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Programmes Prokofiev et Stravinski pour le Philharmonique de Radio France

2012-04-01 22:37+0200 (Orsay) — Culture — Musique — Danse

Salle Pleyel — 2012-03-30

Orchestre philharmonique de Radio France

Hélène Collerette, violon solo

Arvo Volmer, direction musicale

Elisabeth Leonskaja, piano

Concerto pour piano et orchestre nº2 en sol mineur, op. 16 (Prokofiev)

Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux, version de 1947 (Stravinski)

Vendredi soir, j'ai eu mon dernier concert orchestral du mois de mars. Il semblerait que les orchestres installés à Paris ou de passage soient en pleine forme... Pour cette dernière, c'était le Philharmonique de Radio France, dirigé par Arvo Volmer (qui remplaçait Pablo Heras-Casado). Au poste de violon solo, le programme avait annoncé Svetlin Roussev, mais c'est Hélène Collerette qui est venue. (Elle n'a pas eu droit à un rectificatif de programme.)

Assis au deuxième balcon en première partie de programme, je profite d'un très bonne acoustique, ce qui me dissuadera de descendre à l'arrière-scène à l'entr'acte. De tout en haut, la course des mains d'Elisabeth Leonskaja sur le piano est impressionnante ; je n'ose imaginer l'effet que ça doit certainement faire vu de près. Il semblerait qu'avec Prokofiev, on ne soit jamais déçu... La musique est assez folle, les cuivres de l'orchestre sonnent particulièrement bien (les cors, le tuba !). La musique me rappelle parfois d'autres compositions de Prokofiev (en particulier Cendrillon). Le troisième mouvement de ce concerto pour piano est particulièrement dansant.

Au milieu de son bis, alors qu'elle est sur un point d'orgue, la pianiste aura un élégant mouvement de la main gauche pour faire signe aux applaudisseurs intempestifs de s'arrêter. Pour ce qui est des tousseurs, ils ont eu un très très long passage choral entre le premier et le deuxième mouvement du concerto.

Après l'entr'acte, l'orchestre est peut-être plus nombreux encore pour interpréter Petrouchka. J'ai beaucoup aimé cette interprétation. Quelle énergie chez les contrebasses ! qui sont au nombre de 8. Le moment que je préfère dans cette musique (le début du quatrième tableau) a été merveilleusement bien joué. Le premier violon, la flûte et la trompette ont été excellents dans leurs solos. Mon seul regret : dans l'empilement orchestral, la mélodie jouée par les vents était parfois cachée par les cordes.

Cité de la musique — 2012-04-01

Orchestre philharmonique de Radio France

Hélène Collerette, violon solo

Arvo Volmer, direction musicale

Fanny Ardant, récitante

Raphaëlle Delaunay, danse, chorégraphie

Manon Gignoux, costumes

L'Histoire du soldat (Stravinski)

Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux, version de 1947 (Stravinski)

L'empêchement que j'aurai d'aller voir L'histoire du soldat à l'Athénée en juin et l'annulation du récital de Thomas Quasthoff à la Cité de la musique m'ont fourni l'occasion de substituer à ce récital un billet pour le concert de ce dimanche de l'Orchestre philharmonique de Radio France. En première partie, un ensemble de sept musiciens dirigés par Arvo Volmer interprètent la musique du mélodrame de Stravinski. Les premières interventions de Fanny Ardant sont parlées, mais en mesure ! Le texte est heurté et brut, mais il est rimé. Entre les numéros musicaux, la comédienne libérée de cette contrainte rythmique et donc plus détendue pourra mettre en évidence son talent dans la lecture de ce texte. Le soldat rentrant dans sa famille a accepté un pacte du diable. En échange de son violon, il aura connaissance du futur, ce qui lui permettra de s'enrichir et d'épouser la fille du roi. La dernière rencontre avec le diable alors qu'il revenait voir sa mère lui sera fatale. Mon état de fatigue et la faiblesse des lumières m'empêchent de profiter complètement de cette première partie. Cependant, pendant mes moments de lucidité, j'apprécie tout particulièrement la partie de violon d'Hélène Collerette, ainsi que la moue de celle-ci quand le texte fait dire au soldat que son instrument est de mauvaise qualité (acheté pour dix francs !).

Après l'entr'acte, l'orchestre au complet occupe tout l'espace scénique ordinaire de la salle des concerts. Cette salle étant modulable, les rangées de sièges avaient été reculées de façon à laisser un espace à l'avant-scène sur lequel pourrait évoluer la danseuse et chorégraphe Raphaëlle Delaunay (ancienne du Ballet de l'Opéra, du Tanztheater Wupperthal et du Nederlands Dans Theater, excusez du peu). Que ce Petrouchka se tienne à la Cité de la musique et non à Pleyel et qu'il comporte une partie dansée font que cette moitié de concert ne doublonnera pas complètement avec celle du concert de vendredi où cette œuvre était interprétée par le même orchestre et le même chef.

Le fait que la plate-forme où danse Raphaëlle Delaunay soit si basse m'empêche de voir ses pieds, ce qui n'est pas idéal pour apprécier la danse... Pour ce que j'en ai entr'aperçu, je n'ai pas du tout été convaincu par la chorégraphie qui m'a un peu trop détourné de la musique, mais sans m'intéresser ou m'émouvoir. La danseuse portera trois costumes au cours de la grosse demi-heure que dure l'œuvre. Forcément, changer de costume prend un certain temps... pendant lequel il ne se passe rien sur scène. Soit on fait jouer les différents rôles par plusieurs danseurs, soit on abandonne la convention qui voudrait que chaque personnage ait son costume (les danseuses de bharatanatyam arrivent très bien à interpréter simultanément plusieurs rôles en gardant un unique costume !). Rester en coulisses pendant tout un tableau (le deuxième, celui qui se passe chez Petrouchka), je trouve que c'est se moquer du monde. On trouve quelques références à la chorégraphie/scénographie d'origine. Dans le premier tableau, la danseuse entre habillée en ballerine en portant des béquilles, ce qui fait écho aux bras contraints des trois danseurs interprétant les rôles des trois poupées dans le ballet de Fokine au moment où le charlatan les présente à la foule. Plus tard, dans le quatrième tableau, on verra à une poignée de reprises la danseuse faire des mouvements mous des épaules et des bras comme le fait Petrouchka. Le point culminant du ballet, pour la danseuse, est le troisième tableau où elle joue le rôle du Maure, montrant ses muscles et faisant tournoyer des colliers de perles autour de son cou. C'est une performance tout à fait appréciable, mais le problème est que visuellement tout se passe comme s'il n'y avait que le Maure ; rien ne semble signaler l'entrée de la ballerine (que la musique annonce pourtant). À la fin de cette partie, la danseuse fera un petit numéro à la Joséphine Baker (ceinture de bananes). La danseuse ayant endossé le rôle de la ballerine et du Maure, je me dis qu'au quatrième, elle sera Petrouchka. C'est un tout petit peu vrai vu la poignée de mouvements qui rappelleront ce personnage comme j'ai dit plus haut, mais j'ai surtout l'impression d'avoir la confirmation que la danseuse-chorégraphe tourne le ballet en dérision. Elle apparaît en effet habillée en jeune des banlieues avec un casque sur les oreilles et elle se met à danser dans un style hip hop (enfin, je crois) jusqu'à la fin. Elle a même continué à danser longtemps après que l'orchestre s'est arrêté.

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