ne comprennent que le malayalam.

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Kozhikode

2011-08-01 15:43+0530 (കോഴിക്കോട്) — Voyage en Inde X

Hier, j'ai passé toute la journée dans les transports. J'ai d'abord marché jusque la gare routière de Panaji, où j'ai pris un bus-navette pour Madgaon, où j'ai pris un moto-taxi pour rejoindre la gare. Le thali du restaurant de la gare était plutôt bon, de même que celui qui sera servi dans le train pour le dîner. Le train avait déjà une bonne heure de retard lors de son arrêt à Madgaon. Ce n'est donc qu'après une heure du matin que je suis arrivé à Kozhikode, qui se trouve dans l'état du Kerala. N'ayant pas pu réserver de chambre d'hôtel avant d'arriver (c'était soit complet soit trop cher), j'ai fait le tour des hôtels que m'a montrés le chauffeur de rickshaw. Dans certains, on ne prend même pas la peine de m'ouvrir la porte pour me dire que c'est complet, dans un autre, on me propose un prix à plus de 2000 roupies. Finalement, au bout d'une dizaine d'essais, je trouve un hôtel à un prix beaucoup plus raisonnable. Le réceptionniste, à moitié endormi, est très très lent...

Il n'y a pas grand'chose à visiter à Kozhikode. On m'avait prévenu que la ville était plus propre et organisée que la moyenne des villes indiennes. C'est assez vrai.

Aujourd'hui, il fait très chaud et il ne pleut pas. Beaucoup d'hommes portent la tenue traditionnelle du Kerala : un tissu noué à la taille et dont ils passent le temps à replier ou à tenir avec leurs mains.

Après avoir mangé un délicieux thali à 30 roupies, je suis allé me balader du côté de la plage. L'eau n'a pas l'air d'être propre partout : forcément, les égoûts s'y déversent directement. Quelques jeunes gens s'amusent dans les vagues.

La ville contient quelques immeubles modernes, mais j'ai aussi visité un quartier comportant d'assez belles maisons individuelles séparées par des routes minuscules bordées par des murets recouverts de mousse.

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