Weblog de Joël Riou

« Secutix Forever | Le Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin et Nina Stemme à Pleyel »

Symphonies de Beethoven par le Chamber Orchestra of Europe/Haitink à Pleyel 3/3

2012-03-08 10:26+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2012-03-05

Bernard Haitink, direction

Chamber Orchestra of Europe

Grand Chœur de la Radio néerlandaise

Jessica Rivera, soprano

Karen Cargill, mezzo

Roberto Saccà, ténor

Hanno Müller-Brachmann, baryton-basse

Edward Caswell, chef de chœur

Symphonie nº1 (Beethoven)

Symphonie nº9 Hymne à la joie (Beethoven)

Il y avait a priori de quoi se poser la question après le concert de vendredi avec l'ouverture Egmont et la Symphonie Pastorale : ce concert mémorable resterait-il à ce jour le concert de ma vie ? Le concert de samedi, intense, mais différemment, n'avait pas réussi à le détrôner.

Le Chamber Orchestra of Europe avait placé la barre de mes attentes très haut dès la deuxième mesure de l'ouverture Egmont vendredi. On aurait ainsi tort de se plaindre qu'au lieu d'être sublimissime, le dernier concert de la série n'ait été que sublime. C'est mon sentiment après avoir assisté à ce concert de lundi au cours duquel furent jouées les symphonies nº1 & 9 de Beethoven.

Si toutes les symphonies de Beethoven sont superbes, la première est peut-être moins génialissime que les autres. Si l'enthousiasme de l'orchestre est intact et qu'il joue toujours aussi fantastibuleusement bien, le plaisir pris à l'écouter s'en trouve cependant légèrement amoindri. Cela dit, quelques moments ont été irrésistibles, notamment dans les passages les plus vifs (mon dieu, la flûte pendant la dernière minute du dernier mouvement !)

Je n'avais pas réécouté la neuvième symphonie depuis longtemps. En concert, cela remontait à octobre 2008 et je n'en ai strictement aucun souvenir (faut aller voir chez Palpatine ; j'avais d'ailleurs commenté sous son billet, en faisant un lien vers le COE, mais malheureusement pas encore le Chamber Orchestra of Europe, mais le Council of Europe...). Je redécouvre ainsi le début de l'œuvre. Au cours du premier mouvement, les instruments à vents semblent vouloir installer un Raga (mais lequel ?) tant la partition leur demande de tenir des notes très longuement. À la différence des pianistes qui n'ont qu'à appuyer sur la pédale pour obtenir cet effet, au détriment de l'intensité du son qui finit par décroître, nos instrumentistes doivent souffler continuellement dans leurs instruments et au prix d'un souffle héroïque, ils peuvent maintenir toute la force du son. Ces notes tenues me donnent un sentiment cosmogonique de création du Monde, un ressenti à rapprocher de ma rencontre récente avec la Symphonie nº1 “Titan” de Mahler. Ensuite, dans le deuxième mouvement, le rythme et le fouettement des cordes me fait penser à une chevauchée dans une campagne où quelque bruine dégoulinerait des cheveux sales de notre cavalier. Le son de l'orchestre est en effet un tout petit moins propre que lors des concerts précédents. Le temps n'est plus aussi subtilement suspendu. La trompette n'est peut-être pas non plus aussi parfaitement juste ou joliment timbrée. La tension se relâche parfois un peu. Ma respiration n'est pas coupée, la réanimation ne sera pas nécessaire. Toutefois, j'ai été ébloui par les trombones (malheureusement ignorés par les caméras pendant ce deuxième mouvement).

Après ces deux premiers mouvements très beaux mais pas absolument idéaux, le cavalier arrête sa monture dans une clairière. Il écoute le son de la nature. Les cordes reproduisent souvent les mini-bruits de petits oisillons. Ce troisième mouvement mettant superbement en valeur les instruments à vents a été pour moi le point culminant du concert.

Dans le quatrième mouvement, on entend le superbe chant de désespoir de quelque saule pleureur incarné par les violoncelles et les contrebasses tandis que le cavalier revoit en flashback ce qu'il a vécu au cours des deux premiers mouvements. L'atmosphère change progressivement. Les vents esquissent un nouveau thème. L'ivresse s'empare de l'orchestre en commençant par les violoncelles et les contrebasses qui énoncent pour la première fois complètement le thème de l'Hymne à la Joie. Le fait que la basse ne m'enchante pas tout à fait lors de ses premières interventions est compensé par le vivifiant accompagnement des vents (!!!) avant que le superbe Grand Chœur de la Radio néerlandaise et les autres chanteurs (bons, sans plus) se fassent entendre. Après, je me dis que le compositeur devait être complètement shooté quand il a composé le solo de contrebasson et tout ce qui s'ensuit, à partir de Froh, wie seine Sonnen fliegen et l'apparition du triangle...

Si je n'ai pas été continuellement au plus haut niveau de l'extase pendant les quelque soixante-dix minutes de cette interprétation, j'ai pris un très grand plaisir au cours de ce concert ! Je m'inscris aussitôt à la virtuelle Cihohi Appreciation Society et si je ne pourrai malheureusement pas réentendre cet orchestre avant l'été, j'espère qu'entre la Cité de la Musique et Dijon, la saison prochaine fourmillera d'autres occcasions...

Comme les deux autres, ce concert peut être revisionné sur ArteLiveWeb.

Lien permanent


Commentaires

1. 2012-03-08 10:44+0100 (Madama Abricot)

Je me suis contentée de regarder sur ArteLive Web, mais bon, c'est pas ça !!!!!!!!!!!! mieux que rien quand même ? Joël, si tu trouves le lien pour le concert Nina Stemme à Pleyel je serai la plus heureuse .............

2. 2012-03-08 10:51+0100 (Joël)

Je prends un grand plaisir à me le réécouter, ce concert !

3. 2012-03-08 11:30+0100 (Bladsurb)

@Madama Abricot : le concert avec Nina Stemme n'était pas filmé, mais seulement diffusé en direct par France Musique, et disponible en podcast : <URL: http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/concert-soir/emission.php?e_id=80000056&d_id=435000325 >


Vous pouvez poster un commentaire grâce au formulaire ci-dessous.

Nom ou surnom (obligatoire) :
Adresse email (facultative, n'apparaîtra pas publiquement sur ce site) :
Site Web (facultatif) :
Faire conserver ces coordonnées par mon navigateur ?
Pour montrer que vous n'êtes pas un robot stupide, veuillez recopier les chiffres 41841, dans l'ordre inverse :
Le commentaire (de grâce, évitez le SMS-speak) :

Ne mettez que du texte dans les commentaires ; vous pouvez néanmoins insérer des liens en saisissant par exemple <URL: http://www.google.fr/ > (à savoir « <URL: », une espace, l'URL proprement dite, une espace, et enfin « > ».

Date de génération : 2018-02-13 08:46+0100 ― Mentions légales.