Weblog de Joël Riou

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Pelléas et Mélisande à Bastille

2012-03-15 11:53+0100 (Orsay) — Culture — Musique — Opéra

Opéra Bastille — 2012-03-14

Stéphane Degout, Pelléas

Vincent Le Texier, Golaud

Franz Josef Selig, Arkel

Julie Mathevet, Le petit Yniold

Elena Tsallagova, Mélisande

Anne Sofie von Otter, Geneviève

Jérôme Varnier, Un berger, Le médecin

Philippe Jordan, direction musicale

Robert Wilson, mise en scène et décors

Giuseppe Frigeni, co-metteur en scène

Frida Parmeggiani, costumes

Heinrich Brunke, Robert Wilson, lumières

Holm Keller, dramaturgie

Alessandro Di Stefano, chef de chœur

Orchestre et Chœur de l'Opéra national de Paris

Pelléas et Mélisande, Claude Debussy

Jusqu'à ce soir, je n'avais vu qu'un seul spectacle mis en scène par Robert Wilson. C'était il y a cinq ans avec La Passion selon Saint Jean au Châtelet. Si on voulait être méchant, on pourrait dire que ses spectacles se voient aussi bien, sinon mieux, en photo. Et des photographies de ses mises en scènes, j'en ai en effet vu un certain nombre. En vrai, c'est pareil. En dehors du presque bondissant petit Yniold et des éléments plus ou moins géométriques qui constituent le décor et qui se meuvent entre les tableaux, tout est extrêmement statique. Ce n'est pour autant pas le statisme flasque des metteurs en scène je-m'en-foutistes. Non, c'est un statisme tendu qui doit demander un certain effort physique aux chanteurs, surtout au niveau des bras et des épaules.

Depuis mon tout dernier rang de premier balcon de côté, je suis étonné de si bien entendre. La distribution vocale est absolument formidable. J'avais adoré le Golaud de Laurent Naouri au TCE l'année dernière, celui de Vincent Le Texier, plus froidement inquiétant, m'a également beaucoup plu ! L'Arkel de Franz Josef Selig est impérial. Dans le rôle de Mélisande, j'ai été ravi d'entendre Elena Tsallagova que je n'avais entendue que dans La petite renarde rusée et dans d'adorables rôles de moindre importance (Waldvogel dans Siegfried notamment). J'ai également pu réentendre Anne Sofie von Otter (Geneviève) que je n'avais pas vue depuis 2004 (dans un Couronnement de Poppée au TCE). N'ayant pas la possibilité de voir les surtitres depuis ma place, j'ai été heureux que le français de ces chanteurs soit parfaitement intelligible. On ne peut pas en dire tout à fait autant de Stéphane Degout (Pelléas) dont la voix est un peu trop lyrique, mais son texte restait tout de même à peu près compréhensible. Scéniquement moins contraint que les autres, le seul personnage qui parvienne à m'émouvoir, un peu, est Mélisande. Bref, le plaisir tiré de la mise en scène est légèrement glacé. Celle de Stéphane Braunschweig vue à l'Opéra Comique en 2010, quoiqu'elle fût aussi assez sobre, me semblait plus apte à maintenir un intérêt et à émouvoir.

Plus que des images, le plaisir vient de la musique. Des voix, bien sûr, mais surtout de l'orchestre, dirigé par Philippe Jordan. Le son est merveilleux, aussi bien chez les cordes que chez les vents (et tout particulièrement les hautbois et le cor anglais). Certains aspects illustratifs de la musique de Debussy que je n'avais jamais soupçonnés dans cet opéra paraissaient ici flagrants ! Les moments orchestralement les plus tendus m'ont semblé irrésistibles. Comme les coups de timbales au début du quatrième acte ont bien sonné !

Ailleurs : Zvezdo, Palpatine, Grignotages.

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