Weblog de Joël Riou

« La Traviata à Dijon | L'Orchestre de Paris dirigé par Herbert Blomstedt à Pleyel »

Le Ballet royal du Danemark à Garnier

2012-01-11 02:00+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Opéra Garnier — 2012-01-10

Ballet royal du Danemark

Orchestre Colonne

David Levi, direction musicale

Sorella Englund, Nikolaj Hübbe, chorégraphie et mise en scène d'après August Bournonville (Napoli ou le Pêcheur et sa Femme)

Edvard Helsted, Holger Simon Paulli, Hans Christian Lumbye, musique des actes I & III

Louise Alenius, musique de l'acte II

Maja Ravn, scénographie et costumes

Mikki Kunttu, lumières

Camilla Hübbe, adaptation dramaturgique

Anne Marie Vessel Schlüter, Claire Still, assistantes à la mise en scène

Ulrik Birkkjær, Gennaro, un jeune pêcheur

Mette Bødtcher, Veronica, une veuve

Susanne Grinder, Teresina, sa fille

Andrew Bowman, Golfo, mauvais génie des eaux marines

Napoli, ballet en trois actes

Je sors peu enthousiaste de la dernière représentation de la compagnie du Ballet royal du Danemark à Garnier dans le ballet Napoli, créé en 1842 par August Bournonville et présenté ici dans une version remaniée en 2009 (avec en particulier une musique nouvelle dans le deuxième acte).

Au premier acte, on ne danse pratiquement pas. À part quelques petits passages à deux entre les personnages de Teresina et Gennaro et d'autres pour des petits groupes de danseuses ou de danseurs, il n'y a que de la pantomime. (J'ai pensé comme Jean-Pierre Papin il y a quelques décennies dans les Guignols : Mais quand est-ce qu'ils chantent ?.) La mère de Teresina n'apprécie guère que Gennaro s'approche de sa fille, qui se chamaille parfois avec lui quand il semble intéressé par une autre jeune femme. Les gestes des danseurs paraissent artificiels, exagérés. Les quelques pas de danse manquent souvent de fluidité. Le peu de variété dans les petits sauts effectués par les danseurs devient rapidement lassante. Heureusement, mon intérêt est ranimé vers le milieu de l'acte par l'insertion dans la musique d'un extrait du Barbier de Séville de Rossini (l'air de la calomnie).

L'ambiance change radicalement au deuxième acte. À la fin du premier acte, Teresina s'était noyée (je n'ai pas vu comment, c'était dans un angle mort) et encouragé par une passante énigmatique Gennaro s'était décidé à plonger pour la sauver. La jeune femme se retrouve inanimée au centre de la scène vaporeuse où résident les naïades. On ne sait pas très bien si on est dans Giselle, Orphée et Eurydice, Le Sacre du printemps ou au Venusberg. La jeune femme est en effet entourée de naïades qu'elle va peut-être devoir rejoindre, un monstre marin ayant prévu d'en faire sa créature. Bien sûr, Gennaro arrive (guitare à la main) et sort son amie de là. Pour cela, il lui suffit de donner à Teresina son amulette pour qu'elle reprenne ses esprits et décide de repartir avec lui. Le monstre marin ne proteste même pas ! Très esthétique, ce deuxième acte se laisse bien regarder, même si la chorégraphie du personnage du monstre marin ne me convainc guère. La musique, jouée par l'Orchestre Colonne, m'a en revanche beaucoup plu (avec des voix spatialisées pour représenter les grognements du montre).

Au troisième acte, de nombreux solos et ensembles accompagneront les célébrations du retour des amoureux. Du point de vue de la danse, c'est plus intéressant que tout ce qui aura été vu jusque là, mais le divertissement semble très artificiel (comme cela peut être aussi le cas dans d'autres ballets, comme Paquita). Il ne s'agit que de danse pure qui n'exprime rien d'autre que la joie.

Bref, du point de vue narratif, c'est assez léger et naïf (comme le sont les projections animées utilisées comme décor de fond de scène). Aucune réelle émotion ne se fait ressentir, et à part peut-être au troisième acte, aucun passage n'est véritablement éblouissant techniquement. Heureusement, il y avait l'Orchestre Colonne !

Ailleurs : Le petit rat, Danses avec la plume, Blog à petits pas, Musica Sola, Palpatine, Mimy la souris.

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Commentaires

1. 2012-01-11 20:46+0100 (la souris)

Oh, tu n'as pas aimé le poisson-monstre marin... c'est pourtant presque la seule chose que j'aurais sauvée. Avec la musique du deuxième acte qui, comme toi, m'a beaucoup plue.

Cela n'aura pas été une réussite, dans l'ensemble. Dommage, il faut espérer revoir le ballet du Danemark dans un ballet plus... dansant.

2. 2012-01-11 22:37+0100 (Joël)

Le danseur dansait très bien son rôle ; c'est vraiment la chorégraphie qui ne m'a pas enthousiasmé !


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