Weblog de Joël Riou

« Anxi Tié Guan Yin 4 en Zhong | Ariadne auf Naxos à Bastille »

Le Sacre du Printemps à Garnier

2010-12-11 15:58+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2010-12-10

Vello Pähn, direction musicale

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Ballet de l'Opéra

Igor Stravinski, musique (Apollon musagète)

George Balanchine, chorégraphie (1928)

Mathieu Ganio, Apollon

Émilie Cozette, Terpsichore

Ève Grinsztajn, Calliope

Nolwenn Daniel, Polymnie

Apollon

Laurie Anderson, musique (enregistrée)

Trisha Brown, chorégraphie

Vija Celmins, décor (Night Sky #18, 1999)

Elisabeth Cannon, costumes

Jennifer Tipton, lumières

Neal Beasley, Carolyn Lucas, assistants de la chorégraphe

Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche, Josua Hoffalt

O złożony / O composite

Igor Stravinski, musique

Pina Bausch, chorégraphie

Rolf Borzik, scénographie, costumes et lumières

Dominique Mercy, Mariko Aoyama, Josephine-Ann Endicot, Kenji Takagi, répétitions

Miteki Kudo, L'Élue

Wilfried Romoli, étoile invitée

Eleonora Abbagnato, Stéphanie Romberg, Muriel Zusperreguy, Amandine Albisson, Caroline Bance, Aurélia Bellet, Christelle Granier, Laurence Laffon, Laure Murret, Alice Renavand, Séverine Westermann, Géraldine Wiart, Amélie Lamoureux, Charlote Ranson, Caroline Robert

Alessio Carbone, Vincent Chaillet, Josua Hoffalt, Bruno Bouché, Aurélien Houette, Alexis Renaud, Simon Valastro, Pascal Aubin, Matthieu Botto, Adrien Couvez, Daniel Stokes, Alexandre Carniato, Alexandre Gasse, Samuel Murez, Francesco Vantaggio

Le Sacre du Printemps

Hier avait lieu la première du spectracle Balanchine/Brown/Bausch. L'espace disponible à Garnier est plus restreint que d'habitude et beaucoup de gens s'affairent : des tables n'ont pas encore fini d'être dressées et décorées pour un souper post-représentation.

L'ouvreuse qui m'ouvre ma troisième loge pas mal excentrée est assez distraite : elle m'ouvre la loge 6 alors que j'étais à la loge 8 puis m'indique la place 2 alors que j'avais la place 1... Depuis ma place, je vois que les deux places centrales du premier rang du balcon sont occupées (il arrive assez souvent qu'elles soient vides), en l'occurrence s'y trouve un ancien premier ministre balletomane dont la presse a récemment parlé de problèmes de gestion de son argent liquide.

La première pièce est de Balanchine : Apollon. Apollon (Mathieu Ganio) et les trois muses Terpsichore (Émilie Cozette), Calliope (Ève Grinsztajn) et Polymnie (Nolwenn Daniel). Ils sont tous en blanc, l'espace scénique est essentiellement vide (fond bleu). Chaque muse est munie d'un attribut qui caractérise son art : une lyre, une feuille de papier, un masque. C'est mignon comme tout, mais pas de quoi m'enthousiasmer. L'orchestre de l'Opéra est uniquement constitué de cordes (la violoniste qui était dans la lune pendant La Fiancée vendue était plus concentrée !). À l'aveugle, je ne pense pas que j'aurais deviné que la musique était de Stravinsky. S'il y a quelques passages qui font penser à lui, il y en a aussi un certain nombre qui font presque penser à la musique baroque. Le contraste avec la dernière pièce au programme sera très important.

La deuxième pièce O złożony / O composite est sur une musique enregistrée de Laurie Anderson. Trois danseurs occupent l'espace dont le fond est étoilé : Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche, Josua Hoffalt. Honnêtement, je ne comprends rien, mais c'est très beau. Chaleureusement applaudissements pour la chorégraphe Trisha Brown qui vient saluer.

Pendant l'entr'acte, quelques hommes procèdent à des travaux de terrassement pour répartir de la terre sur le grand rectangle que constitue l'espace scénique. Vu l'effort physique que cela représente, je me dis que ce serait bien de les applaudir ; le mouvement sera opportunément lancé au bon moment. L'orchestre reprend place. Les nombreuses places qui étaient vides lors de la première pièce se remplissent avec des instruments à vent. Le noir est fait. On aperçoit une danseuse (Alice Renavand il me semble) se positionner, couchée sur une robe rouge. La musique commence, très douce au début par un thème joué par le basson, puis au bout d'environ trois minutes, on entre dans le vif du sujet avec des rythmes fous, entêtants. Les danseuses et les danseurs dansent en groupe de façon soit synchronisée soit de façon apparemment désordonnée. La robe rouge passe de main en main. Des conciliabules ont lieu entre les femmes. Chacune prend la robe rouge et se dirige vers le mâle dominant (Wilfried Romoli), puis renonce. Il y a presqu'un vrai suspense sur la question de savoir laquelle sera sacrifiée. Dans la petite feuille donnant la distribution, le nom des danseuses sont données à la suite, indistinctement. Il fallait avoir regardé sur le site Internet de l'Opéra pour savoir qui serait l'Élue ce soir. Parmi celles qui ont pris en main la robe rouge, on veut ainsi notamment Eleonora Abbagnato, Alice Renavand et Géraldine Wiart qui joueront aussi le rôle de l'Élue lors des représentations suivantes. Finalement, c'est bien Miteki Kudo qui s'empare de cette robe et l'enfile. Un rituel très érotique et violent met en scène des couples de danseurs. L'Élue terrifiée est traînée sur la terre, puis va danser jusqu'à la mort. Pendant ce Sacre du Printemps de Pina Bausch, on est scotché du début à la fin, la tension monte rapidement et se relâche très brutalement à la fin !

Lien permanent


Commentaires

Vous pouvez poster un commentaire grâce au formulaire ci-dessous.

Nom ou surnom (obligatoire) :
Adresse email (facultative, n'apparaîtra pas publiquement sur ce site) :
Site Web (facultatif) :
Faire conserver ces coordonnées par mon navigateur ?
Pour montrer que vous n'êtes pas un robot stupide, veuillez recopier les chiffres 15658, dans l'ordre inverse :
Le commentaire (de grâce, évitez le SMS-speak) :

Ne mettez que du texte dans les commentaires ; vous pouvez néanmoins insérer des liens en saisissant par exemple <URL: http://www.google.fr/ > (à savoir « <URL: », une espace, l'URL proprement dite, une espace, et enfin « > ».

Date de génération : 2018-02-13 08:46+0100 ― Mentions légales.