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Juliane Banse à l'Amphithéâtre Bastille

2011-10-05 23:59+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Amphithéâtre de l'Opéra Bastille — 2011-10-05

Juliane Banse, soprano

Martin Helmchen, piano

Lieder sur des poèmes d'Eduard Mörike : Begegnung, Nimmersatte Liebe, Lied vom Winde, Nixe Binsefuss, Im Frühling, Er ist's (Hugo Wolf)

Lied sur un poème de Johann Mayrhofer : Geheimnis (Schubert)

Lieder des poèmes de Johann Wolfgang von Goethe : An Mignon, Mignons Gesang “Kennst du das Land”, Mignon I-II-III “Heiß mich nich reden”, “So laßt mich scheinen”, “Nur wer die Sehnsucht kennt” (Schubert)

Lieder des poèmes de Johann Gabriel Seidl (Sehnsucht), Karl Gottlieb Lappe (Der Einsame), Goethe (Der König in Thule, Auf dem See), Johann Gabriel Seidl (Bei dir allein), Schubert

Lieder des poèmes de Johann Wolfgang von Goethe : Heiß mich nich reden, Nur wer die Sehnsucht kennt, So laßt mich scheinen, Kennst du das Land (Hugo Wolf)

Der Schäfer (Hugo Wolf)

Der Musensohn (Schubert)

C'était ce soir une des premières soirées Convergences à l'amphithéâtre Bastille, en tout cas la première de la saison pour moi. Cette programmation est l'œuvre du directeur de la dramaturgie, Christophe Ghristi, qui donne de sa personne en annonçant avant le concert qu'il est interdit de prendre des photographies et en donnant en fin de concert le bouquet de fleurs à la chanteuse Juliane Banse (et rien du tout au pianiste Martin Helmchen).

Contrairement aux années précédentes, ces concerts à l'amphithéâtre ne sont pas particulièrement conçus pour faire écho aux spectacles programmés dans les deux grandes salles de la maison. La programmation est plutôt alléchante. Je pense que j'essaierai d'y retourner au moins pour le récital de Sophie Karthäuser, la reconstitution du premier tableau de l'acte III des Maîtres Chanteurs de Nuremberg (Wagner) telle qu'il fut représenté à l'Opéra Garnier en 1897 (donc en français) et aussi pour deux opéras inachevés de Debussy d'après Poe. (Pas suffisant pour considérer cette série de plus de dix concerts en mode glouton, Pass Convergences, pour 80€ je prends tout.)

J'ai rarement eu l'occasion d'entendre des Lieder dans une salle de spectacle de taille modérée comme l'est l'amphithéâtre. Les conditions d'écoute eussent été idéales si, l'été finissant pour de bon, les tousseurs parmi lesquels figuraient quelques spécimens de compétition n'avaient produit de trop nombreux bruits parasites et même complètement pourri un des Lieder, pourtant sublime, Im Frühling dans le premier cycle.

Il est difficile de rendre compte des impressions qui se forment au cours d'une telle soirée puisque plus d'une vingtaine de Lieder se succéderont, et pour la plupart, je les entendais pour la première fois, sans en être toujours tout-à-fait sûr, puisque chez Schubert au moins j'avais parfois le sentiment d'entendre quelque chose de connu, si ce n'est quelque mélodie, comme dans Geheimnis, au moins la façon du compositeur.

Ce qui m'a frappé immédiatement lors de ce concert, c'est la grande qualité de l'accompagnateur de Juliane Banse : Martin Helmchen. Les premiers Lieder de Hugo Wolf lui donnent l'occasion de créer des atmosphères musicales toutes différentes (comme dans Im Frühling et Er ist's qui évoquent tous les deux le printemps, mais de bien différentes manières). Cela doit être la première fois aussi que je vois un pianiste utiliser d'autres pédales que celle de droite.

Parmi mes moments préférés du concert, l'interprétation du Chant de Mignon Kennst du das Land? dont chaque strophe se finit par un très appuyé Dahin! Dahin suivi d'un effervescent refrain (Möcht ich mit dit, o mein Geliebter, ziehn au premier passage ; il est altéré dans les strophes suivantes). J'ai tout particulièrement aimé aussi Der Einsame (Schubert), autour pour le chant que pour la partie de piano.

Le programme a également permis de faire entendre les mêmes poèmes de Goethe sur Mignon mis en musique par Schubert et Wolf. Dans le cycle de Wolf, mon préféré a été Nur wer die Sehnsucht kennt. J'ai apprécié aussi Kennst du das Land? dont le refrain demande de la chanteuse d'utiliser une technique plus lyrique.

Après ce programme, la chanteuse a interprété deux très beaux bis, Der Schäfer (Wolf) et Der Musensohn (Schubert).

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