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Musique française pour l'Orchestre des Concerts gais

2013-06-09 15:20+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Temple des Batignolles — 2013-05-31

Orchestre des Concerts Gais

Julien Vanhoutte, direction

Ouverture de La Fiancée du Tsar (Rimski-Korsakov)

Pelléas et Mélisande, suite pour orchestre (Prélude, Fileuse, Sicilienne, Mort de Mélisande), Fauré

Prélude à l'après-midi d'un faune (Debussy)

Marlène Rivière, violoncelle

Concerto pour violoncelle nº1 en la mineur, op. 33 (Saint-Saëns)

Sarabande de la Suite nº2 en ré mineur pour violoncelle, BWV 1008

Finlandia (Sibelius)

Dans mon premier billet sur l'Orchestre des Concerts gais, je soulignais que l'on allait pas écouter un orchestre amateur dans le même état d'esprit que l'on va assister à un concert d'un orchestre professionnel. Que quelques membres de l'orchestre ne me soient pas inconnus ne fait évidement qu'augmenter la sympathie qu'il m'inspire, mais cette bienveillance a priori ne saurait expliquer à elle seule le plaisir que j'ai eu à écouter cet orchestre quand il m'a fait découvrir Bruckner ou m'a émerveillé avec Tchaikovski et Haydn.

Il faut en effet se rendre à l'évidence. Pour une œuvre donnée, cet orchestre peut me procurer plus de plaisir que certains orchestre professionnels... La première étude de cas a été fournie par la Symphonie nº104 de Haydn. J'ai entendu il y a quelques semaines un orchestre professionnel la jouer d'une façon juste assez satisfaisante pour que je ne me retrouve pas dans un état de désolation avancé à l'issue d'un concert jusque là soporifique. Cette même symphonie avait été jouée par l'Orchestre des Concerts gais de façon très enthousiasmante il y a six mois dans un concert remarquable du début à la fin.

Mai a été pour moi le mois Prélude à l'après-midi d'un faune. Entre mai et début juin, j'ai ainsi vu trois fois le programme de ballet donné à l'Opéra Garnier, un programme comprenant deux chorégraphies sur cette œuvre de Debussy. Cela fait six auditions du Prélude auxquelles il faut ajouter une version réduite pour douze instruments interprétée par l'ensemble Ictus à l'Opéra Comique. Dans cette œuvre, l'Orchestre de l'Opéra peut être magique certains soirs, mais d'autres fois cela peut être moins bien. Le flûtiste de l'Orchestre des Concerts gais m'a procuré bien davantage de plaisir que l'un des deux flûtistes de l'Opéra ! Pour ce qui est de l'Orchestre des Concerts gais dans son ensemble, son interprétation du Prélude m'a semblé bien plus habitée que ce que j'ai entendu à l'Opéra Comique (dans une version certes réduite). Je m'attendais à ce que ce soit bien, mais ce fut tout simplement fabuleux ! Bravo aux musiciens et à leur chef Julien Vanhoutte !

Avant le Prélude à l'après-midi d'un faune, le concert avait commencé par la redoutable Ouverture de La Fiancée du Tsar de Rimski-Korsakov, fort bien négociée. Avait suivi la suite pour orchestre Pelléas et Mélisande de Fauré, une œuvre dont seules mes archives me rappellent que je l'avais déjà entendue en 2009 dans le ballet Émeraudes de Balanchine. Cela a donc été tout comme si je découvrais cette suite de Fauré, que j'ai trouvée très belle et qui m'a beaucoup ému. Étrangement, ce qui m'a le plus émerveillé dans cette œuvre, ce fut la présence de la clarinette, qui est bien sûr parfois à l'avant-plan comme à la fin du premier mouvement, mais qui, à l'arrière-plan, contribue à l'atmosphère sonore d'une façon tout aussi importante.

Le programme se poursuivait avec le concerto pour violoncelle nº1 de Saint-Saëns. J'ai apprécié la complémentarité entre le violoncelle et l'orchestre. Soit horizontalement, en se refilant un thème tourbillonnant comme dans le début, soit verticalement en jouant des parties très différentes comme dans la partie centrale où les cordes semblent faire des pas de danse en sautillant dans l'herbe tandis que le son du violoncelle fait parfois penser au bourdonnement d'une abeille. J'ai aimé entendre la violoncelliste Marlène Rivière aussi bien dans les passages les plus virtuoses que dans les moments les plus expressifs.

Le concert s'est terminé par deux bis : un beau Bach par la violoncelliste et une impressionnante Finlandia de Sibelius, que quelques spectateurs descendant la rue de Rome en sortant du concert avaient quelque mal à se sortir de la tête...

Ailleurs : Bladsurb, Klari.

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