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Les Dissonances à la Cité de la Musique

2012-03-18 21:29+0100 (Orsay) — Culture — Musique

Cité de la musique — 2012-03-18

Les Dissonances

Quatuor à cordes nº1 Métamorphoses nocturnes, György Ligeti

David Grimal, violon

Concerto pour violon et orchestre à cordes Lumière lointaine, Pēteris Vasks

Cinq Mouvements, op. 5, Anton Webern

Métamorphoses, Richard Strauss

S'il n'y avait pas eu la série de concerts du Chamber Orchestra of Europe (en particulier le premier), mon concert de l'année aurait pour le moment été le concert Janáček aux Bouffes du Nord. Certains des musiciens qui jouaient alors faisant partie de l'ensemble Les Dissonances, je me réjouissais d'aller les écouter à la Cité de la Musique.

La première partie du concert a été absolument fabuleuse. Cela a commencé par un quatuor à cordes de Ligeti, peut-être aussi intense pour moi que les quatuors de Janáček précédemment entendus. Les musiciens me paraissent immédiatement sympathiques et pas seulement par la présence de grosses touffes de cheveux sur la tête de certains d'entre eux. Les quatre musiciens ont les uns vis-à-vis des autres des rôles très changeants au cours de ce quatuor. Une phrase musicale pourra être introduite par le violon I (Pierre Fouchenneret), puis reprise par le violon II (Guillaume Chilemme). Les associations peuvent également se faire entre le violon I et le violoncelle (François Salque) ou plus étonnamment entre le violon II et l'alto (Adrien Boisseau). Les motifs sont parfois joués successivement par deux ou plusieurs des musiciens. Au contraire, parfois comme dans un contrepoint le fil musical ne semble exister que par la superposition de toutes les parties. Parfois, et notamment dans les passages les plus vifs, les musiciens aux respirations synchronisées s'activent comme un seul instrument. La fin m'a particulièrement plu avec un petit motif de quatre notes qui est d'abord joué par le violon I, puis successivement par les autres musiciens, avec quelques variations. S'il a été plaisant de voir un certain équilibre entre les musiciens dans ce quatuor (chacun a des moments où il peut être considéré comme le soliste), ce quatuor recèle quelques passages humoristiques et une grande variété de timbres.

Le concerto pour violon de Pēteris Vasks est interprété par David Grimal. Comme dans tout le concert, il n'y aura sur scène que des instruments à cordes. C'est assurément un des plus beaux concertos pour violon que j'aie eu l'occasion d'entendre. La relation entre le violon et l'orchestre me fait penser à celle d'une voix accompagnée par l'orchestre. Le chant du violon n'est cependant pas des plus gais. Il est presque funèbre. Grossièrement, la structure du concerto est la suivante : mouvement lent, mouvement rapide, mouvement lent animé d'un accelerando frénétique, retour à le lenteur. Dans chacune des trois premières parties s'insère une cadence pour le violon. Cela change de la succession habituelle rapide-lent-rapide ! Certains thèmes sont d'abord joués par le soliste puis par l'orchestre. Parfois, comme dans le deuxième mouvement, c'est étrangement le contraire qui se passe. L'assurance et la complicité de cette belle équipe de jeunes musiciens m'a enthousiasmé !

Je suis un peu moins rentré dans les œuvres au programme de la deuxième partie du concert. Les Cinq Mouvements de Webern étaient assez contrastés, plus déliés que les fragments entendus récemment (dans une orchestration plus riche). Depuis ma place, certains des mouvements sonnent à mes oreilles comme un concerto pour alto (David Gaillard), ce qui ne gâche rien...

Bien que je sois allé avant le concert à la conférence d'introduction à cette œuvre, je ne suis pas vraiment rentré dans Les Métamorphoses (pour 23 cordes solistes) et à cause d'un certain état de fatigue je n'étais pas loin de m'endormir... Drôle de composition que ce surplace pantagruélique au bout duquel le compositeur se souvient qu'en vérité, il a été inspiré par le début du deuxième mouvement de la troisième symphonie de Beethoven.

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