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Pierre Boulez à Pleyel

2011-09-28 01:03+0200 (Orsay) — Culture — Musique

Salle Pleyel — 2011-09-27

Barbara Hannigan, soprano

Académie du Festival de Lucerne

Ensemble Intercontemporain

Pierre Boulez, direction

Pli selon pli (Boulez)

Ce soir, beaucoup des habitués de la Salle Pleyel étaient là pour écouter Pli selon pli de Boulez dirigé par Boulez. Il y avait même un peu de people : Pierre Bergé, Pascal Dusapin & consort. Le directeur Laurent Bayle et le ministre Mitterrand retardataire étaient relégués au rang A de côté.

Plutôt plus de musiciens sur scène que ce à quoi je m'attendais. Depuis l'arrière-scène, les cordes sont à droite, les vents et les cuivres à gauche, des harpes au milieu. Derrière, quelques xylophones, vibraphones et des percussions. Quelque piano et quelque célesta sont aussi sur scène (pour une fois, plutôt au centre que sur les côtés). À la gauche du chef qui pendant le premier et cinquième mouvements manipule une énorme partition (format A2 minimum) se tient la soprano Barbara Hannigan, qui porte une robe grise (plutôt sobre pour les standards de cette chanteuse).

Quand il dirige, Pierre Boulez ne laisse transpirer aucune émotion. Les mouvements de ses mains sont de faible amplitude, et on ne peut deviner si son geste va déclencer un délicat pizz. ou un gros boum (comme au tout début). On avance dans l'œuvre sans qu'elle me déplaise. Un petit incident marque la fin du premier mouvement. Le chef ayant commencé à diriger sans lunettes éprouva plus loin le besoin de les porter, puis il se ravisera, finissant ce premier mouvement sans lunettes. Il s'est alors éclipsé pendant quelques minutes en s'excusant et est revenu, les lunettes bien en place.

Le mouvement que j'ai préféré est le troisième (Improvisation II sur Mallarmé). Il ne fait appel qu'aux xylo/vibra-phones, aux harpes, aux instruments à clavier et aux percussions. Je ne saurais dire exactement ce qui m'a plu, mais j'ai aimé fermer les yeux pour éprouver plus fermement la spatialisation (naturelle) du son émanant des différents pupitres. J'ai tout autant aimé les ouvrir pour regarder le chef, qui tête penchée sur la partition (apparemment format A4 standard), lançait des gestes précis en direction de différents musiciens, déclenchant d'étranges jgloing d'une harpe (particulièrement peu mélodique !), et d'autres du pianiste, tandis qu'un semblant de mélodie venait parfois des xylo/vibra-phones. Ce mouvement m'a presque ému.

Dans le cinquième, l'ensemble de l'effectif orchestral a été utilisé. J'ai été amusé par le motif quasi-mélodique de cinq notes qui est répété plusieurs fois vers la fin de ce mouvement.

Ce que le compositeur demande à la soprano Barbara Hannigan était tout simplement invraisemblable. Je n'ai pas compris un seul mot sorti de sa bouche (de dos, cela n'aide pas). De toute façon, le texte de Mallarmé est assez peu intelligible...

Ce n'était pas du tout gagné d'avance, mais je pense que c'est une œuvre que je réécouterais volontiers.

Concert disponible à la réécoute sur Cité de la musique live.

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Commentaires

1. 2011-09-28 08:53+0200 (Geneviève)

Je n'hésiterai pas à y aller la prochaine fois !


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