Weblog de Joël Riou

« Lulu à Bastille | Philharmonique de Radio France à Pleyel : Britten/Chostakovitch »

Myriam Ould-Braham est Naïla

2011-11-04 00:47+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2011-11-03

Koen Kessels, direction musicale

Orchestre de l'Opéra national de Paris

Ballet de l'Opéra

Léo Delibes, Ludwig Minkus, musique

Version réalisée par Marc-Olivier Dupin

Livret d'après Charles Nuitter et Arthur Saint-Léon

Jean-Guillaume Bart, chorégraphie

Éric Ruf, décors

Christian Lacroix, costumes

Dominique Bruguière, lumières

Clément Hervieu-Léger, Jean-Guillaume Bart, dramaturgie

Florence Clerc, assistante du chorégraphe

Anne Salmon, répétitrice

Dominique Schmitt, assistante décors

François Thouret, assistant lumière

Myriam Ould-Braham, Naïla, esprit de la Source

Florian Magnenet, Djémil, chasseur

Laura Hecquet, Nouredda, promise au Khan

Aurélien Houette, Mozdock, frère de Nouredda

Alessio Carbone, Zaël, elfe de Naïla

Aurélia Bellet, Dadjé, favorite du Khan

Emmanuel Hoff, Le Khan

La Source

Après avoir vu quatre fois le superbe ballet La Source, il faut se rendre à l'évidence : Naïla, c'est Myriam Ould-Braham. Si Charline Giezendanner est loin d'avoir démérité le 1er novembre, les deux prestations que j'ai vues de Ludmila Pagliero, créatrice du rôle, furent moins convaincantes à mes yeux.

Comme dans le cas du rôle de Juliette (qu'elle n'a interprété qu'une seule fois), on n'a à aucun moment l'impression de voir une jeune femme qui danse certes fort bien. On voit en réalité un personnage, ici Naïla, qui est interprété par une danseuse. Cela fait toute la différence. Dans son rôle de fée, elle flotte sur la scène, elle touche à peine le sol. Outre la fluidité de ses mouvements, son expression rend son rôle passionnant pour le spectateur. Plus que les autres interprètes du rôle, elle donne un sens au sacrifice qui est celui de son personnage. Ainsi, dès la Valse des nymphes, quand Naïla est entourée d'une ronde de nymphes, son visage trahit le fait qu'elle sait qu'elle ne pourra que se sacrifier. Lors du pas de deux avec Djemil, ses tentatives sont désespérées, elle sait que Djemil n'aimera jamais que Nouredda. Enfin, elle se sacrifie après un émouvant pas du talisman.

Malgré quatre visionnages, je n'aurai pas vu toutes les distributions possibles. Il me manque essentiellement le trio Ould-Braham/Hoffalt/Zusperreguy. Clairement, dans ce que j'ai vu, la meilleure combinaison est celle de ce soir (3 novembre). Dans le rôle de Djemil, Florian Magnenet m'a davantage plu que Karl Paquette. Si c'est un beau gosse et qu'il en joue (un peu trop diront certaines), ses sauts et réceptions sont plus propres. Il donne un peu l'impression que Djemil est un gentil idiot (qui ne comprend pas qu'en faisant tomber la fleur à la toute fin, il fait mourir Naïla), alors qu'avec Karl Paquette, on a l'impression que Djemil est un type un peu perdu qui subit les événements.

Du côté des Zael, Mathias Heymann est éblouissant. Il saute très bien, mais au deuxième acte, il sait aussi jouer d'une certaine cruauté quand il vient gâcher la fête de Nouredda et se moquer d'elle quand elle doit s'en aller. Alessio Carbone m'a également beaucoup plu dans ce rôle dont il donne une image un peu plus sympathique et plus émouvante aussi dans la scène finale où il est le seul à être témoin de la souffrance de Naïla. Allister Madin est plus proche de Heymann que de Carbone, mais il donne moins une impression de facilité.

Pour Mozdock, frère de Nouredda, entre Vincent Chaillet et Aurélien Houette, c'est Vincent Chaillet qui m'a fait la plus forte impression, en particulier dans les danses de guerriers caucasiens, très spectaculaires. Avant-hier, Aurélien Houette ne m'avait pas semblé très en forme, mais ce soir, c'était très nettement mieux. Du côté de la pantomime, Aurélien Houette fait impression : on n'a pas envie d'être à la place du personnage qu'il tabasse ! (Cela effacerait presque mon souvenir de la vision d'Aurélien Houette en Monsieur de Charlus se faisant violemment flageller dans Proust ou les intermittences du cœur.)

Je n'ai vu que deux Dadjé : Nolwenn Daniel et Aurélia Bellet. Chez Nolwenn Daniel, j'ai aimé certains gestes qui montrent la cruauté des relations de rivalité entre les femmes du harem, en particulier la façon dont elle se réjouit de la dégradation de la note de Nouredda par le Khan.

Il reste essentiellement le cas du rôle de Nouredda. Lors de la création, j'ai trouvé Isabelle Ciaravola tellement émouvante que pour moi, c'était elle le premier rôle et non Naïla. J'avais tout particulièrement aimé son premier acte et l'attitude qui la caractérisait de jeune femme terrifiée à l'idée d'aller rencontrer le Khan. L'interprétation de Laura Hecquet est toute différente. Elle paraît moins terrifiée au premier acte et adopte au deuxième acte une attitude résolument séductrice envers le Khan. Dans le pas de deux avec Djemil (Florian Magnenet), elle fait monter la tension et presque la violence de ce tumultueux face à face. Ces deux interprètes de Nouredda sont très différentes ; globalement, j'ai du mal à décider laquelle des deux je préfère.

Lors des trois premières représentations que j'ai vues, il m'a semblé que l'orchestre se bonifiait à chaque fois. Ce soir, manifestement, ce n'était pas le même sous-ensemble de l'effectif de l'orchestre qui jouait (en tout cas je suis sûr que ce n'étaient pas les mêmes que les 27 octobre et 1er novembre) et cela s'est malheureusement un peu entendu dans le deuxième acte.

Vivement la prochaine reprise de ce ballet ! (Mais n'achetez pas le futur DVD !)

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Commentaires

1. 2011-11-04 09:01+0100 (Amélie )

Ça y est Joël, on est enfin d'accord sur ce ballet : la meilleure, c'est Myriam Ould-Braham ;).

2. 2011-11-04 09:11+0100 (Genoveva)

Elle est parfaite pour ce rôle !

3. 2011-11-04 10:30+0100 (elendae)

Quatre fois ?? eh bien !

Je regrette de ne voir Myriam que le 12, pour la dernière...j'ai intérêt à ouvrir bien grands les yeux ! Car je ne pourrai malheureusement pas me consoler avec le DVD...

4. 2011-11-04 10:53+0100 (Joël)

elendae> Quatre fois ?? eh bien !

D'habitude je me limite à trois fois par ballet, mais cette fois-ci, je n'ai pas eu de chance au tirage. Il a bien fallu que j'en achète une de plus, sinon je n'aurais pas pu Myriam Ould-Braham...


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