Weblog de Joël Riou

« L'Oratorio de Noël à la Basilique Sainte-Clotilde | Ciné-concert Les Lumières de la ville »

Kang Zhuan 1992

2011-12-24 00:01+0100 (Orsay) — Thé

Aujourd'hui, je me suis ravitaillé en thé. Je venais il y a quelques jours de terminer absolument tous les thés en vrac que j'avais. À vrai dire, pas tout-à-fait. Quand je racontais à la vendeuse de la Maison des Trois Thés qu'il ne me restait plus de Pu Er, à part un dernier petit gramme de Carré de Pu Er nº2c de 1979 (que j'avais commencé il y a environ cinq ans), l'homme de la maison au rôle indéterminé (relations extérieures ?) me disait en plaisantant que je devrais le conserver... Vu l'intérêt pour les Pu Er anciens, la pénurie s'annonce et il faudra paraît-il s'habituer aux Pu Er jeunes... Je ne suis de toute façon pas expert en Pu Er. Après avoir succombé pour des thés qui sont maintenant de vieux compagnons (Anxi Tié Guan Yin, Tai Ping Hou Kui, Dong Ding Wulong) et avant de me laisser tenter par un thé vert qui m'a un peu fait grimacer quand j'en ai vu le prix (Anji Bai Cha), quand je m'enquérais auprès de la vendeuse de thés Pu Er, elle sortit une sorte de boîte à chaussures. Je me dis alors que ce serait juste pour le plaisir des yeux (et un peu du nez) tant l'emballage inhabituel rendait le contenu a priori inaccessible :

Kang Zhuan 1992

L'homme mentionné plus haut me montrera ensuite quelques photographies de thés conditionnés par kilos dans des contenants manifestement conçus avant tout pour rendre le transport pratique. Aux enchères, ce type de pièces se vendrait apparemment pour plusieurs dizaines de miliers d'euros.

Le contenu de cette boîte-ci est beaucoup plus abordable :

Kang Zhuan 1992

Kang Zhuan 1992

Après avoir déplié délicatement l'emballage vert et jaune, on découvre une brique de thé Kang Zhuan (1992) d'environ 500 grammes :

Kang Zhuan 1992

Manifestement, c'est un thé tibétain :

Kang Zhuan 1992

J'ignore par quel circuit commercial précis il s'est retrouvé jusque chez moi. (Même en ayant le Standard Unicode sous les yeux, je n'arrive pas à transcrire les inscriptions en tibétain. Si quelqu'un sait faire ?)

Il faut bien la commencer par un bout, cette brique. Le carré de Pu Er de 1979 sus-mentionné, il était très compressé et au début, il fallait donc presque l'attaquer au marteau pour qu'il devienne possible d'en tirer quelques grammes. Cette brique est moins ancienne et les bords au moins se dépiautent très bien. Je vous épargne la vue de la brique mutilée. Dans la petite théière, les feuilles sèches ressemblent à ceci :

Kang Zhuan 1992

Les revoici après le rinçage :

Kang Zhuan 1992

Je n'ai pas photographié la théière pendant la première infusion, puisque je ne l'ai fait durer qu'une dizaine de secondes. Voici la théière un train de se vider dans le pot appelé Cha Hai :

Kang Zhuan 1992

L'infusion a une belle couleur orangée :

Kang Zhuan 1992

(La tasse allongée de droite ne sert qu'à sentir le thé.) J'aurais sans doute pu me permettre d'utiliser davantage de thé (le problème est le Pu Er, c'est que si on en met trop, cela devient imbuvable, donc il vaut mieux se tromper en n'en mettant pas assez). Même en rallongeant la durée des infusions successives, la couleur va tendre vers un jaune légèrement foncé (comme chacun sait, le jaune est la couleur de l'infusion de la plupart des thés verts). Le principal, c'est que le goût et le parfum soient plus que plaisants... J'augmenterai la dose la prochaine fois et ce sera parfait.

Au fond du récipient dans lequel la théière avait été vidée, des résidus se déposent. Il y en a toujours quelques uns qui plongent au fond de la tasse, mais le phénomène est beaucoup plus visible après deux ou trois petites tasses, lorsque l'on vide pour une dernière fois le récipient :

Kang Zhuan 1992

Il y en a un peu de toutes les tailles. Cela se décante très vite, mais il faut quand même faire un peu attention et regarder ce qu'on fait pour ne pas s'étouffer avec. Pas très glamour tout ça. Le pire, c'est qu'il semblerait que les thés en sachets industriels ne soient faits que de ces résidus ou poussières de thé.

Parlons maintenant du prix : 49€ les 500 grammes. Cela peut sembler astronomique, mais c'est très peu. Je suis à peu près certain que dans cinq ans, cette brique de thé ne sera pas finie. En utilisant 3 grammes environ à chaque fois, je peux m'en faire 166 fois. Ces 3 grammes permettent de faire de nombreuses infusions, disons dix, donc environ 10×15cl qui font une litre et demi. En faisant la multiplication qui convient, on obtient que ces 500 grammes permettront de consommer environ 250 litres de thé (je plagie ici un calcul similaire fait il y a quelques années sur le défunt blog La Galette de Thé).

Une autre façon de présenter les choses, c'est qu'à chaque fois que je me préparerai de ce thé, ce sera comme s'il m'en coûtait 30 centimes d'euro. Dans certains distributeurs automatiques, pour un prix entre 40 centimes et un euro environ, vous aurez un misérable gobelet d'une mixture infâme. Si vous voulez faire un litre et demi de thé comme ci-dessus avec des thés en sachets, je pense qu'il vous faudra au minimum trois sachets ; le sachet de thé ordinaire valant environ 10 centimes (si j'en crois les prix d'enseignes en ligne), on retombe sur les 30 centimes de la séance de Gong Fu Cha (c'est comme ça que ça s'appelle...). Bref, pour pas plus cher, au lieu de résidus, on peut avoir de vraies feuilles de thé.

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Commentaires

1. 2011-12-24 09:31+0100 (Genoveva)

Une bonne leçon de cérémonie du thé ! moi qui prend du thé ordinaire le matin avec du citron !!!!!!

2. 2011-12-25 14:10+0100 (Joël)

Je mélange de l'eau avec du thé ou du citron, mais pas les deux en même temps !

3. 2012-12-28 18:36+0100 (Jacques)

"un thé tibétain" ? Alors pourquoi y a-t-il écrit "贵州" (Guizhou) en bas à droite (dans une formule du style "société de thé etc").

Certes on peut boire du thé du Guizhou au Tibet, les plants de thé devant y être rares, est-ce suffisant pour en faire un thé tibétain ?

4. 2012-12-29 18:20+0100 (Joël)

Et si c'est un thé de Guizhou, pourquoi y a-t-il des inscriptions en tibétain ?

Honnêtement, je n'en sais rien...


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