Weblog de Joël Riou

« Spams de l'Olympia | Démonstrations de l'École de danse de l'Opéra »

L'Oratorio de Noël au TCE

2009-12-13 01:35+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Théâtre des Champs-Élysées — 2009-12-12

Natalie Dessay, soprano

Renata Pokupic, mezzo-soprano

Tilman Lichdi, ténor

Robert Gleadow, baryton-basse

Ensemble Matheus

Chœur Mélisme(s) (Gildas Pungier)

Jean-Christophe Spinosi, direction

Oratorio de Noël (cantates 1, 3, 6), BWV 248, Johann Sebastian Bach.

Mon septième Oratorio de Noël au Théâtre des Champs-Élysées depuis 2002. Pas programmé en 2008, il est revenu en 2009. Ce n'est pas la version la plus inoubliable que j'aie entendue.

La salle est bien pleine. Le directeur est à sa place habituelle. Depuis ma place, en levant la tête, je remarque pour la première fois le caractère parfaitement circulaire de la salle.

Alors qu'habituellement quatre des six cantates du Weihnachtsoratorium de Bach (BWV 248) étaient jouées, les trois premières, et la quatr- ou sixième — je n'ai toujours pas entendu la cinquième en concert — ce soir, seules les cantates 1, 3 et 6 seront interprétées par le brestois ensemble Matheus (Jean-Christophe Spinosi), le chœur Mélisme(s) (Gildas Pungier) et les quatre solistes.

Le ténor Tilman Lichdi fait un très bon évangéliste. Il n'a pratiquement que des récitatifs, mais dans son air Nun mögt ihr stolzen Feinde schrecken (cantate nº6), il révèle un style d'interprétation qui me plait. Le baryton-basse Robert Gleadow impressionne par sa voix ténébreuse et puissante, notamment pendant son air de bravoure Großer Herr, o starker König (cantate nº1). La mezzo-soprano Renata Pokupic semble terrorisée. Elle s'en sort convenablement, mais ce n'est guère enthousiasmant. Malgré les grands gestes du chef d'orchestre, l'Oratorio passerait presque pour une œuvre triste.

Bien sûr, on est aussi un peu venu pour entendre Natalie Dessay. Je dois bien dire que je préfère nettement l'entendre dans le répertoire romantique que dans le baroque auquel elle a commencé à s'attaquer il y a quelques années (en témoignent de beaux enregistrements avec le Concert d'Astrée de cantates pour soprano, du Magnificat de Bach, d'Il trionfo del Tempo e del Disinganno de Händel, etc.). Ce soir, elle a semblé ailleurs. Son attitude était en tout cas très différente de celle des autres solistes. Elle donnait l'impression d'intérioriser la musique, faisant mouvements de tête et autres mimiques en phase avec celle-ci, comme oubliant qu'une foule était rassemblée pour l'entendre. Ses membres antérieurs étaient aussi mobilisés dans cette gestuelle. Les mouvements de ceux-ci avaient en effet été libérés par la présence d'un pupitre où poser sa partition. Pendant la dernière cantate, le pupitre avait curieusement disparu. Le bras gauche pouvant néanmoins supporter le poids de la partition, le droit conserva sa liberté de mouvement. Bref, autant dans son interprétation que son attitude, tout était différent de mes références.

L'Oratorio de Noël est une des œuvres que mes goûts placent au plus haut et que j'aime aller écouter alors que l'Avenue Montaigne et les Champs-Élysées ont revêtu leurs décorations de Noël. Sans engendrer de franc déplaisir, cette soirée manqua pourtant de magie. Heureusement que les passages choraux m'ont charmé. Le chœur Mélisme(s), breton aussi, m'a semblé excellent.

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