Weblog de Joël Riou

« Janáček aux Bouffes du Nord | Virage à droite à l'Opéra Bastille »

Programme Haydn/Brahms pour l'Orchestre de Paris

2012-01-24 03:47+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2012-01-25

Viktoria Mullova, violon

Roland Daugareil, violon solo

Orchestre de Paris

Paavo Järvi, direction

Symphonie nº83 en sol mineur La Poule (Haydn)

Concerto pour violon en ré majeur, op. 77 (Brahms)

Symphonie nº2 en ré majeur, Brahms

Décidément, l'Orchestre de Paris me plaît en ce moment. Il y a deux semaines, les musiciens jouaient sublimissimement Une vie de héros de Strauss. La semaine dernière, c'était la Symphonie alpestre, pas aussi extraordinairissime, mais quand même pas mâââl (allez voir chez Klari ou Andante con anima pour plus de détails).

C'est bien sûr pour la symphonie de Haydn La Poule que j'avais inclus ce concert à mon abonnement. Toutefois, j'ai un a priori négatif avec les symphonies parisiennes de Haydn parce que ce sont celles dont le style me semble le plus proche de celui de Mozart (ce qui n'est pas un compliment pour moi : je préfère Haydn quand il est lui-même). Si certains effets m'énervent un peu, globalement cela reste du Haydn, avec son lot de plaisanteries. Dans le premier mouvement, on a effectivement l'impression d'être dans une basse-cour. Dans le deuxième, on se prend de temps en temps de grosses gammes descendantes aussi inattendues que pas finaudes. Immédiatement après, les cordes répètent la même note sur un rythme monotone en un decrescendo qui va jusqu'à évanouissement complet du son. Un peu plus loin, on entendra un effet différent : la note variera très légèrement et la façon de la jouer me rappelera immédiatement le début du premier mouvement de l'Hiver de Vivaldi. Bref, comme d'habitude, Haydn s'amuse pour le plus grand plaisir des auditeurs...

L'effectif orchestral grandit légèrement (on passe de 4 à 6 contrebasses). Entre la violoniste Viktoria Mullova, dans une affriolante robe noire toute en transparences. Je ne sais pas si c'est la faute à Brahms, à l'interprète ou à mon placement à l'arrière-scène, mais je n'ai vraiment pas passé un bon moment pendant l'écoute du concerto pour violon de Brahms. Je ne suis pas un grand admirateur de ce compositeur. Certes, il y a quelques passages orchestraux sympathiques (comme la mini-pièce de musique de chambre pour instruments à vents qui se trouve au début du deuxième mouvement). Toutefois, j'ai eu l'impression que la violoniste devait lutter contre l'orchestre pour se faire entendre, le résultat paraissant moins fignolé qu'on pourrait s'y attendre. Le chef semblait pourtant assez bienveillant, faisant diminuer le volume avant les entrées de la violoniste et libérant à fond les décibels quand elle finissait ses phrases.

Il semblerait que j'aie déjà entendu la deuxième symphonie de Brahms lors d'un concert de l'orchestre de l'Opéra dirigé par Georges Prêtre. Après le concert de ce soir, j'ai rétrospectivement l'impression d'avoir été trompé sur la marchandise (à l'époque, je n'avais déjà pas été très enthousiaste). L'effectif orchestral s'est encore étoffé pour l'interprétation de cette œuvre (huit contrebasses). Avant le Haydn, un couple de spectateurs ayant quelques décennies de plus que moi au compteur se disputaient à ma droite pour savoir où étaient les clarinettes et où étaient les hautbois. La dame m'a demandé mon opinion. Cela a sans doute ragaillardi ma voisine de gauche qui à la fin de l'entr'acte a sollicité mon expertise à propos des instruments rouges (qui font pouët-pouët aurais-je dû compléter), les fameux bassons.

Malgré les nombreux moments adorables dans cette œuvre, je pense qu'il me faudra encore quelques écoutes pour véritablement apprécier cette symphonie de Brahms tant elle m'a parue touffue (surtout le premier mouvement). Le chef Paavo Järvi que je n'avais pas vu depuis novembre et La symphonie fantastique semble avoir manifestement envie de très bien faire. Sans se défaire de sa bonhomie coutumière, il paraît très concentré. Quand le quatrième mouvement s'enchaîne au troisième, les musiciens semblent pris d'une ivresse collective. Chez les altos, David Gaillard (qui jouait lundi dernier aux Bouffes du Nord !) semble communiquer sa bonne humeur à son voisin Nicolas Carles. Partout dans l'orchestre, que ce soient chez les bassons ou les contrebasses, cela respire la joie de jouer. Les épaules se dandinent en rythme, que les musiciens jouent à ce moment précis ou non (pas la peine de nier, on vous a vus ! et on espère bien le revoir !). Cela fait très plaisir de voir l'orchestre dans cet état de volupté collective. Pour cette raison, je pardonne volontiers à Brahms la fin très hydravionesque de cette symphonie.

Ailleurs : Andante con anima.

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Commentaires

1. 2012-01-26 08:09+0100 (Genoveva)

Joël, tu pourrais faire critique musical au Canard Enchaîné ! tes commentaires sont dignes de Luc Descygnes ! et la place va bientôt être vacante !

2. 2012-01-26 12:05+0100 (Joël)

Je ne le lis pas très souvent (j'attends qu'un collègue fidèle du Canard me raconte ses papiers), mais je ne crois pas que j'arriverais à être aussi savoureusement méchant...

3. 2012-01-30 14:45+0100 (Andanteconanima)

Un petit cadeau haydnien - mais peut-être connais-tu déjà cette extraordinaire interprétation de la 94e par Carlos Kleiber : <URL: http://www.youtube.com/watch?v=LDMCjs11T_k > . Un chic fou et quel orchestre, quel orchestre ! À bientôt !

4. 2012-01-30 18:13+0100 (Joël)

BAM, le coup de timbale. J'aime beaucoup. Cependant, j'ai déjà dans ma collection deux autres très bonnes versions (Adam Fischer/Austro-Hungarian Haydn Orchestra & Christopher Hogwood/The Academy of Ancient Music).


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