Weblog de Joël Riou

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Macbeth à Bastille

2009-04-14 02:41+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Bastille — 2009-04-13

Dimitris Tiliakos, Macbeth

Ferruccio Furlanetto, Banco

Violeta Urmana, Lady Macbeth

Letitia Singleton, Dama di Lady Macbeth

Stefano Secco, Macduff

Alfredo Nigro, Malcolm

Yuri Kissin, Medico / Domestico

Jian-Hong Zhao, Un sicario

Soliste de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, Apparizione I

Denis Aubry, Apparizione II

Vania Boneva, Apparizione III

Jean-Christophe Bouvet, Duncan

Teodor Currentzis, direction musicale

Dmitri Tcherniakov, mise en scène, décors, costumes

Gleb Filshtinsky, lumières

Elena Zaytseva, co-costumière

Leonid Zalessky / Ninja Films, Réalisation de la vidéo

Alessandro Di Stefano, chef des chœurs

Orchestre et Chœurs de l'Opéra national de Paris

Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris

Macbeth, Guiseppe Verdi

Je reviens d'une représentation de Macbeth à Bastille. Des cinq opéras de Verdi dont j'ai assisté à une représentation, c'est celui que j'ai le moins apprécié. Dans les extraits de lettres du compositeur que contient le programme, on le trouve presque plus préoccupé par la tragédie que par la musique.

Depuis l'avant-dernier rang du deuxième balcon, je n'entends guère Dimitris Tiliakos (Macbeth). J'apprécie davantage Violeta Urmana (Lady Macbeth). Hormis les sorcières sur lesquelles je reviens plus bas, les autres personnages sont secondaires. Par exemple, Stefano Secco (Macduff) ne chantera malheureusement qu'un seul air.

Deux décors sont utilisés. Le premier occupe tout l'espace scénique disponible, contient un réverbère et est entouré d'une douzaine de maisonnettes qui ne diffèrent que par la disposition des fenêtres. C'est dans cet espace que Macbeth et Banco entendent les oracles qui les concernent et qui conduiront Macbeth à commettre plusieurs assassinats pour obtenir la couronne d'Écosse et tenter de s'y maintenir. Dans cette production, le rôle des trois sorcières est chanté par le chœur. En voyant cette première scène, je me suis demandé comment le décorateur aurait envisagé le lieu plus intime de la résidence de Macbeth : je n'imaginais pas la planification de l'assassinat de Duncan dans un aussi grand espace. La transition avec le deuxième décor se fait à la manière d'Hitchcock, revue par Google Earth. Un petit mouvement de souris, on se déplace, on zomme sur la maison de Macbeth, on en fait le tour et on s'approche enfin de la fenêtre du salon. Quand la lumière est faite, le salon occupe la moitié de la largeur de la scène. On espionne chez Macbeth par la fenêtre. On ne surprend pas des amants, mais Lady Macbeth qui commence à avoir des pensées criminelles. D'après le livret, Lady Macbeth lit au début de cette scène la lettre de son mari ; ici, je ne sais pas exactement qui la lit, mais c'était parfaitement inaudible.

Ces interventions de personnages ou d'instruments depuis les coulisses se sont répétées jusqu'à la fin. J'ai trouvé cela dommage, cela donne un peu l'impression qu'on ne savait pas où les mettre, et que par défaut, on les a laissés en coulisses ; si ce procédé n'était pas toujours injustifié, j'ai trouvé qu'il était un peu trop utilisé. L'idée de passer de trois sorcières à un chœur plus volumineux est intéressante, mais ces séquences où tout l'espace de la scène était occupée m'ont déstabilisé : quand un personnage non anonyme intervient, la mise en scène devrait nous le faire ressortir de la masse d'une manière ou d'une autre ; ici, à plusieurs reprises, je ne savais pas trop où regarder pour le voir.

Cela dit, globablement, j'ai plutôt apprécié cette mise en scène et ces décors. Parmi les choses qui m'ont plu : la scène mimée où l'on voit le roi Duncan (peut-être un peu trop méprisant pour ses hôtes), la chanson à boire où Lady Macbeth réalise des tours de magie tandis que Macbeth voit des apparitions. Il y a aussi une surprise que je ne dévoilerai pas ici.

S'il n'y avait la chanson à boire, cet opéra serait uniformément sinistre. Le compositeur ayant décidé d'éviter tout ce qui était dramatiquement superflu, on ne trouve pas moult airs agréables à écouter. Je connaissais mal cet opéra, n'ayant qu'un enregistrement techniquement nul avec la Callas. Je ne sais donc pas à quoi doit ressembler une bonne interprétation de cette œuvre ; toujours est-il que pendant le premier acte, j'ai trouvé le son de l'orchestre assez brouillon. En revanche, le syndrome de l'hydr'avion était parfaitement maîtrisé.

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Commentaires

1. 2009-04-14 18:19+0200 (gilda)

Hi hi, j'avais oublié le syndrome de l'hydravion :-) ; assez d'accord avec tes impressions, si ce n'est que j'ai adoré la foule des sorcières et les passages qui se jouaient dans ce décor (dont l'entrée en scène, non chantée).

Tu me rassures sur certains points (comme la lecture de la lettre) que je croyais avec par manque de vigilance ratés - c'était la mise en scène, me voilà rassurée -.

J'ai eu un peu de mal avec le côté dramatique, cette lady Macbeth-là m'ayant paru, entre son physique et ses tours de magie plutôt marrante et les airs de Verdi entraînants. Et puis oui Mac Duff chantait trop peu.

2. 2010-02-05 20:18+0100 (Jean-Paul Maillet)

Il existe une très bonne interprétation de Macbeth sous la direction d' Abbado, avec Shirley Verrett et Cappuccili , Ghiaurov et Domingo chez Deutsche Grammophon.

La mise en scène de cet opéra à la Bastille était cohérente de bout en bout, mais j' ai trouvé qu' il y manquait le côté fantastique de l'opéra.Les sorcières,la révolte avec"la forêt qui marche", tout cela est difficile à rendre,mais ce sont des aspects de cette oeuvre...

C'est vrai qu'il y a moins d'airs séparés que dans d' autres opéras,mais la musique(ensemble orchestral,choeurs) est superbe.Le baryton et la basse ont des rôles en or.


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