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Orchestre de Paris à Pleyel : Berlioz/Chopin/Beethoven

2011-09-16 02:30+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-09-15

Khatia Buniatishvili, piano

Roland Daugareil, violon solo

Orchestre de Paris

Paavo Järvi, direction

Ouverture du Corsaire, op. 21, H. 101 (Berlioz)

Concerto pour piano nº2 en fa mineur, op. 21 (Chopin)

Liebesträum (Liszt)

Symphonie nº5 en ut mineur, op. 67 (Beethoven)

Presque trois semaines après la rentrée, je retrouve enfin le chemin de la Salle Pleyel. Avenue Hoche, quelques voitures de méga-riches sont garées devant le Royal Monceau. Les ouvreuses et ouvreurs de la Salle Pleyel ont de nouveaux uniformes, sobrement noirs (C'était mieux avant !). La café est toujours à 3€ et il faut encore passer par les numéros pairs pour accéder aux numéros impairs de l'arrière-scène. Quelques habitués (Palpatine, Christian, Serendipity) ont trouvé de fort bonnes places aux rangs A et B. L'équipe de direction de l'Orchestre de Paris est au rang des people au nombre desquels on comptera aujourd'hui Jacques Toubon.

La première œuvre au programme est l'Ouverture du Corsaire de Berlioz. C'est espiègle et vivifiant. Est-ce une tentative de convertir le public au pastafarisme ? En tout cas, il est suggéré aux enfants de venir déguisés en pirates lors du concert en famille de samedi...

Le piano était déjà sur scène depuis le début du concert. Khatia Buniatishvilii (certes, isolé, son nom est très prononçable, mais quand le cerveau a aussi en mémoire le nom de sa compatriote Lisa Batiashvili, il y a de quoi s'emmêler les pinceaux), la jeune pianiste peut donc s'installer au piano, habillée dans une robe qui pourrait être la même que celle que décrivrait Klari suite à un récent concert à Sceaux (et que l'on peut maintenant voir chez Palpatine). L'œuvre programmée ce soir est le deuxième concerto pour piano de Chopin. Dans les premières minutes, l'orchestre exprime une parole qui semble tourmentée comme peut souvent l'être la musique romantique. Alors que je crois écouter ce concerto pour la première fois, il me semble que les effets liés à l'orchestration sont très prévisibles. Les choses sérieuses commencent quand la pianiste commence à jouer. L'orchestre n'aura dès lors pratiquement plus qu'un rôle décoratif, en arrière-plan. La difficulté de certains passages paraît absolument redoutable. Les sonorités que la pianiste tire du piano sont saisissantes. L'ensemble est plutôt varié. De façon assez amusante, un des mouvements contient un passage qui pourrait être une danse. (Après vérification, une explication possible pour le fait que j'aie trouvé certains passages prévisibles et que certains thèmes me dissent quelque chose est que j'ai en fait déjà entendu ce concerto dans la musique du ballet La Dame aux camélias il y a un an et demi.) À la fin du très beau bis (qui ressemblait à du Chopin, mais c'était du Liszt me dirent les trois camarades de concert rencontrés à l'entr'acte), la pianiste a un petit peu joué avec le public en retirant tout doucement ses mains du clavier, retenant ainsi d'éventuels applaudissements, qui ont déferlé par la suite.

Le clou de la soirée était l'interprétation de la Cinquième symphonie de Beethoven 1. Pour cette symphonie, l'effectif de l'orchestre a été augmenté. On est passé de six contrebasses à huit. (D'après la formule qui veut que pour avoir une estimation du nombres d'instruments à cordes frottées, il suffit de compter le nombre de contrabasses, d'ajouter quatre, puis de multiplier par cinq, voir chez Djac pour les explications, il devait donc y avoir environ 60 cordes). Le chef Paavo Järvi n'a désormais plus besoin de la partition. Il semble aussi décontracté que s'il devait diriger du Haydn. Le premier mouvement est joué d'une façon très vive. La deuxième mouvement n'est pas si lent que ça. Le chef aurait manifestement aimé enchaîner le troisième mouvement aussitôt après la fin du deuxième, mais il a renoncé devant le chœur des tousseurs du public. J'ai beaucoup aimé le troisième mouvement. Au milieu, on entend en effet un sublime passage fugué. J'apprécie les regards amusés que se lancent deux contrebassistes (dont Bernard C.) quand le chef prend la peine de leur indiquer leur pizz. (genre, Eh oh, on savait très bien quand on devait entrer, mon bon monsieur !). Le plus beau en fait, cela a été la fin du mouvement et la transition avec le quatrième mouvement. La dynamique (indiquée pp ou ppp) a été descendue très bas (et personne pour tousser !). Cependant, on sent bien à ce moment-là qu'il y a encore une certaine tension et bien sûr, l'entrée dans le quatrième mouvement est explosive (ff). À part peut-être un petit couac des cors, rien n'en venu entacher mon plaisir !

[1] Pour compléter ma collection de symphonies de Beethoven entendues en concert, il ne me reste plus que la Quatrième et la Sixième, ce qui sera fait en mars avec le Chamber Orchestra of Europe et Bernard Haitink.

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Commentaires

1. 2011-09-16 10:32+0200 (klari)

Voui, c'est bien cette robe :-)

Oooh, tu viens écouter COE-Haitink !! Tu vas en retirer autant de joie que de chagrin : ce sera certainement le plus beau Beethoven de ta vie, par contre, tous les autres Beethoven joués par qui que ce soit te paraitront un brin fade.

2. 2011-09-16 12:01+0200 (Joël)

Je serai même à l'arrière-scène pour deux de ces trois concerts COE-Haitink !

3. 2011-09-16 12:40+0200 (klari)

ohlala ! et moi à la place acoustiquement magique du rang g du premier balcon (si tu as envie d'organiser un échange standart à l'entracte à l'un ou l'autre de ces concerts)

4. 2011-09-16 16:27+0200 (null)

Ben oui, mauvaise idée de donner un concerto de Chopin (même si c'est très beau) après une ouverture de Berlioz... mais il existe un "matériel orchestral" "amélioré" (les puristes et les philologues doivent hurler en lisant ça, mais tant pis) du 2ème concerto dans lequel Furtwaengler et Cortot ont trempé je crois, je vérifie.


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