Weblog de Joël Riou

« Isabelle Anna et Anuj Mishra au Musée Guimet | Musique de chambre de Mozart pour les musiciens de l'Orchestre de Paris et Menahem Pressler »

LSO/Eötvös à Pleyel

2012-05-05 23:45+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2012-05-01

London Symphony Orchestra

London Symphony Chorus

Peter Eötvös, direction

Nocturnes (Debussy)

Christian Tetzlaff, violon

Concerto pour violon nº1 (Szymanowski)

Poème de l'extase (Scriabine)

Des deux concerts donnés par le London Symphony Orchestra & Chorus, je retiendrai un coup de foudre pour la musique de Szymanowski, cela tombe bien puisque le LSO reviendra en jouer l'année prochaine !

Le premier concert avait commencé par Nocturnes, une très belle œuvre de Debussy que l'orchestre a joué en produisant un volume sonore assez faible. J'ai eu le sentiment d'être au bord de la mer, ce qui est confirmé plus tard par la lecture du programme : le troisième mouvement s'intitule Sirènes.

Le choc intervient ensuite avec le premier concerto pour violon de Szymanowski. On comprend immédiatement qu'il s'agit d'une musique du XXe siècle, qui rappelle Stravinski (surtout) et Debussy (un peu). Le violoniste Christian Tetzlaff ne me plaît pas beaucoup. J'ai comme l'impression qu'il cajole son violon, qu'il le chatouille, lequel violon émet des gloussements aigus à la limite de la vulgarité ; à mon goût, un petit peu trop de vibrato aussi. Je suis étonné par son déconcertant mouvement de va-et-vient vers la gauche, et puis à droite, et encore à gauche, le tout accompagné de flexions des genoux. Cependant, je me suis dit à plusieurs reprises : Quel beau concerto !. La plupart des thèmes du violon sont repris par l'orchestre, les différents pupitres se les passant les uns aux autres fort joliment. Certains thèmes explorent les confins de l'orchestre, reviennent comme en écho, et au bout d'un moment l'écho finit par s'évanouir. Ceci me procure à chaque fois un très grand plaisir et quand le son de l'orchestre s'évanouit, celui du violon a repris le dessus et l'attention se reporte sur le soliste.

Le chef Peter Eötvös dirigeant en avance sur la musique, je peux me délecter en avance de certaines interventions, en particulier des cuivres. Quelle maîtrise du crescendo ! Le concerto ne se finira toutefois pas après le grand élan emphatique intervenant peu avant la fin, mais quelque peu plus loin, d'une très étrange façon.

Ayant la flemme de remontrer au premier balcon après l'entr'acte, je me suis replacé au parterre. J'ai davantage apprécié ma belle vue en perspective sur une ligne de violoncelles que la musique du Poème de l'extase de Scriabine.

Salle Pleyel — 2012-05-02

London Symphony Orchestra

London Symphony Chorus

Peter Eötvös, direction

Musique pour cordes, percussion et célesta (Bartók)

Nikolaj Znaider, violon

Concerto pour violon nº2 (Bartók)

Sarabande (BWV 1002)

Steve Davislim, ténor

Symphonie nº3 Chant de la nuit (Szymanowski)

Le lendemain, j'ai été captivé comme rarement par la Musique pour cordes percussion et célesta de Bartók. Le premier mouvement d'une apparente simplicité (les différents pupitres de cordes se passant un mouvement mélodique descendant) était à couper le souffle. L'utilisation de huit contrebasses n'a pas empêché l'orchestre de rester sur des nuances très très piano. (L'orchestre était disposé d'une très étonnante façon. L'orchestre est semble-t-il divisé en deux. Les contrebasses et violoncelles forment un grand demi-cercle avec quatre contrebasses à chaque extrémité. À l'intérieur, un célesta, un piano et de part et d'autres des pupitres de violons et altos.) Les autres mouvements seront tout différents, tous passionnants. L'entrée du célesta, tout comme ses apparitions ultérieures, me procureront un très grand plaisir. Les sonorités obtenues par le timbalier sont tout simplement hallucinantes ! J'avais déjà eu ce type d'impression lors des concerts du Chamber Orchestra of Europe, mais à l'écoute de cette œuvre (et des autres), j'ai fait l'expérience d'un temps étiré. L'œuvre ne fait en théorie que 25 minutes, mais elle m'a semblée plus longue, sans que je me sois ennuyé pour autant !

Après l'entr'acte, je passe à côté du concerto pour violon nº2 de Bartók, qui s'il a compté de fort beaux moments, m'a globalement plutôt ennuyé (toutes proportions gardées, c'était fort agréable, mais le contraste était trop grand pour moi avec le concerto de Szymanowski de la veille et la superbissime œuvre de Bartók juste précédemment). En bis, le violoniste Nikolaj Znaider a joué le Bach habituel, mais de façon tellement sublime qu'il est tout pardonné.

L'extase mystique, elle vient avec la dernière œuvre au programme : la Symphonie Chant de la nuit de Szymanowski (sur un texte de Rûmî). Quelle volupté dans cette œuvre orientalisante ! En comparaison, je pourrais presque dire que la Salomé de Strauss me semblerait peu de choses. Les instruments à vents m'ont paru fantabullissimes, tout comme le cor solo. Quel dommage que le chef n'ait pas fait saluer séparément les différents groupes de musiciens. Il y a quelques bravos qui se sont perdus...

Ailleurs : Palpatine (Premier concert, deuxième concert), Paris — Broadway, Bladsurb (deuxième concert).

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