Weblog de Joël Riou

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Gustav Leonhardt aux Bouffes du Nord

2011-03-01 01:20+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Théâtre des Bouffes du Nord — 2011-02-28

Gustav Leonhardt, clavecin

Praeludium en do majeur (Johann Christoph Bach)

Adagio en sol majeur, BWV 807 (transcrit de la Sonate pour violon seul, BWV 1005)

Suite en mi mineur pour le Lautenwerk, BWV 996

Sinfonia en sol mineur, BWV 797

Sinfonia en mi bémol majeur, BWV 791

Prélude & fugue en do mineur, BWV 871 (Livre II du Clavier bien tempéré)

Prélude & fugue en mi majeur, BWV 878 (Livre II du Clavier bien tempéré)

Suite française en ut mineur, BWV 813

Aria variata, BWV 989

Deux polonaises (1765), Wilhelm Friedemann Bach

Quand j'avais vu apparaître le nom de Gustav Leonhardt dans la programmation du théâtre des Bouffes du Nord, j'avais eu quelque mal à croire mes yeux. Pourtant, à 82 ans, il allait effectivement donner un récital de clavecin.

En arrivant dans le hall, je vois immédiatement que la famille Hantaï sera bien représentée dans le public puisque j'ai reconnu au moins Marc (flûtiste, dont je ne compte plus les apparitions inattendues dans diverses formations) et Pierre (dont je me délectais encore récemment de son art du clavecin, qu'il a d'ailleurs étudié avec le maître). (Vu où ils se sont installés, ils ont très certainement payé leur place.) Parmi le public se trouve un spectateur bruyant et aussi irresponsable quoiqu'en un sens différent que ses parents qui l'ont amené là. Je n'ai rien contre l'éveil précoce des enfants à la musique, mais le concert de musique baroque à moins d'un an, c'est un peu juste.

Entre le programme annoncé et le programme réel, il n'y a pratiquement rien en commun. Je suis donc un peu déçu de n'avoir pas pu entendre les extraits promis de L'Art de la fugue. Pourtant, je pense que je garderai un très bon souvenir de ce concert. J'ai pris place au parterre du côté pair et ai ainsi vue sur la main droite de Gustav Leonhardt et occasionnellement sur sa main gauche enveloppée dans un gant noir ne découvrant que les doigts. Les partitions posées sur le pupitre sont pour la plupart d'entre elles jaunies, usées par le temps ; quelques unes sont toutes blanches, peut-être fraîchement sorties d'une imprimante.

Le programme est centré sur Bach, Johann Sebastian. Cependant, Johann Christoph (1642-1703) et Wilhelm Friedemann (1710-1784) ouvrent et concluent respectivement le programme (hors bis non-identifié). (Il me semble que le programme s'emmêle les pinceaux entre les différents Johann Christoph de la famille Bach, à moins que l'erreur soit sur Wikipédia, puisque dans la famille Bach, si on se limite à la génération du père de J. S. B., il y a deux Johann Christoph, un dont les dates sont (1642-1703) comme indiqué sur le programme pour le Praeludium en do majeur et un autre (1645-1693) qui était jumeau de Johann Ambrosius, père de Bach. Or, la notice de programme nous dit que le Johann Christoph dont il s'agit était le frère jumeau du père et que même leurs épouses respectives avaient du mal à les reconnaître... Le plus probable est que le bon J. C. ne soit pas le frère du père de Bach mais le cousin de celui-ci et par ailleurs oncle de la première épouse de Bach. C'est pourtant simple.).

S'il est vrai que la prestation instrumentale de ce soir n'a pas été sans imperfections (mais en musique baroque, une fausse note, à moins de connaître la partition par cœur, on peut toujours se dire que c'était peut-être une trille), j'ai été saisi par la beauté de l'interprétation de certains morceaux. J'ai tout particulièrement apprécié l'Allemande de la Suite en mi mineur pour le luth-clavecin (BWV 996), la Suite française en ut mineur (BWV 813) ou encore le Sinfonia en sol mineur, BWV 797. L'autre Sinfonia m'a paru à la limite de la rupture, la main gauche paraissant visiblement moins sous contrôle que la droite.

Ce que j'ai aussi apprécié dans le concert de ce soir (au cours duquel le public a eu la bonne idée de marquer les brèves pauses entre les pièces d'un silence respectueux, pour mieux applaudir à la fin), c'est la dignité et l'immense humilité dont fait preuve Gustav Leonhardt.

(Le gros moins de ce concert, outre le bébé mentionné ci-dessus, c'est le courant d'air parfumé pestilentiellement de fumée tabagique qui s'est engouffré depuis l'extérieur jusqu'à la place où j'étais resté assis à l'entr'acte près de l'allée des numéros pairs.)

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Commentaires

1. 2011-03-09 01:12+0100 (Schnitger)

je ne vois pas ce qui vous surprend : Gustav Leonhardt ,83 ans le 30 mai , donne une centaine de concerts soliste par an !

SVP évitez de dire que les fausses notes ne se remarquent pas en musique baroque !!!

2. 2011-03-15 22:58+0100 (Joël)

> SVP évitez de dire que les fausses notes ne se remarquent pas en musique baroque !!!

Ah, mais je dis toutes les bêtises que je veux ici !


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