Weblog de Joël Riou

« La Chidambaram Dance Company à Paris | Le vite dit de novembre 2013 »

Le vite dit d'octobre 2013

2013-12-18 10:30+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra — Danse — Culture indienne — Dhrupad

À propos des spectacles d'octobre 2013, j'ai déjà eu l'occasion de revenir sur Orfeo à la Cité de la musique et le récital de Vaibhav Arekar et Anuya Rane au Musée Guimet. Pour les autres spectacles, voici mon vite dit :

Salle Pleyel — 2013-10-01

Orchestre Colonne

Laurent Petitgirard, direction

Philippe Graffin, violon

Concerto pour violon et orchestre Le Violon rouge, John Corigliano

Marie-Claude Bantigny, violoncelle

Daniel Vagner, alto

Don Quichotte, variations fantastiques sur un thème à caractère chevaleresque (Strauss)

J'étais venu à ce concert pour entendre la violoncelliste Marie-Claude Bantigny dans Don Quichotte de Strauss. Elle a été magnifique, mais à l'alto, un certain Daniel Vagner, que j'entendais pour la première fois, tenait le rôle de Sancho Panza, et c'était tout simplement incroyable !

Les 3 arts — 2013-10-02

Céline Wadier, chant dhrupad

Gérard Hababou, pakhawaj

Raga Todi

Raga Bhinna Shadja

J'assiste pour la première fois à un récital de chant dhrupad de ma prof, qui a interprété le Raga Todi en finissant par la composition Samhara Chalate (Dhamar) que j'ai déjà pratiquée avec elle et quelques autres. Les difficultés de ce raga font qu'il m'est pour le moment beaucoup plus plaisant de l'écouter en concert que d'essayer de le pratiquer ! Si j'ai apprécié la première partie de ce concert, la deuxième était a été merveilleusement belle. Trop pour que mes glandes lacrymales puissent le supporter... Quel plaisir de l'entendre dans ce très lumineux Raga Bhinna Shadja et deux compositions en Chautal puis en Sultal !

Salle Colonne — 2013-10-06

Michel Bernier, clarinette

Marie-Claude Bantigny, violoncelle

Carole Villiaumey, piano

Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur, op. 114 (Brahms)

Pierre Hamel, violon

Nachtgesang pour piano clarinette, violon et violoncelle (Hersant)

Ching Yun Tu, violon

Mathieu Rolland, alto

Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115 (Brahms)

Magnifique interprétation du Quintette pour clarinette et cordes de Brahms !

Opéra Garnier — 2013-10-10

Frédéric Chopin, musique

John Neumeier, chorégraphie et mise en scène (1978)

Jürgen Rose, décors et costumes

Rolf Warter, lumières

Victor Hughes, assistant du chorégraphe

Claude de Vulpian, répétitions

James Tuggle, direction musicale

Emmanuel Strosser, piano

Frédéric Vaysse-Knitter, piano

Agnès Letestu, Marguerite Gautier

Stéphane Bullion, Armand Duval

Michaël Denard, Monsieur Duval

Nolwenn Daniel, Prudence Duverney

Laurent Novis, Le Duc

Christine Peltzer, Nanine, la servante de Marguerite

Simon Valastro, Le Comte de N

Frédéric Vaysse-Knitter, Un pianiste

Eve Grinsztajn, Manon Lescaut

Christophe Duquenne, Des Grieux

Léonore Baulac, Olympia

Nicolas Paul, Gaston Rieux

Ballet de l'Opéra

Orchestre de l'Opéra national de Paris

La dame aux camélias, ballet en un prologue et trois actes d'après le roman d'Alexandre Dumas fils

J'ai vu trois représentation de cette série de représentations de La Dame aux camélias de Neumeier (déjà vu en 2010). La scénographie est plus classique que dans mon souvenir et la musique de Chopin, à force d'être répétée, me paraît presqu'insupportable. Dans les rôles principaux, le couple Eleonora Abbagnato/Benjamin Pech n'était vraiment pas exaltant. Celui formé par Hervé Moreau et Aurélie Dupont au regard captivant d'autorité était au contraire bouleversant ! S'il m'a un peu moins touché, j'ai aussi apprécié celui formé par Agnès Letestu et Stéphane Bullion. Ce dernier était absolument déchaîné. Le temps d'un solo, j'ai eu l'impression que c'était Ivan Vasiliev qui virevoltait sur scène. J'ai eu malheureusement trop peu d'occasions de voir Agnès Letestu dans de grands ballets pour retenir d'elle de grands souvenirs et de grandes émotions alors qu'elle faisait ses adieux. Les saluts furent néanmoins émouvants, notamment du fait de la présence de José Martinez.

Salle Pleyel — 2013-10-15

Russian National Orchestra

Mikhaïl Pletnev, direction

Le Retour de Lemminkäinen (Sibelius)

Gidon Kremer, violon

Concerto pour violon en ré mineur, op. 47 (Sibelius)

Symphonie nº2, Rachmaninov

Vocalise, Rachmaninov

Je ne suis vraiment pas fan du violoniste Gidon Kremer. Par contre, j'ai beaucoup aimé le Russian National Orchestra et dans le concerto pour violon de Sibelius, j'avoue avoir souvent préféré concentrer mon attention sur l'arrière-plan orchestral que sur le jeu du soliste.

Salle Pleyel — 2013-10-26

Gewandhausorchester Leipzig

Riccardo Chailly, direction

Julian Rachlin, violon

Enrico Dindo, violoncelle

Double concerto pour violon et violoncelle, Brahms

Symphonie nº1, Brahms

Le programme de la Salle Pleyel de ce mois d'octobre permettait d'entendre de grands orchestres étrangers. Quelques jours plus tôt, j'ai entendu le Russian National Orchestra et plus tard j'entendrai le Budapest Festival Orchestra. Intercalé entre les deux, j'ai découvert le Gewandhausorchester Leipzig, dirigé par Riccardo Chailly. Je n'ai pas très bien compris les quelques huées qui furent semble-t-il destinées au violoniste Julian Rachlin, qui remplaçait Leonidas Kavakos, souffrant. J'ai pour ma part bien aimé le double concerto pour violon et violoncelle (Enrico Dindo), mais la partie la plus mémorable du concert est intervenue après l'entr'acte, avec une interprétation de la Première symphonie de Brahms qui m'a mis d'un rare état d'exaltation...

Salle Pleyel — 2013-10-29

Budapest Festival Orchestra

Iván Fischer, direction

Threnos in memoriam Béla Bartók (Sándor Veress)

Maria João Pires, piano

Concerto pour piano nº4 (Beethoven)

Impromptu op. 142 nº2 (Schubert)

Symphonie nº8 (Dvořák)

Valse (Takemitsu)

Danse hongroise nº1 (Brahms)

Magnifique concert du Budapest Festival Orchestra. Le plus grand frisson de la soirée est venu avec l'interprétation de la Symphonie nº8 de Dvořák !

Cité de la musique — 2013-10-30

Chamber Orchestra of Europe

Jaap van Zweden, direction

La Nuit transfigurée, op. 4, version pour orchestre à cordes (Schönberg)

Hilary Hahn, violon

Concerto pour violon, op. 14 (Barber)

Symphonie nº9 en mi bémol majeur, op. 70 (Chostakovitch)

Avec le Chamber Orchestra of Europe, on s'attend à de l'inoubliable (cf. ici ou ). Ce soir-là, ce ne fut que bon. Je n'ai pas aimé la direction de Jaap van Zweden dans La Nuit transfigurée. Aucun frisson autour de la mesure 100. Des nuances parfois excessivement piano. En effet, comme malheureusement presque toutes les salles de concert parisiennes, la Cité de la musique présente le défaut d'émettre un petit bruit de fond, même en l'absence de son émis par les musiciens ou les spectateurs. À partir du jour où je l'ai remarqué, j'ai commencé à le trouver insupportable pendant les silences orchestraux. C'est une chose que l'on entende un bruit de fond pendant les silences, mais c'en est une autre que ce bruit de fond couvre la musique des instruments à cordes comme ce fut le cas par moments.

Après avoir entendu récemment une autre interprétation de La Nuit transfigurée par les Berliner Philharmoniker dirigés par Simon Rattle, je mesure rétrospectivement le privilège que j'ai eu d'avoir découvert cette œuvre avec Pierre Boulez.

Le concerto pour violon de Barber interprété par l'orchestre et Hilary Hahn m'a paru plus convaincant et après l'entr'acte, la Symphonie nº9 de Chostakovitch le fut plus encore !

Opéra Garnier — 2013-10-31

Saburo Teshigawara, chorégraphie, musique, scénographie, costumes et lumières

Tim Wright, Akira Oishi, éléments sonores

Daniel Burke / Illusion of Safety, musique additionnelle (Dissenting Voices, extrait de Water Seeks Its Own Level, Finite Material Context / Silent Record, 1994)

Rihoko Sato, assistante du chorégraphe

Sergio Pessanha, assistant lumières

Kazuomi Kurosawa, assistant technique

Aurélie Dupont, Jérémie Bélingard, Nicolas Le Riche

Darkness is hiding black horses (création)

Trisha Brown, chorégraphie (1979)

Robert Rauschenberg, photographies, scénographie et costumes

Beverly Emmons, lumières

Lisa Kraus, Carolyn Lucas, assistantes de la chorégraphe

Laurence Laffon, Caroline Robert

Letizia Galloni, Juliette Hilaire, Miho Fuji

Glacial Decoy

Chant traditionnel géorgien et madrigaux de Carlo Gesualdo (IV et XVII du livre VI), Claudio Monteverdi (extraits du IIe et IIIe livres)

Jiří Kylián, chorégraphie

Michael Simon, scénographie et lumières

Joke Visser, costumes

Patrick Delcroix, assistant du chorégraphe

Kees Tjebbes, assistant technique et réalisation lmières

Images en direct réalisées par le Service vidéo de l'Opéra

Maud Gnidzaz, soprano

Hannah Morrison, soprano

Lucile Richardot, contralto

Sean Clayton, ténor

Lisandro Abadie, baryton basse

Stéphanie Leclerq, contralto (chant grégorien)

Marcio Soares Holanda, ténor (chant grégorien)

Julien Neyer, baryton basse (chant grégorien)

Les Arts Florissants

Paul Agnew, direction musicale

Eleonora Abbagnato, Vincent Chaillet

Alice Renavand, Stéphane Bullion

Doux mensonges

Je me suis beaucoup ennuyé en regardant les deux premiers ballets. Certes, Nicolas Le Riche a dansé dans le ballet de Teshigawara, mais ce n'est pas en soi suffisant pour rendre une chorégraphie intéressante. La création de ce ballet a été très froidement accueillie par le public. Je n'ai pas du tout accroché à Glacial Decoy de Trisha Brown, mais pour sauver ce programme de ballet, il y avait heureusement Doux mensonges de Jiří Kylián dans lequel deux couples évoluent entre la scène et les sous-sols de Garnier, tandis que des chanteurs des Arts Florissants interprètent de magnifiques madrigaux.

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